Débat de l’actu : violences sexuelles dans le patinage

Le samedi 23 novembre, des milliers de personnes ont participé à l’appel national à la marche contre la violence sexiste et sexuelle à Paris © AFP / LÉO PIERRE / HANS LUCAS

Après Le témoignage de la patineuse artistique Sarah Abitbol, plusieurs émissions ont été consacrées aux violences et abus sexuels dans le monde du sport, les auditeurs réagissent et témoignent.
Voici une sélection de leurs courriels à la suite des émissions diffusées sur le sujet.

Le témoignage de la patineuse artistique Sarah Abitbol a créé une onde de choc. Après l’édition, le cinéma, c’est au tour du milieu sportif de réfléchir sur lui-même. Sur la façon dont les femmes, parfois très jeunes, y sont traitées. Dans le Téléphone sonne du 5 février : Le sport malade de son sexisme

Maman de 56 ans, lorsque j’avais 20/22 ans, je rentrai chez moi en stop, un homme s’est arrêté , je suis monté dans sa voiture. Après quelques kilomètres, il a mis sa main sur ma cuisse me regardant avec un regard on ne peu plus explicite. J’ai hurlé en lui disant que j’allai sauter de la voiture s’il continuait. Il a immédiatement arrêté, s’excusant, me promettant de ne plus me toucher si je n’en avais pas envie. J’ai continué la route avec lui et en le faisant parler, il m’a affirmé avoir souvent « des aventures » avec des jeunes filles. Cet homme était moniteur de sport …
Au collège, ma fille (âgée actuellement de 23 ans) m’a appris, il y a peu de temps, que le prof de sport ouvrait très fréquemment la porte du vestiaire des filles, pour leur dire de se dépêcher, alors qu’elles venaient d’y entrer depuis quelques minutes pour se changer… les élèves le prénomment, depuis plusieurs années : pédophilippe …
Ne devrions-nous pas aussi interroger l’Education Nationale à ce sujet ?…

Vous avez fait plusieurs émissions sur ce sujet et ce soir le viol dans le sport. On parle toujours et heureusement des victimes mais quand parlerons nous des violeurs et harceleurs en mettant le focus sur eux et dire que ces hommes sont malades ; Il faudrait une grande campagne d’information qui soulève la pathologie de ces hommes.On n’en parle jamais

Formateur, je suis dans l’obligation de fournir un extrait de casier judiciaire tous les ans…. pourquoi ne pas exiger la même chose dans le sport ? Demander aux bénévoles- entraîneurs de fournir le casier judiciaire chaque année ?

J’étais sélectionnée en équipe de France de natation à l’âge de 15 ans J’ai subi un bizutage détestable par un groupe de garçons de l’équipe puis au fond d’un bus ce même groupe ne sont tombés dessus
Les dirigeants a l avant bus n’ont pas Bouge le président de mon club a écrit une lettre à la fédération française de natation il n’a jamais eu de réponse cette épisode traumatisant à briser ma carrière
Dans votre émission vous l’avez bien dit on ne peut pas se permettre de jouer avec une jeune fille de 15 ans bien à vous merci pour votre émission

En tant que directeur d’accueil de loisirs, je dois déclarer toute personne bénévole ou non intervenant sur ma colo ou centre de loisirs à la DDCS et c’ est elle qui me dit si je peux ou non au vu de de ses antécédents judiciaires.
pourquoi ne pas l’appliquer aux sports ?

Merci de la qualité de votre interview qui permet de se faire une idée parfaite du personnage. C’est homme est une honte pour son sport et pour tous les dirigeants de clubs et d’associations sportives. Il est l’image de ces hommes d’un autre temps que l’on ne veut plus voir aux commandes de postes à responsabilité , management par la peur, avide de pouvoir. Ses propos tenus à l’encontre de la ministre des sports et de ses collaborateurs démontrent son incapacité à assumer des responsabilités de dirigeant. Il est une honte pour le monde du sport associatif. Je soutient à 100% madame la ministre.

Le manque de formation de tout les encadrants de nos enfants devient grave. Dans le sport, dans l’éducation nationale. Que ce soit dans des problèmes de harcèlement et d’agressions sexuelles. L’ado et ses parents sont presque responsables de ce qui arrive. Ça devient très grave !

Ma fille cadette a fait de la danse dans une association. Il y avait « une dame » bénévole dont le role etait de controler les cartes d’adhérent.
je ne pense pas que cela était lié à des craintes sexistes mais ne pourrait-on pas appliquer ce règlement d’une présence adulte à d’autres sports ?

Ma fille adorait l’athlétisme qu’elle a pratiqué de 10 à 14 ans et se serait bien vue sportive de haut niveau. Son père et/ou moi-même l’accompagnions à toutes les compétitions. Ce qui n’était pas toujours le cas de certains qui laissaient leurs enfants au point de rendez-vous et partaient aussitôt. Je me souviens d’une fois où nous n’avions pas assez de places dans les voitures pour emmener tous les enfants …
Nous n’avons pas poussé ma fille à poursuivre dans ce sport, cela aurait été synonyme de stages ou d’éloignement géographique à un âge où les enfants n’ont vraiment pas besoin d’être déstabilisés.
Cela aurait signifié confier mon enfant à des personnes dont je ne savais finalement pas grand chose.
Je ne me voyais pas déléguer mon rôle de parent et ce à aucun prix.
J’ai beaucoup de respect pour Sarah Abitbol.
Je la remercie pour moi, mes filles et toutes les femmes.

Il y a eu le tennis, aux Etats Unis et peut être en France il y a eu la gym
Mais l’indécence de Didier Gailhaguet est un nouveau sommet : Comme le rappellent certains, en 1974 Didier Gailhaguet devient champion de France. Ses dauphins sont Pascal Delorme et Gilles Beyer, tous deux accusés ou impliqués dans les viols et restés longtemps dans la superstructure de la fédération

Sarah Abitbol, la star du patinage française, dénonce dans son livre « Un si long silence » (Plon) les viols dont elle dit avoir été victime pendant deux ans entre 15 ans et 17 ans, à Nantes, par son ancien entraîneur. Sarah Abitbol y déclare notamment qu’elle n’a pas souhaité porter plainte, les faits étant prescrits. Elle était l’invitée du Grand Entretien sur France Inter le 30 janvier. 

Ma fille patine en section sportive. En compétition, le week-end dernier, j’ai découvert que tous les entraîneurs parlaient déjà de cette « bombe qui allait exploser dans le monde du Patinage ». Tout le monde savait qui étaient les victimes et qui étaient les agresseurs. Personne n’a rien fait. Sincèrement MERCI, MERCI Sarah Abitbol, vous êtes une championne, merci pour votre courage. Ma fille a 13 ans merci pour elle et toute les femmes.

Juste un petit message pour Mme Abitbol. Bravo pour votre courage. Vous avez eu raison de prendre la parole : pour vous, pour les autres, pour la société. Je vous envoie toute mon amitié pour pouvoir faire face à cette horreur.

Quel beau et terrifiant témoignage ! Beaucoup de courage et d’émotion de la part de Sarah. Oui, il est temps que la justice se remette en question et permette à toutes ces victimes de prédateurs de demander justice !

Bravo à Madame Sarah Abitbol et toutes celles qui parlent aujourd’hui. Madame la ministre a mis en place dans le Val de Loire l’obligation de la vérification du casier judiciaire pour tous les bénévoles mais s’il n’y a pas eu de plainte il n’y a pas de condamnation et donc un casier vierge ! Et que dire de tous les professionnels en place qui ne sont et ne seront jamais inquiétés !

J’aurai aimé vous dire merci aujourd’hui pour une autre raison mais merci de donner la parole aux victimes à travers Mme Abitbol… Son témoignage est touchant et courageux. J’aimerais que nous en ayons pas besoin mais recommencez chaque jour svp… les ordures ont assez eu la parole ici et là.

Mon message souhaite simplement exprimer ma compassion et mon soutien à Mme Abitbol pour le calvaire qui a été le sien. Je souhaite également exprimer ma gratitude amie Salamé pour son intégrité et son courage professionnel. Merci du fond du cœur.

Bravo à Sarah Abitbol pour son témoignage : toute ma compassion et mes vœux de dépassement de ce traumatisme.

Bravo à Sarah pour son témoignage courageux et bouleversant. Comme dans toutes les affaires de ce genre : NE RIEN LÂCHER !

Entretien particulièrement touchant. Il permettra sans aucun doute, de faire changer les mentalités. C’était du « grand France Inter » ce matin ! !

Réactions et témoignages des auditeurs à la suite de la diffusion du Téléphone sonne du 30 janvier
« C’est le témoignage déchirant de Sarah Abitbol, championne française de patinage artistique et victime de son entraîneur, qui nous amène à en parler à nouveau. Il se passe quelque chose, dans tous les milieux, en cascade : les femmes se soustraient de la honte et parlent des violences qu’elles ont subi. Enfin. »

Bravo à toutes ces femmes courageuses qui parlent!
J’ai subi un viol à l’âge de 13 ans. J’en ai 71 et n’ai rien oublié. Chaque témoignage réveille la douleur dans mon corps marqué à jamais. L’omerta familiale dure depuis 1962! C’est seulement il y a un an à la mort de mon père que j’ai pu me libérer un peu en écrivant un témoignage « La Loi du Silence » que j’ai confié à ma thérapeute. . 25 ans de thérapie et le livre du docteur Salmona m’ont permis de ne plus me sentir coupable. je suis la victime et non la coupable. Mais je sais qu’il n’y aura pas de résilience pour moi car mon corps douloureux ne me permettra jamais d’oublier et ma vie a été détruite par le violeur.
MERCI à vous qui permettez aux femmes d’être enfin entendues!

… Dommage !! Ce que je tiens à dire : #me too et tout ce qui s’en suit n’est pas une libération de la parole des femmes !! C’est une libération de l’ÉCOUTE de la parole des femmes !! Les femmes ont toujours parlé … mais n’étaient absolument pas écoutée !! Tout le monde savait et quand une femme parlait, elle était au mieux vaguement consolée, au pire dénigrée ridiculisée …. Ce qui a vraiment changé, c’est bien l’écoute de la parole, qui permet à la parole effectivement d’être entendue, enfin !! À toujours évoquer la « libération de la parole des femmes », on nous enferme de nouveau dans une culpabilité, celle du silence, supposé consenti.
Autre chose : cessez de parler de pédophile !! Ces gens ne sont pas des « pédophiles » ce sont des pédocriminels !!
Merci Et merci pour l’ensemble de vos émissions !!

Juste pour vous informer que j’ ai été victime d’ un viol à l’hôpital lors de mes 16 ans et ce, juste au moment d’une prise en charge en urgence à l’hôpital après un accident de voiture dans lequel j’ai perdu un ami cher.
En effet, l’ infirmier (ou autre personnel médical) qui se chargeait de me déshabiller juste avant d’ entrer dans la salle d’opération a profité de mon état de faiblesse (complètement secoué par l’accident, même si mes blessures étaient bénignes) et de traumatisme pour en profiter.
J’ ai occulté cet événement jusqu’à mes 48 ans. Au moment où j’ai dû subir une anesthésie générale pour une opération. Quelques jours avant, j’ai fait une énorme crise de panique… et tout à coup je me suis souvenu !! J’avais, en effet, peur que l’on dispose de mon corps en toute liberté et c’est la raison pour laquelle j’avais une immense peur de cette anesthésie !! Je me souviens avoir tenté avec ma petite force du moment, de donner des coups de pieds à mon agresseur… Par conséquent, je me suis souvenu de cet événement traumatisant 32 ans après les faits !!!
Il y avait donc prescription !!
J’ ai aujourd’hui 55 ans, célibataire et sans enfant. J’ ai passé une bonne partie de ma vie avec un suivi psy. Et il est fort probable que cet événement traumatique a eu une incidence sur ma vie affective, voire même sociale et professionnelle. Il faut dire que coup sur coup, j’ ai vécu 2 traumatismes en même temps ! Merci de votre émission

J’ai subi deux viols et quand j’ai eu la force de parler, notamment pour le premier à mes 12-13 ans…
J’ai été mal reçu dans mon témoignage.
Les gens demandent pourquoi un enfant ( car j’avais toujours une âme d’enfant à cet âge) ne dénonce pas, mais ne se demandent pas si l’enfant a les mots, le pouvoir de s’exprimer ou même la compréhension de ce qu’il subit.
Je suis toujours choquée par l’attitude et les paroles de certaines.
Quand j’ai parlé la première fois, on m’a répondu que ce n’était pas bien grave car j’avais déjà 13 ans …
Voilà l’accueil que j’ai reçu …
Et ensuite dans mon entourage je n’entendais que des louanges de cette personne car c’était un “ami” de la famille.
J’ai donc fini par garder mon secret pour moi et adulte après avoir eu ma fille j’ai voulu aller en justice et l’on m’a dit que de toute façon il y avait prescription sur les faits …
C’est honteux d’attendre d’un enfant qu’il parle avant la prescription et c’est honteux qu’il y ait prescription l’enfant est en danger et non entendu …
J’ai voulu en parler afin que cet homme n’agresse plus aucun autre enfant ( car pour moi à 13 ans j’étais encore un enfant et j’avais mon âme d’enfant)
Ma relation avec la gente masculine a été écorchée vive.
L’état nous empêche de parler… notre entourage ne veux pas nous entendre et encore moins nous aider …
Pour ma part ce que j’ai vécu était incestueux car c’était un “Tonton” reconnu de la famille…
On nous attaque alors que nous sommes victimes …
C’est dommage.
Moi j’ai 35 ans et je vais mieux.

Quand j’avais environ 6/7 ans, mes parents nous ont envoyé mes frères et moi passer des « vacances à la ferme ». J’ai subi des violences sexuelles de la part du « grand père ». Maintenant j’ai 47 ans, ce vieillard est sûrement mort depuis des lustres, moi non, je n’oublie pas, chaque jour j’y pense. C’est gravé. Malgré une psychothérapie. J’aimerais effacer ça de ma mémoire et de mon corps.

J’ai 67 ans et le viol que j’ai subi à 17 ans a gâché toute ma vie de femme ! Cet homme était censé me donner des cours particuliers d’histoire/géo, mais un jour il a fermé la porte à clef et m’a dit : « je vais t’apprendre autre chose ». Quand j’en ai parlé à ma mère, elle m’a demandé de surtout ne pas en parler à personne car si mon père l’apprenait, il serait capable de tuer le violeur et irait en prison ! Il m’a fallu 15 ans d’analyse pour surmonter tout ça !

Ma nièce a été violée à 9 ans pendant des années lorsque ma sœur est décédée; avec ses mots d’enfant elle a essayé d’alerter son père qui n’a pas compris! A 29 ans elle a réussi à le dire à son frère, un an après en 2019 elle m’en a parlé, nous avons promis de garder le secret…Elle est suivie depuis et a de graves séquelles. Elle croise son violeur de temps en temps qui baisse la tête, il y a certainement d’autres victimes mais elle n’a pas voulu que j’intervienne; je suis révoltée de ne pouvoir l’aider!!!

Je suis art-thérapeute, il y a quelques années, j’ai reçu dans mon cabinet une jeune femme qui avait été victime de violences sexuelles graves et répétées dans son adolescence, elle avait des troubles psychiques majeurs et portait des atteintes à sa vie régulièrement. malgré des prises en charge multiples, médicales, psy, éducatives, j’ai été selon sa parole, la première professionnelle à l’avoir écoutée et crue. Cela m’a semblé vraiment incroyable et j’espère que nous sortirons bientôt de ces manquements graves.

Les violeurs sont aussi des pères, des grands-pères, des oncles et j’ai remarqué que souvent, quand le viol est révélé dans la famille, celle-ci prend des mesures pour que la honte ne s’abatte pas sur elle. On ne parlera plus au grand-père, mais celui-ci ne sera pas déféré devant la justice et n’ira pas en prison.

J’ai grandi dans le basket, de 8 à 18 ans. Le jour où le gardien du gymnase a reluqué par la porte des vestiaires des filles, je l’ai signalé haut et fort, à 12 ans environ, j’avais l’envie de lui faire honte, les copines m’ont soutenue et ont relayé la « plainte » aux adultes ; il a été ‘sermonné’ … Plus tard, le père d’une des coéquipières qui nous accompagnait, transportait, coachait (!) … qui baladait ses mains sur les cuisses des jeunes joueuses : Comment et à qui dire ces choses ‘subreptices’, vicieuses, quand on est enfant ?
La solution est sûrement dans l’éducation : apprendre aux filles (et aux garçons, bien sûr) que les attouchements – pour le moins ! – ne sont pas normaux, ni anodins, et graves, voire très graves, et INTERDITS !
Dans les situations que nous entendons actuellement, il y a la pression y compris familiale qui condamne au silence (l’enjeu est la performance : tu seras champion, championne mon enfant). Apprenons aux enfants à ne pas payer ce prix-là !! Leur DIGNITÉ n’a pas de prix. Il faut les préparer 1) à ne pas accepter, 2) à dénoncer pour leur propre sauvegarde !!

J’avais 8 ans quand mon frère, de 9 ans mon aîné, se mettait dans mon lit, le soir. Des flashs sont revenus, il y a peu, Je ne peux rien faire.J’ai 58 ans, c’est toujours présent dans ma tête. Je voudrais lui dire en face, seule à seul….

Immense merci de parler des agressions sexuelles, des viols et violences faites aux femmes et aux hommes .
J’ai 62 ans et j’ai posté hier un témoignage qui relatait des attouchements et viol qui datent de 50 ans . C’est grâce à toutes les femmes qui ont pris la parole que j’ai pu le faire et votre action de donner la parole aux femmes à ce sujet sur votre antenne participe à faire que je peux être une femme qui se relève se redresse. Une question : Que font les hommes qui assistent à des situations d’humiliation, d’agression comment peuvent-ils sortir de la complicité silencieuse. Il faut envisager des endroits de parole et de formation pour préparer les garçons à dire non à leurs copains dans ces situations. Faire témoigner des femmes des hommes qui ont été agressés dans les écoles et accompagner la prise de conscience et travailler sur le positionnement des hommes. Ils ont à se désolidariser et à se positionner face à d’autres hommes . A l’école, dans l’entreprise etc…

A partir de quel instant flirter avec une femme devient une agression sexuelle ? Un regard échangé?? Quels mots dire ou ne pas dire ? Quelle distance physique?20cm?80cm?1m?10m? Comment et ou faire des rencontres sans risque d’être qualifié d’agresseur. Pourquoi pas comme pour la conduite routière, faire passer un permis !! Que conseillez-vous ??

On se demande pourquoi il y a de moins en moins de condamnations…
J’ai exercé durant 15 ans la profession d’avocate. Je me souviens très bien d’un président de Cour d’Assises m’expliquant qu’il y en avait « marre » de sessions uniquement « encombrées » d’affaires d’incestes.

La difficulté de parler réside dans le fait que la famille se dissout, je l’ai vécu et en souffre d’autant plus que je n’ai jamais revu feu mon frère. Il n’empêche, le révéler a été possible grâce à mon psy qui m’a enjointe à écrire un courrier à mon tortionnaire avec A/R, et même si ce fut une horreur, ma mère vivant toujours avec cet homme qui m’avait adoptée de façon plénière, parce que je savais l’enfer qui s’en suivrait.

Et d’ailleurs, autour de moi, beaucoup ont été violées et n’en sortent jamais, cela est accompagné de violences physiques. c’est la raison pour laquelle, beaucoup se taisent, par peur. Les années passant, plus rien ne leur fait peur. Et non, les faits sont les faits, et ON N’OUBLIE PAS, JAMAIS !!!

Je suis étonnée qu’il ne soit jamais question de la responsabilité des parents concernant leurs enfants mineurs et des agressions qu’ils ont pu subir. Car il y a fréquemment sinon culpabilité tout au moins un défaut de protection.

Les hommes représentent plus de 95 % de la population carcérale, leur mise en danger à tous les âges de la vie est très forte. Qu’est-ce qui ne va pas chez les hommes ? Les hommes pourraient-ils être « victime » d’une sur masculinité de nos sociétés ? Au secours mesdames.

Ayant vécu des agressions très jeune (9 ans) dans le cadre d’un lieu d’accueil et par une personne handicapée « gentille » que je n’ai jamais pu dénoncer, à plus de 60 ans je m’interroge aujourd’hui sur le fait de porter plainte, même si ce ne sera pas recevable juridiquement au vu de la prescription.
Le lieu et les gens étaient des « sauveurs » et protecteurs pour nous, et je n’ai jamais pu m’exprimer, et quand je l’ai tenté : être entendue et écoutée. Sans compter une forme d’empathie coupable, le responsable des faits étant handicapé…
Mais à ce stade de mon parcours de vie et thérapeutique, je vois ceci comme une maison qui ne peut être décorée, ni illuminée car elle reste sale, métaphore pour partager ce sentiment qu’un « noyau dur » de douleur ne cède pas, même à des années de thérapie, et doit peut-être être livré…
Merci pour vos émissions, et l’entretien de ce matin, qui nous font avancer, à n’importe quel âge, quel que soit le temps passé.

A la question d’un auditeur, pourquoi les victimes ne parlent pas ?
Au-delà du traumatisme, certains violeurs, pour ma part un proche, m’a toujours assuré qu’il faisait cela par amour. Je n’ai pas de souvenir de violence physique, peut-être même du plaisir. J’avais 8 ans et c’est inapproprié. Je n’ai jamais parlé. Ce pauvre homme qui fréquentait des orgies pédophiles a été inquiété par les autorités et a avoué tous les crimes sexuels prescrits. Il m’a violé une seconde fois en avouant ses actes. Imaginez à 36 ans qu’on vient me demander si c’est vrai…. Pas de plainte possible, main courante traumatisante faite par un pauvre gendarme qui s’attendait à plus de détails salaces. Le violeur est libre, il a la garde de ses enfants…. et moi je suis dépressive et toxicomane depuis 8 ans, quand il a parlé

Ne faudrait-il pas aussi poursuivre en justice les personnes en responsabilité (ex dans l’affaire Abitbol, le ministre des sports avait été mis au courant et n’a pas agi !) qui ne réagissent pas et laissent ainsi le prédateur continuer ses agressions ? Ne sont-ils pas les complices conscients des prédateurs ?

Bien avant que la loi classe le viol comme un crime je le considérais ainsi. Mais on se focalise sur les agresseurs. La séduction outrancière existe. C’est un détestable jeu de tentation chez certaines femmes ou filles. Il ne faut pas le nier.

J’avais 10 ans, je suis passé entre les mains d’un pédophilie j’en suis encore choqué. Je suis un homme de 56 ans.

MON PÈRE M’ABUSAIT DES MES 3 ANS….JUSQU’À MES 17 ANS OÙ JE L’AI MENACÉ DE TOUT DIRE S’IL TOUCHAIT À MA PETITE SŒUR DE 4 ANS. J’AI TOUT OCCULTE JUSQU’À SON DÉCÈS IL Y A 4 ANS J’AVAIS 65 ANS ET CE N’EST QU’A PARTIR DE CE MOMENT QUE J’AI FAIT LA DÉMARCHE D’UNE PSYCHOLOGIE THÉRAPIE. …LE PLUS DIFFICILE…OSER LE MOT VIOL…. LE DIRE À MON MARI PUIS À CHACUN DE MES ENFANTS. TOUS AIMAIENT MON PÈRE MAIS TOUS CHACUN À LEUR TOUR M’ONT PRIS DANS LEURS BRAS… ET ONT COMPRIS MON SILENCE….

Je pense que l’éducation dès la plus tendre enfance à l’égalité hommes femmes et au respect de l’autre devrait être la principale préoccupation des hommes et femmes politiques.

Seuls vos invités évoquent brièvement les moyens insuffisants de la justice. L’actualité est là aussi : économiser n’est pas une perspective d’avenir. Investir et dépenser pour le bien être devrait être la norme. Tout le monde lutte!!! Ne soyez pas timides !!!!

Pensez-vous que la prison est la meilleure peine à donner à ces criminels ? Ne les rend-t-elle pas »pire ». Un encadrement et des thérapies, une « rééducation » ne seraient-ils pas préférables ?
De plus, ne faut-il pas agir dès l’école sur l’éducation des enfants pour changer les comportements à l’avenir ?

J’ai eu une amie victime de pédophilie (inceste par son oncle) qui militait pour une association l’Ange Bleu, sensibilisant sur le manque de prise en charge de cette maladie psychiatrique qu’est l’envie pédophile, qui fait qu’une personne intéressée par le sexe d’un enfant n’a le choix que de passer à l’acte ou de se suicider !

La notion d’éducation : mère d’une fille née en 2002 et que j’élève seule, j’ai, dès son plus jeune âge , utilisé les faits divers énoncés pendant les informations pour l’éduquer concernant des notions de droit et d’abus de pouvoir des agresseurs.
Le jour où elle m’a demandé , et alors qu’elle était en 1ère année d’école maternelle si 2 de ses camarades « avaient le droit de jouer avec ses fesses  » , je n’ai pas hésité à aller voir l’institutrice . L’affaire a été traitée en interne , et il s’agissait effectivement d’agressions , pas de jeux d’enfants.
Plus tard , j’ai su que le garçonnet avait des relations incestueuses avec sa mère….et que la fillette associée à l’histoire regardait des films pornos avec le mari insomniaque de sa mère.
Depuis , tout va bien. Ma fille est féministe, définitivement je l’espère.

Il faudrait éduquer la justice et la police pour qu’il n’y ait pas de non-lieu
Et que les accusés soient condamnés

Nous avons tous fait semblant de découvrir ce que Matzneff avait fait et avait écrit comme pédocriminel. Il est désormais unanimement dénoncé, – Très bien.
Mais est ce qu’il n’y en a pas d’autres, actuellement ? Parce que dans 20 ans, on ne pourra plus dire « on savait, mais c’était une autre époque ! »

Je suis pour une meilleure gestion des violences sexuelles, de leur traitement, des preuves, de l’accompagnement des victimes.
Mais, dans le cadre ou la société gère correctement ses violences, je ne suis pas choqué pas une prescription. Et, surtout je suis contre la communication des violences sexuelles sans jugement. Les gens ont le droit de communiquer. Il y a le devoir de communiquer que ce n’est pas un jugement. Il est trop facile de juger dans l’instant. Bien que cela puisse aider à libérer les femmes. On en vient à croire que tout homme est un violeur et toute femme une violée.

Je rêve d’un monde ou si une femme écrit un livre en relation avec des violences subies, ce ne sera QUE pour des raisons personnelles et également pour médiatiser une cause qui n’avancerai pas autrement … Un homme aurait-il eu ce besoin ou le simple dépôt de plainte aurait suffi à CE QUE LA JUSTICE SOIT EFFICACE ?

Travailleuse sociale depuis quarante ans, je ne suis pas sûre que la loi française est insuffisante. Depuis plus de 30 ans on nous dit que les policiers en charge des dépôts de plainte suivent des formations pour mieux recueillir les plaintes de femmes victimes de violence. Or pour diverses raisons les policiers continuent à faire barrage à une procédure judiciaire en consentant tout au plus à faire déposer des mains courantes.
Sans parler de l’accueil peu amène, voire suspicieux que subissent les femmes qui se présentent non accompagnées.
Une travailleuse sociale détachée du Conseil Départemental est intervenue à mi-temps auprès du commissariat de Besançon durant quelques années. Les crédits n’ont pas été renouvelés et le poste supprimé. Sa présence était une garantie d’un accueil non jugeant et d’une écoute attentive et favorisait l’enregistrement de la plainte sans commentaires superflus ou tentative de minimiser la gravité des faits dénoncés.
De plus l’application de la loi par les tribunaux est en France encore largement incarnée par des hommes .
Me Too , en relayant la libération de la parole des femmes célèbres qui ont eu accès aux médias et ont dénoncé des prédateurs jusqu’ici tout puissants, est devenu une sorte de Tsunami. Tant que la vague sera renforcée par les témoignages , elle intéressera les médias.Tant que cette question sera médiatisée les responsables
politiques seront obligés de réagir. Mais gare aux effets d’annonce . La mentalité dans la société ne changera pas fondamentalement si la question de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux personnes vulnérables ne devient pas une priorité nationale de tous les instants qui devrait concerner autant l’éducation, que la justice, la santé, le travail etc.

Au cours du « téléphone sonne » du 30 janvier, un auditeur a fait remarquer que parler « d’abus sexuel » (pratique avec excès) était une façon d’édulcorer ce qui est en réalité une « agression ». En droit français l’abus sexuel n’existe d’ailleurs pas et si on l’emploie, par exemple la hiérarchie ecclésiastique…, cela minimise un peu l’affreuse réalité de l’acte de maltraitance qui est une agression (définie par le droit français). L’auditeur a fait remarquer qu’il s’agissait de la paresseuse traduction de « abuse » en anglais. Cela me conforte une fois de plus dans l’affirmation que l’usage du copier-coller à partir de l’anglais conduit à utiliser des « faux-amis » et donc à déformer le sens de ce qu’on dit ! Pour sourire un peu à l’occasion de ce « téléphone sonne » grave et même poignant, j’ai relevé qu’une intervenante avait trouvé « déceptif » le propos d’un interlocuteur !