Voici une partie de la gamme actuelle du groupe• Crédits : Eric Piermont - AFP

Les difficultés de l’investigation

Vendredi 9 juin, France Culture a diffusé une grande enquête d’investigations sur les pratiques sociales du puissant laboratoire pharmaceutique SANOFI. Une enquête qui a provoqué de nombreuses réactions. Pour y répondre, Jacques Monin, directeur des Enquêtes et de l’Investigation de Radio France, au micro du médiateur des antennes. Les enseignements de cette enquête difficile menée par… Lire la suite

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L’esprit de « l’Esprit public » restera

Le Médiateur a reçu de nombreux messages d’auditeurs inquiets d’une rumeur annonçant la fin de toute émission de débats et d’analyses sur France Culture. Pour leur répondre, Sandrine Treiner, directrice de France Culture au micro de Bruno Denaes.


Beaucoup de messages d’auditeurs après les déclarations du producteur de « l’Esprit public » annonçant dimanche dernier la fin de l’émission. Pour Jean-Pierre, par exemple, « pourquoi supprimer une telle émission où la contradiction a un sens ? ».

« Il n’y a pas eu d’annonce de la fin de l’émission, mais la divulgation d’un courrier privé concernant des discussions entamées il y a deux ans entre un producteur et Radio France »

Pourquoi renouveler « l’Esprit public » ?
Pour Annette, « supprimer une émission qui a 19 ans est incompréhensible, puisqu’elle marche bien ».

« On renouvelle pour continuer; cela s’appelle la transmission »… « L’esprit d’un débat d’idée va continuer en septembre, ouvert, argumenté, pluraliste le dimanche à 11h »

Est-ce une décision politique ?
Certains auditeurs repartent dans la théorie du complot en affirmant que « cette émission déplaisait », que « ce n’est pas par hasard qu’elle est supprimée », qu’il « s’agit d’une volonté politique »

« Il n’y a bien sûr aucune sorte de complot politique et c’est étonnant que des auditeurs de France Culture puissent se laisser aller au complotisme« 

C’est un renouvellement prévu depuis deux ans déjà …
D’autres auditeurs, après avoir entendu les propos de Philippe Meyer dimanche dernier, s’en prennent à une « décision brutale ou arbitraire »… Pour Philippe : « Le ton cassant de la lettre adressée à Philippe Meyer est à mon sens inadmissible ». En fait, il s’agit d’une lettre purement administrative de la DRH, comme dans toute entreprise…

A propos de cette lettre lue à l’antenne, le médiateur tient à répondre aux interrogations de quelques auditeurs étonnés de cette pratique. Il s’agit bien d’une pratique non professionnelle qui consiste à profiter de son micro pour évoquer une question personnelle et, de plus, inquiéter les auditeurs, voire les induire en erreur. Philippe Meyer avait déjà utilisé ce procédé en février lors du retrait de Jean-Louis Bourlanges de son émission. Or ce retrait que contestait Philippe Meyer était impératif du fait du soutien de son chroniqueur à un candidat à l’élection présidentielle. Les règles du CSA s’imposent à tous.

A noter qu’après l’annonce de la candidature de Jean-Louis Bourlanges aux législatives, plusieurs auditeurs ont écrit pour dire qu’il n’avait pas compris tout de suite les raisons de son retrait obligatoire pendant la campagne électorale, mais qu’aujourd’hui, ils comprenaient tout-à-fait la décision de la direction de France Culture.

En définitive, les auditeurs ont plus réagi à l’éventuelle disparition de l’émission qu’au cas personnel de son producteur

« Marianne, par exemple : « Grand merci pour votre réponse, Monsieur le Médiateur. Je reconnais que vos arguments sont pertinents ; la balance entre évolution et  tradition est délicate en ce domaine, comme en bien d’autres ». Pour Henri : « Je suis d’accord qu’il faut évoluer. J’espère que le nouveau format permettra d’atteindre le même niveau ». Et Régine ajoute : « Merci de vos précisions. Cela n’apparaissait pas clairement dans la lettre lue par M. Meyer ».

 

A lire également l’article du Médiateur sur le sujet 

Panneaux d'affichage de la campagne présidentielle 2017 à Pontoise (Ile-de-France). (MAXPPP)

Le bilan d’une « folle » campagne électorale

La campagne électorale prend fin vendredi 5 mai à minuit : une campagne passionnée, voire passionnelle, comme le montrent les milliers de messages que les auditeurs ont adressé au médiateur. Aujourd’hui, Bruno Denaes dresse le bilan…


Cette campagne a vraiment été marquée :

  • D’abord, par une grande intolérance,
  • Ensuite, par une incompréhension – volontaire ou involontaire – du traitement de l’information,
  • Egalement par des réactions parfois irrationnelles avec l’éternelle théorie du complot,
  • Enfin, – et c’est étonnant et grave à la fois – par un déni de la démocratie.

Il ne faut pas généraliser : tous les citoyens et tous les auditeurs ne réagissent pas ainsi. Mais les observateurs sont quasiment unanimes : cette campagne a été atypique et passionnelle. Et cela s’est traduit dans les plus de 15 000 messages reçus depuis octobre dernier.

Quel a été le reproche le plus fréquent ?

Le plus fréquent, c’est de ne pas supporter d’entendre dans le journal de 8 heures, par exemple, un candidat – ou un reportage sur un candidat – qui n’est pas celui que JE soutiens. C’est alors l’intolérance et la mauvaise foi qui font réagir : « Vous censurez MON candidat. Vous ne le diffusez jamais ». Et là, le médiateur répond par un rappel à un principe fondamental de la démocratie : chacun doit pouvoir s’exprimer que l’on  soit ou non d’accord avec ses opinions. Et il ajoute une explication basique sur le fonctionnement de la radio : on ne peut diffuser 11 candidats dans un seul journal. Si celui que vous soutenez n’était pas dans le journal de 8 heures, il était peut-être bien dans celui de 12h30 ou celui de 18h. Enfin, il y avait un contrôle très strict du CSA, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, à propos des temps de parole et des temps d’antenne. Et le CSA n’a rien trouvé à redire dans le traitement de la campagne sur France Culture.

Trop de Front National ?

C’est vrai, mais ce n’est que du ressenti. Le parti de Marine Le Pen, comme tous les extrêmes, est clivant. Si je ne supporte pas le FN, je ne supporte pas de l’entendre à la radio et j’ai l’impression de n’entendre que lui. J’écris alors au médiateur pour lui demander d’interdire de diffuser ce parti. Un, le médiateur rappelle alors qu’il n’a pas de tels pouvoirs, ni personne d’autres d’ailleurs, hormis le législateur ; deux, le médiateur rappelle une fois encore les principes démocratiques de liberté d’expression. D’ailleurs, cette liberté d’expression est valable également pour ceux qui appellent à l’abstention : par exemple, plusieurs auditeurs ont reproché à La Grande Table d’avoir invité le philosophe Jacques Rancière le 3 avril. Leïla écrit : « Pour qui se prennent-ils donc tous ces intellos ? Pourquoi les laisser faire le jeu du FN ? ».

Hiérarchie et choix de l’information

C’est le principe de base du journalisme : faire des choix, tout simplement parce que les informations sont trop nombreuses. Il faut donc sélectionner ce qui semble être le plus important dans l’actualité, ce qui peut intéresser le plus grand nombre d’auditeurs, ce qui est le plus enrichissant, le plus original… Tout cela n’étant bien évidemment pas une science exacte. Les rédacteurs en chef, les journalistes peuvent faire des erreurs de jugement ou d’interprétation. Mais NON, un grand NON, les journalistes ne se mettent pas tous d’accord lundi matin par exemple pour se dire : « On va beaucoup parler des Le Pen pour faire peur aux Français ». Encore et toujours cette bonne vieille théorie du complot.

La réalité est simple et professionnelle : le 1er mai, dans l’actualité, il y a le matin le rassemblement FN devant la statue de Jeanne d’Arc et, l’après-midi, les défilés syndicaux. Il y avait également les meetings de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron. Pas d’arrière-pensées tordues ; les journalistes ont fait leur travail de journalistes et ont couvert l’actualité.

La théorie du complot : l’affaire Fillon

« Vous avez voulu « tuer » Fillon», « Vous vous êtes tous mis d’accord pour détruire la droite » ou « Bien sûr, vous avez attendu qu’il soit choisi pour le descendre ». Eh bien non ; là encore, les journalistes ont fait leur travail de journaliste. Ils ne se sont pas dit : faisons barrage au candidat Fillon. Alors, pourquoi la presse s’y est-elle intéressé ? Tout simplement parce que c’était l’actualité. François Fillon était candidat ; c’était logique de s’intéresser à sa situation. C’est aussi un honneur pour la démocratie que la presse puisse révéler des pratiques immorales avec de l’argent public, voire illégales – la justice le dira. Quant au reproche de viser la droite, les militants oublient bien vite les affaires Cahuzac, Thévenoud et, dernièrement, Bruno Le Roux, trois ministres socialistes obligés de démissionner après des révélations de la presse.

Les interviews

« Vous êtes trop agressifs avec vos invités politiques », « Vous ne les laissez pas répondre », « Vos questions vous semblent souvent plus importantes que les réponses ». Ce n’est pas faux, et cela a été signalé à toutes les rédactions. Le journaliste n’est pas là pour se mettre en avant, il est là pour obtenir de bonnes réponses. Il est vrai que les hommes politiques savent éluder, retourner la question, noyer la réponse ; mais, comme le signalent des auditeurs, l’agressivité est contre-productive. Il existe d’autres techniques, comme celle de dire calmement : « Donc cette question vous embarrasse et vous ne voulez pas y répondre ».

En revanche, je ne partage pas ce reproche : « Vous êtes beaucoup plus insistants et accrocheurs avec les candidats que vous qualifiez d’extrémistes ». Pour moi, ce n’est qu’un réflexe professionnel. Les candidats populistes de droite, comme de gauche, pour justement plaire à leurs électeurs, lancent des séries de promesses qui peuvent sembler irréalistes ou démagogiques ; c’est le travail du journaliste d’aller plus loin que les simples promesses pour savoir comment le candidat compte les financer ou assumer leurs conséquences. D’ailleurs, deux candidats ont refusé beaucoup d’interviews et d’invitations de médias ; ils préféraient s’exprimer sans questions embarrassantes devant leurs militants ou sur les réseaux sociaux. Mais ce n’est plus de l’information, c’est de la propagande.

 

 

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Record historique des audiences de France Culture

Le Médiateur des antennes, Bruno Denaes, reçoit Sandrine Treiner, la directrice de France Culture

Les auditeurs de France Culture sont extrêmement attachés à leur radio, une radio unique dans le paysage radiophonique. France Culture vient de franchir un record historique avec 2,4 % d’audience. Une fidélité et une passion des auditeurs qui récompensent toute une antenne

De nouvelles fidélités se créent autour de la connaissance et du plaisir : 200 000 auditeurs supplémentaires en un an


Quand on connait le niveau d’exigence de vos auditeurs, quelle est votre recette pour attirer toujours de nouvelles oreilles ?

Une seule recette : rester France Culture ; la promesse de rendre compte de la vie des idées et du savoir ; des analyses reliées au monde contemporain . Sandrine Treiner rend hommage à toutes les équipes de la chaîne.


Quelles sont les évolutions majeures entreprises par la direction et les équipes ?

Une grille renouvelée, plus claire, de nouvelles voix.

Certains auditeurs qui avouent écouter France Culture depuis 30 ou 40 ans regrettent ce qu’ils appellent une forme de nivellement culturel, une simplification des thèmes abordés, en deux mots, la fin d’un certain élitisme. N’est-ce pas justement cette « simplification » qui permet de vous ouvrir à de nouveaux auditeurs ?

La difficulté est de s’adresser à tous et à chacun et de rester une grande radio populaire d’excellence.


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« L’esprit d’ouverture » est le thème de la campagne qui est lancée ce jeudi 20 avril.
France Culture, c’est cette ouverture à la connaissance, à la société, au monde, à la diversité culturelle.

C’est une manière de dire où se situe la chaîne « son esprit d’ouverture » vers les publics et grâce aussi aux nouveaux modes d’écoute en mobilité, notamment grâce aux podcasts. Un fait marquant: une augmentation de l’audience en mobilité pour les 35-49 ans.

 

Bruno Denaes tient à souligner l’écoute attentive apportée par Sandrine Treiner aux messages des auditeurs transmis par l’équipe du Médiateur… Et quand c’est nécessaire, la directrice de France Culture apporte rapidement des réponses.

Yannick Choirat et Hervé Pierre lors de l'enregistrement de la troisième saison de "57, rue de Varenne" -  
Crédits : Emilie Couet - Radio France

57 rue de Varenne: le succès d’une fiction politique

« C’est criminel de terminer par un « à suivre » ». « Une merveille… A quand la suite ? ». « De la haute qualité et drôle, bravo François ! ». Ces louanges ont été adressées à François Pérache, auteur de la fiction politique « 57 rue de Varenne », dont la 3ème saison s’est achevée vendredi 31 mars. Pour évoquer ce succès auprès des auditeurs,… Lire la suite

France Culture - L'atelier du pouvoir

France Culture a-t-elle cédé au Front National ?

Les réseaux sociaux se sont quelque peu enflammés après l’émission « L’Atelier du pouvoir ». Vincent Martigny et Thomas Wieder (les producteurs) ont reçu ce 11 mars Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint du Front National. Pour répondre aux auditeurs, Sandrine Treiner au micro du Médiateur.

 

 

Plusieurs auditeurs ont interpellé le médiateur : « J’apprends avec colère que « L’Atelier du pouvoir » a déprogrammé l’invitation d’une journaliste de Médiapart, pour répondre au souhait de l’invité FN ».
La question est en fait : comment accueillir cette parole ? Comment produire une émission équilibrée, structurée et pugnace? On entre alors dans les coulisses de la radio ; c’est le travail quotidien de France Culture d’organiser un débat où les gens puissent se parler dans un studio radio, autour d’une table ; si le débat est impossible, aucun intérêt pour l’auditeur.

Que s’est-il passé ? 

« Pourquoi avoir répondu aux exigences du Front National qui a pris l’habitude de sélectionner les journalistes ? »
L’invitation de la journaliste de Mediapart aurait-elle pu être maintenue en refusant les exigences de Jean-Lin Lacapelle ? On ne répond évidemment pas aux exigences du FN, mais à une exigence de plateau ; la problématique n’est pas la même en presse écrite qui n’a pas à constituer un plateau d’invités prêts à débattre…

« Le Front National impose-t-il des noms de journalistes ? »

Bien sûr que non; ce serait inacceptable. L’émission a-t-elle été pour autant complaisante avec le secrétaire général adjoint du Front National ? Evidemment non; il avait en face de lui des spécialistes de ce parti d’extrême-droite, très pugnaces.

Trop de Front National à l’antenne ?

Beaucoup d’auditeurs écrivent – à propos de France Culture, mais aussi de toutes les radios – que le Front National est trop présent à l’antenne, que cela contribue à sa notoriété… Qu’en est-il exactement ? Le débat, ce n’est pas le Front National ; le sujet, c’est le temps de parole contrôlé par le CSA.

Plusieurs auditeurs se posent des questions à propos de l’émission « Les pieds sur terre », consacrée à la justice et au tribunal de Marseille. Pourquoi France Culture a-t-elle été interdite de reportage ? L’émission n’a pas été censurée, elle est en ligne sur le site de France Culture. En revanche, la convention qui autorisait d’effectuer des reportages au sein des audiences a été rompue avec le tribunal; celui-ci n’a pas apprécié la diffusion du reportage d’une audience menée de manière très « étonnante ».

L'esprit public - France Culture

Jean-Louis Bourlanges et le temps de parole

« Je ne comprends pas que vous retiriez la parole à Jean-Louis Bourlanges, excellent intervenant dans « L’Esprit public », tous les dimanches sur France Culture » « Pourquoi un tel acte de censure ? ». Des questions, des réactions parfois virulentes, le médiateur en a reçu beaucoup depuis l’annonce, dans l’émission dimanche dernier, du retrait de Jean-Louis Bourlanges, le temps de la campagne électorale.


Rappel des règles de la campagne électorale avec Michel Polacco, le Secrétaire général de l’information de Radio France, qui veille au respect des temps de parole politique sur toutes les antennes:

CSA

 

Rien ne prescrit le retrait de l’antenne d’un intervenant; en revanche, chaque antenne doit équilibrer à la seconde près les temps de parole des candidats (et de leurs soutiens)… Et c’est excessivement complexe pour une antenne composée principalement d’émissions: il faudrait équilibrer la parole de Jean-Louis Bourlanges, soutien d’Emmanuel Macron, par d’autres collaborateurs d’émission qui devraient être soutiens de Fillon, soutiens de Hamon, soutiens de Mélenchon, etc, etc. Impossible…

Les règles sont strictes (contrôle du CSA)

Jusqu’au 19 mars: équité.
A compter du 20 mars: équité et exposition comparable (dans les mêmes créneaux horaires)
A compter du 10 avril: égalité, exactement le même temps pour tous les candidats et tous leurs soutiens, dans les mêmes créneaux horaires.

Toutes les radios et télévisions sont soumises aux mêmes règles…
Sur Europe 1, par exemple, Daniel Cohn-Bendit, soutien d’Emmanuel Macron, va cesser ses interventions à compter du 10 avril, la période la plus complexe, la période d’égalité.
C’est la période d’équité qu’a choisie Jean-Louis Bourlanges, lui-même, pour se retirer de France Culture. Une question de règles à respecter, mais aussi d’éthique.

Si les équilibres ne sont pas respectés, quels sont les risques pour une chaîne ?
Les risques ne sont pas négligeables : les sanctions peuvent aller jusqu’à de lourdes amendes, la perte du droit de diffusion, et même, le risque d’annulation des élections sur décision de justice.

Radio France, groupe de service public, se doit évidemment d’être exemplaire.

Le maintien de l'ordre peut-il se passer de violence ?• Crédits : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP

La police trop violente ?

« Le maintien de l’ordre légitime-t-il certaines violences ? », s’interrogeait l’émission « Du grain à moudre » le 17 février dernier. Des auditeurs ont réagi; pour leur répondre, Hervé Gardette, le producteur de l’émission, au micro du Médiateur des antennes.


« C’était une émission à charge contre la police, estiment des auditeurs. Vous avez mis en avant des bavures – condamnables, mais rares -, et vous avez oublié les violences de plus en plus graves auxquelles sont confrontés les policiers et la société ».
Il s’agissait d’évoquer les mouvements de haine « anti-flics »

Objectif de cette émission ?

Selon Hervé Gardette : Effectivement on a assisté à un débat clivé entre les invités. Le « CLUB des idées » a lieu le vendredi avec différents éditorialistes autour de ces questions : Qu’est-ce qu’une police ? Peut-elle utiliser la force ? On est là dans une émission de science politique qui permet de prendre de la distance.

Une auditrice, Jeanne, résume bien plusieurs messages reçus. Elle écrit : « « Je savais bien que ce serait tendu par moments », conclut Hervé Gardette. Je me demande bien pourquoi, dans ce cas, il invite une « chercheuse », comme Ludivine Bantigny, militante d’extrême-gauche, dont les interventions et l’agressivité, à l’abri de son badge scientifique, sont sans surprise ».

Cela participe de cette diversité au sein des débatteurs.

La confiance des Français en la police
Des auditeurs, comme Benji, ont noté que, sur 4 invités, les trois universitaires ne relevaient que les aspects négatifs de la police, face à un Brice Couturier, journaliste, bien seul pour rappeler que 75% des Français avaient confiance dans leur police.

Des chercheurs loin du terrain et de ses réalités
Un autre auditeur, Thomas, s’amuse d’un aveu de Sylvain Kahn, professeur à Sciences Po, qui « dit connaître la banlieue en lisant des articles et en regardant le film de Jacques Audiard, Dheepan ». C’était de l’auto-dérision de sa part.
Enfin, plusieurs auditeurs ont noté qu’aucun intervenant n’avait évoqué ces banlieues de plus en plus rongées, voire pourries, par le commerce de la drogue. Commerce qui induit une violence extrême pour les habitants et pour les policiers… Cela fera l’objet d’une prochaine émission, nous dit Hervé Gardette.

 

De son côté, Ludivine Bantigny, historienne, maître de conférences à l’Université de Rouen, a souhaité répondre aux auditeurs l’ayant mis en cause :

« Je regrette que, parmi les nombreux messages reçus, seuls soient retenus dans ce billet les réactions à charge contre Sylvain Kahn et moi. Mais dont acte : je souhaite répondre à Jeanne. Vous entendez, Jeanne, mettre en cause ce que je suis, une chercheuse en sciences sociales et une historienne, au nom du fait que je tiens des propos engagés. Il me semble cependant que toute contribution, qu’elle émane de journalistes, d’éditorialistes, de chercheurs, de vous-même comme auditrice, est toujours engagée, toujours politique. Peut-être le percevez-vous davantage dans mes positions parce qu’elles sont moins souvent entendues dans les médias, malheureusement. Pour autant, je pense n’être ni agressive ni extrémiste : j’ai foi en une société plus juste, plus humaine et plus démocratique. C’est aussi pour permettre à cette sensibilité de s’exprimer qu’Hervé Gardette m’a conviée au « club » du Grain à moudre. J’essaie de le faire en mobilisant le fruit de ma formation et de mes travaux. Je ne crois pas beaucoup en la « neutralité » du savoir ; en revanche, je crois en l’intégrité de la démarche scientifique, comme dans la nécessité de l’articuler, posément et honnêtement, avec un engagement social, pratique et politique ».

 

 

 

 

 

"Autorise a poursuivre" - poursuites contre la presse : un representant de l'autorite, baton en main, frappe un journal (journaliste) qui s'enfuit .• Crédits : LEEMAGE - AFP

Le Pénélopegate ou l’Affaire Fillon

L’affaire a fait réagir de nombreux auditeurs. Pour leur répondre, Ludovic Piedtenu, chef du service politique de France Culture au micro de Bruno Denaes   Peut-on parler d’acharnement médiatique ? Il y a d’abord celles des auditeurs qui félicitent les journalistes pour la présentation et l’explication des faits. Mais il y a aussi tous ces auditeurs… Lire la suite

Le président syrien Bachar Al-Assad interrogé par l'envoyée spéciale de franceinfo à Damas, le 9 janvier 2017. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Fallait-il ou non diffuser l’interview de Bachar Al-Assad ?

Plusieurs auditeurs se sont étonnés que France Culture ait diffusé l’interview de Bachar Al-Assad, réalisée par Alice Serrano. « Je suis triste pour les victimes syriennes que vous diffusiez leur assassin », écrit Daniel. Et Magalie ajoute : « En son temps, auriez-vous diffusé une interview d’Hitler ? ». Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction de France Culture, répond aux auditeurs… Lire la suite