Les raisons de la grève à Radio France

mediamétrie micros

Chers auditeurs,
Vous êtes nombreux à poser des questions sur la grève à Radio France.
Voici les réponses de la médiatrice à vos questions :

Pourquoi une grève ?

Les programmes des antennes sont perturbés depuis le début de la journée en raison d’une grève contre un plan d’économies prévoyant la suppression de près de 300 postes.
Les syndicats jugent que le plan de 299 départs volontaires (sur près de 4.800), présenté la semaine dernière lors d’un CSE central extraordinaire par la présidente du groupe, Sibyle Veil, « est dangereux, pour chacun des salariés et pour la pérennité de Radio France ». Dans un courrier envoyé la semaine dernière aux salariés, Sibyle Veil précisait que « 299 postes seront supprimés et 76 postes seront créés pour intégrer à Radio France des profils indispensables pour garantir notre avenir ». La présidente a assuré avoir limité « au strict nécessaire » les départs volontaires. Mais les syndicats dénoncent un plan qui découle de la baisse des crédits de l’audiovisuel public imposée par le gouvernement, qui va accroître la charge de travail des salariés, le recours à des statuts précaires, dégrader la production – volume, qualité et diversité des contenus – véritable valeur ajoutée de Radio France et mettre en péril des savoir-faire (production radio ou spectacle vivant).

Quelles organisations syndicales appellent à la grève ?

Les six organisations syndicales représentatives de la maison ronde ont invité les salariés à cesser le travail. Parmi celles-ci, la CGT appelle à une grève reconductible à partir du lundi 25 novembre, tandis que trois autres syndicats (CFDT, SNJ et Sud) ont déposé un préavis courant jusqu’au vendredi 29 novembre. Enfin l’UNSA et FO avaient appelé à une mobilisation de 24 heures à partir du lundi 25 novembre.

Que demandent les syndicats ?

Les organisations syndicales veulent « le maintien des dotations de l’État pour Radio France, la suppression du « projet de réorganisation de Radio France » contenu au plan stratégique 2022 et qui porte sur le départ de 299 salariés de l’entreprise et l’abandon des projets de recul du cadre social (organisation du travail, congés) »

Que répond la Direction de Radio France ?

La direction respecte ce temps d’expression des grévistes mais précise que : « le projet de transformation de Radio France est nécessaire pour construire son avenir et celui des salariés » et qu’elle « souhaite le mener dans le dialogue ». Elle rappelle que les départs seront volontaires, avec notamment des aménagements de départs à la retraite.

Quelles sont les caractéristiques du projet mis en cause par les syndicats ?

La nouvelle organisation présentée s’inscrit dans la mise en œuvre du projet RF 2022 annoncé en juin dernier. Elle a pour but d’accompagner la transformation, la modernisation et l’adaptation de Radio France afin, qu’en tant que média de service public, elle soit toujours en mesure de parler à tous les Français quels que soient leurs nouveaux usages. Cela passe par la suppression de 299 postes d’ici à 2022 sur 4403 postes CDI au 31/12/2019 et l’ouverture de 236 départs volontaires mais aussi par la création de 76 postes qui correspondent à de nouveaux métiers ou compétences.

Que peut-on entendre sur les antennes ?

Lundi, France Inter et France Culture ont proposé une programmation musicale. La matinale de franceinfo a été en partie assurée. Dans près de la moitié des 44 stations locales de France Bleu, les matinales ont été remplacées par de la musique (source Syndicat national des journalistes).

Mardi, malgré une mobilisation moins forte, les antennes restent perturbées, tant sur les antennes nationales qu’en régions. Sur France Inter, la matinale de Nicolas Demorand et Léa Salamé (la plus écoutée du pays) a pu être diffusée, mais amputée de certaines chroniques et séquences.
A France Bleu, selon le Syndicat national des journalistes (SNJ), la moitié des 44 stations locales n’ont pas diffusé d’informations ce matin, et un tiers ont dû se passer totalement de matinale (contre près d’une sur deux lundi).

Mercredi Il y avait « moins de journalistes » en grève au siège parisien de la radio publique, selon le SNJ, mais les antennes de France Inter et franceinfo étaient perturbées. Du côté des 44 stations locales de France Bleu, la moitié voyait leur antenne perturbée mercredi matin, et la matinale n’a pu être présentée dans 15 locales.

La grève est-elle suivie ?

Vendredi 6/12 : Le taux de grévistes s’élève à 3,69% des effectifs prévus, d’après un décompte communiqué par la direction du groupe.

Jeudi 5/12 : Le taux de grévistes s’élève à 19,59% des effectifs prévus, d’après un décompte communiqué par la direction du groupe.

Mercredi 4/12 : Le taux de grévistes s’élève à 2,31% des effectifs prévus, d’après un décompte communiqué par la direction du groupe.

Mardi 3/12 : Le taux de grévistes s’élève à 2,24 % des effectifs prévus, d’après un décompte communiqué par la direction du groupe.

Lundi 2/12 : La grève contre le plan d’économies à Radio France est entrée lundi dans sa deuxième semaine. Le taux de grévistes lundi s’élevait à 3,28% des effectifs prévus, d’après un décompte communiqué par la direction du groupe

Vendredi 29/11: selon un décompte fourni par la direction du groupe, 325 grévistes ont été recensés mercredi, sur un effectif de 2911 personnes, soit un taux de participation de 11,16%.A l’agenda de la semaine du 25 novembre ?

Jeudi 28/11: selon un décompte fourni par la direction du groupe, 245 grévistes ont été recensés mercredi, sur un effectif de 3019 personnes, soit un taux de participation de 8,12%.

Mercredi 27/11: selon un décompte fourni par la direction du groupe, 245 grévistes ont été recensés mercredi, sur un effectif de 2 954 personnes, soit un taux de participation de 8,29%.

Mardi 26/11 : 11,30% des salariés étaient en grève au deuxième jour du mouvement de protestation. Dans le détail, la direction précise que 339 personnes sont en grève sur un effectif de 3 001 salariés. A Paris, elle recense 190 grévistes sur un effectif de 1 959 personnes, soit une participation de 9,80 %. En région, 149 personnes ont cessé le travail sur un effectif de 1 042, soit un taux de participation de 14,30%.
D’après le SNJ, 45% des journalistes titulaires au tableau de service sont en grève ce mardi.

Lundi 25/11: au premier jour du mouvement, 25,03% des salariés ont fait grève selon la direction. 200 journalistes, soit deux journalistes sur trois avaient cessé le travail selon le SNJ.