Le télétravail

Les Français en télétravail depuis cinq semaines

Getty / Justin Paget

Bilan et retour d’expérience de nos auditeurs, après plusieurs semaines de télétravail. « Quelles sont les bonnes pratiques ? Quels sont les pièges à éviter ? » Questions posées ​​​​dans l’émission « Grand Bien vous fasse »ce 20 mai
Les auditeurs ont réagi

Que les « experts » arrêtent de nous dire ce qui est bien ou mal pour nous avec le télétravail et qu’individuellement chacun puisse décider. Le télétravail me convient parfaitement, ne plus partir à 6h30 de chez moi et rentrer à 20h en étant maman solo est un véritablement confort. J’ai retrouvé une qualité de vie grâce à 2j/ semaine et 6h de transport en commun en moins. En télétravail depuis plus de 2 mois, c’est juste du bonheur pour moi. Alors les experts du « manque de lien, manque de confiance en soi, manque de repère… » me font « rire ». Nous avons vu pendant cette crise que l’on peut faire autrement, laissons ceux à qui cela convient continuer et allons même plus loin. En ce qui me concerne, notre équipe n’a jamais fait autant de point matinal et était aussi réactive sur les dossiers. Nous avons remis les priorités en avant et fait évoluer nos pratiques. Arrêtons de vouloir toujours voir le négatif, que les collègues à qui ça ne convient pas puissent rester en présentiel et que les autres puissent garder cette souplesse et liberté. Quelqu’un d’investi et sérieux au bureau le sera en télétravail, un bon manager en présentiel le restera aussi à distance et l’inverse est vrai. Pour ma part, je prône plus de télétravail (3j serait mon idéal et plus, pourquoi pas, je signe).
Belle journée à tous télétravailleurs et travailleurs présentiels

Je n’étais pas adepte du télétravail mais je l’ai découvert lors du confinement. Cela a été un grand changement pour moi mais positif. Bien sûr le lien social est moindre. Il faut savoir faire la part des choses entre vie privée et vie professionnelle.

Merci pour votre émission et pour la qualité des interventions de vos invitées. En effet on a entendu sur le télétravail beaucoup d’opinions peu pertinentes pendant la crise sanitaire. Ma fille habite aux Pays-Bas, elle est chercheuse dans l’industrie de la distribution d’eau potable et télétravaille régulièrement. Son expérience m’inspire les remarques suivantes :
Merci pour votre émission et pour la qualité des interventions de vos invitées. En effet on a entendu sur le télétravail beaucoup d’opinions peu pertinentes pendant la crise sanitaire. Ma fille habite aux Pays-Bas, elle est chercheuse dans l’industrie de la distribution d’eau potable et télétravaille régulièrement. Son expérience m’inspire les remarques suivantes :

la question des transports : télétravailler un ou deux jours par semaine, c’est d’une part éviter des temps de trajet, d’autre part contribuer à désengorger les transports en commun, ce qui est une urgence sanitaire et écologique ;

la question du type de travail : évidemment, elle doit se rendre sur des sites régulièrement et participer à des réunions ; mais lorsqu’elle doit écrire un rapport, elle reste chez elle, c’est parfaitement compris et même encouragé, et bien plus efficace que d’être dans un « open space ».

enfin la question de la confiance entre manager et employé, il me semble que c’est quelque chose qui se construit, et ce n’est qu’en essayant qu’on y arrive…

Une remarque : le confinement ce n’est pas le télétravail. Je le pratique depuis 2 ans.
Voici mes conclusions:
situation géographique, transport
Pour ceux qui ont choisi comme moi d’opter pour une vie à la campagne et ceci dans l’exacte même durée de voyage que de banlieue à banlieue, le gain de temps est de 3 à 4 heures par jour. Les jours de grève dans les transports ne sont plus qu’un mauvais souvenir. De la fatigue en moins et c’est donc une meilleure efficacité au travail.

métier, missions,
Mes missions se pratiquant presque exclusivement sur Internet, je peux me trouver n’importe où sur le globe pour effectuer mes tâches de gestion fonctionnelles ou de développement. Il n’en va pas de même pour tous les métiers… pas pour le moment… peut-être avec l’arrivée des humanoïdes dans le monde du travail. Une réalité au Japon comme aux états unis.

mode de fonctionnement
Ce gain de temps ne doit pas être un prétexte à l’extension horaire de travail. Il nécessite une autodiscipline et disons une certaine maturité. Un ami m’a expliqué que par exemple pour lui le télétravail ne pourrait pas lui convenir car il se méfiait de lui-même.

relation collègues, managers
Les outils de communication permettent d’être en contact permanent avec ses coéquipiers. Tout dépend de la relation entretenue, du tempérament de chacun dans son mode de communication avec l’autre.

outillage informatique
Pour un informaticien, une console citrix est parfois nécessaire pour les environnements en réseau fermé, pour le reste un ordinateur portable et un téléphone mobile sont suffisants.

aménagement domicile
Je recommande un espace fermé de travail pour que le distinguo soit clairement établi vis à vis des membres de la famille entre les moments d’arrêt ou de reprise du travail. Pour moi, le pire de tout est la table du salon, télé allumée aux yeux et oreilles de toute la famille… comme pour les devoirs des enfants, le lieu du divertissement ne peut cohabiter avec celui du travail.

rythme avant / après télétravail
Paradoxalement, on a tendance à plus travailler chez soi qu’au bureau. La fatigue du voyage en moins ça donne des ailes… surtout avec l’âge où la différence se fait vraiment ressentir. Aussi, il faut veiller à ne pas trop sortir du cadre horaire sous peine de se voir interpeller par les membres de la famille.

impact sur le quotidien, fatigue, concentration, famille
Je pense que l’idée du télétravail ne peut émaner que de la famille, du conjoint ou la conjointe. Si elle souhaite avoir votre présence et si elle a une certaine compassion pour votre temps de trajet, ça ne peut que bien se passer. C’est une convention tripartite… l’un des membres (La famille) est absent du débat, mais il est un invité qui s’impose en silence. En effet, dans un contexte de divorce par exemple il ne vaut mieux pas y songer. Auquel cas il est préférable de supporter les quelques réunions du collègue d’en face qui ne passera pas son temps à vous injurier. Si c’est le cas, c’est que vous n’avez vraiment pas un bon karma.

facteurs de succès, risques d’échec
Un télétravail réussi est un échange de gré à gré, entre collaborateur et sa hiérarchie. Je ne dirais pas d’amitié, mais d’un respect réciproque. Il faut que le gagnant dans cette affaire soit le travail par sa productivité. Cette conscience doit être actée par le collaborateur car il est aussi gagnant (moins de fatigue, moins de perte de temps, plus proche de sa famille).
Si la confiance n’y est pas de la part de la hiérarchie ou si le collaborateur n’a pas la maturité suffisante de mettre son travail au sommet de ses priorités pendant ses journées de télétravail, c’est voué à l’échec.

avantages/inconvénients
Tout le monde est gagnant dans cette démarche sauf le visiteur impromptu, l’impulsif dirait Michel Audiard, qui a besoin d’une réponse immédiate à sa problématique souvent basique. Ceux-là n’ont pas le réflexe Hangout, ni même le téléphone, pour eux c’est effectivement un inconvénient. D’où l’importance de bien documenter l’information…

Une opportunité inattendue
Le passage à la retraite n’a pas été anodin pour beaucoup de retraités. La séparation brutale du lieu et des collègues de travail peut être un traumatisme. Aussi, une mise en télétravail progressive peut diminuer le choc psychologique de l’impression d’abandon. Une évolution du nombre de jours de télétravail pourrait adoucir cette transition. Ce qui ne veut pas dire moins travailler, mais se préparer au jour de la séparation.

Encore une intervenante avec des sentences manichéennes et adoratrice des règlementations strictes (2 jours par semaine) … Avec mon épouse, nous avons télétravaillé durant 2 mois. Nous avons préparé les repas à tour de rôle, nos enfants sont âgés de 20 et 22 ans donc autonomes. Aucun sentiment d’abandon (les contacts téléphoniques qu’ils soient reçus sur le site ou sur domicile restent les mêmes…), cadre agréable…
Par pitié, cessons de tout schématiser et de vouloir réglementer en étant persuadé que tous les cas sont identiques, que ce soit en positif ou en négatif…

Le télétravail pendant la période du Covid, c’est aussi la chance d’avoir pu conserver son emploi. Dans ma société, nous sommes 4 sur les 8 employés à avoir pu télétravailler et c’est aussi très culpabilisant par rapport aux autres en chômage partiel…

Je télétravaille actuellement, par nécessité médicale, et je le vis très bien.
Cependant, la question n’est-elle pas à l’image du comportement actuel somme toute assez égoïste et auto-centré en excluant les questions « que puis-je apporter comme expérience aux autres ou comment puis-je bénéficier de l’expérience des autres ? » ce que n’apporte définitivement pas ce télétravail.

Merci de faire une émission sur le télétravail que je suis obligée de pratiquer et continue à pratiquer. Très difficile de séparer la vie personnelle et professionnelle avec ce système car pas de bureau, l’ordinateur est toujours ouvert, les limites de déplacements font qu’on a beaucoup plus le temps de rejeter un coup à ces mails n’importe quand. J’ai une équipe de 16 personnes, tous en télétravail, qui ne comprend pas qu’une équipe ce n’est pas l’adjonction de personnes digitalisées. Les temps ne sont pas faciles surtout pour les managers que l’on laisse se débrouiller. La solitude des managers/dirigeants voilà une idée pour une prochaine émission ! Merci de parler de ces sujets, cela fait du bien. Portez-vous bien.

Le métier sur j’exerce permet le télétravail pour les collaborateurs et les encadrants. Le risque d’un développement trop accru de la dématérialisation des relations professionnelles est la perte chez certains du sens du collectif. Chacun devient auto-entrepreneur. Pour certains c’est très pénible pour d’autres très confortable mais dans ce cas on peut constater qu’ils n’acceptent que les contraintes qui les arrangent sans se soucier des autres. C’est beaucoup plus simple à distance de ne pas tenir compte d’autrui. Trop de télétravail peut tuer le collectif, c’est une atomisation des relations sociales c’est un risque à long terme pour les entreprises, les administrations mais surtout la société de manière générale.

Je suis étonnée par une de vos interlocutrices qui dit que nous sommes moins créatifs en réunion zoom. Un peu rapide comme étude. Personnellement, je trouve qu’au contraire les personnes s’écoutent davantage et c’est plus constructif.

Merci pour cette émission très intéressante sur le télétravail.
Pour autant, dans certaines des analyses, cela donnait l’impression que la crise du coronavirus était déjà dans le rétroviseur, pas franchement le cas au regard de la politique chinoise de reconfinement d’une partie de sa population.
Certes, nous devons apprendre de cette crise et continuer à aller de l’avant, mais pour l’heure, il me semble qu’on est encore en plein dedans malgré tout. Aussi, le télétravail pourrait rester la norme sur l’ensemble de l’été pour les métiers pour lesquels c’est possible. Les travailleurs pourraient ainsi goûter à un télétravail dans des conditions un peu moins particulières, avec la possibilité d’aller s’aérer au cours de la journée.

Le télétravail et le monde extérieur à l’entreprise…
Le télétravail entre dans les mœurs des français. Il n’est plus rare de croiser une personne le pratiquant. Mais ça suscite encore l’admiration et la discussion avec les amis, la famille… je dirais même une certaine forme de jalousie, un privilège qu’il faut encore cacher. En tout cas il renvoie une bonne image de marque de l’entreprise vis à vis du monde extérieur. Ah bon, ta boîte pratique le télétravail ? T’as de la chance ! Tu travailles dans quelle boite ? Parmi les amis, il y aura toujours des personnes qui vous joueront le chant des sirènes, leur vision du télétravail, avec des horaires fantaisistes n’obéissant qu’à leur imaginaire. Je recadre donc à la réalité et leurs fais un compte-rendu à l’image de ce que je viens de décrire.

Je suis en télétravail, et je travaille beaucoup plus sereinement quand mon patron n’est pas là. Ancienne enseignante et autoentrepreneure, je suis parfaitement autonome dans mon travail. Mon patron peut s’emporter très vite avec un langage familier, il y a une tension permanente en sa présence. Vraiment je travaille mieux quand il n’est pas là et je suis très contente d’être en télétravail en cette période d’après confinement, même si ne pas voir mes petits collègues sympathiques me manque.

Important de distinguer télétravail de travail « à la maison ». Le travail près de chez soi en espace de co-working est aussi une solution qui règle le problème de besoin de sociabilisation.
Un gros obstacle, en plus de la confiance des managers , est la vanité : le petit chef tient à avoir auprès de lui , pour son orgueil ses « collaborateurs ».

Le télétravail résout une bonne partie des bouchons auto du matin et du soir.
Une personne sur son PC à la maison, c’est une personne en moins sur les routes (j’ai constaté que 90 % des voitures étaient conduites, dans les trajets boulot-dodo, par une seule personne (région d’Orléans).
Quant à l’argument des adversaires du télétravail consistant à dire qu’il n’y a plus de lien social, c’est le confinement qui en est la cause.
Moi-même, après ma journée de télétravail, je vais dans un club de musique, je fais du vélo avec des copains, etc.
Là, le contexte est différent. On est chez soi la journée, et quand on éteint son poste de travail, on … reste chez soi (pendant le confinement)

J’ai l’impression qu’en France, le présentialisme est important. Beaucoup restent au boulot longtemps car c’est à ça que se mesure l’engagement au travail (même s’ils ne font pas forcément grand-chose). En télétravail, seule la production réelle compte, certains sont sans doute réticents, sans doute encore plus de managers qui brassent beaucoup de vent.

Je suis professeur de français à Arusha en Tanzanie, dans une école internationale. Nous sommes en télé travail depuis 7 semaines maintenant. Tout notre enseignement se fait sur la plateforme Google classroom et Zoom. Je suis normalement à temps partiel, 50%. J’ai eu la surprise de réaliser que dans cette situation il m’est impossible de me limiter à 50%. J’enseigne au niveau primaire et les enfants font appel à moi quand ils sont sur leur travail, c’est à dire n’importe quand dans la journée. La seule limite que je me donne c’est les horaires de l’école, c’est à dire un plein temps !
Avec certains élèves les liens de confiance se sont resserrés car je peux leur consacrer une attention personnalisée. À raison de dizaines de messages par jours je les aide pas à pas dans leur progression. C’est intéressant de remarquer que ce ne sont pas ceux que je remarquerais en classe.
L’autre surprise, des élèves considérés comme « bons » en présentiel sont invisibles et improductifs en enseignement à distance ! Je suppose que c’est la reconnaissance immédiate de l’enseignant qui leur manque !

Près d’un salarié sur quatre entame sa septième semaine de télétravail. Calvaire pour certains, positif pour d’autres, cette expérience de confinement pourrait bien marquer durablement l’organisation du travail. De nombreux auditeurs ont réagi à ce thème du Téléphone sonne proposé lundi 20 avril.

Je travaillais déjà 1 jour par semaine en télétravail par choix ; aujourd’hui 5 jours cela fait beaucoup et m’engendre une grosse fatigue visuelle, être toute la journée sur un écran c’est très fatigant. J’ai des échanges réguliers avec mes responsables et mes collègues qui agissent avec bienveillance mais je sais que ce n’est pas le cas partout. Ne plus pouvoir déjeuner ensemble commence à être pesant, le confinement fini je reprendrai cependant le télétravail 1 jour/semaine ou demanderai à le faire 2 jours/ semaine car pourvoir organiser sa journée et ne pas être sollicité par les collègues c’est bien aussi.

Voici mon expérience du télétravail depuis le 16/03.
Pour ma part, j’étais déjà en télétravail partiel, et je trouvais déjà qu’organiser son travail à la maison n’avait rien d’évident, ni matériellement (mobilier divers, matériel informatique, accès à internet, téléphone) ni psychologiquement (tentation des tâches ménagères, perceuse du voisin, absence de pair pour relativiser) même si à 1-j/semaine ça restait tout à fait gérable. Il s’agissait surtout d’organiser son emploi du temps pour privilégier certaines tâches en présentiel et d’autres en télétravail.
Mais depuis le 16/03, il n’y a plus d’autre option. A cela s’ajoutent les ô que nombreuses difficultés du confinement : être 24h/24 avec sa famille, sans pouvoir ni s’isoler ni s’évader, préparer le repas et le manger, voire corriger les exercices et expliquer la leçon en 1h top chrono, tout en veillant à ce que le petit dernier ne gribouille pas sur les factures client… Je trouve cela extrêmement sportif, même sans travailler à temps plein, même sans être parent solo, même avec des enfants un peu grands mais pas trop (un peu autonomes, pas encore ados) dont je peux assurer le suivi scolaire. Et encore plus de cela j’ai un patron très compréhensif qui préfère que je travaille bien, quitte à travailler moins!
Quand je pense à tous mes concitoyens avec un métier plus prenant ou des enfants plus jeunes, je crains très sincèrement leur burn-out! Je souhaite donc beaucoup de courage à ceux-ci, et j’implore beaucoup de bienveillance à leurs salariés.

Le télétravail d’une femme ayant des responsabilités professionnelles avec 3 enfants dont il faut maintenir l’école à la maison est limite insurmontable car vous n’êtes pas à armes égales dans l’entreprise face à des salariés masculins ou des salariés sans ces contraintes familiales. Il est toujours compliqué d’expliquer à votre employeur que votre manque de rentabilité est due votre charge mentale et à vos 3 enfants… c’est souvent mal vu… alors on souffre en silence avec des horaires à rallonge…

Nous sommes 6 dans l’équipe. Mon chef a proposé dès le 16 mars que nous ayons une réunion téléphonique informelle chaque matin à 8h30. On appelle ça l’audiocafé. Ça fait du bien pour lancer la journée de télétravail. Comme ça, on ne se sent pas isolé à sa table de travail.

En cette période de confinement le télétravail est une bénédiction et me permet de travailler dans une meilleure sérénité. S’il n’y a pas vraiment de sens dans le contenu il y a au moins plus de sérénité 🙂 vive le télétravail

À mon sens, on ne télétravaille pas vraiment. On travaille à la maison, c’est complètement différent. On n’a que très peu d’outils, les entreprises ont mis du temps à réagir, nous laissant avec les moyens du bord : nos propres ordis, nos propres téléphones… personne n’a jamais été formé à manager en télétravail. C’est encore de la débrouille au jour le jour.

Je suis étudiante en thèse de biologie. Je suis très heureuse d’être en télétravail. J’ai le temps d’écrire ma thèse, de faire de la bibliographie et de travailler sur l’analyse de mes résultats biologiques. Je gère mon travail comme je le veux. Mes expériences sont remises à plus tard mais la recherche passe aussi beaucoup par du travail sur l’ordinateur.

Le télétravail ce n’est pas qu’en entreprise, c’est aussi dans les services publics et notamment dans l’enseignement. Contrairement à ce qui peut être dit parfois, nous ne reprenons pas le travail le 11 mai parce que nous ne l’avons jamais arrêté. Nous assurons la continuité pédagogique : cours en ligne, discussions par chat avec les élèves, corrections de copies, réunions administratives pour organiser les examens et autres, réponses par mail à nos élèves inquiets, rédaction de notes de synthèse sur la situation, etc etc etc. Cela vaut de l’école maternelle à l’université.

Je travaille à la fédération CFDT Interco, càd surtout pour la fonction publique territoriale + Min Intérieur et Justice. Mon activité est essentiellement lié à l’accompagnement des équipes, en réunions dans les différents départements. J’avais l’habitude d’1 jour de télétravail/semaine, mais là c’est très dur… j’ai réalisé que c’est le contact qui me motive et que là je tourne au ralenti, voire en rond. Pourtant nous avons un service « Réponse à la carte » qui fait que chaque jour nous répondons à toutes les questions qui nous arrivent de la part de nos adhérents. C’est important et il nous a fallu réagir très vite pour avoir le maximum de réponses, décortiquer les textes,…
Bref, je continue à faire une partie de mon travail habituel, qui est passé de 10% à 90% , je ressens encore plus fort l’importance de mon engagement.
J’oscille donc chaque jour entre ces paradoxes.
Pour les visio, nous avons une habitude de prise de parole en réunion « normale » qui fait que ça s’organise assez bien. Mais l’écran toute la journée, c’est épuisant.
Et je ne pense pas que les syndicats seront dans les 1ers à pouvoir retourner en présentiel…
PS : merci pour vos programmes, ils ponctuent mes journées

Pour ma part, je revis depuis 6 semaines! En effet, ce confinement supprime de fait mes 4 heures de transport journalier (2 h aller/2 h retour), la promiscuité dans le RER allant avec les odeurs nauséabondes, la saleté, les perturbations… Il supprime également les réunions qui durent et qui ne servent à rien. Je suis nettement plus efficace, moins fatiguée et mon temps de travail journalier est optimisé et plus long mais assumé et choisi. Je considère que ce confinement, cette crise sanitaire redonne du crédit au code du travail en place.

Je découvre que le télétravail c’est vraiment agréable et surtout productif ! Je ne me pensais pas faite pour le télétravail et en fait je pense continuer après le confinement !

Depuis le confinement je suis en télétravail et ai l’impression d’être au travail du lever au coucher. C’est le côté un peu pénible du télétravail. Pour autant, intéressant comme formule qui permet de continuer ses activités professionnelles et je crois que cette expérience servira après le confinement.

Merci pour vos émissions mais comme, presque à chaque fois que vous parlez de travail, vous ne parlez que de l’entreprise.  
J’assure la continuité pédagogique depuis mi-mars en lycée, ce qui signifie concrètement que je dactylographie des cours (pas de matériel de vidéo personnel, aucun matériel fourni par l’E. N.), en essayant d’anticiper sur les incompréhensions des élèves et de leur maintenir des respirations (renvoi à des vidéos, suggestions activités pratiques…). Durant les 3 premières semaines, je travaillais environ 10h/jour, 7/7. J’ai profité des vacances officielles pour me reposer un peu et prendre la décision de moins travailler mais l’ensemble reste très intense et frustrant faute du retour des élèves, que l’on peut avoir en « présentiel ». 
Merci de penser aussi aux profs.

Nos relations avec l’employeur se sont grandement dégradées. Je suis AESH (accompagnant élève en situation de handicap) en collège, pression énorme, reproche sous tendu, course à l’hyper activité, auto flicage et flicage des familles, aucune envie de retourner au travail et très triste car notre métier n’a jamais été évoqué, ni recteur, ni ministre, ni RIEN.

Ingénieur chez Renault, nous travaillons beaucoup avec la Corée la chine et le Japon. Donc le travail à distance en audio on est habitué car on ne va pas faire le voyage 2 fois par semaine et c’est une question d’habitude de ne pas voir l’autre. On voit tout de suite quand on fait venir un expert n’étant pas habitué à ce travail à distance, prise de parole, attendre que l’autre commence à répondre en pensant au décalage, ne pas hésiter à demander la parole avec le système : Skype ou Teams ou autre. 
Mais sur Paris on évite les bouchons le matin je gagne 1h20 par jour ! 
Je n’y vois aucun stress nous on a bien nos outils car on peut piloter notre station à distance, je répète c’est génial !

Je vis très bien le confinement et le télétravail me convient mieux que d’être au bureau. Est en cause, en partie, la nature et la nécessité de mes tâches et activités qui faisaient que, des fois, je me demandais ce que je faisais assise dernière un bureau, mais pas que…Bref, je pense vraiment à réfléchir à pourvoir passer plus de temps chez moi ou du moins, moins de temps au bureau.  
C’est un vrai révélateur.

Télé travail : j’aime et je redoute de devoir réintégrer l’open space bruyant où il est difficile de concentrer. En ce moment je travaille dans le calme et si besoin j’utilise TEAMS pour échanger avec mes collègues.

Contractuel et manager (catégorie B) au CNED, je commence à vivre un vrai cauchemar, l’inertie connue et subie (avant) en présentiel se révèle sans surprise une catastrophe à distance (équipements non fournis, consignes « il est urgent d’attendre »…). Et j’entends à longueur de journée les bienfaits du CNED et de l’enseignement à distance (Ma classe à la maison), alors que nos inscrits sont sans réponse. Je ne croyais pas sentir un jour les premiers symptômes du burn-out, mais je me sens craquer ! Bon courage à vous et merci.

Comprenez-vous pourquoi le travail des enseignants qui consiste en grande partie en télétravail est complexe à gérer. Le burn-out guette parfois diagnostique trop tard.

L’intérêt du télétravail pour les entreprises est aussi financier : plus de bureaux, ça coûte moins cher, d’ailleurs on a commencé par nous entasser dans des open space pas du tout bien aménagés non plus). Or travailler ce n’est pas seulement réaliser une tâche dans son coin et la valider avec une réunion sur Zoom de temps en temps. C’est aussi construire un projet commun. Avoir une vision de l’avenir, pas une vision à court terme…

Architecte ayant réalisé en 2001 une thèse sur les espaces de travail et notamment le télétravail, il ne faudrait pas juger dans les conditions actuelles du faire ou pas faire en télétravail. Une des conclusions de la thèse était de créer d’une manière ou d’une autre une distance entre le lieu de travail et le lieu de vie : le télétravail doit se faire en collectivité de télétravailleurs, proposant de nouveaux espaces sur un territoire. Le Co-working est une proposition qui peut aller bien plus loin dans le partage d’espace et dans la proposition de lieux efficaces, connectés et réversibles. Mais il faut surtout pouvoir créer une distanciation entre les lieux, minimale, pour changer d’état d’esprit.

Je suis assistante commerciale dans une entreprise d’env. 50 personnes.  
Suite au COVID, et dans la mesure du possible, une partie des employés sont en télétravail (sauf la partie atelier).  
Dans cette PME, deux statuts différencient les salariés :  « assimilés cadres » et donc au forfait avec un nombre de jours de repos/an, ou « non cadres », càd 39h/sem avec  ½ RTT par semaine de compensation (obligation de badger). 
Depuis le 1/04, les « non cadres » sont en ½ journée de télé-travail ou présence à l’entreprise et en ½ journée de congés (sur la base de 5 jours pris sur nos congés). Puis cette ½ journée passe en chômage partiel.  
Dans mon service (commercial), je suis la seule à avoir été impactée par cette mesure. Mes collègues (cadres), dont l’activité commerciale a aussi diminué (nous sommes fournisseurs du BTP) n’ont pas du tout été concernés, ni même ont eu de congés imposés. 
Mon employeur a-t-il le droit d’appliquer un traitement différent selon les catégories d’employés (cadres ou non cadres) ? Est-il vrai qu’un chômage partiel pour les cadres ne serait possible que dans le cadre d’une fermeture de la société pour impossibilité d’exercer son activité ?