Disparition de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture

Pourquoi avoir supprimé la diffusion des cours de l’université populaire de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture ?

France Culture n’a pas été sollicitée par Michel Onfray sur de nouveaux projets en cours.
Pourquoi continuer à transmettre ses cours ? Chaque été l’équipe propose une grille pluraliste, variée. Pendant 15 ans, Michel Onfray a mené un grand projet sur l’antenne de France Culture, « La Contre Histoire de la philosophie ». Depuis deux ans, ce que propose Michel Onfray, ne correspond plus à la grille de la chaîne.

 

Sandrine Treiner a adressé, il y a quelques semaines, une réponse aux auditeurs en leur expliquant que « les cours et les questions du public retransmis depuis deux ans sur l’antenne de France Culture ne correspondent plus à ce que nous voulons proposer à nos auditeurs ».

Béatrice, une auditrice, se dit « très choquée » par cette réponse et se demande si vous êtes à ce point indifférente à leur demande et s’interroge en écrivant : « mais si justement ces cours correspondent toujours aux souhaits et aux besoins des auditeurs ??? »  Que répondez-vous à Béatrice rejointe dans cette interrogation par un ensemble d’auditeurs ?

Depuis des années, la direction a reçu beaucoup plus de messages opposés à cette diffusion que l’inverse concernant la diffusion des cours de Michel Onfray. Tant que le projet était original et valide nous l’avons soutenu.

France Culture a-t-elle subi des pressions ?

Franck écrit : « Cet événement semble être l’aboutissement de la réorientation générale de votre antenne depuis de nombreux mois marquant la sévère reprise en main politique de votre rédaction. »
Une analyse partagée par de nombreux auditeurs comme Cyril par exemple qui indique : « Nous sommes très nombreux à évaluer l’hypothèse que vous n’ayez pas pu prendre cette décision sans avoir subi une pression, qu’elle soit idéologique, professionnelle ou politique ».

Aucune pression politique. La direction de France Culture assume totalement cette décision. Je comprends le désarroi des auditeurs.

Des auditeurs s’inquiètent de ne plus pouvoir écouter, ni télécharger les émissions de l’Université Populaire et souhaitent savoir si cette décision « émane du philosophe responsable de l’Université » ou de vous-même, « Sandrine Treiner ou des deux parties » et demande si ces podcasts seront de nouveau disponibles ?

Les cours de Michel Onfray était le seul programme qui n’était pas diffusé en podcast pour des raisons économiques qui n’appartiennent pas à la chaîne mais à son auteur. Nous n’avions et n’avons toujours pas la main sur ses podcasts ; leur diffusion est autorisée durant 15 jours.

 

À la suite de la question des auditeurs sur l’indisponibilité des podcasts de Michel Onfray sur franceculture.fr, podcasts sur lesquels la chaîne n’a pas les droits de diffusion, nous publions un complément d’information de la part de Patrick Frémeaux, éditeur sonore de Michel Onfray :

– La Contre-Histoire de la Philosophie n’a jamais été une émission enregistrée dans les studios de France Culture mais une retransmission par la radio de cours-conférences du philosophe captés depuis l’Université Populaire de Caen en public.

– La Contre-Histoire représente 13 années d’émissions et l’édition de 26 coffrets de 12 à 13 CD disponibles chez Frémeaux & Associés.

Les dessous de l’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon

Beaucoup de réactions d’auditeurs à la suite de la diffusion de l’enquête de la cellule investigation de Radio France, sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Pour en parler, Sylvain Tronchet qui a mené cette enquête


Ils  s’interrogent tout d’abord sur le calendrier
 :
perquisition au siège de la France Insoumise et publication de l’enquête la même semaine

On travaille depuis longtemps sur ce dossier. On avait déjà sorti une première enquête en février alors qu’il n’y avait pas de procédure judiciaire à l’époque.
Nos enquêtes sont prévues plusieurs semaines à l’avance, et elles sortent toujours un vendredi. Les auditeurs de France Culture le savent puisqu’on intervient tous les vendredis dans le journal de 18h00.
Le magazine Telerama annonçait l’émission de France Inter Secrets d’info consacrée à Sophia Chikirou la semaine dernière. Or Télérama est bouclé une semaine à l’avance, et j’avais été interviewé par leur journaliste plus de 10 jours avant les perquisitions. Je ne peux pas dire mieux que ça.

Radio France Radio d’Etat
La Radio Publique serait au service du  gouvernement en place. Vous seriez aux ordres et cette enquête serait en quelque sorte une commande.

Rappel d’une chose, qui est facilement vérifiable : quand nous avons sorti avec Elodie Gueguen l’affaire des assistants parlementaires du Modem en juin 2017. Une affaire qui est à l’origine du départ de trois ministres du gouvernement d’Edouard Philippe. A l’époque nous avions reçu un coup de fil de François Bayrou, Garde des Sceaux, qui ressemblait à une tentative de pression. Nous avions quand même sorti cette enquête. C’était il y a un an. A l’époque ceux qui nous accusaient notamment de harcèlement n’étaient pas dans le même camp que ceux qui nous accusent de harcèlement aujourd’hui.
En matière politique, nous travaillons sur tout le monde. Le pouvoir, comme l’opposition qui a vocation à gouverner. Et le financement politique est un de nos sujets. Parce que c’est un domaine où la France est loin d’être exemplaire.

 Des auditeurs s’étonnent que les journalistes n’effectuent aucun travail d’enquête sur la campagne d’Emmanuel Macron. 
« Avez-vous investigué avec autant de sérieux les comptes de campagne de Macron ? » ou encore « Où est la cellule d’enquête sur la Macronie ? »

Alors là aussi, il faut être factuel. On a enquêté sur la campagne d’Emmanuel Macron. J’ai notamment beaucoup entendu dire, où est votre enquête sur les ristournes dont a bénéficié Emmanuel Macron pendant sa campagne ? Je rappelle quand même que si on peut parler de ces ristournes, c’est grâce au travail de trois médias / Mediapart, Le Monde et nous. Nous avons sorti avec Elodie Gueguen une grande enquête sur les comptes d’Emmanuel Macron en juin. Où nous révélions l’existence de ristournes potentiellement illégales. Mais aussi les défaillances dans le contrôle exercé par la commission des comptes de campagne.
Il y a un mois, j’ai réalisé une enquête sur un autre aspect de la campagne d’Emmanuel Macron. Sur la façon dont son cabinet a piloté à distance un mouvement qui se disait spontané qui s’appelle les Jeunes Avec Macron, et qui en fait n’était pas très spontané. Et pas aussi massif et jeune qu’il voulait bien le dire.
On a fait ces derniers mois des enquêtes sur le pouvoir des lobbys vis à vis du gouvernement actuel, une enquête sur Macron et les chasseurs, Macron et les catholiques. Et dans le même temps on a fait deux enquêtes sur Jean Luc Mélenchon et son entourage. Tout ce que je dis, on peut le retrouver sur le site de France Culture.

Dans votre enquête Sylvain Tronchet  nous n’entendons pas Sophia Chikirou s’exprimer. Pour quelles raisons ?

Parce qu’elle a refusé toutes nos demandes d’interview. Et il y en a eu plusieurs. Comme en février. Nous lui avons pourtant envoyé une très longue liste de questions, précises, chiffrées. Pourquoi on fait ça ? C’est pour qu’elle sache exactement sur quoi va porter notre enquête. Qu’elle puisse répondre par la voie de son choix. Qu’on puisse éventuellement lui renvoyer des demandes de précisions. ça doit se faire sereinement, sur la base d’éléments factuels, argumentés… Je tiens à préciser qu’on le fait pour des raisons déontologiques, mais aussi légales… Parce que la loi nous impose de laisser la place au contradictoire.

Les chiffres des services facturés par la société Médiascop. 
« Votre propos aurait gagné en qualité si vous aviez donné  des chiffres comparatifs , pourquoi ne pas l’avoir fait ? La démonstration n’en aurait été que plus pertinente. »

La campagne de Jean-Luc Mélenchon n’est comparable à aucune autre. Car il fait employer une bonne partie de son staff par des structures extérieures dirigées par des proches. On ne le retrouve nulle part ailleurs. L’association de campagne de Marine Le Pen par exemple. Elle a payé 2 millions 400 mille euros de salaires sur la campagne. Emmanuel Macron 550 000. Pendant ce temps là, l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon elle a payé 7000 euros de salaires pour toute la campagne… Alors vous vous dîtes Jean-Luc Mélenchon a été très économe. Pas forcément parce que dans le même temps il payait une partie de son staff en honoraires d’auto entrepreneurs, et ça c’est noyé ailleurs dans les comptes et surtout, il faisait employer une autre partie de son équipe par des structures extérieures, dont la société Mediascop… Qui refacturait, avec une marge les salaires en question.

 

Facture Mediascop campagne …

Jean-François Achilli et Les Informés de franceinfo

Les Informés de franceinfo c’est à 20 h chaque soir à la radio et sur le canal 27 de la TNT. Le principe ? Aborder différents débats d’actualité sur lesquels quatre invités développent leurs points de vue. Chaque semaine, les auditeurs sont nombreux à nous écrire pour commenter cette émission. La médiatrice reçoit Jean-François Achilli pour répondre aux auditeurs.

Quelle finalité ?

C’est la cinquième saison des Informés cette année. Une émission de débat qui a été portée très haut par Jean-Mathieu Pernin. Il y a chaque jour deux partenaires qui appartiennent au monde des médias, accompagnés par des experts et nous décortiquons ensemble l’actualité.

Les thèmes abordés

Le thème de vos émissions s’impose facilement ?

Très facilement. On a même chaque jour un trop plein de sujets à traiter.

Le choix des sujets se fait de manière collégiale ou bien vous décidez seul ?

C’est moi qui décide. Mais les Informés, c’est aussi une équipe : un rédacteur en chef, une journaliste, une bookeuse… J’ajuste les sujets à l’actu.

Les invités et l’information traitée

C’est une émission vivante, animée, qui présente le mérite d’aborder les sujets sensibles du jour. Cependant des griefs sont formulés sur la forme, Jean-Luc écrit : « les intervenants ont dégainé leurs sempiternelles : « A la fois », « En-même temps » pour bien souligner, snobisme exige, qu’ils font partie de l’entre soi de l’élite» Nouveau Monde «-»progressiste » !  Puis, sur le fond, on a eu droit au discours moralisateur des « sachants » qui nous expliquent, à nous petits Français, comment nous devons penser (car à les entendre, on pense mal !). »

On ne peut pas plaire à tout le monde. De ce que j’entends sur le plateau, il y a des débats, des avis tranchés, il y a sans doute des « sachants » mais il y a surtout des experts qui donnent un avis qui me semble utile et intéressant. Si un auditeur n’y trouve pas son compte, c’est le libre arbitre et c’est tant mieux.

 

Michel, un autre auditeur est sévère « Je suis navré que franceinfo radio participe au bruit de fond permanent sans recul portant sur les informations du moment. Apres l’affaire Benalla, maintenant le remaniement depuis plusieurs jours: chaque intervenant donne son avis à l’emporte-pièce. Ils se contredisent d’un jour à l’autre. On a l’a parfois l’impression d’entendre une chaîne d’info continue où il faut meubler ! Chaque « spécialiste » donne son avis ..! ça n’apporte pas grand-chose à la compréhension des sujets abordés je trouve ça dommage pour une radio qui est plutôt de qualité en général. »  Jugement sévère non ?

Je ne suis pas d’accord du tout. Si vous ne traitez pas l’affaire Benalla ou le remaniement au moment où ça se produit, je peux vous garantir que celles et ceux qui consomment les chaînes d’informations iront ailleurs.

De ce que j’entends des intervenants sur le plateau, les témoignages sont plutôt nouveaux et inédits. Et puis il y a des jours où l’on est moins bons que d’autres, ça s’appelle l’information en continu et il faut en être fier !

 

Laurent écrit : « Je ne regarde plus les informés, pas à cause de l’animateur qui est au top mais à cause d’un invité que je ne supporte plus François d’Orcival. Quand on voit ce qu’il se passe sur la planète un peu partout du point de vue du climat ce type se permet de sourire, de contester le Giec et de nous parler de technologie pour contrer le dérèglement climatique. »

Veillez-vous scrupuleusement à respecter le pluralisme lorsque vous composez vos plateaux ?

François d’Orcival, éditorialiste à Valeurs Actuelles, c’est tous les lundis. Et je suis fier d’inviter cet hebdomadaire dans les Informés de franceinfo. Pourquoi ? Il représente tout un pan de l’électorat français. Je comprends l’aversion de cet auditeur. Mais si nous n’invitons que des personnalités du même bord, ça ne sert à rien.

 

Lorsque vous composez vos plateaux, êtes-vous sensible au respect de la parité ? 

Je me fais fort d’avoir des plateaux à 50/50. Il faut féminiser à fond les plateaux, c’est un éclairage différent.

 

Retrouvez les Informés de franceinfo, tous les jours de 20h à 21h diffusée simultanément sur l’antenne radio et à la télévision sur le canal 27 de la TNT.

 

 

Ma Radio Demain : La consultation citoyenne de la radio

Emmanuelle Daviet reçoit Emmanuelle HENRY , Directrice des Etudes et de la Prospective, pour présenter la grande consultation lancée auprès de vous, auditeurs, « maradiodemain »

Cette  consultation citoyenne qui permet pour les acteurs de l’audiovisuel public d’engager  une conversation avec les Français sur leurs attentes , leur vision du média radio mais avant j’ai une question Emmanuelle Henry :

Pensez-vous que Sandrine Treiner la directrice de France culture s’enthousiasmerait de la perspective d’un trajet en train avec des auditeurs de sa station ?
Le questionnaire commence ainsi pour  cette antenne :
« Lors d’un trajet en train, vous êtes assis) à côté de la directrice de France Culture. Vous avez du temps pour lui dire en toute franchise ce qu’elle devrait mettre en place pour que vous écoutiez davantage ses programmes : quels nouveaux thèmes, nouvelles émissions, nouvelles manières d’écouter la radio…  »

Quel est l’objectif de cette consultation ?
Pourquoi avez-vous jugez nécessaire d’interroger les Français ?

Tous les médias se doivent d’être à l’écoute de leur public. Radio France le fait aussi, depuis des années, à travers des études, mais aussi par l’intermédiaire de la médiatrice.
Ce que nous avons voulu faire, c’est de donner la parole à tous ceux qui souhaitent se prononcer, pour recueillir les avis du plus grand nombre.

Comment doivent procéder les personnes qui souhaitent y participer ?

Il suffit de se connecter sur « maradiodemain.fr » et de se laisser guider… Concrètement après quelques questions générales rapides, on peut choisir de s’exprimer sur la radio ou sur la télé (on peut faire les deux !). Dans la partie sur la radio, plusieurs petits questionnaires sont proposés, et chaque internaute choisit celui auxquels ils souhaite répondre, c’est un parcours à la carte. Chaque petit questionnaire est composé d’une question dite ouverte, libre, et de questions type QCM. Il faut compter 2-3 minutes par questionnaire. On peut arrêter quand on veut et revenir plus tard pour finir.

Il est important de préciser que le projet est centré sur les attentes et idées du public, et non sur la perception de l’existant.

Oui, l’objectif n’est pas ici de donner un avis sur les programmes actuels, mais de faire des propositions pour l’avenir, aussi bien au niveau des thèmes que des formats, des offres numériques.

Différentes thématiques sont abordées, vous pouvez nous en citer quelques-unes ?

Il y a des questionnaires par station, déjà (France Culture bien sûr, mais aussi France Inter, France Info, France Bleu, France Musique, Fip et Mouv).
Et nous avons choisi également une dizaine de thèmes : la culture, l’information, les offres pour les jeunes, les contenus éducatifs pour les enfants, les nouvelles façons d’écouter la radio, la musique, ou encore la proximité (la place de radio France partout en France, géographiquement proche de ses auditeurs)

Des auditeurs de radio France ont commencé à répondre à ces questionnaires : Combien ?

Ces chiffres évoluent en temps réel : plusieurs milliers d’auditeurs répondent chaque jour !

Ce chiffre témoigne d’un réel intérêt pour cette démarche. d’autres auditeurs en revanche s’y opposent et nous écrivent au sujet de cette consultation .
«  Radio France doit rester une radio de l’offre, n’en faites pas une radio de la demande ! C’est l’offre des programmes disponibles qui me permet d’apprendre et de nourrir ma curiosité : j’écoute des contenus a propos de sujets qu’il ne me serait pas venus à l’idée d’aborder. ».
Que leur répondez-vous ?

Je comprends leur crainte ! la force des antennes de Radio France est qu’elles proposent des programmes que l’on ne trouve pas ailleurs. L’idée n’est absolument pas de changer ça. Mais d’écouter nos auditeurs, de comprendre ce qu’ils aimeraient que nous fassions. On ne peut pas être déconnecté du public. On ne lui demande pas pour autant de fabriquer les grilles de programmes, mais de nous faire part de leurs envies. Ces enseignements nourriront la réflexion des différentes stations et permettront d’être encore plus créatif, de proposer des contenus encore plus de qualité, et répondant encore mieux à ce que les auditeurs rêveraient de trouver sur ces radios.

Une fois que toutes les données seront traitées, analysées, comment allez-vous vous les approprier ?

C’est un travail qui sera réalisé avec l’Institut Ipsos. Nous avons besoin de quelques semaines pour tout analyser.  Nous allons notamment regarder les idées qui reviennent souvent, celles qui sont plus originales, celles qui viennent d’auditeurs assidus ou occasionnels… Il y a beaucoup de facteurs à « croiser ».
Les enseignements seront ensuite partagés avec les équipes des antennes, qui se les approprieront, chacun suivant leur ligne éditoriale.

Y aura -t-il des concrétisations réelles des souhaits des auditeurs sur les antennes ?

Il y aura des impacts sur les antennes, parce que cette consultation donnera des idées aux équipes.

Cela peut être sous différentes formes : des émissions créées complètement suivant des idées issues de la plateforme, une mise en avant plus importante de certains types de sujets de nouveaux formats de nouveaux services… Après traitement et analyse, des échanges seront organisés avec les différentes équipes concernées, chez France Télévisions et chez Radio France, afin qu’elles s’en approprient les enseignements.

 

 

 

Secrets d’info : Les contradictions du paysan Pierre Rabhi/Jeunes avec Macron

Les contradictions du paysan Pierre Rabhi

Ce mois de septembre, Pierre Rahbi c’est LE sujet qui fait beaucoup réagir les auditeurs. Le 15 septembre dernier, vous avez invité le journaliste Jean-Baptiste Malet à venir s’exprimer dans Secrets d’Info au sujet des contradictions de Pierre Rahbi. Interview très critiquée par de nombreux auditeurs qui n’ont pas compris pourquoi vous aviez choisi de traiter ce sujet, Jacques Monin

 

 

Jean-Baptiste Malet a écrit un article « le système Pierre Rahbi » dans le Monde Diplomatique   qu’il semblait intéressant d’analyser. Pierre Rahbi a une certaine vision de la société, qui propose une alternative au monde productiviste dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il a une grosse « surface » médiatique, il donne 35 conférences par an, des entrées dans de nombreux médias en France. A ce titre-là pourquoi ne pas faire l’examen critique du discours de Pierre Rahbi ?

François nous écrit : « Je croyais que le métier de journaliste consistait à confronter ses sources. Il y a là une investigation trop à charge».
Avez-vous vérifié les propos de Jean-Baptiste Mallet ?

Dans l’émission « secrets d’info », il y a deux parties : une partie « enquêtes » menées par la cellule investigation de Radio France et une deuxième partie, qui est une partie « invités ». Des invités légitimes qui abordent des sujets d’intérêt général. Jean-Baptiste Malet est une référence qui s’intéresse aux problématiques alimentaires.  Il a enquêté auprès de Pierre Rahbi.

 

Boris nous demande : « Depuis quand gagner de l’argent est un délit ? Depuis quand ne pas reverser tous ses biens en est un aussi ? »
Léo renchérit : « Il ne vole rien à personne » et un autre auditeur constate : « ce n’est pas croyable de vivre dans un pays où l’on cherche toujours à discréditer le succès ».

Jean-Baptiste Malet a bien précisé que ce n’est pas le fait de gagner de l’argent qui est remis en cause, mais plutôt la contradiction dans le discours de sobriété et la réalité de ses revenus.

Géraldine, une auditrice, estime que s’intéresser à Pierre Rahbi c’est négliger d’autres sujets. Je la cite : « N’auriez-vous rien de mieux à faire (…) ? En qualité de journalistes il y a des sujets prioritaires à traiter : le train de vie de l’état, les lois mises en place sur les routes françaises, la répression ambiante, les retraités ponctionnés, les problèmes climatiques et écologiques. »
Stéphan, un auditeur, est sur la même ligne : je vous lis un extrait de son mail : «  Pendant ce temps, le journalisme, qui est censé être le 5ème pouvoir, laissent les politiques bien tranquilles quand ces crapouilles donnent le droit à des multinationales de nous empoisonner (vote Monsanto) et s’il n’y avait que ca encore ! ». Jacques Monin que répondez-vous à Géraldine et à Stéphan ?

J’invite Géraldine à écouter les différents sujets traités dans « Secrets d’info »  : sur la pollution, sur les lobbys, sur les paradises papers et l’évasion fiscale… Cette critique n’a aucun sens.

Ce qui est tout à fait notable dans le flot des mails reçus c’est le caractère injurieux des contenus, ce qui constitue en soi une forme d’évaluation du degré de mécontentement des auditeurs mais une telle inflation d’insultes c’est aussi un objet d’interrogation.

Il y a en effet une contradiction. Si ces personnes prônent le partage, l’ouverture, la bienveillance, là il y a une incohérence. Dans un environnement anxiogène, on a peur de ce que va devenir notre monde. Dans ce contexte là, les discours de Pierre Rahbi apparaissent comme une lueur d’espoir. Quand on touche à cette lueur on donne l’impression d’affaiblir ce combat.

 

Dernière question sur une toute autre enquête diffusée le 15 septembre dernier : « Jeunes avec Macron : histoire d’un hold-up politique ».
► Une enquête de Sylvain Tronchet

Christophe, un auditeur, nous écrit : « Reportage et investigation très intéressants. Je ne suis pas particulièrement macroniste mais côté vocabulaire (…) je trouve l’usage de « hold-up » complètement déplacé. Un holdup est un braquage. Qui ont donc menacé ces gens ? Qu’ont-ils volé ? On peut ne pas apprécier la méthode mais par ce terme c’est insinuer la délinquance ».

Un point de vue largement partagé par d’autres auditeurs.

Pourquoi avoir fait le choix d’un tel titre ?

Il y avait un évident second degré. C’est une expression utilisée en milieu sportif. Cela semblait qualifier ces jeunes. L’élection d’Emmanuel Macron a d’ailleurs été qualifiée de holdup. Lui-même dit qu’il a été élu par effraction.

 

La Réinformation, complosphère, théorie du complot : comment cela fonctionne ?

Emmanuelle Daviet la Médiatrice des antennes reçoit le journaliste Thomas Huchon de Spicee.


A quel moment est apparue la notion de « Réinformation » ?

c’est une notion qui est apparue dans les années 2000 et popularisée notamment par l’Extrême Droite afin de qualifier une opération qui voudrait ré informer les citoyens. Cela part du postulat que les médias professionnels mentent à la population. La réinformation est ce qu’on appelle aujourd’hui « la fake news », la théorie du complot.

Ces sites de réinformation font-ils partie de la « complosphère » ?

La complosphère est l’agrégation de tous les sites qui prétendent ré informer les gens, et qui vont diffuser les théories du complot. Ils sont très liés à l’extrême droite. Ce sont des personnalités qui estimaient ne pas pouvoir s’exprimer suffisamment dans les médias qui ont créé leur propre média et des espaces où ils vont pouvoir tenir des propos beaucoup plus libres. La complosphère représente à peu près 400 à 600 sites internet, très liés à une idéologie d’extrême droite ou à des courants de pensées qui s’en approchent.

Qui sont actuellement les représentants de la ré information dans les médias en France ?

on peut citer Eric Zemmour ou Charlotte d’Ornellas qui nous a récemment démontré par l’absurde les limites de la ré information. On est fasse à un phénomène sérieux. Utiliser des mensonges pour arriver à ses fins est une forme de manipulation.

Ces représentants de la réinformation bénéficient-ils d’une audience importante ?

les principaux sites de la complosphère trouvent une audience importante ; exemple le site d’Alain Soral qui voit passer plusieurs millions de visiteurs par mois.

Quels dangers pour la démocratie ?

Il est impossible de ne pas voir un lien entre la montée des populismes en Europe et l’augmentation de l’audience de tous ces sites d’information. Il ne faut pas considérer cela comme un combat loyal, on est face à des menteurs qui cherchent à manipuler des populations pour attaquer la démocratie.
Il va falloir s’attaquer à ces propos et convaincre les indécis.

 

Politique et vêtements : peut-on tout dire à la radio ?

Le vêtement est tout sauf anecdotique dans cet univers et pourtant il semblerait que certains auditeurs n’apprécient pas du tout que l’on détaille, même en quelques mots, la tenue d’une ministre. Pour répondre aux auditeurs Erik Kervellec le directeur de la rédaction de franceinfo et Cécilia Arbona, journaliste au service des sports de Radio France sont au micro de la Médiatrice des antennes, Emmanuelle Daviet

 

Lundi 10 septembre la nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a été reçue à Matignon par Edouard Philippe le Premier ministre, pour s’expliquer sur son budget, et notamment  la suppression de 1600 postes dans son ministère. A l’issue de cet entretien la ministre était attendue par les journalistes. Cécilia Arbona y était.

Cette description a fait réagir des auditeurs et auditrices. Quel est le but recherché à travers cette description ?

« Pourquoi la journaliste éprouve-t-elle le besoin de nous indiquer la tenue vestimentaire de la ministre ? », « Nous dit-on si la coupe d’un ministre est sage ou fofolle ? », « la description est choquante et déplacée »

Le but est de décrire ce que je vois ; je suis les yeux des auditeurs. C’est ce qu’on apprend dans les écoles de journalisme : quand on arrive sur le terrain, c’est de décrire ce qu’on voit. C’est un message : je n’oublie pas le fond : la Ministre annonce qu’elle va sauver les 1600 postes qui étaient supprimés la veille. Sa tenue « sage de bonne élève » renvoie aussi à « je rentre dans le rang ». Elle est passée dans le bureau du Premier ministre et elle dit : « je suis ce gouvernement ».

Très touchée par ces remarques, mais je n’ai pas voulu choquer les auditeurs. Je me dis qu’une époque a changé. On n’écrit plus comme il y a dix ans. Il faut aujourd’hui être attentif au vocabulaire utilisé. Quand mes confrères décrivent des prévenus dans un tribunal, ils les décrivent par leur tenue vestimentaire. Cela a du sens la façon dont on s’habille, selon l’endroit où on est.

Est-ce sexiste de décrire la tenue d’une femme politique ?  Cela devient-il un jeu d’équilibriste ?


Selon Erik Kervellec, il faut continuer à faire cet effort de description au physique comme l’a fait Cécilia Arbona. La tenue de quelqu’un est un élément d’information qui vient pour l’auditeur aider à la compréhension d’un fait d’actualité.

Lorsqu’une auditrice écrit «  veuillez faire des efforts de neutralité et d’équité » pensez-vous que l’on bascule vers un propos aseptisé, dans un politiquement correct qui va peu à peu assécher la vision que l’on donne du monde ?

Si on doit gommer ces éléments de précision, comme une description physique dans un papier de radio, (tous les détails comptent car on n’a pas le support de l’image) on donnera une photo de  plus en plus floue des faits d’actualité que nous devons relater. Si cette description aide à comprendre les choses, si la réponse est oui, alors il faut se garder du politiquement correct qui nous empêche de remplir correctement notre mission : « informer le plus précisément possible »

 

Dans les sphères du pouvoir, le vêtement n’est –il pas au contraire éminemment politique ?

«  c’est la 2ème fois en moins d’une semaine que vos journalistes commencent son sujet sur une personnalité politique en détaillant sa tenue vestimentaire. Comme si décrire ses vêtements tenait lieu d’analyse politique.»

Il est peut –être utile de rappeler que les hommes politiques ne sont pas dispensés des descriptions, je pense aux chemises à col Mao de Jack Lang, ou encore la lavallière et l’araignée accrochée  à la veste du mathématicien et homme politique Cédric Villani…
«  ce genre de propos seraient parfaitement inconcevables s’il s’agissait d’un homme »

 

 

 

Une nouvelle médiatrice et une nouvelle grille de rentrée pour France Culture

Pour son premier rendez-vous, Emmanuelle Daviet reçoit la directrice de France Culture, Sandrine Treiner

Le travail d’un médiateur consiste à relayer auprès des journalistes, des producteurs et des directions d’antennes les remarques des auditeurs. Il y a parfois  de la colère, de l’indignation, de l’inquiétude mais aussi , et c’est heureux, de véritables déclarations d’amour. Et c’est avec une déclaration que je souhaite amorcer ce rendez-vous : elle est signé Arnaud : voici ce qu’il écrit

«  France Culture, qu’elle fait du bien cette station. C’est toujours agréable de se coucher moins bête que la veille. Je suis enseignant et j’adore apprendre, découvrir. Je suis fan de cette station. Faites la perdurer. Mais France culture c’est aussi une qualité sonore, l’une de ses forces c’est d’avoir une prise de son qui nous plonge dans Evènement. C’est formidable . Félicitations à toute l’équipe sans distinction ».

Les nouveautés de cette saison

France Culture propose cette rentrée une toute nouvelle approche éditoriale : la culture comme fait de société. Quelle en est la traduction sur l’antenne ?

Après un bel été sur France Culture, la grille de rentrée est sous le signe de la continuité, c’est à dire une certaine conception du temps dévolu aux idées, aux savoirs, à la création, du temps pour déployer des idées. Une grille très fidèle à celle de l’an passé, et un vrai rajeunissement des publics. Mais par ailleurs, de nouveaux rendez-vous tout de même, avec une nouvelle émission dédiée à l’alimentation  « Les bonnes choses », le dimanche à midi présentée par Caroline Broué et une autre émission dédiée à la culture « Signes des temps » par Marc Weitzmann et un podcast natif fait par Mathilde Serrel sur le numérique.

 

La création radiophonique et les papous : 

Deux sujets d’inquiétude chez les auditeurs, comme l’exprime David :

« Je viens de prendre connaissance de la nouvelle grille de France Culture et je voulais vous exprimer ma grande surprise en voyant que l’émission « création on air » a été supprimée ! Je suis vraiment choqué car ces émissions étaient d’une qualité et d’une originalité absolument géniales… J’imagine que cette décision a été prise pour réduire les coûts et en lien avec une faible audience. Je suis extrêmement déçu et j’espère que vous pourrez corriger cette erreur rapidement. Pouvez-vous me tenir informer ? »

« Création on air » a changé d’horaire mais n’a pas disparu de la grille. L’idée est de réinventer l’espace de la création sur la chaîne ; les équipes y travaille avec Aurélie Charon, productrice des émissions de création qui aboutira en janvier avec de nouvelles émissions.
Il en va de même pour les Papous dans la tête, la productrice Françoise Treusard a souhaité faire valoir ses droits à la retraite. On va réinventer une émission dédiée à l’humour et aux jeux littéraires, ce sera en janvier 2019.

 

Le Label Diversité décerné à Radio France, par l’Afnor

Une reconnaissance de l’engagement collectif de Radio France et de sa politique diversité

 Premier média de service public à avoir obtenu le Label Diversité en 2013, Radio France est engagé dans une dynamique de progrès continu en faveur de la diversité et de l’égalité des chances.

 

Le renouvellement de ce label le mardi 10 juillet 2018 a fait l’objet d’un audit mené au printemps par l’Afnor sur les pratiques de Radio France à Paris et en régions. Il a été décerné pour une durée de quatre ans à Radio France après avis favorable à l’unanimité de la commission nationale de labellisation. Cette commission associe des représentants de l’Etat, des représentants d’organisations syndicales de salariés, d’employeurs, ainsi que de l’Association nationale des Directeurs de ressources humaines (ANDRH).

 

Le Label Diversité est un levier essentiel pour inscrire dans le long terme les engagements de Radio France en faveur de la diversité. Son renouvellement souligne un engagement toujours plus important de l’entreprise et une amélioration continue de sa politique Diversité. Cette politique, partagée à tous les niveaux de l’entreprise, s’articule autour de quatre axes prioritaires : l’égalité femmes / hommes, l’emploi et l’intégration des personnes en situation de handicap, la diversité des origines et l’équilibre intergénérationnel. Radio France développera ces champs d’actions d’ici la fin de l’année 2018 en agissant sur un 5e thème : celui de l’inclusion des personnes LGBT dans le monde du travail.

La commission de labellisation a mis en lumière l’efficacité des actions mises en œuvre par Radio France dans ces domaines.

« En tant qu’entreprise de service public, Radio France a un devoir d’exemplarité dans la lutte contre toute forme de discrimination. Le renouvellement du Label Diversité prouve que nous sommes désormais identifiés comme un acteur important de la cohésion sociale et vient ainsi conforter l’engagement quotidien des collaboratrices et collaborateurs de Radio France en faveur de la diversité. Nos actions ont vocation à être renforcées encore ces prochaines années. », précise Sibyle Veil.

La commission de labellisation s’est également déclarée favorable à une candidature de Radio France au Label Egalité professionnelle qui permettra à Radio France de souligner encore davantage son engagement et de structurer ses actions.

Celles-ci continueront à être coordonnées par le Comité diversité et citoyenneté, présidé par Bérénice Ravache et composé de représentants de toutes les directions de l’entreprise, en lien étroit avec Sophie Coudreuse, déléguée à l’Egalité des chances, Véronique Vone, chargée de mission handicap et diversité, ainsi qu’avec l’ensemble des référents et correspondants diversité et handicap de Radio France.

 

Sexisme, parité, misogynie : Radio France et ses auditeurs très vigilants
Réécoutez Bérénice Ravache au micro du Médiateur

 

 

 

D’où viennent et qui sont les journalistes de Radio France ?

Nous, journalistes, serions-nous tous formés dans le même moule ? Serions-nous tous issus des mêmes milieux ? Certains auditeurs le pensent et l’écrivent au médiateur. Réponse et explications avec Jean-François Maison, secrétaire général aux rédactions de Radio France, en charge des ressources humaines des journalistes…

 

« Vous faites la part belle au libéralisme, au mondialisme en oubliant de défendre le monde ouvrier, nous écrit Jean. Mais finalement, vous êtes tous issus des mêmes écoles et des mêmes moules ». Tous les journalistes à Radio France sont-ils des clones ?
Comment les journalistes sont-ils recrutés à Radio France ? 

Le recrutement s’effectue parmi une sélection de 80 journalistes qui, durant quelques années, ont peaufiné leur formation à travers différents contrats de remplacement au sein des rédactions de Radio France. Et ce après avoir réussi un concours pour accéder à cette espèce de centre de formation interne. Ils ont tous suivi un parcours classique (stages, piges…), mais viennent d’univers fondamentalement différents : 80% d’entre eux sont issus d’écoles de journalisme, indispensables pour acquérir les fondamentaux et les techniques de la profession.

Depuis plusieurs années, Radio France a fortement développé l’alternance pour les étudiants en journalisme.

Ceci est mis en place depuis 2006. Cela permet à une population d’étudiants qui n’a pas eu un accès « naturel » aux écoles, d’y parvenir. Varier les profils évite les journalistes clonés. Chaque année, Radio France recrute 12 alternants  d’écoles de journalisme, boursiers, ou issus de quartiers défavorisés, ou étant en situation de handicap.

Aujourd’hui, 23 étudiants issus de cette alternance ont un CDI.

Il y avait un autre élément dans la remarque de Jean, auquel il faut également répondre, c’est quand il dit : « Vous faites la part belle au libéralisme, au mondialisme en oubliant de défendre le monde ouvrier ».

Les journalistes de Radio France  ne sont pas recrutés sur des critères politiques ?

Ils sont recrutés sur des critères professionnels. Le concours qui est passé pour faire partie des 80 sélectionnés ne fait référence qu’à des critères professionnels : écriture, voix, curiosité, culture générale…

Les candidats sont toujours nombreux à souhaiter intégrer une rédaction de Radio France. Et quand on participe aux entretiens de sélection, on constate que l’aspect « service public » attire beaucoup de jeunes journalistes. Pourquoi ?

Le service public représente une indépendance par rapport au monde politique et économique. Radio France a véritablement cette marque là et elle attire de jeunes journalistes.

À ce propos, il faut répondre à Hugues qui écrit : « Vous êtes des fonctionnaires payés par l’État. Comment pouvez-vous parler d’indépendance de vos informations ? ».

Parce que nous ne sommes pas ni une radio d’Etat ni des fonctionnaires. Radio France est une société anonyme de droit privé. Nous sommes complètement indépendants du gouvernement.

Sinon, nous n’aurions jamais sorti une affaire comme celle de François Bayrou avec les conséquences que nous connaissons.