#19 Les « premiers de corvées »

Eko Aldi - Getty images

À l’occasion de la fête du travail le 1er mai, France Inter est aux côtés de celles et ceux qui travaillent au temps du confinement et qui, souvent, sont en première ligne face au Covid-19. Retrouvez tous les podcasts et toutes les émissions consacrés aux travailleurs et travailleuses.

L’émission Grand Bien vous fasse du 1er mai était consacrée aux travailleurs longtemps invisibles, devenus visibles, indispensables, les personnels d’entretien qui assurent des missions essentielles en ce moment. Les auditeurs ont réagi :

De nouveau merci et bravo à toute l’équipe de France Inter pour le fil rouge de cette journée sur le travail, les travailleurs, les travailleuses, et « les premiers de corvée », et pour la qualité de toutes les émissions, avec mention spéciale pour Augustin Trapenard, Ali Rebeihi, Mathieu Vidard, le grand rendez-vous, le téléphone sonne, François Morel… Continuez à nous apporter intelligence, sensibilité et réconfort comme vous le faites chaque jour ! 

Mon amie est ASH, Agent de Service Hôtelier et non hospitalier comme on pourrait le penser. 
Elle est employée par un groupe privé qui gère une soixantaine d’agents dans une clinique privée très connue de la rive droite de Bordeaux. 
Elle entretient les blocs opératoires : elle ramasse des morceaux d’os, des restes de chair, du sang. Tous les plans de travail doivent être entretenus après chaque opération ainsi que les murs. 
Elle n’a qu’un masque pour la journée. 
Elle gagne 1200€ par mois et bénéficie d’une prime de 500€ en juin et en décembre. 
Elle est employée dans ce groupe depuis 16 ans. 
Elle est sous la hiérarchie d’une gouvernante comme dans les hôtels. 

Le métier que j’exerce ne semble pas important en ces temps mais je me lève le matin pour aller réparer entretenir et maintenir opérationnel les véhicules de secours. Sans ces véhicules les pompiers de mon département ne pourraient plus intervenir en urgence. Donc petites pensées pour tous les mécaniciens et techniciens qui répare aussi les camions des routiers, transporteurs, éboueurs… Merci à vous pour la qualité de vos programmes.

Ce 1er Mai, entre 12h et 13h (je crois) vous avez interviewé des gens qui ont travaillé (et qui continuent de le faire) pendant la crise. Quel souffle d’air pur, ces gens qui estimaient faire ce qu’ils avaient à faire, très simplement, sans mise en scène, sans doute sur l’utilité de leurs interventions : livreurs, aides à domicile, collecte des encombrants, infirmière …  
On était à mille lieues du pathos que rajoutent habituellement vos journalistes, des revendications relayées à longueur de journées sur vos ondes. Ces gens ont décrit leur engagement « évident » et sans états d’âme pour participer à la résolution des problèmes de leurs compatriotes. Trop souvent, sans recul, vous relayez le pire de ce qui est pensé ou dit ici et là, et franchement, constater que tous les Français ne sont pas aussi bornés faisait plaisir à entendre. Pendant que le « service public » de la poste a arrêté la livraison des colissimos, ce livreur expliquait calmement les dispositions qu’ils avaient prises pour faire face à l’accroissement des livraisons qu’ils étaient amenés à assumer … sans même critiquer les postiers, sans revendication particulière. 
Arrêtez de souffler sur les braises ! Merci pour cette fenêtre ouverte sur l’espoir. Le pays est bien mieux que vous nous le décrivez à longueur d’heures, heureusement !

Nous allons rentrer dans notre 8e semaine de confinement. 
Depuis le début, comme la généralité des professionnels de la paye, nous nous acharnons à établir des dossiers pour la prise en charge de l’activité partielle.  Nous « essayons  » de faire des bulletins de salaire malgré les changements de lois journaliers. 
Les informaticiens ont d’énormes difficultés à mettre à jour les logiciels, 
Nous sommes fatigués de tous ces changements de cap. 
Nous faisons toujours partie de l’ombre. 
Une petite pensée pour notre profession serait un baume au cœur. 
Ce matin pas de radio, trop fatiguée d’entendre toujours la même litanie. 
Et oui,  les gestionnaires de paye feront partie des personnes en arrêt pour épuisement au travail. 

Juste pour rappeler qu’il y a aussi les linger-e-s et les blanchisseries d’établissements sanitaires et médico-sociaux qui travaillent aussi et sont aussi exposés lorsqu’ils ont à traiter le linge sale

Pouvez-vous également mentionner les préparateurs dans les rayons des supermarchés. Je suis cliente et je les vois régulièrement travailler activement pour remplir les rayons

Je suis directrice d’une entreprise de nettoyage avant tout merci de parler de notre métier et des salariés nous sommes effectivement un monde salarial invisible mais c’est à l’encadrement de ces entreprises de se battre au quotidien pour faire reconnaître notre métier et ne pas se cacher 

Une profession dont on ne parle jamais, mal payés et pourtant sur le pont 7/24 LES AMBULANCIERS, merci de parler d’eux.

Dans l’évocation de ces « derniers de cordée” utiles â la nation, je suis surpris de ne jamais entendre parler de ces jeunes militaires engagés qui patrouillent dans nos rues et appuient les services publics avec l’opération Resilience. Payés au smic, souvent issus de l’immigration,  privés de droits syndicaux, ne comptant pas leurs heures, ils méritent aussi plus que le silence qui leur est souvent réservé. 

Depuis longtemps je prends le temps de remercier chaque personnel de nettoyage je croise, au bureau, dans des toilettes publiques, etc. En le félicitant pour le résultat et en le remerciant de rendre cet endroit plus agréable. Chacun de nous peut le faire et ça fait tellement plaisir ! 

Je pense que l’ensemble de la société doit prendre conscience que les travailleurs invisibles qui nettoient, rendent nos lieux de vie agréables sont indispensables comme les agents de services hospitaliers par exemple. Les applaudit-on à 20 h ? La société dans son ensemble, les entreprises considèrent ces métiers comme annexes sans valeurs ajoutées et les contrats avec les sociétés de nettoyage sont toujours tirés vers le bas en terme de prix. Des horaires décalés, des conditions de travail plus que difficile. A quand la considération pour ces professions qui dans cette situation deviennent un peu plus « visibles »? 

Combien je suis en phase avec ce qui est dit dans cette émission, votre propre vécu dans ce domaine, l’ayant vécu également et ce sentiment « d’être moins que rien » – Bien amicalement et merci encore pour vos émissions – malgré ce triste moment de vie et plus…, j’ai grand plaisir à vous entendre plus longtemps encore chaque jour 2h – la reprise certes « normale », nous l’attendons tous ainsi que vous-même et collègues qui ne sont pas au sein de leur entreprise. Courage à vous tous

J’ai été aide-ménagère pour payer mes études. Je dis toujours bonjour et merci aux personnels d’entretien. Maintenant c’est à la mode mais avant le covid, j’ai souvent lu l’incrédulité dans les regards des personnes à qui je parlais. Dans mon collège, il y a encore des personnes pour qui les agents d’entretien ne font pas partie de l’équipe pédagogique.

C’est très bien de parler des personnes dont le travail est à l’arrêt, mais vous n’êtes pas équitable ! Les restaurateurs, les restaurateurs sont cités tous les jours ou presque ! Le spectacle vivant aussi… Beaucoup d’autres métiers ne sont pas cités : les créateurs et les détenteurs de savoir-faire, par exemple, les métiers d’art donc, et cela est grave. Cette catégorie comporte 281 métiers…Nous sommes souvent les oubliés de l’Etat et de la population… Alors durant ce confinement, n’oubliez pas de faire un reportage ou une interview sur ces gens qui sont dans la belle matière, loin du matérialisme.

Je trouve génial de mettre à l’honneur tous ces petits métiers qui sont si utiles et parfois si mal considérés ! N’oubliez pas les enseignants s’il vous plait…

Saisonnier dans la restauration (cuisine, traiteur, pizza), 50 ans, j’aurai dû comme beaucoup commencer ma saison à Pâques.
Mes droits allocation chômage terminent fin juin et je n’aurai en aucun cas travaillé les 6 mois requis afin de les rouvrir pour cet hiver 
Lorsque j’ai contacté pôle emploi, il m’a été conseillé de changer de métier.
Un peu comme on m’aurai dit il y a quelques temps de traverser la rue 
Nous sommes nombreux a envisager un long hiver de galère au RSA 
Je suis un auditeur assidu de votre antenne et je désespère de jour en jour d’entendre que l’on existe.
J’ai entendu des sujets sur toutes sortes de population du cas des prostituées au rugbymen professionnel déprimés 
Mais rien sur les saisonniers du littoral français.
N’oublions pas que derrière chaque établissement ce sont énormément de salariés.
Et date du confinement oblige, aucun n’a signé de contrat et donc aucun droit au chômage partiel et aucune assurance de travailler prochainement.
J’espère entendre prochainement un petit mot sur nous qui pour une fois nous ferait démarrer la journée avec moins de haine envers ces DRH qui nous gouvernent.

Je voulais amicalement vous rappeler il y a des travailleurs que personne ne cite et ne remercie jamais à 20h ; ils sont à peu près 60000 dans ma région en Bretagne, à travailler dans les métiers très peu glamour de l’agroalimentaire. Néanmoins ils remplissent discrètement beaucoup des rayons des supermarchés pour permettre aux Français de se nourrir ; sans en avoir vraiment le choix, pour des salaires de misère et dans des conditions souvent très difficiles. Un reportage sur eux, un petit merci, leur feraient peut-être plaisir, et permettrait de se rappeler qu’ils font partie des travailleurs indispensables mais non visible. Merci de leur rendre hommage, et bonne soirée.

Comme Pierre Rosanvallon l’a dit au cours de l’émission, saluer les invisibles, c’est bien mais n’est pas suffisant, il faut organiser leur visibilité; A titre d’exemple, les animateurs qui citent habituellement en fin d’émission les personnes ayant contribuer à leur émission pourrait aussi citer nominativement les personnels qui nettoient les locaux , les vigiles, les coursiers… qui leur permettent de faire leurs émissions et qui sont tout aussi indispensables selon A. Rebeihi aujourd’hui.

Il est enfin grand temps de parler de ces personnes. Exemple flagrant, je suis fonctionnaire en lycée (cadre), le ministre de l’éducation nationale ne parle jamais des agents de service/ Ceux qui vident les poubelles, font le ménage, tri le courrier, servent les repas dans des conditions parfois très difficile. Ils sont gérés par les Départements et Régions et dans certains établissements, ils doivent pointer, ils changent de poste au bon vouloir des chefs, ils sont toujours mis à contribution pour les actions et sont bien trop peu remerciés pour leur contribution. Pourtant sans ces personnes, un établissement ne fonctionnerait correctement ! à l’Education nationale, on ne parle que des profs or un établissement compte une multitude de personnes invisibles, sous payés, non considérés, etc. Bien à vous