Secrets d’info : Les contradictions du paysan Pierre Rabhi/Jeunes avec Macron

Les contradictions du paysan Pierre Rabhi

Ce mois de septembre, Pierre Rahbi c’est LE sujet qui fait beaucoup réagir les auditeurs. Le 15 septembre dernier, vous avez invité le journaliste Jean-Baptiste Malet à venir s’exprimer dans Secrets d’Info au sujet des contradictions de Pierre Rahbi. Interview très critiquée par de nombreux auditeurs qui n’ont pas compris pourquoi vous aviez choisi de traiter ce sujet, Jacques Monin

 

 

Jean-Baptiste Malet a écrit un article « le système Pierre Rahbi » dans le Monde Diplomatique   qu’il semblait intéressant d’analyser. Pierre Rahbi a une certaine vision de la société, qui propose une alternative au monde productiviste dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il a une grosse « surface » médiatique, il donne 35 conférences par an, des entrées dans de nombreux médias en France. A ce titre-là pourquoi ne pas faire l’examen critique du discours de Pierre Rahbi ?

François nous écrit : « Je croyais que le métier de journaliste consistait à confronter ses sources. Il y a là une investigation trop à charge».
Avez-vous vérifié les propos de Jean-Baptiste Mallet ?

Dans l’émission « secrets d’info », il y a deux parties : une partie « enquêtes » menées par la cellule investigation de Radio France et une deuxième partie, qui est une partie « invités ». Des invités légitimes qui abordent des sujets d’intérêt général. Jean-Baptiste Malet est une référence qui s’intéresse aux problématiques alimentaires.  Il a enquêté auprès de Pierre Rahbi.

 

Boris nous demande : « Depuis quand gagner de l’argent est un délit ? Depuis quand ne pas reverser tous ses biens en est un aussi ? »
Léo renchérit : « Il ne vole rien à personne » et un autre auditeur constate : « ce n’est pas croyable de vivre dans un pays où l’on cherche toujours à discréditer le succès ».

Jean-Baptiste Malet a bien précisé que ce n’est pas le fait de gagner de l’argent qui est remis en cause, mais plutôt la contradiction dans le discours de sobriété et la réalité de ses revenus.

Géraldine, une auditrice, estime que s’intéresser à Pierre Rahbi c’est négliger d’autres sujets. Je la cite : « N’auriez-vous rien de mieux à faire (…) ? En qualité de journalistes il y a des sujets prioritaires à traiter : le train de vie de l’état, les lois mises en place sur les routes françaises, la répression ambiante, les retraités ponctionnés, les problèmes climatiques et écologiques. »
Stéphan, un auditeur, est sur la même ligne : je vous lis un extrait de son mail : «  Pendant ce temps, le journalisme, qui est censé être le 5ème pouvoir, laissent les politiques bien tranquilles quand ces crapouilles donnent le droit à des multinationales de nous empoisonner (vote Monsanto) et s’il n’y avait que ca encore ! ». Jacques Monin que répondez-vous à Géraldine et à Stéphan ?

J’invite Géraldine à écouter les différents sujets traités dans « Secrets d’info »  : sur la pollution, sur les lobbys, sur les paradises papers et l’évasion fiscale… Cette critique n’a aucun sens.

Ce qui est tout à fait notable dans le flot des mails reçus c’est le caractère injurieux des contenus, ce qui constitue en soi une forme d’évaluation du degré de mécontentement des auditeurs mais une telle inflation d’insultes c’est aussi un objet d’interrogation.

Il y a en effet une contradiction. Si ces personnes prônent le partage, l’ouverture, la bienveillance, là il y a une incohérence. Dans un environnement anxiogène, on a peur de ce que va devenir notre monde. Dans ce contexte là, les discours de Pierre Rahbi apparaissent comme une lueur d’espoir. Quand on touche à cette lueur on donne l’impression d’affaiblir ce combat.

 

Dernière question sur une toute autre enquête diffusée le 15 septembre dernier : « Jeunes avec Macron : histoire d’un hold-up politique ».
► Une enquête de Sylvain Tronchet

Christophe, un auditeur, nous écrit : « Reportage et investigation très intéressants. Je ne suis pas particulièrement macroniste mais côté vocabulaire (…) je trouve l’usage de « hold-up » complètement déplacé. Un holdup est un braquage. Qui ont donc menacé ces gens ? Qu’ont-ils volé ? On peut ne pas apprécier la méthode mais par ce terme c’est insinuer la délinquance ».

Un point de vue largement partagé par d’autres auditeurs.

Pourquoi avoir fait le choix d’un tel titre ?

Il y avait un évident second degré. C’est une expression utilisée en milieu sportif. Cela semblait qualifier ces jeunes. L’élection d’Emmanuel Macron a d’ailleurs été qualifiée de holdup. Lui-même dit qu’il a été élu par effraction.

 

Secrets d’info : les auditeurs réagissent aux comptes de campagne d’Emmanuel Macron

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigation de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.

Ce mois-ci, les auditeurs ont beaucoup réagi à propos de l’enquête très fouillée d’Elodie Gueguen et Sylvain Tronchet sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron.

Pourquoi parler d’illégalité ?

Plusieurs auditeurs n’ont pas compris ce qui était illégal dans les importantes réductions accordées au candidat Macron. Pour Thérèse : « Je ne comprends pas en quoi des ristournes sont un signe de malhonnêteté ». Et pour Alain : « Le candidat Macron fait faire des économies au budget de l’État et voilà que vous lui tombez dessus, comme s’il avait triché ». Ou Christina : « Savoir bien négocier ses coûts de campagne et obtenir des réductions prouvent que l’on est un bon gestionnaire. On devrait plutôt le féliciter ».  

Sylvain Tronchet : Il faut rappeler quelques règles simples qui régissent les campagnes électorales. Une entreprise n’a pas le droit d’aider un candidat ou un parti. Si elle fait des réductions, cela peut être considéré comme des dons déguisés. C’est une loi de 1995 qui met en place le financement public des campagnes pour éviter ce genre de pratiques, via le remboursement des frais par l’État.

Un parti pris ?

Après un petit retour au mois de février, nous avons retrouvé les remarques souvent virulentes d’auditeurs pro-Mélenchon ; ils vous accusaient de parti pris dans votre enquête sur les comptes de campagne du candidat de la France insoumise. Jules, par exemple, écrivait : « Vous vous en prenez une fois de plus à Mélenchon. Les ordres viennent d’en-haut. Bien sûr, vous m’enquêterez jamais sur les comptes de campagne de Macron ». Et pourquoi donc?
Quatre mois plus tard, c’est Jean-Pierre, comme d’autres auditeurs, qui nous disent : « Vous avez plaisir à vous en prendre aux comptes d’Emmanuel Macron, mais, évidemment, vous ne le ferez pas pour Mélenchon ou Marine Le Pen ».

Jacques Monin : Nous n’avons aucun parti pris. Nous sommes dans une démarche journalistique et non politique. Notre seule boussole, c’est d’examiner les actes de ceux qui prétendent nous gouverner. C’est notre travail que de contribuer à cette transparence, et ce, quelque soit le camp politique. Le service public, c’est l’indépendance de l’information, et l’indépendance ne s’use que lorsqu’on ne s’en sert pas.

Pourquoi rouvrir un dossier déjà classé ?

Une question qui revient dans plusieurs messages, comme dans celui de Marianne : « Les comptes de campagne d’Emmanuel Macron ont été validés par la commission. Pourquoi vous obstiner à rouvrir un dossier sur lequel les spécialistes n’ont rien trouvé à redire ?»

Élodie Guéguen : Ça fait partie de notre métier de journaliste : s’intéresser au financement de la vie publique et des campagnes électorales. Sans remettre en cause le travail des rapporteurs de la commission des comptes de campagne qui ont validé les comptes d’Emmanuel Macron, il faut rappeler que c’était cette même commission qui était passée à côté de l’affaire Bygmalion. Un certain nombre d’éléments ont attiré notre attention et la commission l’a reconnu : elle est passée à côté de certaines remises. Nous ne rouvrons pas le dossier, nous faisons simplement notre travail.

 

« En marche » s’est fendu d’un communiqué cette semaine dans lequel le mouvement donne ses arguments de réponse, et il vous reproche de ne pas avoir intégré ces éléments de réponse dans votre enquête… Affirmation vraie ou fausse ?

Élodie Guéguen : C’est faux. Nous avons envoyé à La République en Marche une quarantaine de question, ils nous ont répondu par un mail qui ne répondait absolument pas à nos questions.

Selon « En Marche » le théâtre Bobino avait déjà facturé des locations à des prix bas à des associations à but non lucratif… Or c’est aussi une association qui a loué le théâtre pour Emmanuel Macron… Donc selon En marche, il n’y a rien d’inhabituel dans le prix qu’on leur a consenti.

Sylvain Tronchet : Ils ont pris l’exemple d’un concert de charité pour les victimes du 13 novembre. Ce n’est pas comparable à un meeting de campagne. Ce qui doit servir de référence, c’est le prix de marché. Nous l’avons demandé, on nous a expliqué de c’était entre 13 000 et 14 000 euros. Emmanuel Macron a payé 3 000 euros.

En marche soutient enfin que si Benoit Hamon a payé plus cher qu’Emmanuel Macron pour la location de la salle de la Bellevilloise, c’est parce qu’il l’a demandée pour une période beaucoup plus longue, et donc qu’on ne peut pas comparer des choux et des navets…

Sylvain Tronchet : Dans nos calculs de comparaison, nous avons bien entendu tenu compte des différences de prestations. Pour louer cette salle pendant 6 heures, Benoît Hamon paie 2 580 euros. Un parti politique, pour 4h30, paie 2 000 euros. Et pour 2h30, Emmanuel Macron paie 200 euros. Pourquoi cette ristourne ?

 

Secrets d’info : crise des hôpitaux, pompes funèbres, Macron et les catholiques

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigations de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.   L’enquête sur « les hôpitaux au bord de la crise de nerfs » Cette enquête a  beaucoup intéressé les auditeurs. Il faut dire que… Lire la suite

Secrets d’info : Projet Daphne / la salmonelle / Carlos Ghosn

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigations de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.   Projet Daphne : après les révélations, quelles réactions ? ► par  Benoît Collombat 18 médias internationaux, dont Radio France et son équipe Investigations,… Lire la suite

Secrets d’info : l’affaire Sarkozy et l’affaire « Pôle Emploi »

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigations de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.

Affaire libyenne : coup de tonnerre sur la sarkozie

► par Élodie Guéguen et Benoît Collombat

Retour sur toute l’affaire libyenne et la mise en examen de Nicolas Sarkozy qui a suscité un grand nombre de réactions et de commentaires. Beaucoup d’auditeurs, comme François, ont été satisfaits que vous fassiez un point complet sur une affaire qu’il qualifie d’embrouillée. Il ajoute : « Nous avons entendu une remarquable synthèse où les points de vue de toutes les parties ont été objectivement présentées ».

D’autres auditeurs estiment que cette affaire manque de preuves. Pour Jean-Luc, « comment faire confiance à la parole de trafiquants et d’anciens proches de Kadhafi ? ».

Ce sont des témoignages qui sont évidemment à prendre avec précaution … On peut se dire que ces anciens proches de Kadhafi ont des comptes à régler avec le président qui a décidé de leur mener la guerre en 2011. Mais ce qui est notable, c’est l’accumulation des témoignages qui vont dans le même sens… qui racontent la même chose … le fait que Kadhafi ait donné son accord pour payer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy …  Certains anciens dignitaires libyens l’ont raconté devant la Cour pénale internationale. D’autres ont témoigné sous X devant les juges français. Et puis il y a aussi un témoignage écrit et posthume du ministre du pétrole de Kadhafi… dont on a retrouvé des notes datées de 2007.  Ça, c’est un élément matériel qui embarrasse la défense de Nicolas Sarkozy …

Claude, un autre auditeur, ne comprend pas que l’on mêle ce qu’il appelle « les turpitudes de Claude Guéant » avec le financement de la campagne présidentielle : « Que signifie l’amalgame entre le financement de l’appartement de Guéant, écrit-il, et le financement de la campagne de Sarkozy ? ».

Il faut rentrer dans le détail de cette affaire… A première vu effectivement on peut se demander quel est le lien entre l’achat de l’appartement de Claude Guéant et cette affaire libyenne… Les enquêteurs ont remonté le fil de l’argent qui a permis à Claude Guéant, de s’acheter un appartement, en payant comptant, dans les beaux quartiers de Paris, début 2008 alors qu’il était depuis quelques mois le secrétaire général de l’Elysée … Claude Guéant avait reçu un virement de Malaisie, virement de 500 000 euros … et en bout de chaîne, derrière cet argent, les enquêteurs ont identifié un banquier installé à Genève qui gérait aussi le principal fonds d’investissement libyen … En clair, des milliards de pétrodollars du régime de Kadhafi… Est-ce une coïncidence ? Les juges en tout cas ont décidé de mettre Claude Guéant en examen dans le cadre de cette affaire franco-libyenne ….

Une question sur vos méthodes de travail. Marie s’étonne « d’entendre la retranscription de contenus d’écoutes téléphoniques. Comment pouvez-vous vous les procurer ?, demande-t-elle. S’agit-il de fuites et est-ce légal ? ».

D’abord le principe de base quand on est journaliste, c’est d’avoir des sources… C’est ensuite évidemment de recouper ses informations…L’autre grand principe : c’est le secret des sources, donc évidemment on ne va pas rentrer dans tous les détails. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que dans une procédure judiciaire, il y a de multiples intervenants… Certains sont tenus au secret de l’instruction… d’autres non… Mais les journalistes, eux, ne sont pas soumis à ce secret de l’instruction… Et s’ils n’ont pas le droit de détenir des pièces d’un dossier,  ils peuvent tout à fait en prendre connaissance. Et donc ensuite les rendre public.

 

Ce milliard d’euros que Pôle emploi réclame aux chômeurs

 Une enquête de Cécile Hautefeuille

Une enquête sur le quasi milliard d’euros versés à tort par Pôle emploi à des chômeurs. 

Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse réclamer de fortes sommes à des personnes à faibles revenus, alors que les erreurs viennent de Pôle emploi. D’autres se demandent pourquoi les demandeurs d’emploi qui perçoivent par erreur une somme plus importante que d’habitude ne réagissent pas et attendent qu’on leur réclame un remboursement. « C’est tout de même troublant ».

Deux réponses :
D’abord, il faut bien comprendre que les sommes trop versées ne sont pas forcément colossales… ce qui n’attire pas forcément l’attention… ça peut être 40 euros… ces sommes s’accumulent pendant des mois… et ce n’est que quand la demande de remboursement du cumul de ces sommes trop versées tombe que la plupart des gens réalisent qu’il y a un problème…
L’autre point, c’est ce que Cécile Hautefeuille explique très bien dans son enquête : la plupart des « bugs » concernent les demandeurs d’emplois qui cumulent des allocations avec des petits revenus… La grande majorité d’entre eux ignorent comment est calculé leur complément de salaire. Et parfois, ils ne connaissent même pas l’existence de ce dispositif.
Alors, comment pourrait-il vérifier ce que personne ne leur a jamais expliqué ?
La plupart disent « faire confiance » à Pôle emploi et ne vérifient pas forcément si les montants versés sont corrects. Même si bien sûr, clairement, il est conseillé de le faire. Encore faut-il avoir les moyens de le faire…

Fabrice, un salarié de Pôle emploi, vous reproche de « n’avoir qu’effleuré le sujet », nous écrit-il : « 80% des trop-perçus ont pour cause l’absence de déclaration de reprise d’emploi des chômeurs. Et vous, vous faites 30 minutes sur 1% des cas ».

Encore une fois, la journaliste qui a fait l’enquête travaille depuis des années sur le sujet… Elle a même écrit un livre sur Pôle emploi… En revanche, le chiffre cité par Fabrice n’est confirmé par aucune de nos sources… Ce que dit l’Unédic, qui est donc le gestionnaire de l’assurance chômage, c’est que dans 80% des cas, ces trop perçus interviennent dans une situation de cumul allocation chômage / salaire… on le disait tout à l’heure… Ce n’est donc absolument pas 80 % de trop perçus pour cause d’absence de déclaration de reprise d’emploi. Nous n’avons pas fait 30 minutes sur un 1% des cas : on s’est au contraire concentré sur les dysfonctionnements les plus importants… notamment ceux qui concernent les assistantes maternelles… la profession la plus touchée par les trop perçus.

Enfin, une auditrice, Myriam, pose une question de vocabulaire pas idiote du tout : « Pourquoi parlez-vous toujours et encore de « trop perçu » ? Or, il s’agit de « trop versé ». « Trop perçu » stigmatise les demandeurs d’emploi, alors qu’ils ne sont pour rien dans les erreurs de Pôle emploi ». Ce n’est pas faux…

C’est vrai que les mots sont importants…
Dans notre enquête, je pense qu’on a vraiment eu le souci d’être au plus près des faits… en expliquant qu’il s’agissait de sommes versées… à tort aux demandeurs d’emploi, qui finalement sont les premières victimes de ces dysfonctionnements. Donc il n’y a aucune volonté de stigmatiser qui que ce soit… L’autre élément de réponse, c’est que si nous avons utilisé ce terme de « trop perçu », c’est qu’en fait, la grande majorité de nos interlocuteurs utilisent ce terme dans les interviews que nous avons menées.

Elisa Budin/Radio France

Secrets d’info : les comptes de campagne de Mélenchon, Macron et les chasseurs

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigations de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.

Les étranges factures de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, alors candidat du parti d’extrême gauche " La France insoumise " pour les élections présidentielles 2017, tient un meeting à Périgueux, le 26 janvier 2017. (MAXPPP)
Jean-Luc Mélenchon, alors candidat du parti d’extrême gauche  » La France insoumise  » pour les élections présidentielles 2017, tient un meeting à Périgueux, le 26 janvier 2017. (MAXPPP)

Enquête de Sylvain Tronchet et d’Elodie Guéguen
Albert qui semble proche de Jean-Luc Mélenchon s’étonne que « vos « informations » mettant en cause la France Insoumise soient données le jour où on apprend par le magazine Marianne que certains versements excessifs sur le compte de campagne de Macron ont été signalés à la justice ». Alors, auriez-vous des choix orientés, comme voudrait le penser cet auditeur ?

L’équipe d’investigation n’avait pas cette information. En revanche, si le soupçon, c’est de dire « vous enquêtez sur Mélenchon pour protéger Macron », les faits parlent d’eux-mêmes. L’équipe a déjà enquêté sur Emmanuel Macron (à l’occasion des « macronleaks »). Il ne faut pas nous demander de raisonner en « politique », nous ne sommes pas des militants politiques qui enquêtons sur un camp et pas sur l’autre. On enquête sur tous les sujets, tous les domaines et tous les camps dans lesquels on estime qu’il y a des questions qui se posent et des possibles mauvaises utilisation de l’argent public, ce qui  est aussi le cas des comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

L’équipe travaille sans distinction. Et pourtant, dans son blog, Jean-Luc Mélenchon affirme que cette enquête est une commande de la hiérarchie. Il ajoute : «  Les agents traitants du service vivent une certaine ambiance qui leur interdit de dire non ». Sous-entendu : on vous aurait demandé d’enquêter sur Mélenchon et vous n’auriez pas pu refuser…

Jacques Monin : Je ne suis pas un homme politique, mais je peux lui répondre en tant que journaliste : ma hiérarchie a été informée trois jours avant la diffusion des informations. Cela ne répond donc pas à une commande.

Sylvain Tronchet : la Présidence de Radio France n’a évidemment pas commandé cette enquête. Mais cette enquête sur Jean-Luc Mélenchon n’arrive pas là par hasard, elle est dans la continuité du travail de la cellule Investigations. Depuis deux ans, avec Elodie Guéguen, nous travaillons sur la problématique du financement politique. Des enquêtes menées sur François Bayrou, Nicolas Sarkozy, etc.

Enfin, une autre accusation qui, là aussi, étonne quand on connait le sérieux de vos enquêtes et le temps que vous y passez… C’est Jean-Marc qui nous écrit : « Pourquoi reprendre les mêmes insinuations que le journal Le Monde ? ». Vous auriez donc pompé les informations d’autres journalistes. Et André, lui, ajoute : « Vous n’avez qu’une seule source à charge : celle d’un ancien directeur de cabinet d’un ministre socialiste qui veut régler des comptes ».

Faux, puisqu’on a entendu également François Logerot, le président de la Commission de contrôle des comptes de campagne… Mais des sources, il y en a bien d’autres. Contrairement à ce qu’affirme Jean Luc Mélenchon, on travaille, et depuis longtemps, sur le sujet. C’est le prolongement, notamment, de l’enquête d’Elodie Guéguen sur les ministres du gouvernement Macron et sur l’affaire des assistants parlementaires du Modem.
Précisons que nous avons posé des questions à Mélenchon et à son équipe, et personne n’a répondu.

 

 

Pourquoi Emmanuel Macron courtise-t-il les chasseurs ?

Une enquête d’Anne Brunel

Emmanuel Macron part à la conquête des chasseurs © AFP / GUILLAUME SOUVANT / Etienne LAURENT POOL
Emmanuel Macron part à la conquête des chasseurs © AFP / GUILLAUME SOUVANT / Etienne LAURENT POOL

La chasse est un sujet très clivant. Il y a d’un côté les auditeurs qui ont eu l’impression que vous défendiez la chasse et les « tueurs d’animaux ». Et de l’autre, ceux qui vous reprochent de ne pas avoir compris l’intérêt de la chasse et de la régulation des espèces.

Il se trouve que la chasse n’était pas l’objet de cette enquête. Ce n’était pas un débat autour de la chasse. Cette enquête avait pour objet de décortiquer une stratégie politique, celle d’Emmanuel Macron pour mieux asseoir la pénétration de son parti dans les zones rurales et pour tenter de retourner le vote eurosceptique fort dans les campagnes. L’objectif est donc de séduire les chasseurs sur des thèmes européens en leur obtenant des mesures dérogatoires, afin d’utiliser leurs réseaux et leur force d’entrainement électoral. Nous avons exposé des faits, sans prendre parti.

 

Secrets d’info : charges sociales PME, guerre économique, le fiasco du logiciel Louvois

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de l’émission d’investigations répondent  aux interrogations et aux critiques.

Charges sociales : quand les petits patrons filent à l’anglaise

 L’enquête de Sylvain Tronchet a suscité des réactions étonnantes. Lorsqu’une enquête porte sur les pratiques douteuses ou illégales d’une grosse société, la majorité des messages reçus montrent une indignation, voire une colère. Là, il s’agissait de pratiques pour le moins illégales de PME, souvent des artisans domicilient leur entreprise en Angleterre pour ne pas payer les cotisations sociales.
Et là, surprise, les fraudeurs suscitent une certaine sympathie. Caroline est très vindicative : « Et si vous parliez des gros poissons ! Foutez la paix aux artisans ! ». Et pour Nicky : « Il n’y a pas de raison que les grands groupes le fassent et pas les petites entreprises ! ». C’est évidemment un drôle de raisonnement, que Roland explique d’une certaine façon : « Vous parlez d’un scoop ! Ce cabinet breton qui offre ce genre de pratique est connu des entreprises et des autorités depuis 20 ans ».

On peut toujours avoir un débat sur le niveau des cotisations sociales qu’on peut trouver trop élevées ou pas chez les artisans, mais on ne peut pas s’exonérer du respect de la loi, parce qu’on la trouve trop compliquée pour la respecter. Ces méthodes restent hautement douteuses au regard de la loi. Ce genre de montage existe aussi en Espagne par exemple.

 

Financement des partis, conflits d’intérêts : les dérives de la formation des élus

L’enquête d’Elodie Gueguen sur le financement de partis politiques par de l’argent issu de la formation des élus.

Les réactions sont en demi-teinte. Certains auditeurs ne s’attaquent pas aux pratiques douteuses des partis et des élus, mais à celui ou celle qui les révèle, en l’occurrence un ou une journaliste. Pour Marc, « arrêtez avec ce raisonnement « les élus tous pourris ». Il y a des milliers d’élus dans les villages, comme moi, qui donnent énormément de leur temps et qui ne se remplissent pas les poches. Nous avons aussi besoin de formations ».

On n’a pas dit le contraire : la formation est indispensable. Les crédits alloués aux élus municipaux sont insuffisants. Mais par ailleurs, et c’était l’objet de l’enquête, certains crédits sont dévoyés par certains partis ou par des instituts de formations… Regarder les abus qui existent ou qui ont existé, c’est aussi une manière d’être plus vigilants à l’heure où les partis parlent de renouvellements des pratiques.

 

Guerre économique : comment les Etats-Unis font la loi?

L’enquête menée par Benoit Collombat à propos de la guerre économique souterraine que livrent les Etats-Unis aux entreprises françaises et européennes a suscité également beaucoup de réactions d’auditeurs. La plus fréquente, c’est celle-ci : « Pourquoi la France se laisse-t-elle piétiner ? Faisons pareil ! ». Mais est-ce possible face au géant américain ?

Un des responsables juridiques de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, dont le siège est à Paris, nous a écrit. Il regrette que l’on n’ait pas indiqué que « la France a souscrit des obligations internationales au niveau de l’OCDE et de l’ONU concernant la corruption internationale. Or, à ce jour, nous dit-il, aucune entreprise française n’a été condamnée par la justice française pour ce qu’elle qualifie pourtant de crime ».

Il ne s’agit pas de blanchir les pratiques des entreprises françaises. Si elles sont ciblées par la justice américaine, c’est qu’elles offrent un boulevard en matière de pots-de-vin. Les Américains aussi utilisent l’arme de la corruption dans les marchés internationaux, mais en imposant leurs normes et par leurs lois extra-territoriales, ils se donnent le bon rôle. Les Etats-Unis détiennent le « soft power » grâce auquel leurs mauvaises pratiques se voient moins.

 

 

 

Louvois, le logiciel qui a mis l’armée à terre

Les révélations de Philippe Reltien ont choqué un grand nombre d’auditeurs ; ils trouvent inadmissibles, comme Christian, que « ceux qui risquent leur vie pour nous soient traités de cette façon ». Beaucoup de témoignages, également, de proches de militaires, comme Christine, mère d’un jeune officier qui raconte « la précarité subie par son fils face au retard de versement de sa solde » et l’aide financière qu’elle doit lui apporter. D’autres s’inquiètent de ces militaires écœurés, dépressifs, qui quittent nombreux l’armée, alors que, comme le dit Anne, « on a besoin d’eux en ce moment ». « Des responsables incompétents, un logiciel fou et des militaires devenus surendettés, alors qu’on devrait les aider, nous écrit Mathieu qui pose cette question : Pourquoi l’État n’a-t-il aucune bienveillance à leur égard ? ».

Tout commerce qui laisserait partir  545 millions d’euros dans la nature se verrait condamné à la faillite. L’armée est condamnée à retrouver cet argent car elle utilise les fonds du contribuable. La machine à recouvrer les créances fonctionne avec le fisc. A peine 3000 soldats sur plus de 70 000 contestent devant les tribunaux administratifs, les sommes qu’on leur réclame. De ce fait, il y a des familles en détresse grave. L’armée prétend qu’elle le sait, et qu’elle les aide parfois au point d’abandonner ses créances. 83 millions d’euros ne seront jamais récupérés.

Airbnb, tutelles, rugby…les questions des auditeurs

Les commentaires des auditeurs sur les dernières enquêtes diffusées dans « Secrets d’info » La carte de crédit rechargeable offerte par Airbnb à ses loueurs qui permet d’échapper au fisc  Les loyers étaient versés via cette carte émise à Gibraltar. Tout bénéfice pour le particulier loueur, car le revenu de ses locations devenait invisible pour le fisc ! Sylvain Tronchet a… Lire la suite

L’affaire des Paradise Papers et les réactions des auditeurs

PARADISE PAPERS

L’équipe de Secrets d’info répond aux questions des auditeurs.

 

L’affaire des Paradise Papers a valu au Médiateur un très grand nombre de réactions. Beaucoup d’auditeurs félicitent l’équipe de Secrets d’info pour ces révélations autour des paradis fiscaux et des méthodes – souvent légales – pour payer le moins d’impôts possibles. Pourtant, comme le dit Jeanne, « ces entreprises ou ces milliardaires peu citoyens sont heureux de bénéficier des routes, des hôpitaux, des chercheurs, des policiers et des pompiers ».

 » Bravo pour tout ce travail, mais qu’est-ce que cela va changer ? », c’est la question qui revient le plus souvent.

« Ces révélations ont déjà servi à quelque chose. Quelques exemples : une enquête du fisc lituanien, la justice indonésienne a elle aussi lancé une enquête sur les enfants de l’ancien dictateur Suharto, 4 personnes ont été incarcérées en Argentine, la Commission Européenne va lancer une enquête sur l’île de Man, les Pays Bas aussi… Le Parquet financier français a lancé une investigation qui a débouché sur 25 cibles et une personne a été jugée et condamnée…. Ce sont des petits pas, mais il y a des choses tangibles dans le monde qui se sont déjà passées ».

Pour Cédric, « tous les Présidents de la République ont annoncé la fin des paradis fiscaux. Or, ils existent toujours ».

 » Effectivement, mais on peut citer quelques avancées : l’Union Européenne va publier d’ici quelques jours, une liste noire, une nouvelle directive sur le contrôle des intermédiaires (notamment les cabinets d’avocats d’affaires qui seront obligés de déclarer les montages qu’ils proposent à leurs clients)… »

Beaucoup d’optimisations fiscales sont légales, bien qu’elles s’apparentent à de la dissimulation. « Savez-vous si les services fiscaux vont faire avancer les choses ? »

« Rien ne pourra changer si tout cela est légal. Il faut d’abord changer la loi… »

 

« Pourquoi n’avoir pas braqué les projecteurs sur ces cabinets d’avocats spécialisés qui vendent ce genre d’arrangements ?
Pensez-vous vraiment qu’un sportif comme Lewis Hamilton soit au courant de toutes les opérations qui touchent sa fortune ? ».

« Ces fuites sont parties d’un cabinet d’avocats Appleby. Les avocats d’Hamilton l’ont évidemment conseillé conseiller, mais c’est tout de même quelqu’un qui cherche à échapper à l’impôt. »

« Quel intérêt, demande Hélène, ont ces états « paradis fiscaux » ? Ils ne perçoivent pas d’impôts ni de TVA. Les sociétés qui s’y domicilient n’ont pas d’activités réelles. Donc n’offrent pas d’emplois aux habitants ».

« Lewis Hamilton,  par exemple, paie un cabinet d’avocats qui recrutent donc des gens… Il y a tout un business autour de ça et cela génère des revenus pour ces petits territoires. »

« Pourquoi a-t-il fallu une collaboration mondiale de médias et de journalistes pour sortir de telles révélations ? »

« Cette évasion fiscale se fait à l’échelle mondiale, donc nécessite une enquête mondiale. Le nombre de documents à étudier était considérable (13,5 millions de documents à traiter). Et puis, c’est aussi une forme de « protection »: les multinationales ont des moyens énormes. Par conséquent, il est plus difficile pour elles d’attaquer 96 médias qu’un seul. C’est ce qui fait la force de cette enquête. »

Les autres enquêtes du mois de novembre

Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre
Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre

l’affaire des cadres de l’UMP qui ont reçu en 2007 des primes versées en liquide à partir de soi-disant « dons anonymes ». Bertrand, par exemple, se demande « pourquoi les enquêteurs mettent-ils autant de temps à avancer ? Nous sommes 10 ans après les faits et les révélations arrivent au compte-goutte, grâce à la presse ». Et Sylvie ajoute : « Une affaire qui sera certainement enterrée ». Peut-on le craindre ? (réponse d’Elodie Gueguen)

« Il ne s’agit pas d’enquête de police classique. Le délit financier est dissimulé. L’enquête démarre souvent des années après les faits; elle commence par hasard après une perquisition d’entreprise par exemple. L’enquête qui concerne des cadres de l’UMP a commencé en 2012, entre les deux tours de la Présidentielle, après la publication d’une enquête de Médiapart … A ce stade de l’enquête, plusieurs personnes de l’entourage de Nicolas Sarkozy sont mises en examen, dont Claude Guéant, son plus proche collaborateur ».

 

Sait-on si oui ou non l’argent de Kadhafi a servi à financer la campagne présidentielle de 2007  (pour répondre Benoît Colombat)

« Évidemment, beaucoup d’auditeurs rapprochent ces « dons anonymes » à l’hypothèse souvent évoquée d’argent liquide libyen accordé par Kadhafi. Des témoignages de proches de Kadhafi vont dans ce sens. Il y a des documents écrits de Choukri Ghanem, ministre du pétrole libyen, qui consigne dans ses carnets ces versements… »

 

Interview exclusive  accordée Éliane Houlette, la procureure du Parquet national financier.
On reste dans les questions de dissimulation fiscale. Éliane Houlette a justifié sa décision d’infliger à une filiale de la banque HSBC une amende de 300 millions d’euros, et cela en échange d’une absence de procès pour « blanchiment de fraude fiscale ». Plusieurs auditeurs aimeraient savoir si, en définitive, « ce n’est pas une bonne affaire pour le fraudeur, en l’occurrence la banque, puisque l’amende est inférieure à la fraude ».

 

Une enquête a passionné les auditeurs, celle concernant le nombre incroyable de maladies qui touchent les riverains de la zone industrielle de Fos-sur-Mer.

Dans l'air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette
Dans l’air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette


Les riverains de ces usines hyper polluantes n’ont pas trop envie de dénoncer des industries qui fournissent de l’emploi. Mais Michelle demande « pourquoi des permis de construire sont finalement accordés à des logements dans une zone que l’on sait à risques pour la population ? »

« Aujourd’hui, aucune corrélation n’a été validée par les autorités entre un phénomène de pollution et  un phénomène d’explosion de maladies… Pour l’instant, seule une étude  publiée en début d’année par une association scientifique montre qu’il y a un taux de maladies graves bien supérieur à la moyenne… Mais les outils officiels n’existent pas … »

 

 

Elisa Budin/Radio France

Secrets d’info répond aux auditeurs : Lafarge, SNCF, batteries

Désormais, chaque dernier vendredi du mois, l’équipe de Secrets d’Info répond directement aux questions et remarques des auditeurs, envoyées au médiateur à propos des enquêtes diffusées dans le mois. En compagnie de Jacques Monin, Directeur des Enquêtes et de l’Investigations de Radio France, l’équipe pratique le droit de suite de ses reportages hebdomadaires.
Pour le mois d’octobre, les auditeurs ont réagi aux enquêtes suivantes :

 

 

 

Le 30 septembre diffusion de l’enquête sur Proximania, cette société spécialisée dans la téléphonie mobile qui a laissé sur le carreau près de 500 actionnaires…proxima-400x250_ktullu_-_benjamin_gabouryok4


Comme Xavier. Il nous l’a écrit : « J’ai moi-même été victime de cette arnaque pour un investissement de 20 000 € ». Il ajoute : « Notre association de défense des actionnaires a mis en cause, devant les tribunaux, l’expert-comptable et les commissaires chargés de valider les comptes de cette société, comme le prévoient les règles comptables. Or, le TGI et la cour d’appel de Paris ont jugé notre démarche irrecevable et nous ont condamnés à payer les frais de justice… Un comble que vous n’avez pas évoqué. Comme chaque membre de l’association, j’ai dû débourser 150€ à ce titre ». C’est vrai que cela semble bien injuste…

« C’était un des éléments de l’enquête, une enquête à tiroir, l’affaire dans l’affaire ; mais un élément important, car les actionnaires ont investi des dizaines de millions d’euros dans cette affaire ; les comptes auraient été falsifiés par les commissaires aux comptes, et pourtant certifiés. Les actionnaires ont voulu se retourner contre ces commissaires aux comptes. Mais ce recours a été jugé irrecevable. C’est hélas un point de droit, car ce n’est pas là-dessus qu’il fallait agir  Les investisseurs attendent un procès… »

 

 

L’enquête du 7 octobre sur les batteries et les voitures non polluantes batterie-electrique400x250_033_3159410
Cette enquête de Philippe Reltien a visiblement passionné les auditeurs. L’une des remarques qui revient le plus souvent concerne l’extraction du lithium et le recyclage de batteries très polluantes. Catherine, par exemple, vous pose deux questions : « Savez-vous si les réserves mondiales de lithium permettront de remplacer le parc mondial de véhicule thermique ? » et « D’où viendra l’électricité qui alimentera ces centaines de millions de véhicules électriques ? ».

Il s’agit d’une enquête de journalistes et non d’experts. Philippe Reltien a posé la question à un éminent spécialiste au Collège de France, Jean-Michel de Tarascon : Les reserves de lithium sont estimées entre 30 et 50 ans et il n’y aura en 2025 que moins de 10 % du parc mondial en voitures électriques ; il y aura donc assez de lithium pour tous. Autre précision : dans cette enquête, on entend Michel Armand, l’inventeur de la batterie au lithium métal polymère mais il faut rendre hommage aussi au franco-marocain Rachid Yazami auteur de la batterie lithium-ion

 

 

L’enquête du 14 octobre sur le cimentier français Lafarge a suscité énormément de réactions et de questions.
lafarge-400x250_034_3474205Dossier très documenté et aux nombreuses révélations d’Elodie Gueguen et de Benoit Collombat. Principales réactions : l’attitude de Lafarge qui a choqué nombre d’auditeurs. Pour Dominique : « Du pognon à tout prix, oui ! Y compris celui d’un minimum de moralité ». Et Dalila résume bien ce que ressentent beaucoup d’auditeurs : « Donc Lafarge est complice pour les attentats. Seront-ils jugés à la hauteur de leurs actes ? », mais elle reste dubitative : «  Encore une énième affaire qui va durer 20 ans et tous seront blanchis… ». Dalila a-t-elle raison ?

« On peut comprendre l’indignation des auditeurs, mais attention personne n’a été condamné dans cette affaire ; ce qui est reproché à Lafarge, c’est d’avoir financé des groupes armés parmi lesquels des membres de Daech ; mais pour être complice, il faut à la fois collaborer à la mise en place d’un acte et l’intention de s’y associer ; à ce stade personne ne peut affirmer que Lafarge avait l’intention d’aider Daech à commettre des attentats. »
Rappel : des magistrats enquêtent sur cette affaire depuis 4 mois ; 3 juges ont été saisis ; il y a plusieurs temps dans une enquête judiciaire : le temps des investigations (là où se situe le dossier de « Secrets d’info ») , établir les responsabilités des uns et des autres et éventuellement le temps du procès ; certaines affaires n’aboutissent jamais, mais contre-exemple avec l’affaire Cahuzac »

Des auditeurs, comme Elisabeth, demandent si on peut vraiment dire que Lafarge finançait Daech ou si, plutôt, la société était rackettée pour éviter que les employés locaux ne soient menacés…

« Lafarge a certes été rackettée, mais l’entreprise a accepté ce racket et est même restée en Syrie où elle a mandaté un intermédiaire pour négocier avec ces différents groupes ; Lafarge savait que l’argent allait « dans les poches » de certains groupes djihadistes. Reste à savoir pénalement,  s’il s’agit bien de financement du terrorisme … »

Certains auditeurs ne voient pas pourquoi accuser le Quai d’Orsay. Pour Martine, « quel intérêt pourrait avoir le Ministère des Affaires étrangères à maintenir une société privée dans une zone sous emprise terroriste ? Le seul à y gagner, c’est Lafarge ». Le Quai d’Orsay avait-il un intérêt à pousser Lafarge à rester ?

« Dans l’enquête de « Secret d’info », le Quai d’Orsay n’a pas été accusé ; les journalistes ont posé des questions. L’enquête a révélé que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de l’époque, pourrait être entendu par la justice. La question est posée dans l’enquête, sans réponse… Il y avait une enquête factuelle et une autre partie qui soulevait des  hypothèses ».

 

 

L’enquête du 21 octobre sur la SNCF
(Laetitia Cherel) suscite beaucoup de réactions, à commencer  par les clients excédés par « les trains très souvent en retard », « les incidents qui se multiplient sur les voies » (chutes de caténaires, pannes de trains, lignes vieillissantes) et « les tarifs qui ne cessent d’augmenter ». Est-ce que, comme le sous-entendent de nombreux auditeurs qui nous ont écrit, ces dépenses pharaoniques de la SNCF en communication et lobbying sont une des raisons des « tarifs de plus en plus élevés et des services de moins en moins bien rendus » ?sncf400x250_000_q4984

« On peut être tenté de le penser ; mais selon les spécialistes consultés, les dépenses de communication n’auraient pas d’effet sur le prix des billets. La location des voies, et l’amortissement des TGV par contre coûtent très cher et la productivité ne serait pas assez élevée. « 

Plusieurs auditeurs s’insurgent contre le président Guillaume Pépy qui refuse de répondre aux questions des journalistes, mais qui ne cesse de prôner la transparence.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre enquête ?

La principale difficulté est celle-ci : Malgré de multiples demandes d’interview, le président de la SNCF n’a pas répondu et si Laetitia Cherel est parvenue à suivre Guillaume Pépy lors d’un colloque, il a toutefois refusé de s’exprimer en renvoyant vers son service de communication.