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Comptage des manifestants : fin des chiffres fantaisistes ?

Selon la police, 8 000 manifestants lors du dernier défilé contre les réformes « Macron ». 40 000, selon la CGT, cinq fois plus. Même écart lors du rassemblement Fillon au Trocadéro en mars dernier. 200 000 participants selon François Fillon ; pourtant, l’endroit ne peut accueillir que 40 000 personnes. Que faire pour approcher la vérité des chiffres que réclament les auditeurs ? Réponse avec Erik Kervellec, directeur de la rédaction de franceinfo.

 

Une nouvelle alternative ?

Les chiffres transmis par les organisateurs de manifestations sont de plus en plus fantaisistes et ne correspondent à aucune réalité. De nouvelles technologies tentent de répondre à ce problème :

« Oui ! Aujourd’hui, la presse frise le ridicule en affichant ces deux chiffres, ceux de la police et ceux des organisateurs des manifestations, ce qui entame notre crédibilité. Les représentants de la plupart des médias nationaux, dont Radio France, se sont réunis à l’initiative de Jean-Marc Four, directeur de rédaction de France Inter, avec une question simple :

Quelle alternative pour que les médias gardent leur crédibilité et proposent des chiffres justes aux auditeurs ?

« Nous avons décidé de faire appel à une société de comptage de foule. C’est un savoir faire déjà utilisé dans le monde de l’entreprise. Elle utilise un système de capteurs numériques dissimulés sur le passage d’une manifestation. Il s’agit pour nous d’avoir des chiffres justes afin de savoir si oui ou non il y a eu une mobilisation pour telle ou telle manifestation. »

Des auditeurs ont déjà réagi en mettant en doute l’honnêteté d’une société privée et le fait d’ « oublier » de compter les manifestants sur le trottoir.

Il faut évidemment s’assurer que ce nouveau « thermomètre » présente toutes les garanties de sérieux et d’indépendance.

« Il faut vérifier que la société ne soit pas instrumentalisée. C’est ce qui est en train d’être fait.
Concernant les manifestants sur les trottoirs, le problème est inverse, puisque le système compte toute les personnes, y compris les éventuels passants. Donc il y a une marge d’erreur que l’on tente de corriger par une sorte de pondération. »

On peut rapprocher cela de calculs ponctuels menés il y a déjà quelques temps par des médias, des universitaires et des spécialistes indépendants. Les chiffres des syndicats ou des politiques étaient apparus totalement faux. Cela va permettre aussi de crédibiliser un peu plus les médias sérieux et professionnels face aux fausses informations qui circulent de plus en plus. Quand allez-vous mettre en place ce nouveau mode de comptage ?

« Nous avons déjà testé ce système sur trois manifestations. 

Pour la dernière mobilisation : 8 000 personnes selon la police, 40 000 selon la CGT. Notre comptage par capteurs a relevé 8 250 manifestants.

La prise en compte systématique de ces chiffres devrait commencer dans quelques semaines. Nous devons être vraiment sûrs de notre système. »

Pour en savoir plus, à lire cet article : La fin des chiffres fantaisistes des manifestations

Va-t-on réussir à compter correctement les manifestants ? (France Inter)

Un plateau à La Plaine-Saint-Denis avant un débat présidentiel, le 4 avril 2017 ( POOL/AFP / Lionel BONAVENTURE )

Une campagne très surveillée par les auditeurs

Dimanche 7 mai au soir, nous connaîtrons le nom du nouveau locataire de l’Elysée. L’épilogue d’une longue campagne électorale, loin d’être « un long fleuve tranquille », comme Bruno Denaes, le médiateur des antennes, a pu le constater au travers des milliers de messages qu’il a reçus… Il répond à Olivia Ferrandi.     Cette campagne a vraiment été… Lire la suite

Jean-Marie Charon @JulietteFayollet

Les auditeurs, les journalistes et la campagne présidentielle

Le 23 avril, ce sera le premier tour de l’élection présidentielle. La campagne électorale est intense, passionnée et passionnelle. Ce côté passionnel se ressent dans les nombreux messages reçus. Pour évoquer cette campagne, Bruno Denaes reçoit Jean-Marie Charon, sociologue, spécialiste des médias. 

 

Des candidats « préférés » ? 

Commençons par un reproche récurrent : « Vous ne parlez que de Macron, le chouchou des médias ». D’où vient ce ressenti, alors que Radio France n’a aucun lien avec qui que ce soit et que la parole est donnée à tous ?

En fait, pour certains auditeurs, mais aussi pour les autres candidats, Emmanuel Macron, qui n’est pas un élu, qui n’a pas de parti, n’était pas attendu en haut des sondages. D’où cette crispation et cette impression de trop en parler… Sans compter que, vu justement ce qu’il représente d’inédit, il est logique que la presse s’intéresse particulièrement à lui.

Trop  pour le Front National ? 

A propos du Front National, une réaction intéressante de plusieurs auditeurs : beaucoup d’intervieweurs – volontairement ou involontairement – interrogent leurs invités non FN sur des thèmes typiquement FN (immigration, frontières, insécurité, peur, voile, etc) au risque de donner l’impression que ces thèmes sont majeurs dans la campagne. L’avez-vous ressenti ?

Ce qui est exact, c’est que les thèmes chers au Front National sont pas mal repris par d’autres hommes politiques. 

Sous la surveillance de certains candidats ? 

Dans les dossiers des messages reçus par le médiateur à propos des candidats, le plus gros concerne évidemment François Fillon et ses affaires, puis on trouve celui de François Asselineau qui a demandé à ses militants – nous en avons la preuve – de nous inonder de mails. Puis il y a celui de  Jean-Luc Mélenchon. Dossier intéressant, car le candidat a vraisemblablement demandé à ses militants de surveiller de près les journalistes. Tous les jours, nous recevons des messages accusant de ne pas avoir parlé de Jean-Luc Mélenchon dans tel journal, d’avoir diffusé un reportage sur tel meeting, mais pas celui de Mélenchon… Or, nous n’avons peut-être pas parlé de lui dans le journal de 7h, mais bien dans celui de 8h… Que dire de cette attitude très suspicieuse à l’égard de la presse ?

Cela ramène à la défiance entretenue par certains contre les médias. Cette défiance mène à une forme d’exaspération au moment d’événements importants et clivants. Certains militants ne voudraient entendre que leurs propres opinions et n’acceptent pas d’entendre d’autres points de vue. Quelques exemples: la « faute » de la presse en 2002 si Jean-Marie Le Pen arrive au second tour, la « manière » dont la presse a traité le mouvement Nuit debout…

Pour terminer, comment le sociologue juge-t-il le traitement par les médias de cette campagne assez singulière ?

Pour les médias, cette campagne a été très complexe: des candidats parfois inattendus, une réglementation du CSA pas très bien adaptée pour un traitement de fond et puis des rebondissements dans tous les sens… Et dans tout cela, cette volonté de faire au mieux.

@franceinfo

Trop d’interviews politiques ?

Nouveau rendez-vous de cette rentrée sur franceinfo, l’émission politique de 8h30 Pour répondre aux questions et remarques des auditeurs, Jean-Michel Aphatie, qui présente cette émission avec Fabienne Sintès, Guy Birenbaum et Gilles Bornstein. Comment réintéresser les auditeurs à la politique ? Sonia Devillers, spécialiste des médias sur France Inter, a comptabilisé près d’une centaine d’interviews d’invités… Lire la suite

©Franceinfo

La rentrée avec le nouveau franceinfo:

Depuis jeudi 1er septembre, franceinfo est entrée dans l’ère du média global avec radio, télé, un site internet très complet, sans oublier les réseaux sociaux. Pour répondre aux auditeurs, Laurent Guimier, directeur de France Info, la radio, au micro de Bruno Denaes. Un nouveau France Info pour assurer l’avenir de franceinfo : Il y a… Lire la suite

Jean-Marie Charon @JulietteFayollet

Brexit, manifs… des médias contestés

Décryptage des différentes réactions des auditeurs sur le traitement de l’actualité par les journalistes Jean-Marie Charon, sociologue, spécialiste des médias, est au micro du médiateur sur France Info                  La partialité des auditeurs sur la façon  de traiter l’actualité Jour après jour, le médiateur reçoit des messages d’auditeurs qui… Lire la suite

©Radio France/Christophe Abramowitz

France Info : radio et télé à la rentrée

Avant la grille d’été qui débute lundi, et surtout avant les grands changements de la rentrée, Laurent Guimier, directeur de France Info, est au micro du médiateur.

Getty / Joe Raedle/Getty Images

Le traitement des attentats sur France Info

Deux attentats en une semaine ont terriblement marqué les esprits : la fusillade d’Orlando et ses 49 morts, le couple de policiers assassiné à Magnanville. De nombreux auditeurs ont écrit pour réagir ou demander des explications. Pour leur répondre, Grégory Philipps, directeur-adjoint de la rédaction de France Info est au micro de Bruno Denaes, médiateur des antennes. … Lire la suite

Brexit ©MaxPPP

Brexit: parti pris des médias?

Le Brexit et ses conséquences pour la France, pour l’Europe, ont continué d’être à la Une de l’actualité de la semaine. Notamment avec le Sommet européen qui s’est tenu à Bruxelles. Beaucoup d’auditeurs ont réagi, principalement sur le traitement du référendum britannique. Pour leur répondre, Isabelle Labeyrie, chef du service Monde de France Info, est… Lire la suite

Nathanael Charbonnier /France Info

Trop de foot. Et alors ?

L’Euro de foot a débuté ce 10 juin. Un événement qui passionne les uns, mais donne des boutons aux autres. Toute la semaine, le médiateur des antennes a reçu des messages d’auditeurs qui n’en peuvent déjà plus de l’Euro et du foot.
Pour évoquer cette question, Rosarita Cuccoli, maître de conférence, spécialiste des médias et du sport, membre du comité scientifique du groupe de réflexion européen Sport et Citoyenneté est au micro de Bruno Denaes. Lire la suite « Trop de foot. Et alors ? »