Le choix de l’info sur France Culture

France Culture « Radio Pro-Macron » ?

pour y répondre Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction au micro de la médiatrice des antennes

 

Sophie, une auditrice de Marseille. « Depuis un an mes oreilles sont trop régulièrement irritées par un certain son lorsque j’écoute quotidiennement vos journaux : 8 heures, 12h30,et  18h. Ce son qui irrite mes oreilles , à la longue, est le nom de l’actuel président de la république. Il ne se passe pas une journée et sans doute une édition parmi les journaux sans que le nom d’Emmanuel macron soit prononcé, ses paroles, ses prises de position sur tel ou tel sujet.

J’ai commencé à écouter France Culture sous le mandat de Nicolas Sarkozy puis sous celui de François Hollande. Je n’ai jamais autant entendu de relais des actions et paroles présidentielles sur vos antennes pour l’un comme pour l’autre. Il m’est alors très difficile de croire que votre maison ne subisse aucune pression de l’Elysées en ce sens. On connait le gout de l’actuel président pour le contrôle de la communication »

Je peux vous assurer que nous ne subissons, à la rédaction de France Culture, aucune pression de l’Elysée ou de quiconque.
Il y a une loi sur les temps de parole politique, le CSA s’attache à vérifier que nous respectons bien ces règles : Emmanuel Macron et ses 35 ministres et secrétaires d’Etat doivent bénéficier  d’1/3 du temps de parole politique sur les antennes. C’est à dire que sur 1 heure de parole politique sur France Culture comme sur toutes les antennes de l’Audiovisuel, 20 minutes sont consacrées au Gouvernement, 40 minutes pour tous les autres partis politiques. (66 % du temps de parole, 33 % pour l’Exécutif). Cette règle garantit le pluralisme politique qui est une des bases de notre Démocratie.

 

Le pluralisme sur France Culture

Jean-Louis : Sur l’Europe et les prochaines élections vous donnez la parole à LREM et au Rassemblement National (RN) comme s’il n’y avait aucune alternative autre que celles représentées par ces deux clans, toutes les deux mortifères pour les peuples européens. Je n’imagine pas que vous soyez aussi simpliste, je pense que vous êtes en service commandé pour une fois de plus installer en face du pouvoir en place l’extrême droite en espérant sauver le soldat Macron. Vous ne faites  pas votre travail d’information, en installant le RN comme seule alternative.

Nous ne sommes pas en « service commandé » mais en revanche, chaque vendredi dans le journal de 12h30, nous avons installé une case « Europe » avec un invité européen. Nous avons effectivement invité Nicolas Bay. Sur dix rendez-vous depuis la rentrée de la grille en août dernier, c’est le seul membre du RN que nous avons reçu. Je suis très inquiet de tous ces reproches, de cette violence contre les journalistes. Jean-Luc Mélenchon, notamment a appelé à « pourrir » les journalistes, et c’est un coup de couteau très sévère porté à la liberté de la presse. Ce n’est pas normal que des reporteurs se fassent agresser. C’est très grave, c’est insupportable que mon collègue de BFM TV se fasse lyncher par des Gilets Jaunes. Nous sommes là pour informer. Un journaliste digne de ce nom n’est ami avec personne, on ne milite pour personne. On informe, nous sommes libres….

 

 

Quelle est la ligne éditoriale de l’information sur France Culture ?

Message d’un autre auditeur : 100% d’internationale aujourd’hui au journal de midi. Vous avez des consignes de Jupiter »

Donc nous avons vérifié il s’agit du journal du 25 novembre, lendemain de la journée d’actions des gilets jaunes avec notamment les scènes de violence sur les Champs-Elysées et vérification faite, en effet des informations exclusivement internationale dans cette édition… Comment expliquez-vous ce choix ?

Je le répète nous n’avons de consigne de personne. On peut faire des erreurs d’appréciation. Ce 25 novembre est le jour où la crise commence entre la Russie et l’Ukraine. Quant aux Gilets Jaunes, un reporteur était sur place, en donnant la parole à tout le monde.

 

 

 

Disparition de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture

Pourquoi avoir supprimé la diffusion des cours de l’université populaire de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture ?

France Culture n’a pas été sollicitée par Michel Onfray sur de nouveaux projets en cours.
Pourquoi continuer à transmettre ses cours ? Chaque été l’équipe propose une grille pluraliste, variée. Pendant 15 ans, Michel Onfray a mené un grand projet sur l’antenne de France Culture, « La Contre Histoire de la philosophie ». Depuis deux ans, ce que propose Michel Onfray, ne correspond plus à la grille de la chaîne.

 

Sandrine Treiner a adressé, il y a quelques semaines, une réponse aux auditeurs en leur expliquant que « les cours et les questions du public retransmis depuis deux ans sur l’antenne de France Culture ne correspondent plus à ce que nous voulons proposer à nos auditeurs ».

Béatrice, une auditrice, se dit « très choquée » par cette réponse et se demande si vous êtes à ce point indifférente à leur demande et s’interroge en écrivant : « mais si justement ces cours correspondent toujours aux souhaits et aux besoins des auditeurs ??? »  Que répondez-vous à Béatrice rejointe dans cette interrogation par un ensemble d’auditeurs ?

Depuis des années, la direction a reçu beaucoup plus de messages opposés à cette diffusion que l’inverse concernant la diffusion des cours de Michel Onfray. Tant que le projet était original et valide nous l’avons soutenu.

France Culture a-t-elle subi des pressions ?

Franck écrit : « Cet événement semble être l’aboutissement de la réorientation générale de votre antenne depuis de nombreux mois marquant la sévère reprise en main politique de votre rédaction. »
Une analyse partagée par de nombreux auditeurs comme Cyril par exemple qui indique : « Nous sommes très nombreux à évaluer l’hypothèse que vous n’ayez pas pu prendre cette décision sans avoir subi une pression, qu’elle soit idéologique, professionnelle ou politique ».

Aucune pression politique. La direction de France Culture assume totalement cette décision. Je comprends le désarroi des auditeurs.

Des auditeurs s’inquiètent de ne plus pouvoir écouter, ni télécharger les émissions de l’Université Populaire et souhaitent savoir si cette décision « émane du philosophe responsable de l’Université » ou de vous-même, « Sandrine Treiner ou des deux parties » et demande si ces podcasts seront de nouveau disponibles ?

Les cours de Michel Onfray était le seul programme qui n’était pas diffusé en podcast pour des raisons économiques qui n’appartiennent pas à la chaîne mais à son auteur. Nous n’avions et n’avons toujours pas la main sur ses podcasts ; leur diffusion est autorisée durant 15 jours.

 

À la suite de la question des auditeurs sur l’indisponibilité des podcasts de Michel Onfray sur franceculture.fr, podcasts sur lesquels la chaîne n’a pas les droits de diffusion, nous publions un complément d’information de la part de Patrick Frémeaux, éditeur sonore de Michel Onfray :

– La Contre-Histoire de la Philosophie n’a jamais été une émission enregistrée dans les studios de France Culture mais une retransmission par la radio de cours-conférences du philosophe captés depuis l’Université Populaire de Caen en public.

– La Contre-Histoire représente 13 années d’émissions et l’édition de 26 coffrets de 12 à 13 CD disponibles chez Frémeaux & Associés.

Les dessous de l’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon

Beaucoup de réactions d’auditeurs à la suite de la diffusion de l’enquête de la cellule investigation de Radio France, sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Pour en parler, Sylvain Tronchet qui a mené cette enquête


Ils  s’interrogent tout d’abord sur le calendrier
 :
perquisition au siège de la France Insoumise et publication de l’enquête la même semaine

On travaille depuis longtemps sur ce dossier. On avait déjà sorti une première enquête en février alors qu’il n’y avait pas de procédure judiciaire à l’époque.
Nos enquêtes sont prévues plusieurs semaines à l’avance, et elles sortent toujours un vendredi. Les auditeurs de France Culture le savent puisqu’on intervient tous les vendredis dans le journal de 18h00.
Le magazine Telerama annonçait l’émission de France Inter Secrets d’info consacrée à Sophia Chikirou la semaine dernière. Or Télérama est bouclé une semaine à l’avance, et j’avais été interviewé par leur journaliste plus de 10 jours avant les perquisitions. Je ne peux pas dire mieux que ça.

Radio France Radio d’Etat
La Radio Publique serait au service du  gouvernement en place. Vous seriez aux ordres et cette enquête serait en quelque sorte une commande.

Rappel d’une chose, qui est facilement vérifiable : quand nous avons sorti avec Elodie Gueguen l’affaire des assistants parlementaires du Modem en juin 2017. Une affaire qui est à l’origine du départ de trois ministres du gouvernement d’Edouard Philippe. A l’époque nous avions reçu un coup de fil de François Bayrou, Garde des Sceaux, qui ressemblait à une tentative de pression. Nous avions quand même sorti cette enquête. C’était il y a un an. A l’époque ceux qui nous accusaient notamment de harcèlement n’étaient pas dans le même camp que ceux qui nous accusent de harcèlement aujourd’hui.
En matière politique, nous travaillons sur tout le monde. Le pouvoir, comme l’opposition qui a vocation à gouverner. Et le financement politique est un de nos sujets. Parce que c’est un domaine où la France est loin d’être exemplaire.

 Des auditeurs s’étonnent que les journalistes n’effectuent aucun travail d’enquête sur la campagne d’Emmanuel Macron. 
« Avez-vous investigué avec autant de sérieux les comptes de campagne de Macron ? » ou encore « Où est la cellule d’enquête sur la Macronie ? »

Alors là aussi, il faut être factuel. On a enquêté sur la campagne d’Emmanuel Macron. J’ai notamment beaucoup entendu dire, où est votre enquête sur les ristournes dont a bénéficié Emmanuel Macron pendant sa campagne ? Je rappelle quand même que si on peut parler de ces ristournes, c’est grâce au travail de trois médias / Mediapart, Le Monde et nous. Nous avons sorti avec Elodie Gueguen une grande enquête sur les comptes d’Emmanuel Macron en juin. Où nous révélions l’existence de ristournes potentiellement illégales. Mais aussi les défaillances dans le contrôle exercé par la commission des comptes de campagne.
Il y a un mois, j’ai réalisé une enquête sur un autre aspect de la campagne d’Emmanuel Macron. Sur la façon dont son cabinet a piloté à distance un mouvement qui se disait spontané qui s’appelle les Jeunes Avec Macron, et qui en fait n’était pas très spontané. Et pas aussi massif et jeune qu’il voulait bien le dire.
On a fait ces derniers mois des enquêtes sur le pouvoir des lobbys vis à vis du gouvernement actuel, une enquête sur Macron et les chasseurs, Macron et les catholiques. Et dans le même temps on a fait deux enquêtes sur Jean Luc Mélenchon et son entourage. Tout ce que je dis, on peut le retrouver sur le site de France Culture.

Dans votre enquête Sylvain Tronchet  nous n’entendons pas Sophia Chikirou s’exprimer. Pour quelles raisons ?

Parce qu’elle a refusé toutes nos demandes d’interview. Et il y en a eu plusieurs. Comme en février. Nous lui avons pourtant envoyé une très longue liste de questions, précises, chiffrées. Pourquoi on fait ça ? C’est pour qu’elle sache exactement sur quoi va porter notre enquête. Qu’elle puisse répondre par la voie de son choix. Qu’on puisse éventuellement lui renvoyer des demandes de précisions. ça doit se faire sereinement, sur la base d’éléments factuels, argumentés… Je tiens à préciser qu’on le fait pour des raisons déontologiques, mais aussi légales… Parce que la loi nous impose de laisser la place au contradictoire.

Les chiffres des services facturés par la société Médiascop. 
« Votre propos aurait gagné en qualité si vous aviez donné  des chiffres comparatifs , pourquoi ne pas l’avoir fait ? La démonstration n’en aurait été que plus pertinente. »

La campagne de Jean-Luc Mélenchon n’est comparable à aucune autre. Car il fait employer une bonne partie de son staff par des structures extérieures dirigées par des proches. On ne le retrouve nulle part ailleurs. L’association de campagne de Marine Le Pen par exemple. Elle a payé 2 millions 400 mille euros de salaires sur la campagne. Emmanuel Macron 550 000. Pendant ce temps là, l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon elle a payé 7000 euros de salaires pour toute la campagne… Alors vous vous dîtes Jean-Luc Mélenchon a été très économe. Pas forcément parce que dans le même temps il payait une partie de son staff en honoraires d’auto entrepreneurs, et ça c’est noyé ailleurs dans les comptes et surtout, il faisait employer une autre partie de son équipe par des structures extérieures, dont la société Mediascop… Qui refacturait, avec une marge les salaires en question.

 

Facture Mediascop campagne …

Ma Radio Demain : La consultation citoyenne de la radio

Emmanuelle Daviet reçoit Emmanuelle HENRY , Directrice des Etudes et de la Prospective, pour présenter la grande consultation lancée auprès de vous, auditeurs, « maradiodemain »

Cette  consultation citoyenne qui permet pour les acteurs de l’audiovisuel public d’engager  une conversation avec les Français sur leurs attentes , leur vision du média radio mais avant j’ai une question Emmanuelle Henry :

Pensez-vous que Sandrine Treiner la directrice de France culture s’enthousiasmerait de la perspective d’un trajet en train avec des auditeurs de sa station ?
Le questionnaire commence ainsi pour  cette antenne :
« Lors d’un trajet en train, vous êtes assis) à côté de la directrice de France Culture. Vous avez du temps pour lui dire en toute franchise ce qu’elle devrait mettre en place pour que vous écoutiez davantage ses programmes : quels nouveaux thèmes, nouvelles émissions, nouvelles manières d’écouter la radio…  »

Quel est l’objectif de cette consultation ?
Pourquoi avez-vous jugez nécessaire d’interroger les Français ?

Tous les médias se doivent d’être à l’écoute de leur public. Radio France le fait aussi, depuis des années, à travers des études, mais aussi par l’intermédiaire de la médiatrice.
Ce que nous avons voulu faire, c’est de donner la parole à tous ceux qui souhaitent se prononcer, pour recueillir les avis du plus grand nombre.

Comment doivent procéder les personnes qui souhaitent y participer ?

Il suffit de se connecter sur « maradiodemain.fr » et de se laisser guider… Concrètement après quelques questions générales rapides, on peut choisir de s’exprimer sur la radio ou sur la télé (on peut faire les deux !). Dans la partie sur la radio, plusieurs petits questionnaires sont proposés, et chaque internaute choisit celui auxquels ils souhaite répondre, c’est un parcours à la carte. Chaque petit questionnaire est composé d’une question dite ouverte, libre, et de questions type QCM. Il faut compter 2-3 minutes par questionnaire. On peut arrêter quand on veut et revenir plus tard pour finir.

Il est important de préciser que le projet est centré sur les attentes et idées du public, et non sur la perception de l’existant.

Oui, l’objectif n’est pas ici de donner un avis sur les programmes actuels, mais de faire des propositions pour l’avenir, aussi bien au niveau des thèmes que des formats, des offres numériques.

Différentes thématiques sont abordées, vous pouvez nous en citer quelques-unes ?

Il y a des questionnaires par station, déjà (France Culture bien sûr, mais aussi France Inter, France Info, France Bleu, France Musique, Fip et Mouv).
Et nous avons choisi également une dizaine de thèmes : la culture, l’information, les offres pour les jeunes, les contenus éducatifs pour les enfants, les nouvelles façons d’écouter la radio, la musique, ou encore la proximité (la place de radio France partout en France, géographiquement proche de ses auditeurs)

Des auditeurs de radio France ont commencé à répondre à ces questionnaires : Combien ?

Ces chiffres évoluent en temps réel : plusieurs milliers d’auditeurs répondent chaque jour !

Ce chiffre témoigne d’un réel intérêt pour cette démarche. d’autres auditeurs en revanche s’y opposent et nous écrivent au sujet de cette consultation .
«  Radio France doit rester une radio de l’offre, n’en faites pas une radio de la demande ! C’est l’offre des programmes disponibles qui me permet d’apprendre et de nourrir ma curiosité : j’écoute des contenus a propos de sujets qu’il ne me serait pas venus à l’idée d’aborder. ».
Que leur répondez-vous ?

Je comprends leur crainte ! la force des antennes de Radio France est qu’elles proposent des programmes que l’on ne trouve pas ailleurs. L’idée n’est absolument pas de changer ça. Mais d’écouter nos auditeurs, de comprendre ce qu’ils aimeraient que nous fassions. On ne peut pas être déconnecté du public. On ne lui demande pas pour autant de fabriquer les grilles de programmes, mais de nous faire part de leurs envies. Ces enseignements nourriront la réflexion des différentes stations et permettront d’être encore plus créatif, de proposer des contenus encore plus de qualité, et répondant encore mieux à ce que les auditeurs rêveraient de trouver sur ces radios.

Une fois que toutes les données seront traitées, analysées, comment allez-vous vous les approprier ?

C’est un travail qui sera réalisé avec l’Institut Ipsos. Nous avons besoin de quelques semaines pour tout analyser.  Nous allons notamment regarder les idées qui reviennent souvent, celles qui sont plus originales, celles qui viennent d’auditeurs assidus ou occasionnels… Il y a beaucoup de facteurs à « croiser ».
Les enseignements seront ensuite partagés avec les équipes des antennes, qui se les approprieront, chacun suivant leur ligne éditoriale.

Y aura -t-il des concrétisations réelles des souhaits des auditeurs sur les antennes ?

Il y aura des impacts sur les antennes, parce que cette consultation donnera des idées aux équipes.

Cela peut être sous différentes formes : des émissions créées complètement suivant des idées issues de la plateforme, une mise en avant plus importante de certains types de sujets de nouveaux formats de nouveaux services… Après traitement et analyse, des échanges seront organisés avec les différentes équipes concernées, chez France Télévisions et chez Radio France, afin qu’elles s’en approprient les enseignements.

 

 

 

L’homélie et le choix des invités sur France Culture

Au menu ce jeudi le sermon de l’archevêque d’Avignon, La marque Carrefour dans « Les bonnes choses » et la présence de la journaliste Charlotte d’Ornellas dans la Fabrique médiatique Retour sur l’homélie de l’archevêque d’Avignon diffusée en direct le 15 juillet dernier sur France Culture  Le service du Médiateur avait alors reçu énormément de courriers d’auditeurs… Lire la suite

Une nouvelle médiatrice et une nouvelle grille de rentrée pour France Culture

Pour son premier rendez-vous, Emmanuelle Daviet reçoit la directrice de France Culture, Sandrine Treiner

Le travail d’un médiateur consiste à relayer auprès des journalistes, des producteurs et des directions d’antennes les remarques des auditeurs. Il y a parfois  de la colère, de l’indignation, de l’inquiétude mais aussi , et c’est heureux, de véritables déclarations d’amour. Et c’est avec une déclaration que je souhaite amorcer ce rendez-vous : elle est signé Arnaud : voici ce qu’il écrit

«  France Culture, qu’elle fait du bien cette station. C’est toujours agréable de se coucher moins bête que la veille. Je suis enseignant et j’adore apprendre, découvrir. Je suis fan de cette station. Faites la perdurer. Mais France culture c’est aussi une qualité sonore, l’une de ses forces c’est d’avoir une prise de son qui nous plonge dans Evènement. C’est formidable . Félicitations à toute l’équipe sans distinction ».

Les nouveautés de cette saison

France Culture propose cette rentrée une toute nouvelle approche éditoriale : la culture comme fait de société. Quelle en est la traduction sur l’antenne ?

Après un bel été sur France Culture, la grille de rentrée est sous le signe de la continuité, c’est à dire une certaine conception du temps dévolu aux idées, aux savoirs, à la création, du temps pour déployer des idées. Une grille très fidèle à celle de l’an passé, et un vrai rajeunissement des publics. Mais par ailleurs, de nouveaux rendez-vous tout de même, avec une nouvelle émission dédiée à l’alimentation  « Les bonnes choses », le dimanche à midi présentée par Caroline Broué et une autre émission dédiée à la culture « Signes des temps » par Marc Weitzmann et un podcast natif fait par Mathilde Serrel sur le numérique.

 

La création radiophonique et les papous : 

Deux sujets d’inquiétude chez les auditeurs, comme l’exprime David :

« Je viens de prendre connaissance de la nouvelle grille de France Culture et je voulais vous exprimer ma grande surprise en voyant que l’émission « création on air » a été supprimée ! Je suis vraiment choqué car ces émissions étaient d’une qualité et d’une originalité absolument géniales… J’imagine que cette décision a été prise pour réduire les coûts et en lien avec une faible audience. Je suis extrêmement déçu et j’espère que vous pourrez corriger cette erreur rapidement. Pouvez-vous me tenir informer ? »

« Création on air » a changé d’horaire mais n’a pas disparu de la grille. L’idée est de réinventer l’espace de la création sur la chaîne ; les équipes y travaille avec Aurélie Charon, productrice des émissions de création qui aboutira en janvier avec de nouvelles émissions.
Il en va de même pour les Papous dans la tête, la productrice Françoise Treusard a souhaité faire valoir ses droits à la retraite. On va réinventer une émission dédiée à l’humour et aux jeux littéraires, ce sera en janvier 2019.

 

Plaisirs et découvertes pour l’été sur France Culture

Les programmes de l’été suscitent toujours beaucoup de réactions des auditeurs. Les uns sont heureux de faire de belles découvertes, quand d’autres protestent contre les rediffusions. Sandrine Treiner, directrice de France Culture, répond aux questions des auditeurs. Alors, allez-vous rendre les auditeurs de France Culture heureux cet été ? France Culture l’été, c’est France Culture… Lire la suite

Des sujets tabous dans « Questions d’Islam » sur France Culture ?

La religion reste un sujet difficile à aborder. Un sujet qui, pour le médiateur, suscite régulièrement des réactions d’auditeurs. Principalement à propos de la messe diffusée tous les dimanches ou de l’émission « Questions d’Islam ». Son producteur, Ghaleb Bencheikh, répond aux auditeurs.

 

 

La religion peut être un sujet clivant, mais sur France Culture, c’est surtout un sujet de connaissance. Pour cet auditeur, Fabien : « Quelle émission intéressante ! Même pour un néophyte comme moi… J’ai vraiment plaisir à découvrir d’autres pensées ». Et pour Françoise : « L’approche anthropologique et historique des intervenants qui peut se développer grâce à Ghaleb Bencheikh est passionnante pour l’agnostique que je suis ».

L’émission ne se veut pas une « crypto-catéchèse » uniquement destinée aux Musulmans. Elle est destinée à tout auditeur francophone intéressé par le fait religieux et en l’occurrence le fait islamique.

Comment est conçue l’émission ?

Cela couvre toute une gamme, de l’épouvante à la barbarie, la violence sacralisée et cela va crescendo jusqu’à la fine pointe du soufisme et de la spiritualité. Il y a surtout des approches civilisationnelles et culturelles ; jamais ou rarement, les aspects cultuels sont mis en avant.

Les émissions religieuses ne font que du prosélytisme ?
« Dans « Questions d’islam », écrit Jacques, l’intervenant tente de montrer l’avantage déterminant du soufisme sur la chrétienté. La radio n’est pas là pour faire l’apologie des croyances ».

Ce n’est pas une question religieuse que je produis. C’est avant tout, une émission de radio culturelle sous-tendue par le fait islamique dans toutes ses dimensions. Celles-ci couvrent toute une gamme allant depuis les considérations de violence terroriste abjecte jusqu’à la fine pointe de la spiritualité soufie, en effet. Les données théologiques y sont très parcimonieuses. C’est avant tout une émission qui met en exergue les aspects de l’Islam sur les plans civilisationnel et culturel, maintenant et à travers l’histoire. La question dite de « réforme ».

De nombreux invités religieux, dans l’émission ?

Sur 88 émissions déjà diffusées, il y a eu un imam pour venir parler de linguistique et un recteur de mosquée.

Des sujets tabous chez les Musulmans ?
Plusieurs auditeurs se sont étonnés que, dans votre émission consacrée à « La sexualité des musulmans », « rien, comme nous l’écrit Jacques, sur la sexualité féminine, ni sur le tabou de la virginité ». Et Daniel s’étonne que vous n’ayez pas abordé un autre « tabou chez les Musulmans », l’homosexualité.

Aucun sujet n’est tabou, il suffit simplement de trouver les bons intervenants pour l’aborder sérieusement et avec compétence et notamment avec une sexologue (émission à venir)

Une auditrice, Corinne, qualifie Ghaleb Bencheikh de « musulman ouvert », mais s’inquiète de savoir comment il est considéré dans, nous dit-elle, « votre communauté pas toujours très progressiste, notamment avec les femmes »

Ce n’est pas le « musulman » qui s’adresse aux auditeurs profitant de l’antenne pour asséner ses vérités. C’est tout simplement le « médiateur » laïque assurant le lien – par ses questions –  entre les intervenants et les auditeurs. Dans cette affaire, je ne suis pas un clerc ni un religieux qui plaide une cause pro domo et sur le service public de surcroît.
Je n’ai pas d’autres communautés que la communauté française. Je fais partie de la communauté française. Je suis quelqu’un qui explique. Analyser n’est pas excuser.

 

Retrouvez Questions d’Islam tous les dimanches de 7h05 à 8h sur France Culture.

L’économie est-elle Culture ?

Quel rapport entre l’économie et la culture ? Pour certains auditeurs, l’économie n’aurait pas sa place sur une chaîne culturelle. D’autres, en revanche, plébiscitent l’émission lancée en septembre dernier sur France Culture « Entendez-vous l’éco ? » par Maylis Besserie.

Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture ?

Pour certains auditeurs, l’économie serait presque un gros mot qui n’aurait pas sa place dans un contexte culturel. Pour Paul, par exemple, « nous ne venons pas pour entendre parler de fric, de crise, de sujets sociétaux ; nous venons entendre de la poésie, de la littérature inconnue, de la philo, de l’Histoire ». Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture …

L’économie est aussi une science sociale. En tant que science du savoir elle a sa place sur France Culture. Elle permet aussi de donner des clés pour comprendre l’actualité et le monde : tout dépend de la manière dont on le fait. La particularité d’une émission d’économie sur France Culture, c’est de croiser cette science avec d’autres supports : l’Histoire, la philosophie. C’est regarder l’économie du cinéma, de la littérature : c’est la particularité de la chaîne.

L’économie est-elle culturelle ?

L’économie entre dans une culture générale. C’est aussi se cultiver et en apprendre plus sur le monde.

Cette émission propose une approche pédagogique, explicative pour toucher le plus grand nombre. Comment faites-vous pour rendre des sujets, parfois complexes, abordables par tous ?

Le langage de la science économique est complexe. Il y a donc un travail de décryptage, c’est la mission du service public de rendre accessible la compréhension. Ça n’empêche pas un certain niveau d’exigence. Les invités sont des universitaires, des pointures dans leurs domaines.

Des auditeurs l’ont bien compris, comme Mireille « Merci, écrit-elle, pour cette excellente émission sur l’économie qui invite des spécialistes de niveau universitaire et qui sait établir des liens avec la philosophie, l’Histoire, etc. Je recommande votre émission à mes étudiants». Que pouvez-vous leur apporter ?

Les théories économiques sont des manières de voir le système économique en le reliant à tout. C’est un système global qui permet de convoquer toutes les autres disciplines de la pensée.

Retrouvez Maylis Besserie du lundi au jeudi de 14h à 15h.

Pourquoi tant d’invités pro macron sur France Culture ?

Trop d’invités pro Macron, mais aussi trop de partis pris en faveur des grévistes…
Les auditeurs réagissent beaucoup au traitement de l’information politique et sociale, riche en cette période. Pour les éclairer, Frédéric Barreyre, directeur de la Rédaction de France Culture, est au micro du médiateur.

Rappel des règles du CSA

Il y a évidemment les militants qui voudraient n’entendre que ceux qui pensent comme eux. Mais il y a aussi tous ces auditeurs, attentifs, qui constatent que sur les antennes, les pro Macron s’expriment beaucoup. Martine, par exemple,  écrit cette semaine: « Arrêtez le défilé des invités pro Macron ! ». Ou Jean-Paul : « C’est l’Élysée qui vous impose tous ces macronistes ? »

C’est la loi et en l’occurrence le CSA qui impose l’accès des partis politiques aux médias. Depuis le 1er janvier 2018, nous sommes en période de « pluralisme ». Il n’y a pas d’égalité du temps de parole comme c’est le cas durant une campagne électorale (le temps de parole est comptée à la seconde prêt). Le pluralisme signifie que sur 1 heure de temps de parole accordée aux partis politiques, 1 tiers de ce temps donc 20 mn est donné à l’Exécutif , les 2 tiers restant soient 40 mn sont donnés à l’ensemble des autres formations politiques.
Ce qui peut donner l’impression qu’il y a trop de « pro-macron » mais ce n’est pas le cas, les députés de la République en Marche sont inclus dans le temps de parole réservé aux formations politiques. Cela vient en plus du temps de parole accordé à l’Exécutif.

 

Pour le tiers du temps de parole attribué au gouvernement, les interlocuteurs possibles sont peu nombreux ? 

Cela représente 33 personnes : 31 ministres et secrétaires d’Etat plus le Premier Ministre, plus le Président de la République. Et en face des milliers de personnes susceptibles d’intervenir.

 

Trop de ministres à la radio, conséquence des nouvelles règles imposées par le CSA

Le pluralisme s’applique hors période électorale

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Pourquoi les règles du temps de parole imposées par le CSA aux médias audiovisuels publics, comme privés, ont-elles changé en janvier ?

L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat en janvier. Abordé à ce même micro et à réécouter >>>Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction
Les partis politiques se sont scindés avec des courants internes et de nouvelles formations sont apparues au PS, au Front National, chez les Républicains…
L’exposition sur les antennes tient compte de plusieurs facteurs : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires et des sondages.

 

Le parti pris de France Culture ?

Concernant la grève à la SNCF
À côté de ces contraintes auxquelles toutes les radios et toutes les télévisions sont confrontées, il y a aussi ce reproche de parti pris que vous font des auditeurs. Pour Germain, « on a l’impression que vous soutenez les cheminots grévistes. On les entend à longueur de journaux, alors que la majorité des Français sont en faveur de la réforme de la SNCF ». Et Jeanne ajoute : « On entend très peu d’explications sur les avantages de la réforme ».

Les journalistes font très attention à présenter cette réforme de la SNCF. Nous sommes là pour informer en donnant la parole à tout le monde mais pas forcément en même temps. Il faut écouter tous les jours…

D’autres auditeurs, comme Théophile, s’étonnent : « Les syndicalistes répètent sur vos ondes que la réforme va entrainer la fermeture des petites lignes. Or, c’est faux. Pourquoi laissez-vous dire de fausses informations ? ».

On fait part d’une crainte autour de la fermeture de ces petites lignes ferroviaires. Sans doute que les déclarations du Premier Ministre ne sont pas assez claires sur ce point précis.