La souffrance des personnels hospitaliers

© Getty / Martin Barraud

Retrouvez les messages, témoignages ou réactions, des auditeurs à la suite des reportages sur la souffrance des personnels hospitaliers diffusés cette semaine sur les antennes :

La souffrance des personnels hospitaliers qui s’organisent à la veille demain d’une grosse journée de mobilisation en France

Le zoom de la rédaction de Véronique Julia

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L’histoire des urgences pour en comprendre la crise

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Les reportages sur France Bleu

Je suis infirmière de bloc opératoire depuis 30 ans dans un hôpital général avec 8 salles d’interventions. J’étais gréviste et réquisitionnée. J’ai opéré des gens qui n’auraient pas pu être opérés dans une clinique vu leur contexte de santé. Je ne suis pas gréviste d’habitude, mais aujourd’hui hui c’est pour ce genre de patient que je me bats. Mais cela devient difficile d’avoir encore l’envie et la foi vu la pression pécuniaire que l’on nous met tous les jours.

A mon avis il conviendrait de ne pas dissocier la situation inquiétante des hôpitaux de la situation catastrophique de la médecine de ville… trouver un médecin généraliste…. trouver une consultation spécialisée relève de l’exploit même dans une grande ville !!..
je suis médecin… et je passais mon temps à refuser de donner des rendez-vous..parce que j’ai mes limites…. et on ne peut les dépasser sans risques nuire aux patients merci et vive France Inter

Un ami médecin me disait que le vrai problème de l’hôpital c’est qu’il est devenu une entreprise comme une autre où tout se calcule à la rentabilité et que les directeurs sont assez loin des réalités des soignants. Pouvez-vous en dire plus ?

Mon médecin est une femme qui a succédé à son père qui travaillait 4,5 jours (0,5 pour voir malades à l’hôpital) de 8h30 à 20h(30) et prenait une semaine de temps en temps. Sa fille travaille 4 jours/semaine de 9h à 19h maximum et prend toutes les vacances scolaires. Conclusion : 5 ou 6 semaines pour soigner une bronchite !!! Je cherche à changer de médecin car je refuse d’aller aux urgences pour une bronchite. Beaucoup de jeunes femmes médecins souhaitent une qualité de vie pour s’occuper de leurs enfants et leur vie de familles. On les comprend mais … Par ailleurs la parité hommes/femmes n’existe absolument pas : elle devrait être installée. serait-ce une solution ??? puisque les femmes supportent une charge mentale bien connue.

Je suis spécialiste en médecine générale en libéral en Charente, département en désert médical. Je ne peux pas laisser dire que l’hôpital va mal parce que la médecine de ville ne fait rien et qu’on envoie systématiquement nos patients d’EHPAD aux urgences. C’est faux !!!!! Nous aussi souffrons de la carence de médecins, au quotidien, que ce soit en ville ou à l’hôpital. Et nous aussi tirons la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. TOUT le système de santé souffre. Je ne tire pas sur l’hôpital car je sais qu’il est en souffrance, comme moi. Merci de ne pas tirer sur les autres soignants, ceux qui ne travaillent pas à l’hôpital. Je soutiens ce mouvement des hospitaliers, mais espère que ce ne sera pas encore au détriment de la médecine générale de ville. Merci de votre émission et de votre écoute

Je viens de prendre ma retraite, j’étais médecin spécialiste. Je n’ai pas trouvé de successeur . C »est un déchirement pour mes patients et pour moi. Alors que je vois que les services hospitaliers arrivent à recruter (en quelques années 5 médecins de ma spécialité à quelques dizaines de kilomètres de chez moi). Si les médecins hospitaliers étaient si malheureux pourquoi ne viennent-ils pas nous succéder dans nos cabinets ? Peut-être est-ce le nombre d’heures qui leur fait peur : j’étais obligé de faire 60 heures par semaine en fin de carrière et je n’avais pas leurs 9 semaines de vacances par an !!! Vous voyez, ça me rend amer. En 34 ans j’ai vu le nombre de médecins dans l’hôpital de ma petite ville multiplié par 9 ! Alors que le nombre de spécialistes libéraux a été divisé par 8 ! Mais en ce moment on ne parle que des médecins hospitaliers, je les connais bien, je faisais des vacations hospitalières.

Et voilà, encore une fois vous ne donnez la parole qu’aux médecins. Je suis infirmière et en ai marre que vous nous imposiez, en temps que journaliste, leur tutelle. Le bazar est du en partie à la compromission des chefs de services des années 1990…

Mon père, 85 ans, a fait une crise de démence en soirée. Il a été amené aux urgences par les pompiers. Il a été ramené à 3h30 du matin chez lui où seule la mère, 75 ans, attendait. Je pense que cela résume tout…

Les hôpitaux souffrent d’un manque de moyens. Qu’en est-il des consultations privées que de nombreux médecins spécialistes délivrent au sein de l’hôpital public ? Ils utilisent à leur profit les moyens publics : secrétariat, locaux, électricité, … et d’une certaine façon imputent les moyens alloués au service public.

Un peu de courage politique est nécessaire pour faire comprendre aux français que le seul financement des hôpitaux vient des impôts et que pour améliorer les choses il faut donc augmenter les impôts !!

Un peu de courage politique est nécessaire pour faire comprendre aux français que le seul financement des hôpitaux vient des impôts et que pour améliorer les choses il faut donc augmenter les impôts !!

Depuis ~ 15 ans le nombre et le poids des directeurs se sont imposés au détriment du terrain : HPST 2007; organisation en pôles, pour lesquels un seul praticien est l’interlocuteur de la direction; surveillantes, surveillantes-chefs, infirmières générales devenues cadres, cadres-sup, DIRECTEURS de soins, … donc le doigt sur la couture du pantalon des directeurs, lesquels n’ont aucune formation médicale (exception française), et se trouvent en charge de secteurs totalement hors de leurs domaines de compétences autoévaluations, passant de DRH à directeur des travaux, des finances, de la communication !!!
autoévaluations préparatoires aux visites de certification HAS complètement bidonnées : ceux qui risqueraient de l’ouvrir sont priés de ne pas être présents au moment des visites. Projets d’établissements réduits à des lubies de regroupements/fusions, donc s’éloignant de plus en plus du terrain. Autrefois les directeurs d’hôpitaux étaient des humanistes, proches du terrain et pas moins efficaces dans la saine gestion.

Infirmière de nuit depuis 30 ans salaire à 2000 euros qu’en pensez-vous ? Le travail de nuit dans le public est-il plus fatiguant, moi je travaille à 35h non à 32h

Ma famille habite la région de Cherbourg dans le Cotentin. Beaucoup de ces personnes sont maintenant âgées et elles ne veulent plus aller à l’Hôpital… Leurs expériences, les récits des prises en charge bâclées faute de temps et de personnel, des temps d’attente, aux urgences incroyables…plus de 30h sur un brancard pour un de mes oncles. Sans parler des délais d’attente pour des examens qui peuvent pourtant s’avérer d’urgence vitale et de l’impossibilité pour les personnes de trouver un médecin traitant quand le leur part en retraite…J’ai la chance d’habiter une région où les choses se passent « un peu » mieux mais je ne comprends pas qu’on laisse des bassins de population dans un tel désarroi. Ne plus vouloir se soigner pour ne pas avoir à subir l’insupportable quand on est déjà dans une situation de vulnérabilité quant à sa santé, ce ne pas acceptable !

Ma famille habite la région de Cherbourg dans le Cotentin. Beaucoup de ces personnes sont maintenant âgées et elles ne veulent plus aller à l’Hôpital… Leurs expériences, les récits des prises en charge bâclées faute de temps et de personnel, des temps d’attente, aux urgences incroyables…plus de 30h sur un brancard pour un de mes oncles. Sans parler des délais d’attente pour des examens qui peuvent pourtant s’avérer d’urgence vitale et de l’impossibilité pour les personnes de trouver un médecin traitant quand le leur part en retraite…J’ai la chance d’habiter une région où les choses se passent « un peu » mieux mais je ne comprends pas qu’on laisse des bassins de population dans un tel désarroi. Ne plus vouloir se soigner pour ne pas avoir à subir l’insupportable quand on est déjà dans une situation de vulnérabilité quant à sa santé, ce ne pas acceptable!

De l’argent, dans le domaine de la santé, il y en a.
Cependant il est capté par des groupes privés avec de gros profits, par des praticiens surpayés dans les cliniques privées. L’Etat devrait reprendre la main sur cette manne et ne pas laisser l’hôpital public uniquement effectuer les actes peu rentables.

44 ans d’ancienneté, psychologue hors classe, je gagne net 2500 euros Bac+5, toute une carrière à auto-financer les formations pour développer des compétences faute de budget de formation permanente Est-ce satisfaisant?
Des moyens gelés depuis des années, des salaires gelés depuis des années C’est une mort de l’hôpital que l’on organise pour toujours plus privilégier les soins en libéral alors que les actes de psychologie ne sont toujours pas remboursés par la Sécurité Sociale.

J’ai quitté l’hôpital, le jour où j’ai laissé mourir des patients tout seuls.
C’était il y a dix ans. Je travaillais dans un service de médecine palliative oncologique. Donc j’imagine même pas ce qui doit se passer maintenant.

Je suis infirmière diplômée en 1999. Mon 1er poste était aux urgences pédiatriques de l’hôpital Necker et ce que j’entends existait déjà à l’époque… Le sentiment que rien ne change, et semble-t-il empire.
Je suis partie travailler en Suisse où les conditions étaient tellement meilleures. Puis la Belgique où je retrouvais les conditions de la France.
Burn Out, et voilà, je ne peux plus travailler dans les soins.
J’aime mon métier, il me manque mais je ne peux plus…. Depuis que je travaille…
De vous entendre ce matin, me rend tellement triste ! Merci et s’il vous plaît, faites quelque chose !!!

Je vais vous raconter rapidement mon histoire.Je suis infirmier libéral depuis 1997. En octobre 2016 j’ai été hospitalisé en urgence à l’hôpital de la Peyronie a Montpellier.
Mon état s’étant vite dégradé(réa intubé ventilé)pendant 10 jours.
Puis transfert au MIT maladie infectieuse car je souffrais d’une endocardite.Cela dit,j’ai eu très chaud car je suis passé par une déshydratation intra-cellulaire!.Enfin,tout ça pour dire que j’ai été très très bien soigné,alors que j’étais dans un état grave!!
Merci à eux tous, ils ont été très compétents .Bravo à notre système de santé très performant
avec des professionnels très compétents.

Bonjour, j’écoute et apprécie beaucoup vos émissions. Je suis infirmière et j’ai donc écouté votre émission ce matin avec beaucoup d’intérêt . Or, le monde médiatique parle sans cesse de l’hôpital public, mais c’est l’ensemble du monde du soin qui est concerné. Pendant que des fonds ont été débloqué pour les urgences… Qu’à t on fait pour les autres ? Je suis actuellement en maison de retraite privée. Nous sommes oubliées. Nous ne sommes pas plus payées que le public comme il a été dit ce matin dans votre émission, nous n’avons pas les mêmes avantages que dans l’hôpital public… J’ai connu l’hôpital, j’ai connu la clinique, j’ai eu peur et j’ai peur sans cesse de perdre mon diplôme. Je fais infirmière, secrétaire, médecin, mécanicien, psychologue, assistante sociale etc etc…. Je gère un nombre conséquent de patients à qui j’essaie d’effectuer des soins en regardant sans cesse ma montre , Je me prends le mécontentement des familles sans cesse en silence, je finie à plus d’heure jusqu’à rentrer à plus de 23h le soir et ainsi manquant d’embrasser mes enfants…. Je ne suis pas la seule. Peut être serait il intéressant de regarder en dehors de Paris… Vos invités sont toujours des soignants de l’APHP. D’autres soignants souffrent en silence hors Paris. Un cadre de santé qui se suicide à l’hôpital de Flers, le territoire de Belfort qui manque de plus de 25 aides soignantes dans ses établissements, et des services privés et publics qui connaissent 70 % d’arrêt maladie sur un service, des Infirmières libérales maltraitées….Nous sommes une profession oubliée et maltraitée. Actuellement, je ne connais que des collègues qui veulent changer d’orientation. Et parlons des aides soignantes… Payées le smic pour travailler à temps plein, un we sur 2 comme les infirmières, dévalorisées et traitées comme des femmes à tout faire alors que leur métier va bien au delà de cette considération. Nous sommes des oubliées. Les larmes aux yeux, le dos douloureux, nous allons quand même travailler tous les jours attendant un miracle… Pourvu qu’il n’arrive pas que dans le public….

Je fréquente régulièrement l’hôpital. Il m’arrive d’assister les équipes à différents niveaux à cause du manque de personnel. Même surveiller et maintenir la pression du bras de ma fille pour que l’interne puisse lui ouvrir la main au scalpel, devant moi ! L’hôpital est un service public. Et le service public n’a pas destination à être rentable, ni même à l’équilibre.

Je suis aide soignante et j’ai décidé d’occuper d’autres emplois à salaire égal mais beaucoup moins fatigant. On ne parle pas assez de la pénibilité de la tâche. Porter les patients, se blesser les cervicales, le dos, la difficulté psychologique et la maltraitance des hiérarchies. Ha non merci je laisse ça à ceux qui acceptent. Sans moi!
Sur votre antenne vous ne parlez que des médecins et des infirmières qui on bonne presse et représentent votre niveau social…

Je suis directeur d’hôpital, profession méconnue dans ses difficultés qui porte dans les établissements tous les mécontentements des professionnels de santé.
Je tiens à dire que, comme une grande part de mes collègues, je suis solidaire du mouvement car nous aussi sommes confrontés à une profonde fatigue psychologique liée aux multiples injonctions contradictoires avec lesquelles nous devons composer quotidiennement. M. Demorand n’ayant pas cité ma profession dans son énumération initiale, je souhaitais porter ce trop court et imparfait témoignage pour que l’on n’oublie pas tous les personnels administratifs et techniques des hôpitaux.

Un salaire multiplié par 10, ne multiplie pas les cerveaux, les bras par 10. mais une juste rémunération est nécessaire. arrêtons de financer, gaver les entreprises privées

A signaler que le budget de la sécurité sociale actuellement examiné au Sénat est le budget global de la sécurité sociale, le problème de l’hôpital est en problème en soi. Il faut évoquer le problème de la régulation, en amont , de l’entrée des patients à l’hôpital et de la médecine de ville , et aussi en aval , les structures d’accueil insuffisantes . Tout ces éléments provoquent l’embolisation des hôpitaux et augmentent la charge de travail des professionnels .

Pourquoi demande-t-on à l’hôpital d’être rentable? Demande-t-on à l’armée d’être rentable? Demande-t-on à la police d’être rentable? Un service public doit rester un service public tout est dans la dénomination : SERVICE PUBLIC

Infirmière puéricultrice depuis 16 ans, travaillant à l’hôpital public, je viens de me résoudre la mort dans l’âme à le quitter pour me mettre à mon compte et enfin retrouver un accord entre ma pratique et mon éthique professionnelle. Un deuil difficile à faire et un énorme sentiment de gâchis… Les professionnels de santé sont les seuls me semble-t-il à se mobiliser pour maintenir la qualité de leur travail et non leur salaire.

Les salaires dans l’hôpital public sont misérables, oui ils doivent être augmentés. je suis AMA depuis 20 ans à l’hôpital public et mon salaire est de 1275 €. ce qui me fait rester, j’aime mon métier !!!

Cela va faire 33 ans que je suis IDE(infirmière)J’exerce actuellement en FAM avec des adultes handicapés vieillissants(sur 54, 38 ont plus de 55 ans)et c’est le même constat, on n’en peut plus, la convention66 qui régit notre niveau de salaire n’a pas été révisée depuis sa création, sur 4 IDE, nous sommes 2 à être en réel burn out,au secours!!!
Les EHPAD ne sont pas mieux loties, mais nous, nous cumulons handicap et vieillissement, psychiatrie(sans les moyens médicaux associés, le psychiatre est là au mieux 4 h toutes les 3 semaines, ou 4, ou 5 selon ses disponibilités, sans cellule d’isolement en cas de crise,etc..)c’est une réelle souffrance pour les équipes

Il faut soutenir nos hôpitaux publics : la situation est effectivement inquiétante. Mon fils s’est cassé le bras et dans le premier hôpital la fracture n’a pas été vu car ce n’est pas la bonne radio qui a été analysée (bras droit vérifié au lieu du bras gauche). Cela n’arriverait pas si les hôpitaux avaient des moyens suffisants : humains et financiers. Le monde médical a droit à une meilleure rémunération. En France quand vous arrivez à l’hôpital, on vous demande ce qui ne va pas. Ailleurs on vous demande votre CB. Soutenons les.