franceinfo junior : l’importance de l’éducation aux médias

Pour lutter contre les fausses informations, certains semblent découvrir l’importance de l’éducation aux médias. Les plus jeunes peuvent être les plus influençables. Franceinfo a créé il y a déjà de nombreuses années franceinfo junior, diffusé l’après-midi. Comment une chaine d’info continue peut-elle s’intéresser à l’éducation aux médias ? Réponse avec Estelle Faure, qui prépare chaque jour… Lire la suite

Les journalistes trop complaisants à l’égard de Mélina Boughedir, femme de terroriste ?

Les médias français – et franceinfo – ont–ils été trop complaisants à l’égard de Mélina Boughedir, condamnée dimanche dernier à 20 ans de prison par le tribunal de Bagdad ? Avec mari et enfants, cette Française avait rejoint Daesh et a été arrêtée lors de la chute de Mossoul, en Irak. Pour répondre aux auditeurs, Delphine… Lire la suite

Trop de sport ? Mais pas assez de sport féminin sur Franceinfo ?

Le sport est un sujet ô combien clivant qui suscite toujours autant de réactions des auditeurs. Elles pourraient d’ailleurs augmenter d’ici peu avec la Coupe du monde de football qui débute dans deux semaines. Pour en parler,  Thierry Terret, historien et sociologue du sport. (historien et sociologue du sport, par ailleurs délégué ministériel aux JO 2024 de Paris.)

 

 

De nombreuses réactions d’auditeurs notamment lorsque de grands événements sportifs occupent l’antenne. Ça été le cas lors des spéciales de franceinfo le jour de la finale de la Ligue Europa de football, OM-Atlético de Madrid.

« Pourquoi autant de place pour le sport, et principalement le foot, nous écrit Julien, alors que nous voulons de vraies informations sur l’actualité ? ». Le foot, devenu spectacle, ne serait plus de l’information ?

La relation entre sport et média est bien réelle. Le développement du sport à la fin du 19ème/début 20 ème, est en partie dû aux initiatives de la presse qui crée le spectacle sportif. Cela ne s’est pas démenti depuis. Le sport est un phénomène de société. Le football, le premier des sports pratiqués, est omniprésent à la télé et à la radio, cela relève de l’actualité sportive mais aussi parfois de l’actualité politique, économique ou pénale ou relevant des faits divers. Des succès médiatiques liés à l’attente des résultats d’un match et les mécanismes d’identification des téléspectateurs ou auditeurs aux joueurs ou aux équipes.

Sur les antennes, le football représente un vrai clivage entre les passionnés et ceux qui n’apprécient pas.
Et ce sont toujours les passionnés qui gagnent… C’est une question d’audience ?

 

 

Les audiences et les financements qui vont avec sont extrêmement importants comme le confirme la guerre commerciale récurrente qui oppose les médias à chaque renégociation des droits de retransmission. Mais il ne faut réduire le sport à cela, le spectacle sportif génère de l’émotion individuelle ou collective.

Pour des auditeurs, le sport-spectacle, comme le foot, c’est la vieille notion romaine « Du pain et des jeux » pour le défoulement des masses. Qu’en dit l’historien du sport ?

La capacité du spectacle sportif à focaliser l’attention, à être un opium du peuple a été théorisé en sociologie.

Le langage guerrier des journalistes sportifs
Beaucoup d’auditeurs se plaignent du langage guerrier des journalistes sportifs, alors que, nous écrit Adèle : « Le sport devrait véhiculer d’autres types de valeurs ».

Le langage des journalistes épouse souvent les modalités des différents sports qu’ils commentent : plus poétique pour le patinage artistique, davantage portée sur la souffrance physique pour le cyclisme sur route, focalisé sur la rivalité dans les sports collectifs. Les auditeurs ont raison sur un point : les vertus éducatives du sport, à combiner excellence, amitié et respect. Tout cela est singulièrement absent des commentaires.

 

Le sport féminin.
Le service des sports de Radio France s’énerve quand on lance le débat. Mais beaucoup d’auditeurs – et pas que des auditrices – estiment qu’il est peu présent sur nos antennes, malgré de beaux parcours des équipes de France féminines de foot et de rugby. Ce message d’un enseignant m’a beaucoup marqué : « Pas étonnant que des élèves de 6ème, dans le cadre d’une séance sur l’égalité filles-garçons, me disent que le sport, c’est pour les garçons ! Entendre cela au XXIème siècle ! ». Et il conclut : « Faites quelque chose pour le sport au féminin ! ». De fait, en France, les médias sont loin de la parité dans le traitement du sport…

Toutes les études convergents les mêmes conclusions : la place des sportives dans les médias est plus faible que celle des sportifs. Elles sont moins interviewées et font davantage l’objet de commentaires sur leur physique. La situation cependant s’améliore, en 2012 selon le CSA la présence des femmes dans les retransmissions sportives était de 7 % et aujourd’hui de 16 à 20 %. La coupe du monde féminine France/Allemagne en 2015 regardée par plus de 4 millions de téléspectateurs.

L’histoire du football en Europe est une histoire masculine contrairement à l’Amérique du Nord.

 

Radio France soutient « Sport féminin toujours »

Sport féminin toujours les 10 et 11 février 2018 sur les antennes de Radio France
Sport féminin toujours les 10 et 11 février 2018 sur les antennes de Radio France

 

Le mariage de Meghan et Harry, sans intérêt ?

Samedi 19 mai, Meghan et le prince Harry s’unissaient à Londres devant les caméras et les micros du monde entier. Franceinfo a proposé une journée spéciale pour ce mariage. Des auditeurs ont trouvé que les médias en avaient fait beaucoup trop autour d’un événement « people ». Pour leur répondre, Erik Kervellec, directeur de la Rédaction de… Lire la suite

La « Fête à Macron », les Black Blocks, les cheminots ; les auditeurs nous interpellent

La « Fête à Macron » des Insoumis, les casseurs du 1er mai, les grévistes de la SNCF, une actualité très sociale qui suscite beaucoup de réactions et de questions des auditeurs. Pour leur répondre, Erik Kervellec, directeur de la Rédaction de franceinfo, est au micro du Médiateur.

 

La « Fête à Macron »

Il y a une semaine, c’était « la Fête à Macron », organisée par le député Insoumis François Ruffin. Plusieurs auditeurs, comme Mario, disent ne pas comprendre que « franceinfo, dans les jours qui ont précédé, fasse une telle publicité pour ce rassemblement politique ». Quant à Justine, elle s’étonne que « vous ayez autant parlé de cette manifestation qui n’a rassemblé que 40 000 personnes ».

38 900 personnes, ce n’est pas rien ! La dernière grève des cheminots n’avait rassemblé que 15 000 personnes. Quant à faire la publicité pour Jean-Luc Mélenchon et ses alliés politiques, cela pourrait être comique si ce n’était pas si tendu entre la presse et lui. En tout cas, généralement, on nous fait plutôt la critique inverse de « rouler » pour le gouvernement… quel que soit le gouvernement en place. Ce qui, évidemment, est faux…

Et Yves vous trouve « bien peu rancunier alors qu’une voiture de reportage de franceinfo, écrit-il, a été détruite par les manifestants et que Jean-Luc Mélenchon ne cesse de prôner la haine des médias »…

« Bien peu rancunier « , ça veut dire quoi ? qu’il aurait fallu boycotter le traitement de cette actualité parce que des excités s’en prennent à nos reporters et techniciens sur place ? Nous sommes au-dessus de ça. Nous assurons notre mission d’informer, quelles que soient les circonstances, les intimidations. Pour autant, je ne minimise pas ce qu’il s’est passé place de la Bastille. C’est un signe important lorsqu’on s’en prend à la presse dans une démocratie. Notre technicienne a eu la présence d’esprit de s’éloigner de la voiture, mais nous sommes convaincus qu’ils auraient mis le feu avec notre collaboratrice à l’intérieur du véhicule.

 

Les violences du 1er mai : les choix de la rédaction

Autre manifestation,  celle du 1er mai avec ses centaines de casseurs. Plusieurs auditeurs contestent l’interview d’un « Black Block » que vous avez diffusée. Pour Rémi : « C’est scandaleux, une vraie apologie de la violence sans aucun recul. C’est de la propagande ! ». Et Pierre ajoute : « Vous ne condamnez pas les destructions ; pire, vous donnez la parole à ceux qui en ont été les acteurs ».

On est là pour donner à comprendre pourquoi des gens arrivent à faire de la violence leur moyen principal pour s’exprimer dans la société: qui sont-ils ? d’où viennent-ils ? Nous sommes allés à leur rencontre pour comprendre cela. Ces 2 témoignages ont été diffusés en contextualisant les interviews.

La grève des cheminots : Pourquoi laissez-vous se propager de fausses informations ? ». 

Toujours dans le domaine social, la grève des cheminots suscite beaucoup de réactions d’auditeurs et des reproches de parti pris. « Vous ne donnez la parole quasiment qu’aux grévistes ou à ceux qui les soutiennent », nous écrit Dominique. Et pour Brigitte : « Seuls les arguments anti-réforme sont répétés, des arguments souvent faux, comme la fermeture des petites lignes.

Nous mettons un point d’honneur à laisser s’exprimer tous les points de vue. Les cheminots qui sont pour la réforme ont du mal à faire entendre leur voix, ils se font discrets, mais on a pu tout de même les entendre sur l’antenne de franceinfo.
Quant à la fermeture des petites lignes : nos journalistes ont répété que ce n’est pas le sujet de la réforme. Si à l’antenne, on entend ce genre de propos, cela vient de militants qui mélangent tout.

Le comptage des manifestants : Pourquoi continuer à transmettre des chiffres faux ?

Enfin, des auditeurs, comme Sylvie, s’étonnent : « Vous continuez de donner les chiffres exagérément gonflés des organisateurs de manifestations, en même temps que les chiffres – a priori, fiables – comptabilisés par les médias ».

Nous donnons le chiffre de la police ou des organisateurs, jusqu’au moment où nous sommes en mesure de donner notre propre chiffre. Paris n’est pas la France ; lorsque des manifestations se déroulent ailleurs en France, nous n’avons pas les moyens de mettre des capteurs partout dans la foule. Nous ne savons pas pour l’instant produire un chiffre global sur tout le territoire.

Pour aller plus loin >>> A lire

La fin des chiffres fantaisistes des manifestations

La machine imaginée par la société Occurrence pour compter les manifestants © Radio France / Laurent Kramer
La machine imaginée par la société Occurrence pour compter les manifestants © Radio France / Laurent Kramer
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Les assistants vocaux, avenir de la radio ?

Les assistants vocaux sont-ils une forme d’avenir de la radio ? Ces petites enceintes intelligentes qui obéissent à la voix connaissent un énorme succès aux États-Unis. Radio France s’est emparée de cette innovation, et franceinfo est déjà présente sur les premiers appareils. Mais beaucoup d’auditeurs s’interrogent sur leur intérêt. Pour leur répondre et leur expliquer : Ari De Sousa, directeur adjoint de la Direction du Numérique de Radio France.

 

Plusieurs auditeurs, comme Sébastien, nous écrivent : « J’ai lu dans la presse, comme une innovation révolutionnaire, que franceinfo était présente sur l’assistant vocal Google Home. Je ne vois pas la différence avec le fait d’écouter franceinfo sur son smartphone ». Y a-t-il une véritable différence ?

Par rapport à la radio, oui c’est différent. Un exemple : lorsqu’on dit « OK google : quelles sont les dernières actualités », on peut écouter alors le dernier flash de franceinfo à tout moment. En revanche, l’auditeur a raison, le smartphone est très proche de l’assistant vocal, car la technologie d’assistant vocal y est  intégrée. Ce qui diffère, ce sont les usages : mobilité versus domicile avec enceintes.

Quels sont les services que franceinfo peut par exemple offrir en plus de sa simple écoute ?

Premièrement : la réécoute. Ensuite il répond à des questions qui relèvent de l’actualité. On peut encore imaginer de nouvelles formes narratives et d’interactions spécifiques à des interfaces vocales. Nous n’en sommes qu’au début et beaucoup de choses sont encore à écrire : dans le domaine des médias, de l’info trafic, les sorties près de chez soi, des domaines dans e-commerce ou dans l’éducation. L’important dans l’Intelligence artificielle, c’est qu’on puisse nous répondre. On parle d’IA lorsque l’on ne se rend plus compte que c’est une machine. On attend déjà de l’assistant vocal qu’il nous réponde correctement.

La Direction du Numérique est très en pointe dans ce domaine. Vous faites des tests avec franceinfo sur une voiture hyperconnectée. Qu’est-ce que cela va offrir de plus qu’un autoradio ?

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La voiture va et est devenue un « auditorium roulant » avec une grande qualité de son.  Grâce au développement des réseaux 4G et bientôt 5G et aux voitures connectées avec des puces intégrées (16 % en 2021), nos auditeurs pourront écouter franceinfo partout, cela viendra compléter le réseau FM. Avec la voiture semi-autonome puis autonome, la voiture va devenir un lieu de divertissement où la place des écrans sera plus grande. Si vous avez un modèle de voiture récent, vous pourrez bientôt, avec l’application Radio France, et les système Androïd auto ou car play, écouter à la demande tous les programmes de Radio France dans votre voiture.

La radio doit donc repenser ses activités ?

La radio doit surtout les ajuster aux nouveaux usages. Dans le domaine du vocal, la radio part avec une longueur d’avance, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le domaine du numérique. On va interagir avec la voix.

Ces assistants vocaux vont permettre une plus grande personnalisation dans l’interaction avec les auditeurs.

 

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Macron-Trump : les coulisses d’un voyage officiel

Alors qu’Emmanuel Macron et Donald Trump s’opposent sur de nombreux dossiers, leur rencontre amicale a été l’un des événements importants de cette semaine. Un événement que les auditeurs ont pu suivre sur franceinfo grâce aux envoyés spéciaux de la radio et, notamment, au correspondant permanent aux États-Unis, Grégory Philipps. Comment les journalistes suivent-ils ce type de… Lire la suite

L’audience radio : intérêt ? fiabilité ? prospective ?

Jeudi était un jour très attendu par toutes les radios. Le jour où sont révélées par Médiamétrie les audiences du premier trimestre. Franceinfo sait ainsi qu’elle reste la 4ème radio la plus écoutée avec plus de 4 millions 500 mille auditeurs chaque jour. Mais pourquoi cette excitation tous les trimestres ? A quoi sert ce baromètre ? nous demandent des auditeurs.

Pour leur répondre, Emmanuelle Henry, directrice des études de Radio France, avec le médiateur.

 

 

Pourquoi est-il si important de connaitre l’audience ?

Lors des précédents résultats d’audiences, en janvier, Guillaume, un auditeur se demandait : « Pourquoi nous donnez-vous régulièrement votre audimat, comme si c’était une victoire ? Quelle importance cela peut-il bien avoir ? ».

Juste une précision : l’audimat, c’est à la télévision; en radio, on parle de la « 126 000 » (126 000 interviews par an). C’est surtout utile pour les radios privées: tout leur modèle économique repose sur ces audiences dont dépendent les tarifs de la publicité. C’est très important tout de même pour le service public, puisqu’une des missions de Radio France est de proposer des programmes de qualité au plus grand nombre. Pour les journalistes et producteurs, il est très important de connaître ces audiences et la popularité des émissions.

 

Concernant franceinfo, qu’apprend-on de particulier ?

Franceinfo, c’est plus de 4 millions 500 mille auditeurs chaque jour. Chaque auditeur écoute la chaîne en moyenne 1 heure par jour. Franceinfo se positionne 4ème radio nationale.

 

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En sait-on plus sur l’auditeur-type de franceinfo ?

Ce sont beaucoup d’auditeurs « actifs », beaucoup de personnes en activité professionnelle qui se lèvent tôt le matin: pour franceinfo, le pic d’écoute est à 7 h du matin (8h pour la plupart des radios), ce qui explique le succès de la matinale. L’auditeur de la chaîne a en moyenne 54 ans (plus jeune que la moyenne des radios généralistes qui comptent plus de retraités) et il y a 60 % d’hommes et 40 % de femmes. Ce n’est pas une radio de niche. Elle est proche de la sociologie de la population française.


Comment sont réalisées les études d’audience. Et sont-elles fiables ?

C’est très différent de l’audimat qui concerne la télévision. En  radio, ce sont 126 000 personnes (représentatives de la population de plus de 13 ans) interrogées chaque année par Médiamétrie, soit environ  500 par jour. On leur demande « quelle radio avez-vous écoutée quart d’heure par quart d’heure sur les 24 dernières heures?

 

Au fil des résultats Médiamétrie, se dessine une évolution de l’écoute radio. L’auditeur de franceinfo change-t-il ses habitudes ?

Il y a une stabilité sur l’écoute du matin et l’écoute en voiture. Mais internet bouscule tout. Les audiences des sites et applications sont en très forte progression : 20 millions de personnes vont chaque mois sur le site ou l’application. Franceinfo est ainsi la deuxième marque d’actualité sur le numérique. Il y a également les nouveaux modes d’écoute, avec notamment les enceintes connectées (par exemple Google home).  10 % de l’écoute se fait sur d’autres supports (smartphone par exemple) que la traditionnelle radio.

 

Pour aller plus loin: Comment calcule-t-on l’audience de Radio France ?

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Travail difficile et dangereux pour les journalistes à Notre-Dame des Landes

Les journalistes ont dû affronter cette semaine les violences à Notre-Dame des Landes entre gendarmes et zadistes. Une situation parfois dangereuse et difficile pour réaliser des reportages. Plusieurs auditeurs ont réagi. Grégoire Lecalot, un des envoyés spéciaux de franceinfo, répond au médiateur.

 

 

Des auditeurs vous reprochent de n’avoir interrogé que des zadistes. Pour Jean-Pierre, « vous n’avez donné la parole qu’à des zadistes, présentés comme de pauvres victimes de méchants militaires ». Que dites-vous ?

C’est peut-être le ressenti de certains auditeurs, mais, non, nous n’avons jamais présenté les zadistes comme des victimes; nous avons décrit exactement la situation, précisant que les zadistes étaient équipés de cocktails Molotov, de pierres, etc. Nous avons également diffusé des interviews de la préfète et de la porte-parole de la Gendarmerie. Enfin, nous avons fait un reportage sur le travail agricole des zadistes. Notre rôle n’était pas de prendre parti.

Avec Farida Nouar, autre envoyée spéciale, vous avez travaillé dans des conditions difficiles. Pour beaucoup d’auditeurs, vous avez fait d’excellents reportages dans des conditions dangereuses. Comment avez-vous pu vous rendre sur la ZAD ? On disait que les gendarmes bloquaient tout accès…

C’est vrai que les gendarmes filtraient, mais  nous avons toujours pu passer sans difficultés particulières; parfois en arrivant très tôt sur le terrain.

Côté zadistes, il semblerait que plusieurs d’entre eux s’en prenaient aux journalistes.

« S’en prenaient », non, pas vraiment. Il est vrai que nous avons pu avoir des discussions parfois vives avec eux, mais pas de blocage dans notre travail. Les zadistes, vivant sur place, avaient plutôt une volonté de transparence, en nous montrant notamment leurs réalisations.

Finalement, vous vous êtes souvent retrouvés pris entre les deux lignes de front, donc au milieu des gaz, des cocktails molotov et des jets de pierres. Vous avez même reçu un objet sur le nez… Comment travaille-t-on dans ces conditions ?

Il faut être très vigilant, notamment par rapport aux objets envoyés de part et d’autre. Normalement, nous sommes identifiables par notre matériel, mais, parfois, il vaut mieux se retirer pour ne pas s’exposer inutilement.

 

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Les théories du complot reviennent en force en politique

Les théories du complot reviennent à nouveau dans le discours politique. Pour en parler, Rudy Reichstadt, directeur de l’observatoire Conspiracy Watch

 

 

 Cette manie d’accuser ses adversaires de complot est-elle récente ?

C’est quelque chose de très ancien. Depuis qu’il y a de la politique, il y a des complots et des mythes complotistes infondés et instrumentalisés politiquement. Cela permet de stigmatiser les opposants ou de jeter le doute sur des adversaires.

 

Trump, spécialiste des théories du complot ?

Les américains ont recensés plusieurs dizaines de théories du complot et de fausses nouvelles émises par Trump pendant la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis. Il nous a fait rentrer dans l’ère de l’indifférence entre le vrai et le faux. « Est vrai non pas ce qui est conforme au réel mais ce qui m’arrange. » Or, ce qui est assez étonnant, c’est que Trump est apprécié par son électorat pour tenir un langage de vérité.

La difficulté de dénoncer les contre-vérités

Ce sont le plus souvent des hommes politiques qui essaient de manipuler l’information. Ce qui est exaspérant, c’est que les journalistes enquêtent, vérifient, mais que certains auditeurs continuent de croire leurs fausses informations.

Malheureusement je ne pense pas qu’il y ai une frontière si étanche entre le journalisme professionnel, fiable et sourcé et les médias alternatifs. Il peut y avoir des erreurs même dans les journaux les plus classiques. Dans l’arène politique, on a tendance à instrumentaliser les idées complotistes et les journalistes sont effectivement mis à mal par les théories du complot. Mais certains journalistes outrepassent ce qui est leur fonction en se prenant pour des justiciers ou des propagandistes. Le journaliste a pour mission de rapporter les faits et non de donner son avis.

Les moins diplômés et les extrêmes, comme la France insoumise ou le Front national sont-ils les plus touchés par les fausses informations et les théories du complot ?

Il faut nuancer car les complotistes endurcis, c’est à dire les 25% des français qui croient en 5 ou plus des théories proposées, sont sur-représentés dans les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et Marine Lepen. Ca ne veut pas dire que tout leur électorat est concerné. Ce sondage ne fait que confirmer des informations que nous avions déjà grâce à d’autres études.

 

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Les théories du complot les plus populaires

En 2017 ce sont celles d’ordre géopolitique (exemple ce qui se passe au Venezuela est un complot de la CIA) ou en matière de santé (la vaccination par exemple).

L’exemple de la vaccination

55% des français sont prêts à croire qu’il y a une collusion politico-industrielle pour cacher aux citoyens la nocivité. Cette croyance a un impact direct sur la santé publiqeu puisque ça conduit des gens à ne pas se faire vacciner. De ce fait on assiste à la réapparition de maladies telles que la rougeole.

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