Gilets jaunes : les débordements et les violences

Cette semaine, les auditeurs ont été encore très nombreux à nous écrire à propos du mouvement des Gilets jaunes. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet reçoit Éric Valmir, Secrétaire Général de l’information, et Lucas Menget, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo.

Les conditions de travail des journalistes qui couvrent les manifestations

Des journalistes sont victimes de violence lors de rassemblements en lien avec le mouvement de Gilets jaunes. Des auditeurs souhaitent savoir dans quelles conditions les journalistes de franceinfo et plus généralement de Radio France travaillent sur le terrain.

Éric Valmir : Ils travaillent comme ils peuvent. Il y a une situation inédite à Radio France : nous avons fait appel à une protection rapprochée ces dernières semaines parce qu’il y avait eu de nombreux incidents auparavant. Nous étions contre puisque les journalistes préfèrent avoir une certaine latitude et marge de manœuvre pour travailler. Ce sont des journalistes aguerris qui ont travaillé en zone de guerre. On aurait pu penser que pour une manifestation en France, ils n’auraient pas eu besoin de cette protection. Mais des incidents à répétition, surtout en régions auprès de nos journalistes de France Bleu, nous ont incité à mettre un protection rapprochée : un ancien militaire, ancien RG, des gens spécialisés qui vont être au plus près pour protéger et éviter les débordements et agressions.

Nous déplorons cette situation mais nos jeunes journalistes se sont fait interpellés, agressés verbalement voire physiquement, poussés, menacés… Il n’y avait pas d’autres solutions pour sécuriser les directs et rassurer ces journalistes qui évoluaient sur le terrain.

On est habitué à penser contre nous-mêmes : on accepte le débat, les critiques du traitement de l’info mais les violences ne sont pas acceptables.

Quelles sont les mesures pour samedi 19 janvier ?

Éric Valmir : Il y aura des protections de certaines locales de France Bleu puisqu’il y a eu des menaces que nous prenons au sérieux.

Pourquoi continuer à les envoyer ?

Certains auditeurs nous demandent pourquoi vous continuez à envoyer des journalistes sur le terrain pour couvrir les manifestations de Gilets jaunes alors qu’ils sont obligés d’exercer leur mission dans les conditions que l’on vient de décrire ? Un auditeur pose la question: Franceinfo ne devrait-elle pas cesser toutes ces émissions spéciales pour couvrir des événements rassemblant finalement assez peu de manifestants ?

Lucas Menget : Parce que c’est de l’information. On couvre toute l’information. Il se passe quelque chose en France qui est important. Les manifestations en sont un des aspects, on les couvre comme on couvre les autres aspects de cette crise des Gilets jaunes. Ce n’est pas parce que c’est dangereux que la rédaction de franceinfo ou de Radio France va s’arrêter. Franceinfo couvre des événements à l’étranger, en zones de guerre, c’est dangereux mais on continue à les couvrir.

La violence est inacceptable mais elle fait partie d’un certain nombre de conditions du métier de journaliste. On était plus habitué à cette violence dans des zones dangereuses loin de chez nous.

Le nombre de manifestants ne fait pas partie du choix éditorial, sinon il y a beaucoup de choses que l’on ne couvrirait pas, qui concernant peu de gens mais qui ont des conséquences politiques nationales importantes.

L’affaire Benalla : un « non-événement » ?

« Premier titre du journal de franceinfo ce 16 Janvier : l’utilisation abusive par M. Benalla d’un type de passeport dont l’usage est normalement restreint. Je suis surpris de constater qu’aux yeux de la rédaction en chef cette information semble plus importante que celle du Brexit ou que la progression du grand débat dans le contexte national que nous connaissons. »

Alors ce message n’est pas isolé, pour des auditeurs cette affaire relève du sensationnel, certains la qualifie même de « non-évènement ».

Lucas Menget : Ce n’est pas un « non-événement », c’est un événement important dans la vie politique de notre pays et qui peut avoir des conséquences. Sur la hiérarchie de l’information, cet auditeur a peut-être écouter qu’un journal. Sur franceinfo il y a des journaux et des titres toute la journée, l’affaire Benalla n’a pas fait l’ouverture de tous les journaux. La journée était riche en informations, et l’avantage d’une chaîne comme franceinfo c’est la hiérarchie et la variété de l’information.

Reportage dans une école de Joigny

« J’ai été choquée, qu’à l’occasion d’un reportage dans une école de Joigny, on puisse entendre des élèves de primaire crier « Macron démission ». Où va-t-on si des adultes responsables/ professeurs /journalistes/ laissent faire sans aucun commentaires ? Je suis atterrée  par un tel laisser aller. »

Une auditrice ajoute : « Comment peut-on ensuite demander aux enfants de respecter les adultes, les enseignants ? »

Lucas Menget :  Ce reportage de Benjamin Illy est absolument passionnant parce que justement on y voit ces enfants qui interviennent en criant « Macron démission ». Un reportage, c’est des faits et un contexte. Benjamin Illy est à ce moment en train d’interroger un retraité de l’éducation nationale qui lui aussi est un peu éberlué par cette scène, il lui demande ce qu’il en pense et il dit que ça le choque, que si on en est arrivé là, c’est qu’il y a eu des cassures. Ils se demandent alors pourquoi ils ont dit ça ? En voyant le reporteur de franceinfo par provocation ou amusement, il faut toujours remettre les choses dans leur contexte, or cet homme montre bien à quel point c’est une situation nouvelle. Est-ce qu’ils entendent ça à la maison ou dans des débats ? Il faut toujours aller jusqu’au bout du reportage, au bout des récits.

Est-ce que cela ne soulève pas un autre problématique, qui est que la population n’a pas forcément envie de voir la réalité des faits ?

Le rôle des journalistes n’est pas de cacher des choses. Le reporteur aurait pu se dire qu’il n’allait pas mettre cette scène qui pourrait choquer. Mais le but ce n’est pas de cacher, c’est de le montrer et de l’expliquer. L’éthique du journaliste c’est de montrer ce qu’il voit autour de lui.

Gilets jaunes : ligne éditoriale de France Culture

Retour sur le traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes sur France Culture. Les questions et réactions sont nombreuses. Pour répondre aux auditeurs, Emmanuelle Daviet reçoit Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

Quelle ligne éditoriale a choisi France Culture pour traiter du mouvement des gilets jaunes ?

Vincent : « Toute perception est subjective mais il me semble que vous avez fait part jusqu’à ce jour d’une immense bienveillance pour nos chers (oui définitivement très chers) gilets jaunes… On est là, face à un mouvement effrayant, apolitique car tellement individualiste qu’il réfute la simple notion de représentation mais brassant joyeusement les thèses les plus extrémistes de droites et gauches. » Marie Odile une auditrice rejoint son point de vue : « Je suis très déçue de la façon dont France culture traite de l’actualité. Cette radio donne un avis favorable aux Gilets Jaunes de façon très nette. Dès le samedi 17 novembre, dans le choix du vocabulaire, et le choix des infos. Aucune proposition de donner la parole à ceux qui prônaient la taxe carbone: les écologistes. Aujourd’hui, un mois après , c’est encore le cas. Pourquoi ne pas au moins proposer un peu d’analyse sur ces nouveaux types de manifestations, qui montrent des passages à l’acte violent, avec des prises en otages de la population ? C’est un fait de société grave, et on dirait que les journalistes du matin cautionnent et adhèrent. je trouve cela écœurant qu’une radio comme la vôtre prenne si peu de recul intellectuel et clairement favorise le mouvement populiste. »

Nous avons fait ce que fait France Culture. Dès le début du mouvement, nous avons décidé de laisser l’essentiel des émissions telles qu’elles avaient prévu leur programmation. En revanche, nous avons décidé de consacrer les Matins, la deuxième partie de la Grande Table et du Grain à Moudre aux grands sujets qui étaient amenés par ce mouvement. Nous avons regardé quels fils nous semblaient intéressant de tirer et nous avons invité des historiens, chercheurs, géographes, philosophes ou spécialistes des réseaux sociaux pour analyser la situation.

Nous avons travaillé sur du temps long, avec du recul. Nous avons analysé la situation. J’espère que parmi les auditeurs qui écoutaient les analyses de nos chercheurs ou philosophes, il y avait des gens qui participaient au mouvement.

 

Le micro-trottoir… cette pratique journalistique a-t-elle sa place sur France Culture ?

Un auditeur écrit : « France Culture imite les média privés dans la dramatisation d’un malaise social réel en distinguant les « gentils » gilets des « méchants » du gouvernement. Le micro-trottoir permet de signaler les leaders auto-proclamés qui appellent à la révolte tandis que des journalistes de terrain multiplient les annonces de mobilisation de groupuscules aux revendications disparates.  Avez-vous eu l’impression de dramatiser la crise sociale traversée par notre pays ?

Le matin de la manifestation du 8 décembre, Caroline Broué recevait Cyril Dion pour parler de l’écologie et de la marche pour le climat. Il a fait le pont entre la question de l’environnement et la question sociale telle qu’elle se manifestait dans le mouvement. Les journalistes font du reportage, il faut entendre les différentes tendances.

N’y a-t-il pas le risque d’un glissement métonymique de la figure du djihadiste à celle du gilet jaune ?

Pierre : Je m’inquiète d’entendre  l’expression  » gilets jaunes radicalisés »  utilisée sans les guillemets de mise en distance  par des journalistes de France Culture. Le dictionnaire autorise l’emploi de cet adjectif, mais on ne peut ignorer  les implications politiques de la sémantique quand on produit le discours médiatique . Depuis l’émergence du terrorisme islamique ces dernières années, l’adjectif  » radicalisé » évoque automatiquement la figure du terroriste djihadiste. Je suggère d’utiliser la richesse de la langue française pour qualifier l’évolution des mouvements de masse  d’une manière moins connotée et moins stigmatisante.

Il faut utiliser la richesse de la langue française : le mot « radicalisé » ne veut pas dire « djihadiste ». On pourrait utiliser ce terme dans différentes circonstances.

 

Jean Pruvost, lexicologue et professeur d’université, explique le sens du mot « Radicalisé »

franceinfo « porte-parole » des Gilets jaunes ?

Les messages au sujet des gilets jaunes sont toujours aussi nombreux. Cette semaine, les questions et remarques des auditeurs ont un point commun : « de l’huile sur le feu »… Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet, médiatrice, reçoit Erik Kervellec, directeur de la rédaction de franceinfo.

Franceinfo, relais d’opinion

Florence, une auditrice qui estime que Franceinfo, en tant que média très écouté, a un rôle fondamental à jouer pour véhiculer des messages favorables à la tempérance et au rejet de la violence. « J’ai malheureusement l’impression que vous mettez de l’huile sur le feu, à critiquer l’action du gouvernement, à mettre en avant des sondages qui donnent la majorité des Français favorables au mouvement des gilets jaunes. »
Le marqueur de franceinfo a été pendant très longtemps d’être une radio factuelle et le reproche adressé ici c’est que l’antenne serait devenue un relais d’opinion, une radio d’information orientée qui attiserait le désordre.

Franceinfo a toujours été un thermomètre de la société : il indique qu’il y a une surchauffe dans la société aujourd’hui. Notre vocation est de donner une photo d’un fait d’actualité majeur sans le déformer.

Trop de micros-trottoirs

Dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes, nous entendons beaucoup d’avis, de points de vue sur l’antenne. Marc, un auditeur déplore les micros-trottoirs. Il écrit : « vos journalistes interrogent sur les ronds-points n’importe quelle personne et donc mettent de l’huile sur le brasier ce qui n’est pas déontologiquement le rôle du journalisme. Arrêtons sur les chaînes publiques de brosser la colère ou l’hystérie dans le sens du poil ! Arrêtons de tendre le micro à n’importe qui. »

J’indique à cet auditeur que le micro-trottoir, est un mode de consommation médiatique et une pratique journalistique qui, au sein même des rédactions, a ses partisans et ses détracteurs.

Quel est l’intérêt journalistique du micro-trottoir ?

C’est un enchaînement d’avis très courts sur une question, il est sensé représenter l’opinion. Souvent ça ne marche pas, c’est une construction intellectuelle du journaliste qui jette sa propre vision des choses. C’est pour cela qu’à franceinfo on ne fait pas de micros-trottoirs. En revanche, on donne à entendre l’expression de certains avis de gens qui sont représentatifs d’une colère et d’un état d’esprit.

Est-ce que toutes les paroles se valent ? Olivier écrit « Comment peut-on passer sur une radio publique une interview d’un gilet jaune qui veut faire connaitre à Monsieur Macron le même sort que Louis XVI…. Il serait de bon ton en ces temps difficiles que Franceinfo prenne du recul et ne cherche pas elle aussi le scoop de caniveau. »

Erik Kervellec, comment une antenne d’information continue donne-t-elle la parole sans trahir son éthique et la déontologie propre à un média de service public ?

Dans ce conflit, on se retrouve dans une situation inédite : il n’y a pas de porte-parole. Pour autant, est-ce qu’on ne devrait pas donner la parole aux gens ? Non, on doit donner l’expression de cette colère qui existe et occupe l’actualité. Sur cette question là en particulier, si c’était à refaire nous ne le referions pas, ce sont des propos outranciers.

Le choix de l’info sur France Culture

France Culture « Radio Pro-Macron » ?

pour y répondre Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction au micro de la médiatrice des antennes

 

Sophie, une auditrice de Marseille. « Depuis un an mes oreilles sont trop régulièrement irritées par un certain son lorsque j’écoute quotidiennement vos journaux : 8 heures, 12h30,et  18h. Ce son qui irrite mes oreilles , à la longue, est le nom de l’actuel président de la république. Il ne se passe pas une journée et sans doute une édition parmi les journaux sans que le nom d’Emmanuel macron soit prononcé, ses paroles, ses prises de position sur tel ou tel sujet.

J’ai commencé à écouter France Culture sous le mandat de Nicolas Sarkozy puis sous celui de François Hollande. Je n’ai jamais autant entendu de relais des actions et paroles présidentielles sur vos antennes pour l’un comme pour l’autre. Il m’est alors très difficile de croire que votre maison ne subisse aucune pression de l’Elysées en ce sens. On connait le gout de l’actuel président pour le contrôle de la communication »

Je peux vous assurer que nous ne subissons, à la rédaction de France Culture, aucune pression de l’Elysée ou de quiconque.
Il y a une loi sur les temps de parole politique, le CSA s’attache à vérifier que nous respectons bien ces règles : Emmanuel Macron et ses 35 ministres et secrétaires d’Etat doivent bénéficier  d’1/3 du temps de parole politique sur les antennes. C’est à dire que sur 1 heure de parole politique sur France Culture comme sur toutes les antennes de l’Audiovisuel, 20 minutes sont consacrées au Gouvernement, 40 minutes pour tous les autres partis politiques. (66 % du temps de parole, 33 % pour l’Exécutif). Cette règle garantit le pluralisme politique qui est une des bases de notre Démocratie.

 

Le pluralisme sur France Culture

Jean-Louis : Sur l’Europe et les prochaines élections vous donnez la parole à LREM et au Rassemblement National (RN) comme s’il n’y avait aucune alternative autre que celles représentées par ces deux clans, toutes les deux mortifères pour les peuples européens. Je n’imagine pas que vous soyez aussi simpliste, je pense que vous êtes en service commandé pour une fois de plus installer en face du pouvoir en place l’extrême droite en espérant sauver le soldat Macron. Vous ne faites  pas votre travail d’information, en installant le RN comme seule alternative.

Nous ne sommes pas en « service commandé » mais en revanche, chaque vendredi dans le journal de 12h30, nous avons installé une case « Europe » avec un invité européen. Nous avons effectivement invité Nicolas Bay. Sur dix rendez-vous depuis la rentrée de la grille en août dernier, c’est le seul membre du RN que nous avons reçu. Je suis très inquiet de tous ces reproches, de cette violence contre les journalistes. Jean-Luc Mélenchon, notamment a appelé à « pourrir » les journalistes, et c’est un coup de couteau très sévère porté à la liberté de la presse. Ce n’est pas normal que des reporteurs se fassent agresser. C’est très grave, c’est insupportable que mon collègue de BFM TV se fasse lyncher par des Gilets Jaunes. Nous sommes là pour informer. Un journaliste digne de ce nom n’est ami avec personne, on ne milite pour personne. On informe, nous sommes libres….

 

 

Quelle est la ligne éditoriale de l’information sur France Culture ?

Message d’un autre auditeur : 100% d’internationale aujourd’hui au journal de midi. Vous avez des consignes de Jupiter »

Donc nous avons vérifié il s’agit du journal du 25 novembre, lendemain de la journée d’actions des gilets jaunes avec notamment les scènes de violence sur les Champs-Elysées et vérification faite, en effet des informations exclusivement internationale dans cette édition… Comment expliquez-vous ce choix ?

Je le répète nous n’avons de consigne de personne. On peut faire des erreurs d’appréciation. Ce 25 novembre est le jour où la crise commence entre la Russie et l’Ukraine. Quant aux Gilets Jaunes, un reporteur était sur place, en donnant la parole à tout le monde.

 

 

 

Gilets jaunes : Neutralité ou partialité des journalistes sur franceinfo ?

Le traitement des sujets d’actualité sur franceinfo pour y répondre Vincent Giret, directeur de franceinfo, au micro d’Emmanuelle Daviet, Médiatrice des antennes de Radio France

 

Neutralité et partialité des journalistes ?

Les messages reçus cette semaine sont encore une fois très largement consacrés aux Gilets jaunes.
Jacques écrit: « La surexposition par franceinfo du sujet « Gilets jaunes » crée une énorme caisse de résonance pour ces personnes et les survalorise de sorte qu’au lieu de transmettre de l’information, vos journalistes créent l’information. L’amplification donnée à tel ou tel événement fait de vous des acteurs, voire des manipulateurs. Où est votre soi disant neutralité? »

C’est très important de dialoguer avec nos auditeurs. Nous devons leur expliquer les choses. Cette impartialité que réclame cet auditeur, nous la défendons et la pratiquons au quotidien. Nous avons une éthique, une charte de déontologie, une pratique journaliste qui font que franceinfo n’est pas une radio partisane. Nous faisons du débat contradictoire et du factuel qui permet d’éclairer par exemple sur la fiscalité et sur bien d’autres sujets.

Valoriser certains angles de l’actualité ?

Dominique, fidèle auditeur de franceinfo s’interroge: « J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi vous ne faites que la promotion des gilets jaunes. Vous feriez bien d’avoir une vraie analyse sur leurs revendications. Vous feriez bien aussi de mettre en évidence tous les dégâts causés par ce mouvement : casses massives / mise en péril de l’activité économique de nos territoires pour les commerçants et les PME ».

Nous avons le sentiment de le faire, c’est pour cela qu’il est important d’avoir le retour des auditeurs.
Un responsable de la police expliquait récemment sur franceinfo, quels ont été les dégâts, quels étaient les dispositifs de sécurité mis en place.

Parti pris, sensationnel …..retour sur le traitement journalistique

Sur un plan journalistique : est-il  plus facile d’interviewer ceux qui crient et moins intéressant de donner la parole à ceux qui subissent en silence ?

Bernard, lui, est plus nuancé et observe qu’avant-hier, jeudi donc, la parole a été donnée à des personnes non gilets jaunes et qu’il y a eu des infos sur les radars détruits. Il estime que « prolonger dans ce sens une information plus équilibrée honorerait une radio publique qui devrait être à l’écoute de tous ces citoyens et non être trop souvent le « tam-tam » de ceux qui défendent leurs intérêts particuliers. Si la fonction de journaliste est respectable et utile, elle ne peut rester aussi marquée qu’elle l’est actuellement. »

Je reprendrai la totalité des propos de cet auditeurs, nous ne sommes pas là pour faire du « tam-tam »; nous sommes là pour faire du factuel, de l’info contradictoire. Nous sommes là pour donner des éléments de compréhension. Quand une actualité comme celle des « Gilets jaunes » « feuilletonne » (jargon de journaliste), mouvement non achevé, qui essaie de s’organiser, et d’obtenir des moments de rencontres avec les politiques etc…cette actualité n’est pas finie.

Quand on fait du reportage, comme c’est le cas à franceinfo avec son grand service reportage, ça nous permet d’aller voir tout le monde, tous les protagonistes (le content et les mécontents). Nous prenons notre mission très au sérieux, ne pas faire de « tam-tam », et d’être vigilant pour faire s’exprimer tous les points de vue dans cette actualité.

Cette analyse est partagée par d’autres auditeurs, que leur répondez-vous ?…

« Je suis saturée: vous hystérisez tellement cette actualité  que vous empêchez à ses acteurs d’évoluer vers le dialogue et d’aller de l’avant et sans vous en rendre compte vous nous amenez doucement vers une gouvernance d’extrême droite où là il n’y aura plus de liberté d’expression. »

La critique des médias est fondamentale, c’est bien de les critiquer, mais je ne partage pas son point de vue. Il y a une responsabilité particulière dans l’information, une exigence. Nous avons une responsabilité dans l’organisation du débat public, qui est également celle des politiques.

 

 

Eric Zemmour dans Répliques d’Alain Finkielkraut : le choix des invités sur France Culture

Les auditeurs souhaitent comprendre ce choix éditorial, pour leur répondre, Vincent Lemerre est au micro de la médiatrice des antennes, Emmanuelle Daviet.


Les auditeurs ont été nombreux à réagir à l’émission de Alain Finkielkraut avec Eric Zemmour du 17 novembre dernier

De Gaulle, Pétain, la France : La mémoire fait-elle bon ménage avec l’histoire ? Le Gaullisme et le pétainisme sont-ils pour le salut même de la nation, définitivement irréconciliables ?

Pourquoi avoir invité Eric Zemmour ?

Benoit écrit : « Ce dernier développe des avis approximatifs et dénonciateurs sur un sujet hautement sensible ciblant des auteurs en particulier, toutes ses déductions sont à la limite de l’abjection » complète Nadine
« Quel effroi d’approximations et de bêtises sur la base de comparassions historiques plus que douteuse » constate Gérard
« J’ai vu qu’Éric Zemmour avait été invité dans l’émission « Répliques » et je lis à présent cet article que vous publiez vous-même pour corriger les énormités qu’il profère ».

Article sur le site intitulé : « Trois contre-vérités d’Éric Zemmour sur Pétain et Vichy, la réplique des historiens »
Jacques s’interroge :  « Mais pourquoi l’avoir invité alors ? »

Certaines émissions sont proposées par des personnalités qu’on peut qualifier « d’intellectuelles » : Alain Finkielkraut, Jean-Noël Jeanneney, ou encore Patrick Boucheron. Ces personnalités ont leur univers, leurs obsessions c’est pour cela qu’elles sont sur l’antenne et jouissent d’une grande liberté éditoriale.
Alain Finkielkraut aime s’emparer de sujets « urticants » et c’est lui qui a fait le choix de son invité en informant la direction de la chaîne. Cela a fait débat. On ne peut pas nous accuser d’avoir voulu faire le « buzz ». Eric Zemmour n’est pas un habitué de nos studios.
Pourquoi l’avoir invité alors ? Son livre paru en septembre est une relecture personnelle de l’Histoire de France, par quelqu’un qui ne prétend pas être historien. C’est une vision politique qui s’inspire de l’Histoire. L’un des chapitres les plus problématiques de cet essai concerne le Régime de Vichy et la personnalité de Pétain. … Et la direction a considéré qu’il y avait un sujet : faut-il rouvrir le dossier Pétain. L’émission « Répliques » pouvait s’emparer du sujet et Eric Zemmour est la personnalité qui, dans le débat public français, milite pour cela.
Le débat a été équilibré avec face à Eric Zemmour, Paul Thibaud. De plus l’émission a été réalisée en direct…

 

…Pour ensuite lui apporter un contradicteur

Au delà de cet article publié sur votre site et très largement relayé sur les réseaux sociaux, vous avez fait le choix d’inviter dans votre matinale mardi l’historien Laurent Joly et cela fait réagir Christophe

« Quelle surprise quand j’ai appris que France Culture modifiait ses programmes afin de donner la parole à un historien afin de critiquer, en son absence, Eric Zemmour et les thèses qu’il défend. Il me semble que c’était une première, et elle est fort regrettable. Qu’est-ce qui justifiait une telle décision ? La peur ? Les propos de M. Zemmour  ?
Je trouve très dommage et particulièrement inquiétant qu’une radio telle que France culture se croit obligé de « corriger » les propos d’un invité. Les radios libres en France, et particulièrement une radio dite culturelle, ne devrait pas tomber dans ce piège, car s’en est un. »

Nous n’avons pas modifié nos programmes. Des historiens ce sont en effet manifestés sur les réseaux sociaux pour pointer les erreurs historiques d’Eric Zemmour. Il nous a semblé tout à fait légitime de donner la parole à un historien dont les travaux sur la période de Vichy sont reconnus, afin de corriger les erreurs de Zemmour du point de vue de l’historien.

 

 

 

Disparition de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture

Pourquoi avoir supprimé la diffusion des cours de l’université populaire de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture ?

France Culture n’a pas été sollicitée par Michel Onfray sur de nouveaux projets en cours.
Pourquoi continuer à transmettre ses cours ? Chaque été l’équipe propose une grille pluraliste, variée. Pendant 15 ans, Michel Onfray a mené un grand projet sur l’antenne de France Culture, « La Contre Histoire de la philosophie ». Depuis deux ans, ce que propose Michel Onfray, ne correspond plus à la grille de la chaîne.

 

Sandrine Treiner a adressé, il y a quelques semaines, une réponse aux auditeurs en leur expliquant que « les cours et les questions du public retransmis depuis deux ans sur l’antenne de France Culture ne correspondent plus à ce que nous voulons proposer à nos auditeurs ».

Béatrice, une auditrice, se dit « très choquée » par cette réponse et se demande si vous êtes à ce point indifférente à leur demande et s’interroge en écrivant : « mais si justement ces cours correspondent toujours aux souhaits et aux besoins des auditeurs ??? »  Que répondez-vous à Béatrice rejointe dans cette interrogation par un ensemble d’auditeurs ?

Depuis des années, la direction a reçu beaucoup plus de messages opposés à cette diffusion que l’inverse concernant la diffusion des cours de Michel Onfray. Tant que le projet était original et valide nous l’avons soutenu.

France Culture a-t-elle subi des pressions ?

Franck écrit : « Cet événement semble être l’aboutissement de la réorientation générale de votre antenne depuis de nombreux mois marquant la sévère reprise en main politique de votre rédaction. »
Une analyse partagée par de nombreux auditeurs comme Cyril par exemple qui indique : « Nous sommes très nombreux à évaluer l’hypothèse que vous n’ayez pas pu prendre cette décision sans avoir subi une pression, qu’elle soit idéologique, professionnelle ou politique ».

Aucune pression politique. La direction de France Culture assume totalement cette décision. Je comprends le désarroi des auditeurs.

Des auditeurs s’inquiètent de ne plus pouvoir écouter, ni télécharger les émissions de l’Université Populaire et souhaitent savoir si cette décision « émane du philosophe responsable de l’Université » ou de vous-même, « Sandrine Treiner ou des deux parties » et demande si ces podcasts seront de nouveau disponibles ?

Les cours de Michel Onfray était le seul programme qui n’était pas diffusé en podcast pour des raisons économiques qui n’appartiennent pas à la chaîne mais à son auteur. Nous n’avions et n’avons toujours pas la main sur ses podcasts ; leur diffusion est autorisée durant 15 jours.

 

À la suite de la question des auditeurs sur l’indisponibilité des podcasts de Michel Onfray sur franceculture.fr, podcasts sur lesquels la chaîne n’a pas les droits de diffusion, nous publions un complément d’information de la part de Patrick Frémeaux, éditeur sonore de Michel Onfray :

– La Contre-Histoire de la Philosophie n’a jamais été une émission enregistrée dans les studios de France Culture mais une retransmission par la radio de cours-conférences du philosophe captés depuis l’Université Populaire de Caen en public.

– La Contre-Histoire représente 13 années d’émissions et l’édition de 26 coffrets de 12 à 13 CD disponibles chez Frémeaux & Associés.

Les dessous de l’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon

Beaucoup de réactions d’auditeurs à la suite de la diffusion de l’enquête de la cellule investigation de Radio France, sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Pour en parler, Sylvain Tronchet qui a mené cette enquête


Ils  s’interrogent tout d’abord sur le calendrier
 :
perquisition au siège de la France Insoumise et publication de l’enquête la même semaine

On travaille depuis longtemps sur ce dossier. On avait déjà sorti une première enquête en février alors qu’il n’y avait pas de procédure judiciaire à l’époque.
Nos enquêtes sont prévues plusieurs semaines à l’avance, et elles sortent toujours un vendredi. Les auditeurs de France Culture le savent puisqu’on intervient tous les vendredis dans le journal de 18h00.
Le magazine Telerama annonçait l’émission de France Inter Secrets d’info consacrée à Sophia Chikirou la semaine dernière. Or Télérama est bouclé une semaine à l’avance, et j’avais été interviewé par leur journaliste plus de 10 jours avant les perquisitions. Je ne peux pas dire mieux que ça.

Radio France Radio d’Etat
La Radio Publique serait au service du  gouvernement en place. Vous seriez aux ordres et cette enquête serait en quelque sorte une commande.

Rappel d’une chose, qui est facilement vérifiable : quand nous avons sorti avec Elodie Gueguen l’affaire des assistants parlementaires du Modem en juin 2017. Une affaire qui est à l’origine du départ de trois ministres du gouvernement d’Edouard Philippe. A l’époque nous avions reçu un coup de fil de François Bayrou, Garde des Sceaux, qui ressemblait à une tentative de pression. Nous avions quand même sorti cette enquête. C’était il y a un an. A l’époque ceux qui nous accusaient notamment de harcèlement n’étaient pas dans le même camp que ceux qui nous accusent de harcèlement aujourd’hui.
En matière politique, nous travaillons sur tout le monde. Le pouvoir, comme l’opposition qui a vocation à gouverner. Et le financement politique est un de nos sujets. Parce que c’est un domaine où la France est loin d’être exemplaire.

 Des auditeurs s’étonnent que les journalistes n’effectuent aucun travail d’enquête sur la campagne d’Emmanuel Macron. 
« Avez-vous investigué avec autant de sérieux les comptes de campagne de Macron ? » ou encore « Où est la cellule d’enquête sur la Macronie ? »

Alors là aussi, il faut être factuel. On a enquêté sur la campagne d’Emmanuel Macron. J’ai notamment beaucoup entendu dire, où est votre enquête sur les ristournes dont a bénéficié Emmanuel Macron pendant sa campagne ? Je rappelle quand même que si on peut parler de ces ristournes, c’est grâce au travail de trois médias / Mediapart, Le Monde et nous. Nous avons sorti avec Elodie Gueguen une grande enquête sur les comptes d’Emmanuel Macron en juin. Où nous révélions l’existence de ristournes potentiellement illégales. Mais aussi les défaillances dans le contrôle exercé par la commission des comptes de campagne.
Il y a un mois, j’ai réalisé une enquête sur un autre aspect de la campagne d’Emmanuel Macron. Sur la façon dont son cabinet a piloté à distance un mouvement qui se disait spontané qui s’appelle les Jeunes Avec Macron, et qui en fait n’était pas très spontané. Et pas aussi massif et jeune qu’il voulait bien le dire.
On a fait ces derniers mois des enquêtes sur le pouvoir des lobbys vis à vis du gouvernement actuel, une enquête sur Macron et les chasseurs, Macron et les catholiques. Et dans le même temps on a fait deux enquêtes sur Jean Luc Mélenchon et son entourage. Tout ce que je dis, on peut le retrouver sur le site de France Culture.

Dans votre enquête Sylvain Tronchet  nous n’entendons pas Sophia Chikirou s’exprimer. Pour quelles raisons ?

Parce qu’elle a refusé toutes nos demandes d’interview. Et il y en a eu plusieurs. Comme en février. Nous lui avons pourtant envoyé une très longue liste de questions, précises, chiffrées. Pourquoi on fait ça ? C’est pour qu’elle sache exactement sur quoi va porter notre enquête. Qu’elle puisse répondre par la voie de son choix. Qu’on puisse éventuellement lui renvoyer des demandes de précisions. ça doit se faire sereinement, sur la base d’éléments factuels, argumentés… Je tiens à préciser qu’on le fait pour des raisons déontologiques, mais aussi légales… Parce que la loi nous impose de laisser la place au contradictoire.

Les chiffres des services facturés par la société Médiascop. 
« Votre propos aurait gagné en qualité si vous aviez donné  des chiffres comparatifs , pourquoi ne pas l’avoir fait ? La démonstration n’en aurait été que plus pertinente. »

La campagne de Jean-Luc Mélenchon n’est comparable à aucune autre. Car il fait employer une bonne partie de son staff par des structures extérieures dirigées par des proches. On ne le retrouve nulle part ailleurs. L’association de campagne de Marine Le Pen par exemple. Elle a payé 2 millions 400 mille euros de salaires sur la campagne. Emmanuel Macron 550 000. Pendant ce temps là, l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon elle a payé 7000 euros de salaires pour toute la campagne… Alors vous vous dîtes Jean-Luc Mélenchon a été très économe. Pas forcément parce que dans le même temps il payait une partie de son staff en honoraires d’auto entrepreneurs, et ça c’est noyé ailleurs dans les comptes et surtout, il faisait employer une autre partie de son équipe par des structures extérieures, dont la société Mediascop… Qui refacturait, avec une marge les salaires en question.

 

Facture Mediascop campagne …

Jean-François Achilli et Les Informés de franceinfo

Les Informés de franceinfo c’est à 20 h chaque soir à la radio et sur le canal 27 de la TNT. Le principe ? Aborder différents débats d’actualité sur lesquels quatre invités développent leurs points de vue. Chaque semaine, les auditeurs sont nombreux à nous écrire pour commenter cette émission. La médiatrice reçoit Jean-François Achilli pour répondre aux auditeurs.

Quelle finalité ?

C’est la cinquième saison des Informés cette année. Une émission de débat qui a été portée très haut par Jean-Mathieu Pernin. Il y a chaque jour deux partenaires qui appartiennent au monde des médias, accompagnés par des experts et nous décortiquons ensemble l’actualité.

Les thèmes abordés

Le thème de vos émissions s’impose facilement ?

Très facilement. On a même chaque jour un trop plein de sujets à traiter.

Le choix des sujets se fait de manière collégiale ou bien vous décidez seul ?

C’est moi qui décide. Mais les Informés, c’est aussi une équipe : un rédacteur en chef, une journaliste, une bookeuse… J’ajuste les sujets à l’actu.

Les invités et l’information traitée

C’est une émission vivante, animée, qui présente le mérite d’aborder les sujets sensibles du jour. Cependant des griefs sont formulés sur la forme, Jean-Luc écrit : « les intervenants ont dégainé leurs sempiternelles : « A la fois », « En-même temps » pour bien souligner, snobisme exige, qu’ils font partie de l’entre soi de l’élite» Nouveau Monde «-»progressiste » !  Puis, sur le fond, on a eu droit au discours moralisateur des « sachants » qui nous expliquent, à nous petits Français, comment nous devons penser (car à les entendre, on pense mal !). »

On ne peut pas plaire à tout le monde. De ce que j’entends sur le plateau, il y a des débats, des avis tranchés, il y a sans doute des « sachants » mais il y a surtout des experts qui donnent un avis qui me semble utile et intéressant. Si un auditeur n’y trouve pas son compte, c’est le libre arbitre et c’est tant mieux.

 

Michel, un autre auditeur est sévère « Je suis navré que franceinfo radio participe au bruit de fond permanent sans recul portant sur les informations du moment. Apres l’affaire Benalla, maintenant le remaniement depuis plusieurs jours: chaque intervenant donne son avis à l’emporte-pièce. Ils se contredisent d’un jour à l’autre. On a l’a parfois l’impression d’entendre une chaîne d’info continue où il faut meubler ! Chaque « spécialiste » donne son avis ..! ça n’apporte pas grand-chose à la compréhension des sujets abordés je trouve ça dommage pour une radio qui est plutôt de qualité en général. »  Jugement sévère non ?

Je ne suis pas d’accord du tout. Si vous ne traitez pas l’affaire Benalla ou le remaniement au moment où ça se produit, je peux vous garantir que celles et ceux qui consomment les chaînes d’informations iront ailleurs.

De ce que j’entends des intervenants sur le plateau, les témoignages sont plutôt nouveaux et inédits. Et puis il y a des jours où l’on est moins bons que d’autres, ça s’appelle l’information en continu et il faut en être fier !

 

Laurent écrit : « Je ne regarde plus les informés, pas à cause de l’animateur qui est au top mais à cause d’un invité que je ne supporte plus François d’Orcival. Quand on voit ce qu’il se passe sur la planète un peu partout du point de vue du climat ce type se permet de sourire, de contester le Giec et de nous parler de technologie pour contrer le dérèglement climatique. »

Veillez-vous scrupuleusement à respecter le pluralisme lorsque vous composez vos plateaux ?

François d’Orcival, éditorialiste à Valeurs Actuelles, c’est tous les lundis. Et je suis fier d’inviter cet hebdomadaire dans les Informés de franceinfo. Pourquoi ? Il représente tout un pan de l’électorat français. Je comprends l’aversion de cet auditeur. Mais si nous n’invitons que des personnalités du même bord, ça ne sert à rien.

 

Lorsque vous composez vos plateaux, êtes-vous sensible au respect de la parité ? 

Je me fais fort d’avoir des plateaux à 50/50. Il faut féminiser à fond les plateaux, c’est un éclairage différent.

 

Retrouvez les Informés de franceinfo, tous les jours de 20h à 21h diffusée simultanément sur l’antenne radio et à la télévision sur le canal 27 de la TNT.

 

 

Ma Radio Demain : La consultation citoyenne de la radio

Emmanuelle Daviet reçoit Emmanuelle HENRY , Directrice des Etudes et de la Prospective, pour présenter la grande consultation lancée auprès de vous, auditeurs, « maradiodemain »

Cette  consultation citoyenne qui permet pour les acteurs de l’audiovisuel public d’engager  une conversation avec les Français sur leurs attentes , leur vision du média radio mais avant j’ai une question Emmanuelle Henry :

Pensez-vous que Sandrine Treiner la directrice de France culture s’enthousiasmerait de la perspective d’un trajet en train avec des auditeurs de sa station ?
Le questionnaire commence ainsi pour  cette antenne :
« Lors d’un trajet en train, vous êtes assis) à côté de la directrice de France Culture. Vous avez du temps pour lui dire en toute franchise ce qu’elle devrait mettre en place pour que vous écoutiez davantage ses programmes : quels nouveaux thèmes, nouvelles émissions, nouvelles manières d’écouter la radio…  »

Quel est l’objectif de cette consultation ?
Pourquoi avez-vous jugez nécessaire d’interroger les Français ?

Tous les médias se doivent d’être à l’écoute de leur public. Radio France le fait aussi, depuis des années, à travers des études, mais aussi par l’intermédiaire de la médiatrice.
Ce que nous avons voulu faire, c’est de donner la parole à tous ceux qui souhaitent se prononcer, pour recueillir les avis du plus grand nombre.

Comment doivent procéder les personnes qui souhaitent y participer ?

Il suffit de se connecter sur « maradiodemain.fr » et de se laisser guider… Concrètement après quelques questions générales rapides, on peut choisir de s’exprimer sur la radio ou sur la télé (on peut faire les deux !). Dans la partie sur la radio, plusieurs petits questionnaires sont proposés, et chaque internaute choisit celui auxquels ils souhaite répondre, c’est un parcours à la carte. Chaque petit questionnaire est composé d’une question dite ouverte, libre, et de questions type QCM. Il faut compter 2-3 minutes par questionnaire. On peut arrêter quand on veut et revenir plus tard pour finir.

Il est important de préciser que le projet est centré sur les attentes et idées du public, et non sur la perception de l’existant.

Oui, l’objectif n’est pas ici de donner un avis sur les programmes actuels, mais de faire des propositions pour l’avenir, aussi bien au niveau des thèmes que des formats, des offres numériques.

Différentes thématiques sont abordées, vous pouvez nous en citer quelques-unes ?

Il y a des questionnaires par station, déjà (France Culture bien sûr, mais aussi France Inter, France Info, France Bleu, France Musique, Fip et Mouv).
Et nous avons choisi également une dizaine de thèmes : la culture, l’information, les offres pour les jeunes, les contenus éducatifs pour les enfants, les nouvelles façons d’écouter la radio, la musique, ou encore la proximité (la place de radio France partout en France, géographiquement proche de ses auditeurs)

Des auditeurs de radio France ont commencé à répondre à ces questionnaires : Combien ?

Ces chiffres évoluent en temps réel : plusieurs milliers d’auditeurs répondent chaque jour !

Ce chiffre témoigne d’un réel intérêt pour cette démarche. d’autres auditeurs en revanche s’y opposent et nous écrivent au sujet de cette consultation .
«  Radio France doit rester une radio de l’offre, n’en faites pas une radio de la demande ! C’est l’offre des programmes disponibles qui me permet d’apprendre et de nourrir ma curiosité : j’écoute des contenus a propos de sujets qu’il ne me serait pas venus à l’idée d’aborder. ».
Que leur répondez-vous ?

Je comprends leur crainte ! la force des antennes de Radio France est qu’elles proposent des programmes que l’on ne trouve pas ailleurs. L’idée n’est absolument pas de changer ça. Mais d’écouter nos auditeurs, de comprendre ce qu’ils aimeraient que nous fassions. On ne peut pas être déconnecté du public. On ne lui demande pas pour autant de fabriquer les grilles de programmes, mais de nous faire part de leurs envies. Ces enseignements nourriront la réflexion des différentes stations et permettront d’être encore plus créatif, de proposer des contenus encore plus de qualité, et répondant encore mieux à ce que les auditeurs rêveraient de trouver sur ces radios.

Une fois que toutes les données seront traitées, analysées, comment allez-vous vous les approprier ?

C’est un travail qui sera réalisé avec l’Institut Ipsos. Nous avons besoin de quelques semaines pour tout analyser.  Nous allons notamment regarder les idées qui reviennent souvent, celles qui sont plus originales, celles qui viennent d’auditeurs assidus ou occasionnels… Il y a beaucoup de facteurs à « croiser ».
Les enseignements seront ensuite partagés avec les équipes des antennes, qui se les approprieront, chacun suivant leur ligne éditoriale.

Y aura -t-il des concrétisations réelles des souhaits des auditeurs sur les antennes ?

Il y aura des impacts sur les antennes, parce que cette consultation donnera des idées aux équipes.

Cela peut être sous différentes formes : des émissions créées complètement suivant des idées issues de la plateforme, une mise en avant plus importante de certains types de sujets de nouveaux formats de nouveaux services… Après traitement et analyse, des échanges seront organisés avec les différentes équipes concernées, chez France Télévisions et chez Radio France, afin qu’elles s’en approprient les enseignements.