Pro ou anti-Macron ? Des journalistes agressifs ou constructifs ?

Bilan de l’activité du Médiateur, Bruno Denaes présentait sa dernière Séquence du médiateur sur France Inter. Pourquoi écrire au Médiateur des antennes et à quoi ça sert ? A améliorer la qualité de nos antennes ; exemple sur les questions liées à la diversité.  L’édito politique de Thomas Legrand le matin à 7h45. Un rendez-vous… Lire la suite

Pourquoi tant d’invités pro macron sur France Culture ?

Trop d’invités pro Macron, mais aussi trop de partis pris en faveur des grévistes…
Les auditeurs réagissent beaucoup au traitement de l’information politique et sociale, riche en cette période. Pour les éclairer, Frédéric Barreyre, directeur de la Rédaction de France Culture, est au micro du médiateur.

Rappel des règles du CSA

Il y a évidemment les militants qui voudraient n’entendre que ceux qui pensent comme eux. Mais il y a aussi tous ces auditeurs, attentifs, qui constatent que sur les antennes, les pro Macron s’expriment beaucoup. Martine, par exemple,  écrit cette semaine: « Arrêtez le défilé des invités pro Macron ! ». Ou Jean-Paul : « C’est l’Élysée qui vous impose tous ces macronistes ? »

C’est la loi et en l’occurrence le CSA qui impose l’accès des partis politiques aux médias. Depuis le 1er janvier 2018, nous sommes en période de « pluralisme ». Il n’y a pas d’égalité du temps de parole comme c’est le cas durant une campagne électorale (le temps de parole est comptée à la seconde prêt). Le pluralisme signifie que sur 1 heure de temps de parole accordée aux partis politiques, 1 tiers de ce temps donc 20 mn est donné à l’Exécutif , les 2 tiers restant soient 40 mn sont donnés à l’ensemble des autres formations politiques.
Ce qui peut donner l’impression qu’il y a trop de « pro-macron » mais ce n’est pas le cas, les députés de la République en Marche sont inclus dans le temps de parole réservé aux formations politiques. Cela vient en plus du temps de parole accordé à l’Exécutif.

 

Pour le tiers du temps de parole attribué au gouvernement, les interlocuteurs possibles sont peu nombreux ? 

Cela représente 33 personnes : 31 ministres et secrétaires d’Etat plus le Premier Ministre, plus le Président de la République. Et en face des milliers de personnes susceptibles d’intervenir.

 

Trop de ministres à la radio, conséquence des nouvelles règles imposées par le CSA

Le pluralisme s’applique hors période électorale

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Pourquoi les règles du temps de parole imposées par le CSA aux médias audiovisuels publics, comme privés, ont-elles changé en janvier ?

L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat en janvier. Abordé à ce même micro et à réécouter >>>Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction
Les partis politiques se sont scindés avec des courants internes et de nouvelles formations sont apparues au PS, au Front National, chez les Républicains…
L’exposition sur les antennes tient compte de plusieurs facteurs : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires et des sondages.

 

Le parti pris de France Culture ?

Concernant la grève à la SNCF
À côté de ces contraintes auxquelles toutes les radios et toutes les télévisions sont confrontées, il y a aussi ce reproche de parti pris que vous font des auditeurs. Pour Germain, « on a l’impression que vous soutenez les cheminots grévistes. On les entend à longueur de journaux, alors que la majorité des Français sont en faveur de la réforme de la SNCF ». Et Jeanne ajoute : « On entend très peu d’explications sur les avantages de la réforme ».

Les journalistes font très attention à présenter cette réforme de la SNCF. Nous sommes là pour informer en donnant la parole à tout le monde mais pas forcément en même temps. Il faut écouter tous les jours…

D’autres auditeurs, comme Théophile, s’étonnent : « Les syndicalistes répètent sur vos ondes que la réforme va entrainer la fermeture des petites lignes. Or, c’est faux. Pourquoi laissez-vous dire de fausses informations ? ».

On fait part d’une crainte autour de la fermeture de ces petites lignes ferroviaires. Sans doute que les déclarations du Premier Ministre ne sont pas assez claires sur ce point précis.

 

 

 

 

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Les portraits politiques de Carine Bécard / France Inter, média global ?

Le portrait politique de Carine Bécard

Carine Bécard est journaliste politique et auteure, tous les dimanches, du portrait de l’invité de France Inter et de franceinfo télé. Ce portrait de François Ruffin a suscité un nombre important de réactions.

Je crois que lorsque l’on est journaliste, nous avons un voile émotionnel. Je suis journaliste politique, mon métier consiste à observer quotidiennement la vie politique. Et je suis fascinée de voir comment les politiciens fonctionnent, l’évolution de leurs idées, avec qui ils travaillent, de percevoir leurs ambitions politiques, etc. Cela fait 8 ans que je suis au service politique, j’ai couvert Marine Le Pen, François Fillon, Nicolas Sarkozy, beaucoup la droite. Je ne me suis jamais posé la question si je les aimais ou pas. Je fais simplement mon travail de journaliste.

Tous les dimanches, vous rédigez donc le portrait de l’invité qui sert notamment à faire réagir l’invité. Comment vous y prenez-vous ?

Je mène une enquête. Donc je note des éléments qui m’ont marquée chez la personne. Ensuite, il y a un travail de documentation pour retrouver des interviews et des reportages. Enfin j’appelle les amis et les ennemis politiques de l’invité. D’ailleurs, il est difficile de travailler sur des portraits de politiciens En Marche, par exemple, car ils ne viennent pas de la sphère politique, donc il est dur de mettre de la chair dans leurs portraits.

« Journaliste de studio loin des réalités de terrain, qui juge sans savoir« , nous écrit Sylvie. C’est le cas ?

Au contraire, j’aime profondément mon travail de reporter. Je suis sur le terrain. J’aime observer les détails, j’aime aller dans les meetings, à l’Assemblée Nationale …

Enfin, il faut préciser que vous avez reçu des tweets particulièrement scandaleux, ignobles et sexistes à la suite de ce portrait. L’intolérance et la violence de certains militants ne font pas grandir la politique.

France Inter média global. C’est quoi et à quoi ça sert ?

Un sujet plus consensuel : l’avenir de la radio, avenir déjà bien présent à Radio France et France Inter.
Erwann Gaucher, journaliste et directeur du Numérique de France Inter, répond au questions des auditeurs. Des auditeurs semblent un peu perdus, à l’image de Jacqueline qui se demande : « Qu’est-ce que ce média global dont on ne cesse d’entendre parler ? Qu’est-ce que cela change pour France Inter et la radio ? »

Le média global, c’est la capacité à concevoir des émissions et des reportages qui peuvent être accessibles partout et pour tous. Par exemple, nous voulons que les jeunes qui s’informent sur Facebook trouvent sur la page de France Inter des informations de qualité, sûres et vérifiées. Nous le faisons par exemple avec Augustin Trapenard qui réalise des cartes blanches avec ses invités.

Un exemple concret de « France Inter – média global », c’est la nouveauté du mois prochain : un podcast natif autour de l’élection il y a un an d’Emmanuel Macron.

Les podcasts se développent beaucoup depuis quelques années. Jusqu’ici, c’était toujours de la réécoute d’émissions passées à l’antenne. Maintenant nous essayons de proposer des podcasts originaux qui ne sont pas passés à l’antenne. Le mois prochain, Thomas Legrand va revenir sur l’élection d’Emmanuel Macron un an après, mais dans un style nouveau, avec un podcast qui sera uniquement disponible sur le numérique et également avec une nouvelle écriture journalistique. De plus, tous les épisodes seront disponibles dès le premier jour.

D’autres innovations attendues ?

Il va y avoir des vidéos originales qui prolongent les émissions. Nous allons également continuer les débats qui passionnent les auditeurs sur le numérique avec des intervenants et des journalistes. Nous voulons prolonger le lien entre les auditeurs et les émissions au-delà du temps d’antenne de l’émission.

Plusieurs auditeurs, comme Philippe, nous demandent : « Pourquoi donc faire du média global, alors que vous faites très bien de la radio ? Les derniers chiffres d’audience montrent votre succès ». Pourquoi est-ce utile de s’ouvrir à d’autres horizons ?

Il faut préparer l’avenir. Le rapport des auditeurs à la radio change considérablement. Il y a chaque année un peu moins d’auditeurs qui écoutent la radio sur un poste radio classique. Il y a beaucoup de nouveautés : les ordinateurs, les smartphones et aujourd’hui les assistants vocaux. Nous cherchons à en comprendre l’usage pour adapter France Inter à ces changements.

Les auditeurs changent leurs habitudes d’écoute. France Inter est devenue la première radio la plus écoutée en numérique. Qu’est-ce que cela signifie ?

Aujourd’hui, nous avons 30 millions d’écoute par mois sur le numérique. Nous souhaitons rester la radio la plus écoutée et faire découvrir la richesse des émissions de France Inter .

Temps de parole politique et parti pris à l’antenne

Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction

Sur France Culture, la parole du gouvernement serait-elle trop présente ou, à l’inverse, celle de la France Insoumise ? Dans les deux cas – bien opposés -, des auditeurs le pensent et nous l’écrivent. Un éternel sujet de mécontentement avec les militants de tout bord, souvent intolérants lorsqu’il s’agit d’écouter un avis différent du leur. Alors, entend-on trop les ministres et les élus de « la République en marche » ? En démocratie, il est normal que la majorité dispose d’un temps supérieur.

On aurait dû même les entendre plus, selon les nouvelles règles en vigueur dictées par le  CSA.
Exemple, avec l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, on a beaucoup entendu le premier ministre et c’est normal, puisque c’est lui qui a fait l’annonce. C’est souvent la majorité qui donne le « la » de l’actualité.

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, les codes gauche-droite ont été cassés. Sans compter que, dans certains partis dits d’opposition, existaient des soutiens au gouvernement.
Comment s’y retrouver pour les équilibres sur l’antenne ?

Effectivement les partis classiques ont éclaté avec des courants, de nouvelles formations sont apparues au PS, chez les Républicains, au Front National. L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat.

Depuis le 1er janvier, le CSA impose un nouveau système de comptabilité des temps de parole. Quels sont les changements ?

Il n’y a plus de majorité ni d’opposition. Il y a aujourd’hui l’exécutif et les partis. L’exécutif bénéficie d’1/3 du temps de parole et toutes les formations politiques (donc l’opposition) bénéficie des 2/3 : sur 1 heure de temps de parole politique, l’exécutif bénéficie de 20 mn et les partis de 40 mn
Il faut tenir compte de plusieurs facteurs pour cette comptabilité : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires, les sondages. C’est le principe de l’équité. Tous les partis politiques doivent bénéficier d’un temps de parole, car c’est la démocratie.
Tous les trois mois, chaque rédaction doit effectuer un bilan à remettre au CSA (les temps de parole sont notés à la seconde près).

 

Les Matins de France Culture consacrés au dossier de Notre-Dame des Landes.

Réactions d’auditeurs à l’émission de Guillaume Erner « Un parti pris délibéré en faveur des opposants à l’aéroport »,  dit Philippe. Marie ajoute : « Beaucoup de complaisance à l’égard des Zadistes et de leur occupation ». Et Eric résume le sentiment partagé : « Pas d’équilibre de l’information. Seuls les opposants à l’aéroport ont pu s’exprimer ».

Qu’en est-il des partisans de la construction du nouvel aéroport ?

C’est un parti pris d’avoir donné la parole aux zadistes, répond Guillaume Erner. J’ai repris dans ma voix la totalité des arguments en faveur de l’aéroport, en pensant qu’ensuite, chacun se ferait son opinion. Sur France Culture, la Matinale n’est pas un lieu de polémique.

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Les nouvelles règles du temps de parole politique

Selon certains auditeurs le gouvernement et certains partis politiques s’expriment plus que d’autres sur franceinfo ? Erik Kervellec, directeur de la rédaction de la chaîne, revient sur le traitement du temps de parole dont les règles ont changé depuis le 1er janvier. Un temps de parole différent selon les partis Beaucoup d’auditeurs interpellent l’antenne à propos… Lire la suite

Quand Johnny efface tous les autres événements

Franceinfo continue de gagner de nombreux auditeurs friands d’informations rapides et fiables; mais certains d’entre eux ne comprennent pas lorsque les journalistes se focalisent sur une seule information. Comme, par exemple, lors d’événements importants ou de catastrophes. Le directeur de franceinfo, Vincent Giret, est au micro du Médiateur. Pourquoi uniquement du Johnny Hallyday à l’antenne ? Le Médiateur… Lire la suite

Nicolas Demorand s’explique sur l’interview controversée de Me Dupond-Moretti

Des centaines de messages d’auditeurs reçus à la suite d’un invité… Il faut dire que l’invité n’était pas n’importe qui: Me Dupond-Moretti, avocat d’Abdelkader Merah.

Nicolas Demorand avait obtenu qu’il vienne dans son 7-9 dès le lendemain du verdict prononcé par la Cour d’Assises spéciale.
La très grande majorité des auditeurs qui ont écrit au Médiateur, n’ont pas compris l’acharnement du journaliste, contre Me Dupond-Moretti. Marie, par exemple, vous interroge : « Pourquoi êtes-vous tombé à ce point du côté du populisme, du voyeurisme, du lynchage médiatique ? Pourquoi une telle interview à charge contre Me Dupond-Moretti ? ».

Nicolas Demorand conteste chacun des mots de l’auditrice. Il est là pour faire entendre les souffrances des familles des victimes. C’est le travail du journaliste. Il rappelle que l’émission s’est déroulée dans les conditions du direct.

Pour rappel, la réponse de la directrice de France Inter aux auditeurs >>> réponse de Laurence Bloch

Un manque de distance dans cette interview de la part de Nicolas Demorand ?
Beaucoup d’auditeurs citent cette phrase sur le bébé assassiné par Merah  : « Enfin, vous avez défendu le frère d’un criminel qui a assassiné un tout petit enfant qui avait une tétine dans sa bouche… dans sa bouche ». En insistant, les auditeurs estiment que Nicolas Demorand a joué sur l’émotion et le voyeurisme. Perrine, par exemple,  écrit : « Je partage probablement les mêmes émotions que M. Demorand. Mais son rôle à lui est d’aider les auditeurs à enrichir leur réflexion. Pas à porter un jugement moral dépourvu de distance… ».

Le journaliste récuse le terme de populisme. Il n’a apporté aucun jugement moral, mais l’émotion des familles des victimes.

 

Pourquoi s’opposer au fait qu’un terroriste puisse être défendu ?
« Le droit à la défense est la base même de la démocratie », écrit Joëlle. Et Christian ajoute : « M. Demorand est l’un des rares journalistes qui fasse son métier avec compétence et honnêteté intellectuelle. Mais là, non… Tout accusé, quel qu’il soit, mérite un avocat qui le défende. C’est aux journalistes de le rappeler inlassablement. Il en va de la justice, cette justice qui nous éloigne de la vengeance et de la barbarie ».

Il ne conteste pas ce principe puisqu’il a reçu l’avocat.

 

Les réactions suscitées par un autre invité de la matinale de France Inter, Patrick Buisson
Homme de droite, très à droite, ses réponses ont énervé, notamment lorsqu’il vous dit : « En matière de terrorisme d’État, la Terreur, c’est nous qui l’avons inventée ». Et la question qui suit immanquablement, c’est : « Pourquoi invitez-vous ce genre de personnage ? ».

Nicolas Demorand a commencé son interview en contestant cette lecture de l’histoire. Y-aurait-il une liste d’invités à ne pas recevoir?, demande-t-il.

 

A propos du billet de 7h43 consacré à « L’hallucinante soirée anti-vaccins » durant laquelle d’anciens prestigieux médecins ont quelque peu « déraillé » à propos de la vaccination. Des auditeurs ont réagi, mais c’est justement le rôle des journalistes de rectifier les contre-vérités et les fausses informations…

Le Médiateur : « À propos des anti-vaccins et des contre-vérités, je voudrais aussi répondre aux nombreux auditeurs qui m’ont interpellé après les déclarations de la comédienne Audrey Dana dans l’émission de Nagui. Sans aucun argument, elle a affirmé que les vaccins étaient dangereux. Sa parole, évidemment, est libre ; mais il aurait fallu en effet corriger ses propos. »

Le 7h43, est un billet subjectif. Pour Nicolas Demorand, se faire vacciner, c’est protéger son prochain.

 

Dominique Seux, éditorialiste économique du 7-9 est également au micro du Médiateur
De nombreuses réactions ont suivi son édito consacré à la formation à l’informatique en France. Il y faisait l’éloge de l’Ecole 42, créée par Xavier Niel, et s’en prenait aux lourdeurs du système éducatif public qui, « n’a pas eu l’idée de lancer des formations en développement informatique ».

 Dans la précipitation de la matinale, Dominique Seux reconnaît s’être mal exprimé. Evidemment, l’université forme aussi de jeunes informaticiens.

 

La politique a changé, et les journalistes ?

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, la chute des partis traditionnels, la fin de la classique dichotomie gauche-droite, les auditeurs sont nombreux à réagir ; Yaël Goosz, chef du service politique de franceinfo, leur répond au micro du médiateur.

 

 

Les journalistes politiques préféreraient-ils toujours la polémique, les petites phrases plutôt que le concret l’explicatif, le constructif réclamés de plus en plus, par les auditeurs ?
Depuis le changement du paysage politique français, le médiateur reçoit de nombreux messages qui s’étonnent que les journalistes, eux, n’aient pas « changé de logiciel », dixit Jérôme. Pour Jean-Marc, « il semble que les journalistes ne soient plus capables de faire du journalisme que par opposition et mise en conflit ». Et Amélie ajoute : « Je suis stupéfaite que ce qui intéresse les journalistes politiques soient de savoir si le Premier ministre est fidèle à son ancien parti, s’il combat la gauche, bref tout ce discours politicien obsolète sur les querelles partisanes qui nous plombent depuis 35 ans »

« Il s’agit de proposer une couverture de la matière politique aux auditeurs, puis de donner du sens , expliquer toujours et encore, car l’échiquier politique ne s’arrête jamais ; il faut décrypter ces problématiques : idées, stratégie, nouveau monde, ancien monde… »

 

Pourquoi avoir lancé l’interview J-1 tous les soirs à 19h10 ? J-1, donc la veille d’une actualité…

« L’objectif est d’anticiper ce qui fera sens demain, afin de donner des clefs de compréhension à l’auditeur. Ce nouveau rendez-vous offre une exhaustivité des points de vue ».

 

Pourquoi continuer à inviter tous les « vieux » politiques ?
Les invités de Yaël Goosz ont été, entre autres, François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan… Une question qui revient souvent dans les messages que nous recevons, comme celui de Julien : « Pourquoi continuez-vous à inviter tous les « vieux » politiques que les électeurs ont rejetés ? On a fait tout ce qu’on a pu pour se débarrasser de ces vieux ringards. Raté ! On les met à la porte ; ils reviennent par la fenêtre ». Sans vouloir plagier l’Internationale, ne peut-on pas du passé faire table rase ?

« Il faut avoir une vue d’ensemble sur tous les rendez-vous politiques de franceinfo ; l’objectif est de trouver un équilibre ; on veille à la diversité, la mixité homme/femme, société civile/politique, anciens/nouveaux. En invitant F. Hollande, je voulais donner du sens sur le quinquennat nouveau » … »C’est un équilibre à trouver et faire table rase du passé, cela mène à l’amnésie et c’est dangereux ».

 

Les journalistes et le consensus ?
Les auditeurs, parmi les plus jeunes, comme Julie, disent : « Je comprends pourquoi Emmanuel Macron est réticent à s’adresser aux journalistes, quand on constate que les questions sont toujours polémiques, agressives et ne nous concernent pas ».

« Les journalistes posent des questions à un instant T, en fonction de l’actualité…. »

 

Des politiques préfèrent la communication à l’information :
on peut dire tout ce qu’on veut, plus ou moins vrai, sans questions embarrassantes. Jean-Luc Mélenchon le fait par exemple avec sa chaine YouTube… Plus besoin de journalistes gênants ?

« Un présupposé pour certains : les médias sont aux ordres… Quand une question gêne, c’est qu’elle serait orientée politiquement. Or, il ne faut pas confondre éditorialistes et journalistes politiques ; les politiques jouent là-dessus… Les journalistes questionnent sur l’actualité, enquêtent, expliquent; les éditorialistes commentent ».

 

La rentrée : matinale et politique

Un nouveau directeur pour franceinfo, Vincent Giret, et des nouveautés à l’antenne en cette rentrée radiophonique. Les auditeurs ont pu les découvrir dès lundi dernier. Et ils ont déjà des questions… Pour y répondre Vincent Giret…

 

Une question qui revient souvent, c’est le remplacement de Fabienne Sintès (dans le 7-9) par Bruce Toussaint.
Pour Christine « franceinfo avait innové avec une femme à la tête d’une matinale et voilà que vous y remettez un homme à une heure de grande écoute ». Et Jean-Pierre est plus virulent : « Pourquoi ce recyclage régulier à la radio des présentateurs vedettes de la télé ? Franceinfo manquerait-elle à ce point de talents ? ».

« On peut retrouver Fabienne Sintès sur France Inter. Il faut lui rendre hommage, car elle a contribué au succès de franceinfo »…  » Dans la rédaction, il y a beaucoup de voix féminine ; la parité est presque atteinte ». Quant à l’arrivée de Bruce Toussaint, « c’est le professionnel de l’info continue, de la télévision et du media global que nous recherchions. »

 

© Radio France / Christophe Abramowitz
© Radio France / Christophe Abramowitz


Toujours les mauvaises nouvelles …
La saison dernière, beaucoup d’auditeurs avaient écrit au Médiateur pour regretter que sur franceinfo, comme sur la plupart des médias, on n’évoque que « ce qui ne va pas », « les conflits permanents », « les polémiques sans intérêts »… Bref, comme le disait Michèle, « vous ne vous intéressez qu’au négatif, jamais aux actions positives, aux initiatives constructives, aux solidarités, etc »

« En effet, l’information ne doit pas être que négative; sur franceinfo par exemple, on valorise les initiatives grâce à la nouvelle chronique d’Olivier de Lagarde, « Un monde d’action » ou encore grâce à Philippe Duport et sa chronique « c’est mon boulot » qui donne des idées, des pistes, des solutions à propos du monde du travail ». 

 

Encore et toujours de la politique à l’antenne
Il y a un an, débutait une année très politique qui a dopé les audiences de franceinfo. Pour cette année qui commence, de nouveaux rendez-vous politiques sont proposés : à 19h10 et de 21h à 22h.
Les auditeurs ne sont-ils pas  saturés par la politique ?

« Les Français sont un peuple politique qui discute beaucoup de politique. Et il est important de continuer à chroniquer les suites de l’élection présidentielle »

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