Jean-Paul Delevoye et les retraites

L’émission « Le Téléphone sonne » sur France Inter recevait mardi 5 novembre Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire aux Retraites, pour évoquer la nouvelle réforme qui prévoit notamment la fin des régimes spéciaux. Un sujet qui a fait réagir les auditeurs, nombreux à nous écrire.

Je suis infirmière en hôpital public, née en 1964. J’ai un statut particulier. Je fais partie de la catégorie « active ». En 2011, on nous a demandé de choisir entre « catégorie active B, salaire un peu plus bas, mais retraite possible à 57 ans ou catégorie sédentaire A, salaire un peu plus élevé, mais départ en retraite seulement à 62 ans ». Si je comprend à partir de la nouvelle réforme, la catégorie active va disparaître. Donc les personnes qui étaient restées dans la catégorie B, et qui n’auront pas encore pris leur retraite au moment de la nouvelle réforme vont perdre le droit de partir à 57 ans et perdre au niveau du salaire par rapport aux infirmières passées en catégorie A. Perte qui s’apparente à peu près à 100 euros par mois depuis 2011. Y aura t il un rattrapage, ou pourrons nous prendre notre retraite à 57 ans comme promis en 2011??? Laurence Sainsard Infirmière à l’hôpital d’Étampes, en réanimation et épuisée après 33 ans d’activité soignante à soulever des personnes de tous poids, à travailler de nuit, de jour, à travailler les week-end et toujours prête à faire le maximum pour les patients malgré tout.

Je suis enseignant en Alsace depuis plus de 25 ans. Lorsque je suis entré dans le métier, le contrat était le suivant : les salaires ne sont pas mirobolants dans la profession (les conditions se sont encore dégradées avec un quasi gel du point d’indice depuis 2010), mais la retraite était correcte, car indexée sur les derniers salaires (les 6 derniers mois). De plus lors de mon entrée dans le métier, il fallait 37,5 années de cotisations pour une retraite à taux plein. Aujourd’hui, il faut 42,5 ans.
La cotisation retraite des fonctionnaires a été relevée depuis plusieurs années (elle était historiquement inférieure à celle du privé, mais pour des salaires eux aussi inférieurs, à compétence égale).
Durant toute ma carrière, j’ai accepté cette modération salariale (un ami ayant le même niveau d’étude, cadre dans le privé a pendant des années gagné plus de 1000 euros nets de plus que moi, ce qui lui a éventuellement permis d’épargner pour sa retraite) et maintenant que j’atteins la cinquantaine (je suis né en 1969) je me verrai touché de plein fouet par ce projet de réforme, trop « jeune » pour y échapper… trop « vieux » pour qu’une hausse des salaires (très improbable vu les déficits) viennent compenser la perte liée à la réforme du régime unique.
D’après mes dernières simulations, je perdrais près de 500 euros de retraites, avec un niveau de pension qui ne me permettrait même pas de payer une maison de retraite.
Et qu’on ne vienne pas me parler de l’intégration des primes dans le calcul de la retraite, la plupart des enseignants n’en ont quasiment pas !
Heureusement j’aime mon métier, mais je trouve que notre travail, pourtant essentiel pour l’avenir de notre société, n’est pas reconnu.

Le gouvernement parle en permanence d’équité de traitement entre tous les travailleurs ! Mais prend il en compte les inégalités de salaires : les cadres diplômés de la fonction publique sont bien moins payés que dans le privé à diplômes et compétences égaux !!

J’ai reçu mon relevé (50 ans). Pour partir à taux plein, je dois travailler jusqu’à 67 ans. J’ai commencé à 16. Mais j’ai des années incomplètes (3) où j’ai validé un, deux ou trois trimestres. Je ne me vois pas travailler si longtemps. Mais, est ce que je vais avoir le choix? A 62 ans = 1100€ contre 1600€ à 67 ans!

Aujourd’hui je peux évaluer ma retraite future en Euros, demain avec les points c’est impossible, sa valeur sera ajustée certainement à la baisse vue l’augmentation de l’age des français, donc baisse garantie des retraites!
pour un Euro cotisé on a le même nombre de points : c’est injuste, car il y en a qui ont beaucoup plus de mal a gagner un euro… la garantie que la disparité sociale sera encore plus dure à la retraite !

Le niveau de diplôme requis pour trouver du travail augmente, mais nous sommes obligés de cotiser pendant 42 ans. Conclusion les gens qui font des études sont pénalisés alors que le marché du travail paie de moins en moins bien les diplômes qui sont seulement une barrière contre le chaumage. Ne pensez vous pas que vous allez décourager les jeunes de faire des études supérieures ?

Je ne suis pas fonctionnaire, éducateur dans le médico-social. Cependant nous sommes alignés sur le fonctionnariat (en 2018 +0,49% !!!) mais sans le bénéfice de la fonction publique. Concernant la retraite, nous sommes en régime privé, concernant la pénibilité, accompagner des personnes en situation de handicap psychique n’est pas évident, bref il n’y a pas que la fonction publique et la pénibilité n’est pas que physique.
PS : je travaille depuis 27 ans dans cette association, pas de primes, 20000€ par an.

On dit souvent qu’il faudra travailler plus longtemps car il y a plus de personnes à la retraite (vieillissement de la population) mais est-ce qu’avec la génération baby-boom qui arrivera en fin de vie on ne va pas avoir un appel d’air et une baisse du besoin de cotisations ?

Deux questions :
1) Pourquoi ne pas mettre en place un système de retraite commun aux travailleurs européens ? Il existe déjà une monnaie unique, l’euro. Un système de retraite européen servirait de budget européen.
2) pourquoi le système de retraite proposé ne prévoit pas le calcul de la pension de retraite à partir d’un pourcentage des revenus d’activités ? Comme par exemple 70 % des revenus moyens mensuels sur 25 ans.
Le système de point proposé ne permet pas aux travailleurs d’anticiper le montant de leurs futures pensions puisque ce point a vocation à varier au fil du temps en fonction de la croissance ou des récessions.

J’apporte un témoignage concernant la retraite à venir d’une femme qui, à 65 ans travaille toujours et jusqu’à 67 ans. Pourquoi ? Dans 2 ans elle recevra une retraite mensuelle de… 600 euros environ. Voici son parcours : 3 ans de secrétaire, 30 ans de commerce avec son mari mais dont le chiffre d’affaire de ce commerce n’a jamais permis de cotiser, divorce, travaille comme caissière puis depuis 8 ans secrétaire dans un collège. Sans oublier qu’elle a élevé 2 enfants. Elle a donc travaillé toute sa vie et travaille encore pour bientôt une retraite de 600 euros! Comment vivra-t-elle ?

J’ai 60 ans 1/2, je prends ma retraite après 180 trimestres travaillés au lieu de 167 je suis taxé de 10% sur la complémentaire car je pars trop tôt je suis carrière longue si le calcul change pour le calcul a points ma retraite sera-t-elle révisée ?

Cette reforme est formidable ! Les chiffres avancés par M. Delevoye pour les profs ne mettent en avant que les changements positifs mais comment vérifier ? C’est très simple qu’ils nous donne des exemples précis actuellement et dans le futur car à priori les enseignants seront de très grands perdants même en prenant en compte les primes c’est du blabla car les prévisions sont très négatives pour les profs. Donnez vos simulations si vous voulez qu’on discute on doit avoir les mêmes données sinon ce n’est que de la manipulation. Faire la loi avant que les gens ne puissent réagir c’est tout simplement nier la démocratie. Non une avancée.

Que prévoyez-vous pour les chercheurs de l’INSERM et du CNRS qui rentrent tard dans la fonction publique et sont sou-payés? En rentrant à 35 ans il faut travailler après 70 ans pour cotiser le temps nécessaire pour avoir une pension à taux plein. D’autre part est-il juste de calculer les retraites sur les 20 dernières années alors que les salaires ne correspondent pas au niveau d’études et d’investissement dans ces professions. En fin de carrière en France un chercheur est payé comme un post-doctorant en Allemagne ou un technicien en Grande-Bretagne.

Qu’allez vous faire pour les gens du bâtiment par exemple qui travaillent dans des sales conditions météorologiques, avec des rendements excessifs, du physiques très violent pour l’organisme passé un certain ages et de sales salaires, qui vont devoir travailler jusqu’à 68 ans et finir 10 ans plus tard sous terre car ils seront usés !!! merci

Les vraies inégalités c’est que les revenus du capital ne sont pas traités comme les revenus du travail. Les revenus du capital bénéficient de niches et d’exonérations sans parler de l’optimisation fiscale ! On nous fait croire que les retraites coûtent cher qu’il faut faire des économies au dépend des personnes qui ont travaillé toute leur vie alors que les personnes qui ont un capital qu’elles n’ont pas toujours acquis par le travail peuvent s’enrichir encore et toujours davantage.

Juste un mot pour vous dire qu’hier les explications de Delevoye c’était de la bouillie pour chat. En gros c’était incompréhensible et un vrai moulin à paroles. Un seul ex : à la question est-ce que la valeur du point peut baisser, la réponse c’est non car écrit dans la loi puis 5 minutes qui suivent qui invalident quasiment cette première réponse ( commission d’experts etc).
Or de toutes manières bien malin celui qui peut dire ce qui se passera dans 40 ans… Conclusion : l’inviter c’est peut être obligé mais cela ne sert à rien, sinon à laisser se dérouler une opération de propagande.

Quand je suis entré dans la monde du travail, la règle pour la retraite pleine était 60 ans avec 37,5 années de cotisation.
Je pars avec la règle suivante : 62 ans, 42 ans de cotisations et un abattement de 10% sur la complémentaire. Ce n’est pas un changement de contrat social ? Je n’ai jamais entendu un journaliste/chroniqueur évoquer ce sujet à l’antenne.

Vous parlez d’un contrat signé par les cheminots, pour les retraites ! Mais pour tous les salariés, il y a eu un contrat signé, et ceux qui arrivent comme moi à 55 ans, ce contrat l’état est en train de le casser ! que fait – on pour le privé ? On a cotisé dans un système qu’on dit, ne va plus n’exister !