Paradise Papers/ ICIJ

L’affaire des Paradise Papers et les réactions des auditeurs

PARADISE PAPERS

L’équipe de Secrets d’info répond aux questions des auditeurs.

 

L’affaire des Paradise Papers a valu au Médiateur un très grand nombre de réactions. Beaucoup d’auditeurs félicitent l’équipe de Secrets d’info pour ces révélations autour des paradis fiscaux et des méthodes – souvent légales – pour payer le moins d’impôts possibles. Pourtant, comme le dit Jeanne, « ces entreprises ou ces milliardaires peu citoyens sont heureux de bénéficier des routes, des hôpitaux, des chercheurs, des policiers et des pompiers ».

 » Bravo pour tout ce travail, mais qu’est-ce que cela va changer ? », c’est la question qui revient le plus souvent.

« Ces révélations ont déjà servi à quelque chose. Quelques exemples : une enquête du fisc lituanien, la justice indonésienne a elle aussi lancé une enquête sur les enfants de l’ancien dictateur Suharto, 4 personnes ont été incarcérées en Argentine, la Commission Européenne va lancer une enquête sur l’île de Man, les Pays Bas aussi… Le Parquet financier français a lancé une investigation qui a débouché sur 25 cibles et une personne a été jugée et condamnée…. Ce sont des petits pas, mais il y a des choses tangibles dans le monde qui se sont déjà passées ».

Pour Cédric, « tous les Présidents de la République ont annoncé la fin des paradis fiscaux. Or, ils existent toujours ».

 » Effectivement, mais on peut citer quelques avancées : l’Union Européenne va publier d’ici quelques jours, une liste noire, une nouvelle directive sur le contrôle des intermédiaires (notamment les cabinets d’avocats d’affaires qui seront obligés de déclarer les montages qu’ils proposent à leurs clients)… »

Beaucoup d’optimisations fiscales sont légales, bien qu’elles s’apparentent à de la dissimulation. « Savez-vous si les services fiscaux vont faire avancer les choses ? »

« Rien ne pourra changer si tout cela est légal. Il faut d’abord changer la loi… »

 

« Pourquoi n’avoir pas braqué les projecteurs sur ces cabinets d’avocats spécialisés qui vendent ce genre d’arrangements ?
Pensez-vous vraiment qu’un sportif comme Lewis Hamilton soit au courant de toutes les opérations qui touchent sa fortune ? ».

« Ces fuites sont parties d’un cabinet d’avocats Appleby. Les avocats d’Hamilton l’ont évidemment conseillé conseiller, mais c’est tout de même quelqu’un qui cherche à échapper à l’impôt. »

« Quel intérêt, demande Hélène, ont ces états « paradis fiscaux » ? Ils ne perçoivent pas d’impôts ni de TVA. Les sociétés qui s’y domicilient n’ont pas d’activités réelles. Donc n’offrent pas d’emplois aux habitants ».

« Lewis Hamilton,  par exemple, paie un cabinet d’avocats qui recrutent donc des gens… Il y a tout un business autour de ça et cela génère des revenus pour ces petits territoires. »

« Pourquoi a-t-il fallu une collaboration mondiale de médias et de journalistes pour sortir de telles révélations ? »

« Cette évasion fiscale se fait à l’échelle mondiale, donc nécessite une enquête mondiale. Le nombre de documents à étudier était considérable (13,5 millions de documents à traiter). Et puis, c’est aussi une forme de « protection »: les multinationales ont des moyens énormes. Par conséquent, il est plus difficile pour elles d’attaquer 96 médias qu’un seul. C’est ce qui fait la force de cette enquête. »

Les autres enquêtes du mois de novembre

Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre
Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre

l’affaire des cadres de l’UMP qui ont reçu en 2007 des primes versées en liquide à partir de soi-disant « dons anonymes ». Bertrand, par exemple, se demande « pourquoi les enquêteurs mettent-ils autant de temps à avancer ? Nous sommes 10 ans après les faits et les révélations arrivent au compte-goutte, grâce à la presse ». Et Sylvie ajoute : « Une affaire qui sera certainement enterrée ». Peut-on le craindre ? (réponse d’Elodie Gueguen)

« Il ne s’agit pas d’enquête de police classique. Le délit financier est dissimulé. L’enquête démarre souvent des années après les faits; elle commence par hasard après une perquisition d’entreprise par exemple. L’enquête qui concerne des cadres de l’UMP a commencé en 2012, entre les deux tours de la Présidentielle, après la publication d’une enquête de Médiapart … A ce stade de l’enquête, plusieurs personnes de l’entourage de Nicolas Sarkozy sont mises en examen, dont Claude Guéant, son plus proche collaborateur ».

 

Sait-on si oui ou non l’argent de Kadhafi a servi à financer la campagne présidentielle de 2007  (pour répondre Benoît Colombat)

« Évidemment, beaucoup d’auditeurs rapprochent ces « dons anonymes » à l’hypothèse souvent évoquée d’argent liquide libyen accordé par Kadhafi. Des témoignages de proches de Kadhafi vont dans ce sens. Il y a des documents écrits de Choukri Ghanem, ministre du pétrole libyen, qui consigne dans ses carnets ces versements… »

 

Interview exclusive  accordée Éliane Houlette, la procureure du Parquet national financier.
On reste dans les questions de dissimulation fiscale. Éliane Houlette a justifié sa décision d’infliger à une filiale de la banque HSBC une amende de 300 millions d’euros, et cela en échange d’une absence de procès pour « blanchiment de fraude fiscale ». Plusieurs auditeurs aimeraient savoir si, en définitive, « ce n’est pas une bonne affaire pour le fraudeur, en l’occurrence la banque, puisque l’amende est inférieure à la fraude ».

 

Une enquête a passionné les auditeurs, celle concernant le nombre incroyable de maladies qui touchent les riverains de la zone industrielle de Fos-sur-Mer.

Dans l'air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette
Dans l’air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette


Les riverains de ces usines hyper polluantes n’ont pas trop envie de dénoncer des industries qui fournissent de l’emploi. Mais Michelle demande « pourquoi des permis de construire sont finalement accordés à des logements dans une zone que l’on sait à risques pour la population ? »

« Aujourd’hui, aucune corrélation n’a été validée par les autorités entre un phénomène de pollution et  un phénomène d’explosion de maladies… Pour l’instant, seule une étude  publiée en début d’année par une association scientifique montre qu’il y a un taux de maladies graves bien supérieur à la moyenne… Mais les outils officiels n’existent pas … »

 

 

soft power, numérique, culture, france culture

Soft Power : peut-on parler de culture pour le numérique ?

Parler des tendances, de l’évolution du monde et de la société, du numérique, c’est ce que propose tous les dimanches l’émission Soft Power. Mais est-ce de la culture ? N’est-ce pas parfois trop spécialisé ? Son producteur, Frédéric Martel, répond aux remarques des auditeurs.

 

 Soft Power a-t-il sa place sur France Culture ?

« France Culture, c’est la radio de toutes les cultures. Le concept de culture d’une part et marché (économique) de l’autre ne fonctionne plus aujourd’hui. Qu’est-ce qui est culture ou non ? C’est un peu un faux débat. Ce qui est important, c’est de défendre des points de vue et d’écouter toutes les formes de culture. »

Le 26 novembre, Frédéric Martel parle du Black Friday, trop commercial et sans recul ?

« Ce n’est pas exact puisque nous n’y avons consacré que l’ouverture de l’émission. Le Black Friday a un lien avec le numérique puisque c’est Amazon qui l’a implanté en France. L’émission était composée de quatre chroniqueurs et invités, dont trois ont été critique envers cet événement. Ils ont dénoncé des promotions abusives et des abus de position dominante, ce n’était donc pas sans recul. Maintenant, je rejoins l’auditrice, il faut être attentif aux consommateurs et à leurs droits. C’est une émission qui dénonce régulièrement les arnaques faites aux consommateurs, notamment concernant la téléphonie mobile. »

Ebdo, Le Média, AOC, Monkey : où vont tous ces nouveaux médias ?

Une culture d’élite ?

« Oui et non. Le numérique, c’est à la fois la culture des élites et en même temps, la culture grand public est également présente. Je ne défends pas le mélange des genres, mais je défends l’idée qu’il faut traiter sérieusement les cultures populaires. C’est l’axe principal de Soft Power. »

Anglicismes, expressions techniques …

« L’enjeu de ce type d’émission, c’est d’expliquer et de traduire les mots anglais des chroniqueurs ou invités comme « storytelling » ou « branding ». En même temps, je ne suis pas non plus pour que tous les mots soient francisés quand l’équivalent n’existe pas précisément. Par exemple, la plupart des gens ne comprendraient pas que l’on dise « ordiphone » au lieu de « smartphone ».  Alain Rey, le patron des dictionnaires Robert, dit qu’il faut s’adapter à l’usage. C’est l’usage qui prime. La langue française est une langue qui accueille les langues étrangères. Donc traduisons, expliquons constamment les mots que nous employons.

Ce n’est pas tout France Culture, mais simplement 1h30 par semaine qui s’intéresse à ces cultures là. »

Soft Power, tous les dimanches à 19h sur France Culture

manifestation, comptage, franceinfo,

Comptage des manifestants : fin des chiffres fantaisistes ?

Selon la police, 8 000 manifestants lors du dernier défilé contre les réformes « Macron ». 40 000, selon la CGT, cinq fois plus. Même écart lors du rassemblement Fillon au Trocadéro en mars dernier. 200 000 participants selon François Fillon ; pourtant, l’endroit ne peut accueillir que 40 000 personnes. Que faire pour approcher la vérité des chiffres que réclament les auditeurs ? Réponse avec Erik Kervellec, directeur de la rédaction de franceinfo.

 

Une nouvelle alternative ?

Les chiffres transmis par les organisateurs de manifestations sont de plus en plus fantaisistes et ne correspondent à aucune réalité. De nouvelles technologies tentent de répondre à ce problème :

« Oui ! Aujourd’hui, la presse frise le ridicule en affichant ces deux chiffres, ceux de la police et ceux des organisateurs des manifestations, ce qui entame notre crédibilité. Les représentants de la plupart des médias nationaux, dont Radio France, se sont réunis à l’initiative de Jean-Marc Four, directeur de rédaction de France Inter, avec une question simple :

Quelle alternative pour que les médias gardent leur crédibilité et proposent des chiffres justes aux auditeurs ?

« Nous avons décidé de faire appel à une société de comptage de foule. C’est un savoir faire déjà utilisé dans le monde de l’entreprise. Elle utilise un système de capteurs numériques dissimulés sur le passage d’une manifestation. Il s’agit pour nous d’avoir des chiffres justes afin de savoir si oui ou non il y a eu une mobilisation pour telle ou telle manifestation. »

Des auditeurs ont déjà réagi en mettant en doute l’honnêteté d’une société privée et le fait d’ « oublier » de compter les manifestants sur le trottoir.

Il faut évidemment s’assurer que ce nouveau « thermomètre » présente toutes les garanties de sérieux et d’indépendance.

« Il faut vérifier que la société ne soit pas instrumentalisée. C’est ce qui est en train d’être fait.
Concernant les manifestants sur les trottoirs, le problème est inverse, puisque le système compte toute les personnes, y compris les éventuels passants. Donc il y a une marge d’erreur que l’on tente de corriger par une sorte de pondération. »

On peut rapprocher cela de calculs ponctuels menés il y a déjà quelques temps par des médias, des universitaires et des spécialistes indépendants. Les chiffres des syndicats ou des politiques étaient apparus totalement faux. Cela va permettre aussi de crédibiliser un peu plus les médias sérieux et professionnels face aux fausses informations qui circulent de plus en plus. Quand allez-vous mettre en place ce nouveau mode de comptage ?

« Nous avons déjà testé ce système sur trois manifestations. 

Pour la dernière mobilisation : 8 000 personnes selon la police, 40 000 selon la CGT. Notre comptage par capteurs a relevé 8 250 manifestants.

La prise en compte systématique de ces chiffres devrait commencer dans quelques semaines. Nous devons être vraiment sûrs de notre système. »

Pour en savoir plus, à lire cet article : La fin des chiffres fantaisistes des manifestations

Va-t-on réussir à compter correctement les manifestants ? (France Inter)

ERIC DUPONT MORETTI /FRANCE INTER

Nicolas Demorand s’explique sur l’interview controversée de Me Dupond-Moretti

Des centaines de messages d’auditeurs reçus à la suite d’un invité… Il faut dire que l’invité n’était pas n’importe qui: Me Dupond-Moretti, avocat d’Abdelkader Merah.

Nicolas Demorand avait obtenu qu’il vienne dans son 7-9 dès le lendemain du verdict prononcé par la Cour d’Assises spéciale.
La très grande majorité des auditeurs qui ont écrit au Médiateur, n’ont pas compris l’acharnement du journaliste, contre Me Dupond-Moretti. Marie, par exemple, vous interroge : « Pourquoi êtes-vous tombé à ce point du côté du populisme, du voyeurisme, du lynchage médiatique ? Pourquoi une telle interview à charge contre Me Dupond-Moretti ? ».

Nicolas Demorand conteste chacun des mots de l’auditrice. Il est là pour faire entendre les souffrances des familles des victimes. C’est le travail du journaliste. Il rappelle que l’émission s’est déroulée dans les conditions du direct.

Pour rappel, la réponse de la directrice de France Inter aux auditeurs >>> réponse de Laurence Bloch

Un manque de distance dans cette interview de la part de Nicolas Demorand ?
Beaucoup d’auditeurs citent cette phrase sur le bébé assassiné par Merah  : « Enfin, vous avez défendu le frère d’un criminel qui a assassiné un tout petit enfant qui avait une tétine dans sa bouche… dans sa bouche ». En insistant, les auditeurs estiment que Nicolas Demorand a joué sur l’émotion et le voyeurisme. Perrine, par exemple,  écrit : « Je partage probablement les mêmes émotions que M. Demorand. Mais son rôle à lui est d’aider les auditeurs à enrichir leur réflexion. Pas à porter un jugement moral dépourvu de distance… ».

Le journaliste récuse le terme de populisme. Il n’a apporté aucun jugement moral, mais l’émotion des familles des victimes.

 

Pourquoi s’opposer au fait qu’un terroriste puisse être défendu ?
« Le droit à la défense est la base même de la démocratie », écrit Joëlle. Et Christian ajoute : « M. Demorand est l’un des rares journalistes qui fasse son métier avec compétence et honnêteté intellectuelle. Mais là, non… Tout accusé, quel qu’il soit, mérite un avocat qui le défende. C’est aux journalistes de le rappeler inlassablement. Il en va de la justice, cette justice qui nous éloigne de la vengeance et de la barbarie ».

Il ne conteste pas ce principe puisqu’il a reçu l’avocat.

 

Les réactions suscitées par un autre invité de la matinale de France Inter, Patrick Buisson
Homme de droite, très à droite, ses réponses ont énervé, notamment lorsqu’il vous dit : « En matière de terrorisme d’État, la Terreur, c’est nous qui l’avons inventée ». Et la question qui suit immanquablement, c’est : « Pourquoi invitez-vous ce genre de personnage ? ».

Nicolas Demorand a commencé son interview en contestant cette lecture de l’histoire. Y-aurait-il une liste d’invités à ne pas recevoir?, demande-t-il.

 

A propos du billet de 7h43 consacré à « L’hallucinante soirée anti-vaccins » durant laquelle d’anciens prestigieux médecins ont quelque peu « déraillé » à propos de la vaccination. Des auditeurs ont réagi, mais c’est justement le rôle des journalistes de rectifier les contre-vérités et les fausses informations…

Le Médiateur : « À propos des anti-vaccins et des contre-vérités, je voudrais aussi répondre aux nombreux auditeurs qui m’ont interpellé après les déclarations de la comédienne Audrey Dana dans l’émission de Nagui. Sans aucun argument, elle a affirmé que les vaccins étaient dangereux. Sa parole, évidemment, est libre ; mais il aurait fallu en effet corriger ses propos. »

Le 7h43, est un billet subjectif. Pour Nicolas Demorand, se faire vacciner, c’est protéger son prochain.

 

Dominique Seux, éditorialiste économique du 7-9 est également au micro du Médiateur
De nombreuses réactions ont suivi son édito consacré à la formation à l’informatique en France. Il y faisait l’éloge de l’Ecole 42, créée par Xavier Niel, et s’en prenait aux lourdeurs du système éducatif public qui, « n’a pas eu l’idée de lancer des formations en développement informatique ».

 Dans la précipitation de la matinale, Dominique Seux reconnaît s’être mal exprimé. Evidemment, l’université forme aussi de jeunes informaticiens.

 

Paradise Papers/ ICIJ

Les révélations des Paradise Papers sont-elles utiles ?

L’affaire des Paradise Papers, révélée notamment sur franceinfo grâce au service Enquêtes-Investigations de Radio France, suscite de nombreuses réactions d’auditeurs. Il y a les pour, il y a les contre. Jacques Monin, le directeur de ce service qui a longuement enquêté, répond aux auditeurs.

 

 

A quoi vont servir ces révélations ?

De nombreux auditeurs félicitent l’équipe pour ces révélations à propos des usagers – on va les appeler comme ça – des paradis fiscaux, de l’évasion et de l’optimisation fiscales. Comme le dit Alain : « Vous montrez bien que lorsqu’on est déjà très riche, on fait tout pour l’être encore plus ». Mais d’autres, fatalistes, estiment que tout cela ne sert à rien : « Tous les présidents de la République qui se succèdent, écrit Cédric, annoncent la fin des paradis fiscaux, une législation plus sérieuse, mais rien ne change vraiment ». Ou Elise : « Vous dénoncez des personnalités. Mais qu’est-ce qui va changer ? ».

« Ces révélations ont déjà servi à quelque chose. Quelques exemples : une enquête du fisc lituanien, la justice indonésienne a elle aussi lancé une enquête sur les enfants de l’ancien dictateur Suharto, 4 personnes ont été incarcérées en Argentine, la Commission Européenne va lancer une enquête sur l’île de Man, les Pays Bas aussi… Le parquet financier français a lancé une investigation qui a débouché sur 25 cibles et une personne a été jugée et condamnée.
On peut rappeler que beaucoup de ces pratiques sont légales. Il y a trois niveaux de pratiques légales et illégales : la fraude fiscale, l’abus de droit (exemple la TVA), et l’exemple de Total qui rapatrie de l’argent et c’est totalement légal. Le questionnement se situe aujourd’hui sur le niveau de légalité. »

Le rôle du consortium de journalistes ICIJ 

Plusieurs auditeurs estiment que vous avez beaucoup parlé des étrangers, mais peu des Français. Pour Jean-Noël, par exemple, « Pour éviter de parler des Français, on parle de la Reine d’Angleterre, d’un proche de Justin Trudeau, de sportifs étrangers, mais peu de noms d’exilés fiscaux français sont sortis ».

« C’est un faux procès d’intention; quand on enquête, on enquête sur tout.  Cette investigation a été coordonnée pas l’ICIJ, un consortium de journalistes International (Consortium of Investigative Journalists) et basé à Washington. Nous avons évoqué les situations du  réalisateur Jean-Jacques Annaud (il a régularisé sa situation à la suite de nos révélations),  Philippe Starck, Total, Engie. Toutes ces fuites viennent d’un cabinet Appleby , anglo-saxon basé aux Bermudes »

Pour d’autres auditeurs, vous avez dénoncé des personnalités. Mais comme le dit Gilles : « Pourquoi n’avoir pas braqué les projecteurs sur ces cabinets d’avocats spécialisés qui vendent ce genre d’arrangements ? Pensez-vous vraiment qu’un sportif comme Lewis Hamilton soit au courant de toutes les opérations qui touchent sa fortune ? ».

 » Ces fuites sont parties d’un cabinet d’avocat Appleby ; la commission européenne prépare par ailleurs une directive qui imposera à ces intermédiaires de déclarer leur montage. Les avocats d’Hamilton ont dû le conseiller, mais c’est tout de même quelqu’un qui cherche à échapper à l’impôt. »

Ces révélations sont le fruit d’une collaboration journalistique mondiale

Est-ce le seul moyen aujourd’hui de pouvoir révéler des scandales financiers ou fiscaux de cette importance ? Oui, car cette évasion fiscale se fait à l’échelle mondiale, donc nécessité d’une enquête mondiale. Ces multinationales ont des moyens énormes. Par conséquent, il est plus difficile d’attaquer 96 médias qu’un seul. C’est ce qui fait la force de cette enquête.

 

Retrouvez toutes les sujets autour des Paradise Papers sur franceinfo

 

 

Les Matins en direct de Chicago• Crédits : Roman Bornstein

« Spéciale Chicago ». Pourquoi se rendre sur place ?

Pourquoi l’équipe de France Culture s’est-elle rendue à Chicago le 6 novembre dernier ? La Grande table y était, de même que d’autres émissions. Un certain nombre d’auditeurs semblent s’en étonner. Vincent Lemerre, le directeur des programmes, leur répond.

 

 

France Culture à Chicago pour le premier anniversaire de l’élection de Donald Trump.

Pour plusieurs auditeurs, comme Gérard, « faut-il, pour traiter l’actualité, emmener plusieurs équipes à Chicago, alors que cela pourrait se faire de Paris en appelant simplement au téléphone vos invités ? ». Et Cécile, une auditrice, ajoute : « J’aimerais qu’on me démontre que les émissions sont plus intéressantes et plus riches à l’étranger qu’à Paris ».

« Dans les faits, ces déplacements sont exceptionnels. Ils s’inscrivent dans l’ADN de la chaîne : comprendre le monde contemporain. Aller à Tunis pour faire entendre les premiers « Printemps arabes », aller à Moscou, l’an dernier à propos du retour de la Russie sur la scène internationale, entendre les experts sur la vision du monde de Vladimir Poutine, c’est plus qu’intéressant. Et en l’occurrence, un an après l’élection de Trump, se déplacer aux Etats-Unis, cela s’inscrit dans la mission de France Culture. »

Certains auditeurs, comme François, pense que « tout cela coûte cher en déplacement au moment où chacun doit faire des économies ». Comment gérez-vous ce genre de dépenses ?

« Il n’est pas possible de faire ce type de programme par téléphone : les entretiens faits à Chicago ont été réalisés en condition de reportage (à la rencontre des invités…). L’interview repose sur l’interaction entre des personnes physiques réunies dans un studio. La direction de France Culture est très soucieuse des deniers publics , comme tous contribuables. Ces missions à l’étranger sont prévues au plus juste… »

 

La Grande Table /France Culture en direct de Chicago
La Grande Table /France Culture en direct de Chicago

Les Matins de France Culture
Spéciale en direct de Chicago : L’Amérique de Trump, un an après

La Grande Table depuis Chicago
Chicago, les arts dans la ville
Donald Trump, quelle riposte intellectuelle ?

Du Grain à Moudre à Chicago
Chicago l’Amérique à pile ou face ?

La grève qui frappe l’antenne de France Culture

De nombreux auditeurs s’étonnent des conséquences d’un mouvement sur l’antenne de France Culture et de l’absence d’un service minimum. Or, il faut rappeler que le service minimum n’existe plus depuis longtemps et qu’un seul gréviste peut bloquer la diffusion de toute une émission…

« La préparation d’une émission est un travail d’équipe : un petit nombre de grévistes peut avoir un impact à l’antenne. C’est également dur pour les équipes qui ont tout préparé et doivent tout annuler au dernier moment. Les modalités de grève se discutent entre les organisations syndicales et la direction générale de Radio France. »

 Les audiences radio de la rentrée

Elles ont été annoncées ce matin et les auditeurs de France Culture ont de quoi se réjouir : leur radio préférée continue de progresser.

Les auditeurs sont au rendez-vous de la nouvelle grille des programmes : 71 000 nouveaux auditeurs ont rejoint la chaîne. L’audience numérique atteint un niveau historique : près de 20 millions de podcasts et 7,4 millions de visites tous supports confondus. Résultats Médiamétrie septembre-octobre 2017

 

 

 

 

 

 

éducation aux médias, fausses informations

Education aux médias et fausses informations

Combien d’informations vérifiées, sérieuses, données par franceinfo sont mises en doute par certains auditeurs ? Comment expliquer cela ? Pour y répondre, Virginie Sassoon, docteur en sciences de l’information et spécialiste de l’éducation aux médias, est au micro du Médiateur.

 

Comment expliquer cette défiance à l’égard d’informations vérifiées et cette attirance de certains pour les informations fausses ou manipulées ?

« Le registre émotionnel a pris le pas aujourd’hui sur les informations vérifiées, amplifié par la circulation d’informations sur les réseaux sociaux; il s’agit de l’ère de la post-vérité. Depuis son élection, Donald Trump a largement contribué à cette situation qui remet en cause les informations vérifiées et diffusées par les médias.

Exemple autour de la défiance vis à vis des vaccins, défiance qui a toujours existé  (à laquelle a été confronté le Médiateur). En réalité en France, il n’y a que 5 % de la population opposée à la vaccination, mais les  « anti » ont une survisibilité sur internet . Les informations qui remontent dans les moteurs de recherches ne sont pas forcément les informations les plus fiables; c’est pour cela qu’il faut une réelle éducation aux algorithmes, à leur complexité et à leurs résultats ».

 

Le démenti moins percutant que la calomnie
Des spécialistes disent que les émissions qui démontent les fausses informations avec des preuves irréfutables – comme le Vrai du Fake sur franceinfo – ne parviennent pas vraiment à convaincre. Ceux qui, par exemple, ont vu sur Twitter qu’Anne Hidalgo avait été arrêtée à 120 km/h sur le périphérique parisien resteront persuadés qu’on leur cache la vérité, même quand on leur dit que c’était un poisson d’avril  du journal Le Parisien il y a deux ans.

« La déconstruction du mensonge prend plus de temps que la propagation de la rumeur. Il faut éduquer aux médias: vérifier la source, former les citoyens à la crédibilité d’une information, créer du lien entre les médias et l’école.  La Semaine de la presse et des médias dans l’école en est un bon exemple ».

 

L’attirance pour les fausses informations

« Selon le sociologue, Gérald Bronner, « le biais de confirmation », on a une tendance naturelle à vouloir confirmer les idées dans lesquelles on croit, on va chercher une information qui confirme nos convictions. Les réseaux sociaux ont tendance à nous enfermer dans une bulle de confort intellectuel où, dans notre flux d’actualité, les informations confirment nos idées. Les médias traditionnels vont au contraire donner une information, large, plurielle, vérifiée ».

 

 

 

 

météo, beau temps, secheresse, franceinfo, rendez-vous du médiateur

Météo : le temps est-il si « beau » ?

La météo devient un sujet très sensible
« Demain, il fera encore très beau, avec des températures bien au-dessus des normales de saison ». Ce genre d’annonce sur un ton enjoué provoque de plus en plus de réactions d’auditeurs.  Sophie Bria, présentatrice météo, et Elodie Callac, ingénieur à Météo France et prévisionniste sur franceinfo, répondent aux auditeurs.


Les auditeurs supportent de moins en moins le « beau temps » ou, plus exactement, la façon de l’annoncer
.
Comme Philippe : « Le temps magnifique annoncé sur vos antennes parisiennes est une catastrophe pour de nombreuses régions confrontées à la sécheresse ». Et Ghislaine ajoute : « Comment pouvez-vous annoncer avec bonne humeur « un beau soleil dans le sud », quand arbres et arbustes sèchent à une vitesse incroyable ? Pas de vraies pluies depuis 5 mois ». C’est vrai qu’il est plus agréable d’annoncer du soleil, mais ce soleil peut finir par devenir catastrophique…

« On manque d’eau effectivement, mais il faut rester positif dans l’utilisation des mots en météo, sans exagérer.  Le soleil, la lumière, amènent au sourire, au bien-être. Lorsque les conditions météos sont sources de grandes difficultés, elles sont traitées dans le sujet d’actualité (exemples récents: la sécheresse dans le sud, les ouragans aux Antilles en septembre)

Comment expliquer cette douceur automnale et cette pénurie de pluie ?

« Les anticyclones nous ont souvent protégé des perturbations atlantiques en les rejetant vers le Nord de l’Europe et ils ont favorisé des remontées d’air chaud en provenance d’Afrique, donc des températures élevées pour la saison ».

Plusieurs auditeurs, comme Mélanie, vous reprochent de « ne pas dire clairement qu’il s’agit des conséquences du dérèglement climatique »

« Le climat se réchauffe depuis des décennies. Il est difficile de relier directement un événement isolé au réchauffement climatique. Mais il est vrai que les cyclones ne seront pas plus nombreux mais plus intenses ».

Sur quoi se fondent ces « normales saisonnières » ?
D’autres auditeurs, comme Jean-Louis, estiment qu’à propos des températures, on ne devrait pas parler de « normales saisonnières », mais plutôt de « moyennes », car des automnes peuvent être très frais, et d’autres plus doux.

« Normales » est un abus de langage, il faut plutôt parler en effet de « moyennes ».

Comment construit-on un bulletin météo ?

« Il faut tenir compte des contraintes de temps d’antenne imparti à la météo : parfois parler de l’hexagone en quelques secondes ! Il faut alors choisir les priorités ».

La Bretagne et la pluie
Enfin, des auditeurs – un peu chauvins, dirons-nous – reprochent d’annoncer l’arrivée des perturbations par la Bretagne. Or, personne n’y peut rien ; c’est une réalité météorologique.

« Il s’agit de la région la plus à l’Ouest, mais c’est par là également que reviennent les éclaircies ».

 

 

Le palais Bourbon• Crédits : Sophie Delpont - Radio France

Les choix du Billet politique

Signer chaque jour un billet politique, c’est un plaisir et une liberté journalistique enviée. Mais il faut aussi savoir recevoir des critiques, car rien n’est plus clivant que la politique. Et l’intolérance n’est souvent pas très loin.

Frédéric Says qui propose chaque matin son Billet politique sur France Culture est au micro du médiateur.

 

 

Ses éditoriaux quotidiens suscitent de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux.  Selon le thème qu’il développe, l’éditorialiste est qualifié de anti-Macron, de pro-Mélenchon, puis de pro-gouvernemental, anti-LR, anti-France insoumise, mais aussi gauchiste, etc, etc.
Que répondre à ces auditeurs qui veulent absolument le « cataloguer » ?

« Si les reproches concernent toutes les tendances, c’est que je ne suis pas si loin du point médian. Evidemment, pour certains auditeurs, quand cela concerne « leur » parti, ils ont l’épiderme un peu plus sensible… Toutes les forces politiques ne sont pas au pouvoir et quand on est journaliste, on a tendance à questionner d’avantage le pouvoir : on s’intéresse plus à l’exécutif et en l’occurrence à Emmanuel Macron »

Pour Agnès, « Vous êtes toujours dans la critique. Vous ne relevez que ce qui ne va pas, au risque de développer le « tous pourris » ou le « tous menteurs ». Et pour Frances, « Vous jouez les chiens de garde en lynchant les élus ».
N’y a-t-il pas du vrai dans ces remarques ?

« L’expression « chiens de garde » est souvent utilisée à l’inverse pour dire « chiens de garde du système ». Je prépare mon billet la veille, notamment en repérant différentes informations, mais il faut panacher et resituer le contexte d’où vient un billet politique ; il permet de faire un pas de côté, de saisir des signaux plus faibles, de les rassembler et d’en tirer un raisonnement, quelque chose qui parle de l’époque ».

 

Il est vrai que les hommes politiques sont très doués pour susciter les critiques. Vendredi 27 octobre, le « petit précis de tartufferie » de Frédéric Says était un modèle du genre et a d’ailleurs suscité beaucoup de réactions.  Frédéric Says y relevait entre autres l’excuse surréaliste de la mélenchoniste Danielle Simonnet qui, malgré ses revenus confortables, refuse de quitter son HLM au prétexte qu’elle ne veut pas « enrichir un propriétaire privé ». Ou Laurent Wauquiez qui s’en prend à « l’élite parisienne déconnectée », alors que tout son CV correspond à cette élite.
Les contradictions, les principes à géométrie variable, les revirements de nos politiques sont source d’inspiration  ?

« Cela fait partie effectivement de sources d’inspiration dans un contexte où l’actualité va très vite ; les politiques se contredisent souvent d’une semaine sur l’autre et c’est bien de le relever. « 

Comment choisit-il les thèmes de ses éditoriaux ?

« La veille, l’après-midi, je fais une revue de presse classique et des réseaux sociaux ; je choisis un thème qui ne sera pas forcément traité dans l’actualité en longueur, et qui permet de faire un pas de côté… J’utilise aussi les interactions des auditeurs qui me suggèrent certaines idées de sujet : il s’agit d’une vigie collective… C’est le bon côté des réseaux sociaux ».

 

 

 

 

Elisa Budin/Radio France

Secrets d’info répond aux auditeurs : Lafarge, SNCF, batteries

Désormais, chaque dernier vendredi du mois, l’équipe de Secrets d’Info répond directement aux questions et remarques des auditeurs, envoyées au médiateur à propos des enquêtes diffusées dans le mois. En compagnie de Jacques Monin, Directeur des Enquêtes et de l’Investigations de Radio France, l’équipe pratique le droit de suite de ses reportages hebdomadaires.
Pour le mois d’octobre, les auditeurs ont réagi aux enquêtes suivantes :

 

 

 

Le 30 septembre diffusion de l’enquête sur Proximania, cette société spécialisée dans la téléphonie mobile qui a laissé sur le carreau près de 500 actionnaires…proxima-400x250_ktullu_-_benjamin_gabouryok4


Comme Xavier. Il nous l’a écrit : « J’ai moi-même été victime de cette arnaque pour un investissement de 20 000 € ». Il ajoute : « Notre association de défense des actionnaires a mis en cause, devant les tribunaux, l’expert-comptable et les commissaires chargés de valider les comptes de cette société, comme le prévoient les règles comptables. Or, le TGI et la cour d’appel de Paris ont jugé notre démarche irrecevable et nous ont condamnés à payer les frais de justice… Un comble que vous n’avez pas évoqué. Comme chaque membre de l’association, j’ai dû débourser 150€ à ce titre ». C’est vrai que cela semble bien injuste…

« C’était un des éléments de l’enquête, une enquête à tiroir, l’affaire dans l’affaire ; mais un élément important, car les actionnaires ont investi des dizaines de millions d’euros dans cette affaire ; les comptes auraient été falsifiés par les commissaires aux comptes, et pourtant certifiés. Les actionnaires ont voulu se retourner contre ces commissaires aux comptes. Mais ce recours a été jugé irrecevable. C’est hélas un point de droit, car ce n’est pas là-dessus qu’il fallait agir  Les investisseurs attendent un procès… »

 

 

L’enquête du 7 octobre sur les batteries et les voitures non polluantes batterie-electrique400x250_033_3159410
Cette enquête de Philippe Reltien a visiblement passionné les auditeurs. L’une des remarques qui revient le plus souvent concerne l’extraction du lithium et le recyclage de batteries très polluantes. Catherine, par exemple, vous pose deux questions : « Savez-vous si les réserves mondiales de lithium permettront de remplacer le parc mondial de véhicule thermique ? » et « D’où viendra l’électricité qui alimentera ces centaines de millions de véhicules électriques ? ».

Il s’agit d’une enquête de journalistes et non d’experts. Philippe Reltien a posé la question à un éminent spécialiste au Collège de France, Jean-Michel de Tarascon : Les reserves de lithium sont estimées entre 30 et 50 ans et il n’y aura en 2025 que moins de 10 % du parc mondial en voitures électriques ; il y aura donc assez de lithium pour tous. Autre précision : dans cette enquête, on entend Michel Armand, l’inventeur de la batterie au lithium métal polymère mais il faut rendre hommage aussi au franco-marocain Rachid Yazami auteur de la batterie lithium-ion

 

 

L’enquête du 14 octobre sur le cimentier français Lafarge a suscité énormément de réactions et de questions.
lafarge-400x250_034_3474205Dossier très documenté et aux nombreuses révélations d’Elodie Gueguen et de Benoit Collombat. Principales réactions : l’attitude de Lafarge qui a choqué nombre d’auditeurs. Pour Dominique : « Du pognon à tout prix, oui ! Y compris celui d’un minimum de moralité ». Et Dalila résume bien ce que ressentent beaucoup d’auditeurs : « Donc Lafarge est complice pour les attentats. Seront-ils jugés à la hauteur de leurs actes ? », mais elle reste dubitative : «  Encore une énième affaire qui va durer 20 ans et tous seront blanchis… ». Dalila a-t-elle raison ?

« On peut comprendre l’indignation des auditeurs, mais attention personne n’a été condamné dans cette affaire ; ce qui est reproché à Lafarge, c’est d’avoir financé des groupes armés parmi lesquels des membres de Daech ; mais pour être complice, il faut à la fois collaborer à la mise en place d’un acte et l’intention de s’y associer ; à ce stade personne ne peut affirmer que Lafarge avait l’intention d’aider Daech à commettre des attentats. »
Rappel : des magistrats enquêtent sur cette affaire depuis 4 mois ; 3 juges ont été saisis ; il y a plusieurs temps dans une enquête judiciaire : le temps des investigations (là où se situe le dossier de « Secrets d’info ») , établir les responsabilités des uns et des autres et éventuellement le temps du procès ; certaines affaires n’aboutissent jamais, mais contre-exemple avec l’affaire Cahuzac »

Des auditeurs, comme Elisabeth, demandent si on peut vraiment dire que Lafarge finançait Daech ou si, plutôt, la société était rackettée pour éviter que les employés locaux ne soient menacés…

« Lafarge a certes été rackettée, mais l’entreprise a accepté ce racket et est même restée en Syrie où elle a mandaté un intermédiaire pour négocier avec ces différents groupes ; Lafarge savait que l’argent allait « dans les poches » de certains groupes djihadistes. Reste à savoir pénalement,  s’il s’agit bien de financement du terrorisme … »

Certains auditeurs ne voient pas pourquoi accuser le Quai d’Orsay. Pour Martine, « quel intérêt pourrait avoir le Ministère des Affaires étrangères à maintenir une société privée dans une zone sous emprise terroriste ? Le seul à y gagner, c’est Lafarge ». Le Quai d’Orsay avait-il un intérêt à pousser Lafarge à rester ?

« Dans l’enquête de « Secret d’info », le Quai d’Orsay n’a pas été accusé ; les journalistes ont posé des questions. L’enquête a révélé que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de l’époque, pourrait être entendu par la justice. La question est posée dans l’enquête, sans réponse… Il y avait une enquête factuelle et une autre partie qui soulevait des  hypothèses ».

 

 

L’enquête du 21 octobre sur la SNCF
(Laetitia Cherel) suscite beaucoup de réactions, à commencer  par les clients excédés par « les trains très souvent en retard », « les incidents qui se multiplient sur les voies » (chutes de caténaires, pannes de trains, lignes vieillissantes) et « les tarifs qui ne cessent d’augmenter ». Est-ce que, comme le sous-entendent de nombreux auditeurs qui nous ont écrit, ces dépenses pharaoniques de la SNCF en communication et lobbying sont une des raisons des « tarifs de plus en plus élevés et des services de moins en moins bien rendus » ?sncf400x250_000_q4984

« On peut être tenté de le penser ; mais selon les spécialistes consultés, les dépenses de communication n’auraient pas d’effet sur le prix des billets. La location des voies, et l’amortissement des TGV par contre coûtent très cher et la productivité ne serait pas assez élevée. « 

Plusieurs auditeurs s’insurgent contre le président Guillaume Pépy qui refuse de répondre aux questions des journalistes, mais qui ne cesse de prôner la transparence.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre enquête ?

La principale difficulté est celle-ci : Malgré de multiples demandes d’interview, le président de la SNCF n’a pas répondu et si Laetitia Cherel est parvenue à suivre Guillaume Pépy lors d’un colloque, il a toutefois refusé de s’exprimer en renvoyant vers son service de communication.