Le Label Diversité décerné à Radio France, par l’Afnor

Une reconnaissance de l’engagement collectif de Radio France et de sa politique diversité

 Premier média de service public à avoir obtenu le Label Diversité en 2013, Radio France est engagé dans une dynamique de progrès continu en faveur de la diversité et de l’égalité des chances.

 

Le renouvellement de ce label le mardi 10 juillet 2018 a fait l’objet d’un audit mené au printemps par l’Afnor sur les pratiques de Radio France à Paris et en régions. Il a été décerné pour une durée de quatre ans à Radio France après avis favorable à l’unanimité de la commission nationale de labellisation. Cette commission associe des représentants de l’Etat, des représentants d’organisations syndicales de salariés, d’employeurs, ainsi que de l’Association nationale des Directeurs de ressources humaines (ANDRH).

 

Le Label Diversité est un levier essentiel pour inscrire dans le long terme les engagements de Radio France en faveur de la diversité. Son renouvellement souligne un engagement toujours plus important de l’entreprise et une amélioration continue de sa politique Diversité. Cette politique, partagée à tous les niveaux de l’entreprise, s’articule autour de quatre axes prioritaires : l’égalité femmes / hommes, l’emploi et l’intégration des personnes en situation de handicap, la diversité des origines et l’équilibre intergénérationnel. Radio France développera ces champs d’actions d’ici la fin de l’année 2018 en agissant sur un 5e thème : celui de l’inclusion des personnes LGBT dans le monde du travail.

La commission de labellisation a mis en lumière l’efficacité des actions mises en œuvre par Radio France dans ces domaines.

« En tant qu’entreprise de service public, Radio France a un devoir d’exemplarité dans la lutte contre toute forme de discrimination. Le renouvellement du Label Diversité prouve que nous sommes désormais identifiés comme un acteur important de la cohésion sociale et vient ainsi conforter l’engagement quotidien des collaboratrices et collaborateurs de Radio France en faveur de la diversité. Nos actions ont vocation à être renforcées encore ces prochaines années. », précise Sibyle Veil.

La commission de labellisation s’est également déclarée favorable à une candidature de Radio France au Label Egalité professionnelle qui permettra à Radio France de souligner encore davantage son engagement et de structurer ses actions.

Celles-ci continueront à être coordonnées par le Comité diversité et citoyenneté, présidé par Bérénice Ravache et composé de représentants de toutes les directions de l’entreprise, en lien étroit avec Sophie Coudreuse, déléguée à l’Egalité des chances, Véronique Vone, chargée de mission handicap et diversité, ainsi qu’avec l’ensemble des référents et correspondants diversité et handicap de Radio France.

 

Sexisme, parité, misogynie : Radio France et ses auditeurs très vigilants
Réécoutez Bérénice Ravache au micro du Médiateur

 

 

 

D’où viennent et qui sont les journalistes de Radio France ?

Nous, journalistes, serions-nous tous formés dans le même moule ? Serions-nous tous issus des mêmes milieux ? Certains auditeurs le pensent et l’écrivent au médiateur. Réponse et explications avec Jean-François Maison, secrétaire général aux rédactions de Radio France, en charge des ressources humaines des journalistes…

 

« Vous faites la part belle au libéralisme, au mondialisme en oubliant de défendre le monde ouvrier, nous écrit Jean. Mais finalement, vous êtes tous issus des mêmes écoles et des mêmes moules ». Tous les journalistes à Radio France sont-ils des clones ?
Comment les journalistes sont-ils recrutés à Radio France ? 

Le recrutement s’effectue parmi une sélection de 80 journalistes qui, durant quelques années, ont peaufiné leur formation à travers différents contrats de remplacement au sein des rédactions de Radio France. Et ce après avoir réussi un concours pour accéder à cette espèce de centre de formation interne. Ils ont tous suivi un parcours classique (stages, piges…), mais viennent d’univers fondamentalement différents : 80% d’entre eux sont issus d’écoles de journalisme, indispensables pour acquérir les fondamentaux et les techniques de la profession.

Depuis plusieurs années, Radio France a fortement développé l’alternance pour les étudiants en journalisme.

Ceci est mis en place depuis 2006. Cela permet à une population d’étudiants qui n’a pas eu un accès « naturel » aux écoles, d’y parvenir. Varier les profils évite les journalistes clonés. Chaque année, Radio France recrute 12 alternants  d’écoles de journalisme, boursiers, ou issus de quartiers défavorisés, ou étant en situation de handicap.

Aujourd’hui, 23 étudiants issus de cette alternance ont un CDI.

Il y avait un autre élément dans la remarque de Jean, auquel il faut également répondre, c’est quand il dit : « Vous faites la part belle au libéralisme, au mondialisme en oubliant de défendre le monde ouvrier ».

Les journalistes de Radio France  ne sont pas recrutés sur des critères politiques ?

Ils sont recrutés sur des critères professionnels. Le concours qui est passé pour faire partie des 80 sélectionnés ne fait référence qu’à des critères professionnels : écriture, voix, curiosité, culture générale…

Les candidats sont toujours nombreux à souhaiter intégrer une rédaction de Radio France. Et quand on participe aux entretiens de sélection, on constate que l’aspect « service public » attire beaucoup de jeunes journalistes. Pourquoi ?

Le service public représente une indépendance par rapport au monde politique et économique. Radio France a véritablement cette marque là et elle attire de jeunes journalistes.

À ce propos, il faut répondre à Hugues qui écrit : « Vous êtes des fonctionnaires payés par l’État. Comment pouvez-vous parler d’indépendance de vos informations ? ».

Parce que nous ne sommes pas ni une radio d’Etat ni des fonctionnaires. Radio France est une société anonyme de droit privé. Nous sommes complètement indépendants du gouvernement.

Sinon, nous n’aurions jamais sorti une affaire comme celle de François Bayrou avec les conséquences que nous connaissons.

 

Secrets d’info : les auditeurs réagissent aux comptes de campagne d’Emmanuel Macron

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigation de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.

Ce mois-ci, les auditeurs ont beaucoup réagi à propos de l’enquête très fouillée d’Elodie Gueguen et Sylvain Tronchet sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron.

Pourquoi parler d’illégalité ?

Plusieurs auditeurs n’ont pas compris ce qui était illégal dans les importantes réductions accordées au candidat Macron. Pour Thérèse : « Je ne comprends pas en quoi des ristournes sont un signe de malhonnêteté ». Et pour Alain : « Le candidat Macron fait faire des économies au budget de l’État et voilà que vous lui tombez dessus, comme s’il avait triché ». Ou Christina : « Savoir bien négocier ses coûts de campagne et obtenir des réductions prouvent que l’on est un bon gestionnaire. On devrait plutôt le féliciter ».  

Sylvain Tronchet : Il faut rappeler quelques règles simples qui régissent les campagnes électorales. Une entreprise n’a pas le droit d’aider un candidat ou un parti. Si elle fait des réductions, cela peut être considéré comme des dons déguisés. C’est une loi de 1995 qui met en place le financement public des campagnes pour éviter ce genre de pratiques, via le remboursement des frais par l’État.

Un parti pris ?

Après un petit retour au mois de février, nous avons retrouvé les remarques souvent virulentes d’auditeurs pro-Mélenchon ; ils vous accusaient de parti pris dans votre enquête sur les comptes de campagne du candidat de la France insoumise. Jules, par exemple, écrivait : « Vous vous en prenez une fois de plus à Mélenchon. Les ordres viennent d’en-haut. Bien sûr, vous m’enquêterez jamais sur les comptes de campagne de Macron ». Et pourquoi donc?
Quatre mois plus tard, c’est Jean-Pierre, comme d’autres auditeurs, qui nous disent : « Vous avez plaisir à vous en prendre aux comptes d’Emmanuel Macron, mais, évidemment, vous ne le ferez pas pour Mélenchon ou Marine Le Pen ».

Jacques Monin : Nous n’avons aucun parti pris. Nous sommes dans une démarche journalistique et non politique. Notre seule boussole, c’est d’examiner les actes de ceux qui prétendent nous gouverner. C’est notre travail que de contribuer à cette transparence, et ce, quelque soit le camp politique. Le service public, c’est l’indépendance de l’information, et l’indépendance ne s’use que lorsqu’on ne s’en sert pas.

Pourquoi rouvrir un dossier déjà classé ?

Une question qui revient dans plusieurs messages, comme dans celui de Marianne : « Les comptes de campagne d’Emmanuel Macron ont été validés par la commission. Pourquoi vous obstiner à rouvrir un dossier sur lequel les spécialistes n’ont rien trouvé à redire ?»

Élodie Guéguen : Ça fait partie de notre métier de journaliste : s’intéresser au financement de la vie publique et des campagnes électorales. Sans remettre en cause le travail des rapporteurs de la commission des comptes de campagne qui ont validé les comptes d’Emmanuel Macron, il faut rappeler que c’était cette même commission qui était passée à côté de l’affaire Bygmalion. Un certain nombre d’éléments ont attiré notre attention et la commission l’a reconnu : elle est passée à côté de certaines remises. Nous ne rouvrons pas le dossier, nous faisons simplement notre travail.

 

« En marche » s’est fendu d’un communiqué cette semaine dans lequel le mouvement donne ses arguments de réponse, et il vous reproche de ne pas avoir intégré ces éléments de réponse dans votre enquête… Affirmation vraie ou fausse ?

Élodie Guéguen : C’est faux. Nous avons envoyé à La République en Marche une quarantaine de question, ils nous ont répondu par un mail qui ne répondait absolument pas à nos questions.

Selon « En Marche » le théâtre Bobino avait déjà facturé des locations à des prix bas à des associations à but non lucratif… Or c’est aussi une association qui a loué le théâtre pour Emmanuel Macron… Donc selon En marche, il n’y a rien d’inhabituel dans le prix qu’on leur a consenti.

Sylvain Tronchet : Ils ont pris l’exemple d’un concert de charité pour les victimes du 13 novembre. Ce n’est pas comparable à un meeting de campagne. Ce qui doit servir de référence, c’est le prix de marché. Nous l’avons demandé, on nous a expliqué de c’était entre 13 000 et 14 000 euros. Emmanuel Macron a payé 3 000 euros.

En marche soutient enfin que si Benoit Hamon a payé plus cher qu’Emmanuel Macron pour la location de la salle de la Bellevilloise, c’est parce qu’il l’a demandée pour une période beaucoup plus longue, et donc qu’on ne peut pas comparer des choux et des navets…

Sylvain Tronchet : Dans nos calculs de comparaison, nous avons bien entendu tenu compte des différences de prestations. Pour louer cette salle pendant 6 heures, Benoît Hamon paie 2 580 euros. Un parti politique, pour 4h30, paie 2 000 euros. Et pour 2h30, Emmanuel Macron paie 200 euros. Pourquoi cette ristourne ?

 

Des sujets tabous dans « Questions d’Islam » sur France Culture ?

La religion reste un sujet difficile à aborder. Un sujet qui, pour le médiateur, suscite régulièrement des réactions d’auditeurs. Principalement à propos de la messe diffusée tous les dimanches ou de l’émission « Questions d’Islam ». Son producteur, Ghaleb Bencheikh, répond aux auditeurs.

 

 

La religion peut être un sujet clivant, mais sur France Culture, c’est surtout un sujet de connaissance. Pour cet auditeur, Fabien : « Quelle émission intéressante ! Même pour un néophyte comme moi… J’ai vraiment plaisir à découvrir d’autres pensées ». Et pour Françoise : « L’approche anthropologique et historique des intervenants qui peut se développer grâce à Ghaleb Bencheikh est passionnante pour l’agnostique que je suis ».

L’émission ne se veut pas une « crypto-catéchèse » uniquement destinée aux Musulmans. Elle est destinée à tout auditeur francophone intéressé par le fait religieux et en l’occurrence le fait islamique.

Comment est conçue l’émission ?

Cela couvre toute une gamme, de l’épouvante à la barbarie, la violence sacralisée et cela va crescendo jusqu’à la fine pointe du soufisme et de la spiritualité. Il y a surtout des approches civilisationnelles et culturelles ; jamais ou rarement, les aspects cultuels sont mis en avant.

Les émissions religieuses ne font que du prosélytisme ?
« Dans « Questions d’islam », écrit Jacques, l’intervenant tente de montrer l’avantage déterminant du soufisme sur la chrétienté. La radio n’est pas là pour faire l’apologie des croyances ».

Ce n’est pas une question religieuse que je produis. C’est avant tout, une émission de radio culturelle sous-tendue par le fait islamique dans toutes ses dimensions. Celles-ci couvrent toute une gamme allant depuis les considérations de violence terroriste abjecte jusqu’à la fine pointe de la spiritualité soufie, en effet. Les données théologiques y sont très parcimonieuses. C’est avant tout une émission qui met en exergue les aspects de l’Islam sur les plans civilisationnel et culturel, maintenant et à travers l’histoire. La question dite de « réforme ».

De nombreux invités religieux, dans l’émission ?

Sur 88 émissions déjà diffusées, il y a eu un imam pour venir parler de linguistique et un recteur de mosquée.

Des sujets tabous chez les Musulmans ?
Plusieurs auditeurs se sont étonnés que, dans votre émission consacrée à « La sexualité des musulmans », « rien, comme nous l’écrit Jacques, sur la sexualité féminine, ni sur le tabou de la virginité ». Et Daniel s’étonne que vous n’ayez pas abordé un autre « tabou chez les Musulmans », l’homosexualité.

Aucun sujet n’est tabou, il suffit simplement de trouver les bons intervenants pour l’aborder sérieusement et avec compétence et notamment avec une sexologue (émission à venir)

Une auditrice, Corinne, qualifie Ghaleb Bencheikh de « musulman ouvert », mais s’inquiète de savoir comment il est considéré dans, nous dit-elle, « votre communauté pas toujours très progressiste, notamment avec les femmes »

Ce n’est pas le « musulman » qui s’adresse aux auditeurs profitant de l’antenne pour asséner ses vérités. C’est tout simplement le « médiateur » laïque assurant le lien – par ses questions –  entre les intervenants et les auditeurs. Dans cette affaire, je ne suis pas un clerc ni un religieux qui plaide une cause pro domo et sur le service public de surcroît.
Je n’ai pas d’autres communautés que la communauté française. Je fais partie de la communauté française. Je suis quelqu’un qui explique. Analyser n’est pas excuser.

 

Retrouvez Questions d’Islam tous les dimanches de 7h05 à 8h sur France Culture.

Trop de sport ? Mais pas assez de sport féminin sur Franceinfo ?

Le sport est un sujet ô combien clivant qui suscite toujours autant de réactions des auditeurs. Elles pourraient d’ailleurs augmenter d’ici peu avec la Coupe du monde de football qui débute dans deux semaines. Pour en parler,  Thierry Terret, historien et sociologue du sport. (historien et sociologue du sport, par ailleurs délégué ministériel aux JO 2024 de Paris.)

 

 

De nombreuses réactions d’auditeurs notamment lorsque de grands événements sportifs occupent l’antenne. Ça été le cas lors des spéciales de franceinfo le jour de la finale de la Ligue Europa de football, OM-Atlético de Madrid.

« Pourquoi autant de place pour le sport, et principalement le foot, nous écrit Julien, alors que nous voulons de vraies informations sur l’actualité ? ». Le foot, devenu spectacle, ne serait plus de l’information ?

La relation entre sport et média est bien réelle. Le développement du sport à la fin du 19ème/début 20 ème, est en partie dû aux initiatives de la presse qui crée le spectacle sportif. Cela ne s’est pas démenti depuis. Le sport est un phénomène de société. Le football, le premier des sports pratiqués, est omniprésent à la télé et à la radio, cela relève de l’actualité sportive mais aussi parfois de l’actualité politique, économique ou pénale ou relevant des faits divers. Des succès médiatiques liés à l’attente des résultats d’un match et les mécanismes d’identification des téléspectateurs ou auditeurs aux joueurs ou aux équipes.

Sur les antennes, le football représente un vrai clivage entre les passionnés et ceux qui n’apprécient pas.
Et ce sont toujours les passionnés qui gagnent… C’est une question d’audience ?

 

 

Les audiences et les financements qui vont avec sont extrêmement importants comme le confirme la guerre commerciale récurrente qui oppose les médias à chaque renégociation des droits de retransmission. Mais il ne faut réduire le sport à cela, le spectacle sportif génère de l’émotion individuelle ou collective.

Pour des auditeurs, le sport-spectacle, comme le foot, c’est la vieille notion romaine « Du pain et des jeux » pour le défoulement des masses. Qu’en dit l’historien du sport ?

La capacité du spectacle sportif à focaliser l’attention, à être un opium du peuple a été théorisé en sociologie.

Le langage guerrier des journalistes sportifs
Beaucoup d’auditeurs se plaignent du langage guerrier des journalistes sportifs, alors que, nous écrit Adèle : « Le sport devrait véhiculer d’autres types de valeurs ».

Le langage des journalistes épouse souvent les modalités des différents sports qu’ils commentent : plus poétique pour le patinage artistique, davantage portée sur la souffrance physique pour le cyclisme sur route, focalisé sur la rivalité dans les sports collectifs. Les auditeurs ont raison sur un point : les vertus éducatives du sport, à combiner excellence, amitié et respect. Tout cela est singulièrement absent des commentaires.

 

Le sport féminin.
Le service des sports de Radio France s’énerve quand on lance le débat. Mais beaucoup d’auditeurs – et pas que des auditrices – estiment qu’il est peu présent sur nos antennes, malgré de beaux parcours des équipes de France féminines de foot et de rugby. Ce message d’un enseignant m’a beaucoup marqué : « Pas étonnant que des élèves de 6ème, dans le cadre d’une séance sur l’égalité filles-garçons, me disent que le sport, c’est pour les garçons ! Entendre cela au XXIème siècle ! ». Et il conclut : « Faites quelque chose pour le sport au féminin ! ». De fait, en France, les médias sont loin de la parité dans le traitement du sport…

Toutes les études convergents les mêmes conclusions : la place des sportives dans les médias est plus faible que celle des sportifs. Elles sont moins interviewées et font davantage l’objet de commentaires sur leur physique. La situation cependant s’améliore, en 2012 selon le CSA la présence des femmes dans les retransmissions sportives était de 7 % et aujourd’hui de 16 à 20 %. La coupe du monde féminine France/Allemagne en 2015 regardée par plus de 4 millions de téléspectateurs.

L’histoire du football en Europe est une histoire masculine contrairement à l’Amérique du Nord.

 

Radio France soutient « Sport féminin toujours »

Sport féminin toujours les 10 et 11 février 2018 sur les antennes de Radio France
Sport féminin toujours les 10 et 11 février 2018 sur les antennes de Radio France

 

La SNCF au Téléphone sonne et le mariage de Meghan et de Harry

Deux sujets au programme du rendez-vous mensuel du Médiateur : un conflit et un mariage.
Le conflit à la SNCF : pour certains auditeurs, l’émission « Le téléphone sonne » aurait fait preuve de parti pris.
Le mariage, c’est évidemment celui de Meghan et du prince Harry. Selon certains auditeurs, France Inter en aurait trop parlé.

 

 

Les coulisses du Téléphone sonne avec Fabienne Sintès 

Elle dirige tous les soirs du lundi au jeudi le 18/20 et le fameux Téléphone sonne. Selon les sujets abordés, l’émission me vaut plus ou moins de réactions. Celle consacrée à la réforme de la SNCF a suscité un nombre important de messages. Des auditeurs, comme Julien, estiment que « tout dans cette émission était à charge contre la réforme de la SNCF : les deux invités et les auditeurs intervenants, sauf le dernier ». Et pour Aurore : « Seules des positions anti-réforme ou syndicales ont été exprimées, sans aucune contradiction ».

Le principe du « Téléphone Sonne » : ce sont les auditeurs qui appellent, qui passent à l’antenne. Ce jour-là, les appels étaient plutôt anti-réforme. Il faut se remettre dans le contexte. L’émission a été diffusée le 7 mai veille du 8 mai, il y a beaucoup moins de gens qui appellent durant ce type de week-end. Il y a eu ce jour-là 176 appels. En moyenne sur d’autres émissions, il y a 2 fois plus d’appels. La matière avec laquelle on travaille, ce sont les gens qui appellent.

 

 

Le choix des invités : l’équipe avait sollicité le porte-parole de la SNCF qui n’a pas pu ou voulu venir face à un syndicaliste. Il a donc été remplacé par un analyste (journaliste spécialisé dans la mobilité des transports), mais les deux invités ont plutôt répondu aux nombreuses questions générales sur la politique du gouvernement.*

 

Certains invités refusent-ils de venir pour ne pas être face à des opposants ?

Non, pas vraiment, il y a parfois des conflits de calendrier. Certains ont un peu peur des questions des auditeurs, car tout cela est un peu sans filtre. Le Téléphone Sonne n’est pas forcément un débat, c’est aussi un échange d’idées.

Comment sont sélectionnés les auditeurs qui interviennent à l’antenne. Anthony nous écrit : « Certains soirs, on a l’impression que tous les auditeurs ont la même opinion ».

Il y a beaucoup de fantasme autour de cela, mais c’est une émission comme les autres, il y a aussi beaucoup d’artisanat, il y a de l’humain, on se trompe, on anticipe mal les questions qui vont arriver.

 

Le choix des sujets et des invités 
Sur un autre sujet récent et peu abordé, la transidentité et la transphobie, plusieurs auditeurs ont écrit pour vous remercier. « Merci pour le sujet sur les personnes transgenres, nous écrit Jennifer, sujet enfin abordé auquel il est urgent de donner une visibilité. Bravo pour cette émission ! ».

J’aime les sujets sociétaux, qui sont le reflet de l’époque. Si le Téléphone Sonne rate le reflet de l’époque, c’est une émission ratée.

 

Le traitement du mariage princier

Beaucoup de réactions sur un sujet d’un tout autre type : le mariage princier de samedi dernier. Tous ceux qui nous ont écrit, comme Samuel, nous demandent « pourquoi France Inter, comme tous les médias, en a-t-elle fait autant sur un mariage qui n’a aucune importance et dont tout le monde se moque ? ». Pour y répondre, Angélique Bouin, directrice-adjointe de la rédaction de France Inter :

Il y a un principe à France Inter, on ne se moque pas de l’actualité, tout ce qui est populaire n’est pas vulgaire. Ce mariage était un événement planétaire. 7,5 millions de personnes ont regardé leur télévision en France et 3 milliards de téléspectateurs dans le monde. C’est un fait. Ensuite c’est la mesure et le traitement qui en est fait. Pourquoi France Inter n’en aurait pas parlé ? Comment en parler ? la rédaction a décidé d’envoyer un seul envoyé spécial. Quelle couverture ? Pas de diffusion en intégral (diffusion dans les journaux et dans les flashs). Récit en direct avec des angles différentiés.

 

On connait tous des proches qui n’en avaient soi-disant rien à faire du mariage, mais qui ont quand même écouté la radio, regardé la télé ou les réseaux sociaux. Un moment de honte vite oublié ?

Ce n’est pas un moment de honte. On nous accuse souvent de ne parler que de ce qui va mal, les guerres, les grèves… Là, on a une jolie histoire d’amour.

Sur le plan informatif, le mariage de Meghan et de Harry est-il « proche de zéro », comme nous l’écrit Germain ?

C’est un fait que les Britanniques sont très attachés à leur monarchie. Cela se raconte. Sociologiquement, c’était très intéressant.

L’économie est-elle Culture ?

Quel rapport entre l’économie et la culture ? Pour certains auditeurs, l’économie n’aurait pas sa place sur une chaîne culturelle. D’autres, en revanche, plébiscitent l’émission lancée en septembre dernier sur France Culture « Entendez-vous l’éco ? » par Maylis Besserie.

Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture ?

Pour certains auditeurs, l’économie serait presque un gros mot qui n’aurait pas sa place dans un contexte culturel. Pour Paul, par exemple, « nous ne venons pas pour entendre parler de fric, de crise, de sujets sociétaux ; nous venons entendre de la poésie, de la littérature inconnue, de la philo, de l’Histoire ». Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture …

L’économie est aussi une science sociale. En tant que science du savoir elle a sa place sur France Culture. Elle permet aussi de donner des clés pour comprendre l’actualité et le monde : tout dépend de la manière dont on le fait. La particularité d’une émission d’économie sur France Culture, c’est de croiser cette science avec d’autres supports : l’Histoire, la philosophie. C’est regarder l’économie du cinéma, de la littérature : c’est la particularité de la chaîne.

L’économie est-elle culturelle ?

L’économie entre dans une culture générale. C’est aussi se cultiver et en apprendre plus sur le monde.

Cette émission propose une approche pédagogique, explicative pour toucher le plus grand nombre. Comment faites-vous pour rendre des sujets, parfois complexes, abordables par tous ?

Le langage de la science économique est complexe. Il y a donc un travail de décryptage, c’est la mission du service public de rendre accessible la compréhension. Ça n’empêche pas un certain niveau d’exigence. Les invités sont des universitaires, des pointures dans leurs domaines.

Des auditeurs l’ont bien compris, comme Mireille « Merci, écrit-elle, pour cette excellente émission sur l’économie qui invite des spécialistes de niveau universitaire et qui sait établir des liens avec la philosophie, l’Histoire, etc. Je recommande votre émission à mes étudiants». Que pouvez-vous leur apporter ?

Les théories économiques sont des manières de voir le système économique en le reliant à tout. C’est un système global qui permet de convoquer toutes les autres disciplines de la pensée.

Retrouvez Maylis Besserie du lundi au jeudi de 14h à 15h.

Il y a 50 ans… Mai 68

Une plongée au coeur de ce mouvement fondateur qui reste une référence, 50 ans plus tard,
par Eric Alary

Il y a 50 ans, la France s’enflammait. Il y a 50 ans, le Quartier latin à Paris se couvrait de barricades, et des ouvriers bloquaient les usines. Mai 68 est un moment clé, fort, fondateur de notre histoire politique, culturelle et sociale. À tel point qu’il est devenu une référence souvent convoquée dans les discours et les débats d’aujourd’hui. S’est-on autant soulevé à Grenoble, à Nantes qu’à Paris  ? Comment Mai a-t-il été vécu et ressenti par les paysans, les femmes, les immigrés, les artistes ou les intellectuels ? Comment cette révolution a-t-elle été perçue chez nos voisins allemands ou britanniques ? Et quelles étaient les aspirations réelles de ces millions de Français qui voulaient en finir avec une société considérée comme autoritaire ? Revivez l’histoire de ce printemps fabuleux au cours duquel le mot liberté reprit tout son sens.

Un monde a basculé depuis. Pour en prendre la mesure, on peut parcourir cet ouvrage très illustré de photos et de documents d’époque, notamment des tracts et des journaux ronéotypés, publié  chez Larousse sous le titre Il y a 50 ans… Mai 68. Un chapitre attire l’attention, qui porte sur les réactions aux événements depuis l’étranger. La presse britannique en rend compte dès le début des tensions et le Times s’en prend à la police française tout en redoutant la contagion possible du mouvement étudiant en Angleterre. Le plus étonnant est le soutien de la Chine. On estime à Pékin que la crise étudiante en France « est un prolongement de la révolution culturelle chinoise » ! Enfin, les manifestations de solidarité avec les étudiants français devant les ambassades à Francfort, Rome ou Washington témoignent de l’impact international de l’événement.

A écouter >>> LE JOURNAL DES IDÉES par Jacques Munier

 

Eric Alary est agrégé d’histoire, docteur en histoire de l’Institut d’études politiques de Paris, enseignant en Khâgne et en Hypokhâgne. Il est l’auteur de livres très remarqués, dont « les Français au quotidien » , « la ligne de démarcation »…

A découvrir également dans la Bibliothèque du Médiateur sur le même thème : Mai 68 – Le Hors-Série de L’Obs / Et des coffrets DVD

La « Fête à Macron », les Black Blocks, les cheminots ; les auditeurs nous interpellent

La « Fête à Macron » des Insoumis, les casseurs du 1er mai, les grévistes de la SNCF, une actualité très sociale qui suscite beaucoup de réactions et de questions des auditeurs. Pour leur répondre, Erik Kervellec, directeur de la Rédaction de franceinfo, est au micro du Médiateur.

 

La « Fête à Macron »

Il y a une semaine, c’était « la Fête à Macron », organisée par le député Insoumis François Ruffin. Plusieurs auditeurs, comme Mario, disent ne pas comprendre que « franceinfo, dans les jours qui ont précédé, fasse une telle publicité pour ce rassemblement politique ». Quant à Justine, elle s’étonne que « vous ayez autant parlé de cette manifestation qui n’a rassemblé que 40 000 personnes ».

38 900 personnes, ce n’est pas rien ! La dernière grève des cheminots n’avait rassemblé que 15 000 personnes. Quant à faire la publicité pour Jean-Luc Mélenchon et ses alliés politiques, cela pourrait être comique si ce n’était pas si tendu entre la presse et lui. En tout cas, généralement, on nous fait plutôt la critique inverse de « rouler » pour le gouvernement… quel que soit le gouvernement en place. Ce qui, évidemment, est faux…

Et Yves vous trouve « bien peu rancunier alors qu’une voiture de reportage de franceinfo, écrit-il, a été détruite par les manifestants et que Jean-Luc Mélenchon ne cesse de prôner la haine des médias »…

« Bien peu rancunier « , ça veut dire quoi ? qu’il aurait fallu boycotter le traitement de cette actualité parce que des excités s’en prennent à nos reporters et techniciens sur place ? Nous sommes au-dessus de ça. Nous assurons notre mission d’informer, quelles que soient les circonstances, les intimidations. Pour autant, je ne minimise pas ce qu’il s’est passé place de la Bastille. C’est un signe important lorsqu’on s’en prend à la presse dans une démocratie. Notre technicienne a eu la présence d’esprit de s’éloigner de la voiture, mais nous sommes convaincus qu’ils auraient mis le feu avec notre collaboratrice à l’intérieur du véhicule.

 

Les violences du 1er mai : les choix de la rédaction

Autre manifestation,  celle du 1er mai avec ses centaines de casseurs. Plusieurs auditeurs contestent l’interview d’un « Black Block » que vous avez diffusée. Pour Rémi : « C’est scandaleux, une vraie apologie de la violence sans aucun recul. C’est de la propagande ! ». Et Pierre ajoute : « Vous ne condamnez pas les destructions ; pire, vous donnez la parole à ceux qui en ont été les acteurs ».

On est là pour donner à comprendre pourquoi des gens arrivent à faire de la violence leur moyen principal pour s’exprimer dans la société: qui sont-ils ? d’où viennent-ils ? Nous sommes allés à leur rencontre pour comprendre cela. Ces 2 témoignages ont été diffusés en contextualisant les interviews.

La grève des cheminots : Pourquoi laissez-vous se propager de fausses informations ? ». 

Toujours dans le domaine social, la grève des cheminots suscite beaucoup de réactions d’auditeurs et des reproches de parti pris. « Vous ne donnez la parole quasiment qu’aux grévistes ou à ceux qui les soutiennent », nous écrit Dominique. Et pour Brigitte : « Seuls les arguments anti-réforme sont répétés, des arguments souvent faux, comme la fermeture des petites lignes.

Nous mettons un point d’honneur à laisser s’exprimer tous les points de vue. Les cheminots qui sont pour la réforme ont du mal à faire entendre leur voix, ils se font discrets, mais on a pu tout de même les entendre sur l’antenne de franceinfo.
Quant à la fermeture des petites lignes : nos journalistes ont répété que ce n’est pas le sujet de la réforme. Si à l’antenne, on entend ce genre de propos, cela vient de militants qui mélangent tout.

Le comptage des manifestants : Pourquoi continuer à transmettre des chiffres faux ?

Enfin, des auditeurs, comme Sylvie, s’étonnent : « Vous continuez de donner les chiffres exagérément gonflés des organisateurs de manifestations, en même temps que les chiffres – a priori, fiables – comptabilisés par les médias ».

Nous donnons le chiffre de la police ou des organisateurs, jusqu’au moment où nous sommes en mesure de donner notre propre chiffre. Paris n’est pas la France ; lorsque des manifestations se déroulent ailleurs en France, nous n’avons pas les moyens de mettre des capteurs partout dans la foule. Nous ne savons pas pour l’instant produire un chiffre global sur tout le territoire.

Pour aller plus loin >>> A lire

La fin des chiffres fantaisistes des manifestations

La machine imaginée par la société Occurrence pour compter les manifestants © Radio France / Laurent Kramer
La machine imaginée par la société Occurrence pour compter les manifestants © Radio France / Laurent Kramer

Pourquoi tant d’invités pro macron sur France Culture ?

Trop d’invités pro Macron, mais aussi trop de partis pris en faveur des grévistes…
Les auditeurs réagissent beaucoup au traitement de l’information politique et sociale, riche en cette période. Pour les éclairer, Frédéric Barreyre, directeur de la Rédaction de France Culture, est au micro du médiateur.

Rappel des règles du CSA

Il y a évidemment les militants qui voudraient n’entendre que ceux qui pensent comme eux. Mais il y a aussi tous ces auditeurs, attentifs, qui constatent que sur les antennes, les pro Macron s’expriment beaucoup. Martine, par exemple,  écrit cette semaine: « Arrêtez le défilé des invités pro Macron ! ». Ou Jean-Paul : « C’est l’Élysée qui vous impose tous ces macronistes ? »

C’est la loi et en l’occurrence le CSA qui impose l’accès des partis politiques aux médias. Depuis le 1er janvier 2018, nous sommes en période de « pluralisme ». Il n’y a pas d’égalité du temps de parole comme c’est le cas durant une campagne électorale (le temps de parole est comptée à la seconde prêt). Le pluralisme signifie que sur 1 heure de temps de parole accordée aux partis politiques, 1 tiers de ce temps donc 20 mn est donné à l’Exécutif , les 2 tiers restant soient 40 mn sont donnés à l’ensemble des autres formations politiques.
Ce qui peut donner l’impression qu’il y a trop de « pro-macron » mais ce n’est pas le cas, les députés de la République en Marche sont inclus dans le temps de parole réservé aux formations politiques. Cela vient en plus du temps de parole accordé à l’Exécutif.

 

Pour le tiers du temps de parole attribué au gouvernement, les interlocuteurs possibles sont peu nombreux ? 

Cela représente 33 personnes : 31 ministres et secrétaires d’Etat plus le Premier Ministre, plus le Président de la République. Et en face des milliers de personnes susceptibles d’intervenir.

 

Trop de ministres à la radio, conséquence des nouvelles règles imposées par le CSA

Le pluralisme s’applique hors période électorale

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Pourquoi les règles du temps de parole imposées par le CSA aux médias audiovisuels publics, comme privés, ont-elles changé en janvier ?

L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat en janvier. Abordé à ce même micro et à réécouter >>>Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction
Les partis politiques se sont scindés avec des courants internes et de nouvelles formations sont apparues au PS, au Front National, chez les Républicains…
L’exposition sur les antennes tient compte de plusieurs facteurs : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires et des sondages.

 

Le parti pris de France Culture ?

Concernant la grève à la SNCF
À côté de ces contraintes auxquelles toutes les radios et toutes les télévisions sont confrontées, il y a aussi ce reproche de parti pris que vous font des auditeurs. Pour Germain, « on a l’impression que vous soutenez les cheminots grévistes. On les entend à longueur de journaux, alors que la majorité des Français sont en faveur de la réforme de la SNCF ». Et Jeanne ajoute : « On entend très peu d’explications sur les avantages de la réforme ».

Les journalistes font très attention à présenter cette réforme de la SNCF. Nous sommes là pour informer en donnant la parole à tout le monde mais pas forcément en même temps. Il faut écouter tous les jours…

D’autres auditeurs, comme Théophile, s’étonnent : « Les syndicalistes répètent sur vos ondes que la réforme va entrainer la fermeture des petites lignes. Or, c’est faux. Pourquoi laissez-vous dire de fausses informations ? ».

On fait part d’une crainte autour de la fermeture de ces petites lignes ferroviaires. Sans doute que les déclarations du Premier Ministre ne sont pas assez claires sur ce point précis.