Extinction Rebellion, Rokhaya Diallo et Le Cours de l’histoire

Cette semaine, plusieurs sujets ont fait réagir les auditeurs. Pour répondre à leurs messages, Emmanuelle Daviet reçoit Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

Le mouvement Extinction Rebellion

On commence avec ce message de Pierre-Jean : « J’ai appris mercredi dans différents journaux matinaux de France Culture qu’une action de blocage au centre de Londres initiée par le mouvement Extinction Rébellion était en cours et que la police avait évacué 400 manifestants. En revanche aucune information sur ce qui se passe à Paris dans le même cadre. Est-ce la volonté de la rédaction en chef ? Des journalistes chargés du journal ? De la Direction de France Culture ou de Radio France d’occulter ces informations ? »

Il n’y a aucune sorte d’intervention. C’est une question de hiérarchie de l’information. À Londres, l’évacuation était en train de se passer alors qu’à Paris, le mouvement s’installait.

Rokhaya Diallo, invitée de France Culture

Nous avons reçu plusieurs messages au sujet de l’invitée du 9 octobre dans les Matins : « Je trouve déplacer d’inviter Madame Rokhaya Diallo dans votre matinale . Cette personne tient des analyses qui incitent à la haine , au racisme anti blanc. Pourquoi l’avez-vous invitée ? »

Une question intéressante. Pendant toute l’émission, Guillaume Erner a tenu a poser toutes les questions à Rokhaya Diallo sur les polémiques dont elle est l’objet.

Les sujets que développent Rokhaya Diallo sont des sujets importants. L’ouverture à d’autres idées que les siennes font partie de ce que doit faire une antenne. Dès lors qu’elles sont discutées avec un esprit critique.

« Le Cours de l’histoire », la nouvelle émission de France Culture

On termine avec l’émission « Le Cours de l’histoire ». Les avis sont partagés de manière assez équilibrée entre ceux qui apprécient et ceux qui émettent quelques petites réserves.

« Dans cette émission la proportion d’invités est très nettement en faveur des hommes et c’est regrettable surtout dans un domaine où les femmes ne manquent pas. C’est dommage sur une chaîne publique exigeante. »

J’indique à cet auditeur que, vérification faite, lors des dernières émissions la parité a été régulièrement assurée.
Accordez une vigilance particulière à cet équilibre Sandrine Treiner ? Faites-vous des recommandations aux producteurs?

Je suis vigilante à ces questions, mais les productrices et producteurs aussi. Pendant la semaine consacrée à l’environnement, il y a en effet eu plus d’hommes que de femmes, mais c’est un milieu dans lequel ils sont plus présents que les femmes. Mais les producteurs tendent à faire en sorte de porter toutes les paroles, en particulier dans le monde de la science.

Le traitement par Franceinfo de la « grève des notes » au bac

Alexis Morel journaliste, spécialiste éducation à franceinfo est au micro de la médiatrice des antennes, Emmanuelle Daviet 

Grève des notes : qui a pris la parole sur franceinfo ?

Jean-Louis : « La rédaction tend souvent le micro aux professeurs très, très, minoritaires, qui ne corrigent pas les copies. On n’entend jamais les professeurs, très très majoritaires qui corrigent les copies. Pour quelles raisons ? »

Alexis Morel : Il est vrai que les correcteurs grévistes étaient très minoritaires, ils le reconnaissent eux-mêmes. Le ministre affirme qu’ils étaient 2000 correcteurs grévistes sur 175000 au total. Même peu nombreux, leur mouvement a entraîné des perturbations bien réelles sur la correction et sur les résultats du bac. à tel point que le ministère a envisagé une solution de dernière minute pour que les résultats soient publiés vendredi 5 juillet comme prévu. Ces perturbations ont été bien réelles dans les académies de Paris, Créteil, Versailles, Toulouse, Dijon. (on parle des académies les plus importantes en nombre d’élèves). Chose importante également, c’était une grève inédite : pour la première fois depuis 1968, on a osé toucher au bac. qui était jusque-là une sorte de tabou. C’est ce qui a intéressé les journalistes.

Question autour de la perte de sens de la démocratie

Philippe : « Le traitement par France info de l’épisode peu glorieux de la « grève des notes » au bac  m’amène à m’interroger sur la perte du sens de la démocratie, du sens de l’éthique et de la morale par votre rédaction. Ma critique est un peu rude Je m’explique : Perte du sens de la démocratie : ne donner la parole qu’aux ultra minoritaires à longueur de journée, sans le moindre débat contradictoire, et monter en épingle la moindre rumeur d’incident  me paraît relever d’une conception assez particulière du traitement de l’information…  N’est ce pas là faire précisément le jeu des populistes de tout bord ? Perte également du sens de l’éthique et de la morale car personne ne s’interroge sur l’absence de sens moral clairement manifesté par des personnes en charge de l’éducation de nos enfants. Dérive déjà constatée lors du traitement du mouvement des gilets jaunes. Énormément de similitudes : Beaucoup d’émotion et peu de réflexion. »

Alexis Morel : Sur le premier aspect de la question, on a fait intervenir des opposants à ce mouvement de la rétention des notes, d’abord la fédération des parents d’élèves (la PEEP) franchement opposée qui a expliqué les conséquences que ça auraient sur les élèves, le syndicat des chefs d’établissement (le SCPDEN), et le Sgen CFDT (invité de franceinfo au lendemain de la publication des résultats). Le ministre également est intervenu à l’antenne, et a dit tout le mal qu’il pensait de ce mouvement.
Sur le sens de l’absence morale des enseignants, ce n’est pas aux journalistes d’apporter un jugement sur cette question. Notre rôle est de donner tous les éléments d’information aux auditrices et auditeurs pour qu’ils puissent ensuite se faire leur propre avis.

La réforme du bac dans tout ça ?

Valérie : « Je regrette que les arguments de lutte contre la réforme du Bac ne soient pas développés. Il ne nous est pas permis de nous rendre compte des motifs sous-jacents aux revendications des enseignants grévistes qui retiennent les copies. Or j’aimerais pouvoir me faire un avis éclairé quant aux craintes évoquées par ce mouvement. On entend uniquement parler du remplacement des notes manquantes et pas des motifs de grève. Pourquoi ? »

Alexis Morel : Il y a eu plusieurs temps dans ce mouvement. Il est vrai que ces 15 derniers jours, on s’est focalisé sur ce mode d’action inédit. Il y a eu ensuite la solution trouvée par le ministre : la note de la moyenne de l’année, plutôt que la note du bac pour les candidats victimes de la rétention des notes. Solution qui a fait débat, donc qui a occupé l’antenne.
Concernant la réforme du bac, on en a parlé tout au long de l’année, en matinale : à quoi ressembleront les épreuves du bac en 2021, le contrôle continue tout au long de l’année, les critiques émises par les syndicats… Mais dès la rentrée on en reparlera encore.

Dernier article sur le sujet à retrouver sur franceinfotvinfo.fr

 

Le traitement éditorial de la canicule sur franceinfo

Les auditeurs cette semaine estiment que les journalistes en font trop avec la canicule, pour leur répondre Emmanuelle Daviet reçoit Jean-Philippe Baille, le directeur de la rédaction de franceinfo.

 

 

Arrêtez avec la canicule !

… »Vous en faites trop…  Vous nous serinez les mêmes évidences en y ajoutant une psychose grandissante au fil des jours. Buvez de l’eau, ne faites pas de sport en plein soleil, inquiétez-vous des personnes âgées. C’est devenu insupportable entre les reportages et les spots divers Vous ne pensez pas que les français sont capables de bon sens ? (Marie) »

Jean-Philippe Baille : Quand les records de température sont atteintes, nous n’avons pas le sentiment d’en faire trop, que les écoles sont fermées, que les épreuves du brevet des collèges sont reportées pour la première fois pour cause de canicule, que des mesures de restriction de la circulation sont mises en place. Je n’ai pas le sentiment de créer une psychose, au contraire, j’ai le sentiment de raconter une réalité. Nous sommes dans l’exceptionnel, c’est notre métier de le souligner. La canicule a des conséquences sur notre société. Cette situation permet d’ouvrir le débat et de nous poser les questions sur les causes et les conséquences de ce dérèglement climatique. Cela fait partie de nos missions de rappeler les conseils de santé publique, nous sommes une radio de service public, il n’est jamais superflu de rappeler ces gestes qui sont parfois nécessaires.

Quelles solutions pour la planète à rappeler 

Vous rappelez à tous les bons gestes pour la canicule, ce qui est très bien. En revanche , vous suggérez des solutions qui peuvent aggraver les dérèglements climatiques et donc potentiellement contribuer à l’augmentation de ces épisodes de canicules dans les prochaines années. Vous parlez de « bouteilles » d’eau, ou de climatisation par exemple or il y a de d’autres solutions simples, et bonne pour la planète a court moyen et long terme, qui pourraient être rappelées (Perrine)

Jean-Philippe Baille : Dans le cas présent il y a aussi un caractère d’urgence, c’est un épisode exceptionnel qui nous amène à nous poser des questions sur ce dérèglement climatique. Le Président de la République l’a rappelé lors de sa visite au Japon : « notre société va devoir s’adapter et trouver des solutions pour ne pas aggraver la situation ». Nous avons ouvert le débat sur franceinfo, en interrogeant les différents acteurs et les différents experts.

La parisianisme et la canicule

La France ne résume pas à Paris. la canicule n’épargne aucun territoire…! C’est insupportable. Arrêtez ce parisianisme (Claude)

Jean-Philippe Baille : c’est faux. dans les bulletins météos nous donnons toujours les températures de plusieurs ville du pays. Nous avons envoyé plusieurs de nos reporters sur le terrain.

 

L’enquête Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et « Le Figaro » révèle jeudi que plus de la moitié des 25-49 se disent préoccupés par l’épisode de canicule qui touche le pays

Bilan de la saison radiophonique sur France Culture

Emmanuelle Daviet reçoit Sandrine Treiner, directrice de France Culture pour faire le bilan de l’année radiophonique

Comment qualifiez-vous la saison qui vient de s’écouler ?

Sandrine Treiner : « Une saison profonde et réjouissante et historique. Historique quant à ses résultats, réjouissante quant à la dynamique d’antenne qui s’est déployée jour après jour, profonde car on a fait face à des enjeux importants tout au long de l’année. Les journalistes et productrices et producteurs de la chaîne ont su mobiliser tous les savoirs, toutes les idées, tous les systèmes de création, le théâtre y contribue pour éclairer différemment ces enjeux-là.

Quelle a été pour vous la plus grande surprise de l’année ?

Sandrine Treiner : « en décembre au moment de la crise des gilets jaunes, se rendre compte que tout le monde ne s’est pas tourné vers BFM  pour chercher de l’information immédiate, mais au contraire se tournait vers France Culture et vers les autres antennes de Radio France et était en recherche d’autre chose, de temps long, d’explications, de matière à penser…
Autre surprise : nous avions décidé de consacrer une part importante de notre programmation aux élections européennes, nous avons décidé de consacrer un forum France Culture à la Sorbonne entièrement consacré à ce sujet. Quelle surprise de voir tout ce public présent sur ces enjeux de fond.

Combien d’auditeurs écoutent chaque jour France Culture ?

Sandrine Treiner : « 1, 5 million, presque 30 % de plus que l’an dernier, deux fois plus qu’il y a dix ans, pour un ancien média, c’est historique. La plus forte progression radio cette année. Le profil de nos auditeurs est représentatif de notre société. L’auditeur a 55 ans en moyenne. On s’est renforcé de manière importante vers les 25 / 49 ans : 20 % des auditeurs sont de cette tranche d’âge et moins diplômés également, c’est essentiel, car la question des fractures culturelles est aussi importante que celle des fractures sociales. Si on peut jouer notre rôle de service public et apporter de la culture générale au fil de l’actualité, on n’aura pas perdu notre temps.

Quelles tranches de la grille en particulier ?

Sandrine Treiner : « Notamment la tranche de l’émission « la Grande Table », la matinale, +25% , par ailleurs toute l’antenne a augmenté, par exemple une émission comme celle de Marie Richeux « par les temps qui court a eu des résultats magnifiques ». Comme l’a dit, il y a quelques jours Fabrice Lucchini, en citant une phrase de Barthes, France Culture, « c’est un peu de savoir et beaucoup de saveurs »…

Comment expliquez-vous ce succès ?

Sandrine Treiner : « Un travail de fond sur les grandes questions qui nous interrogent tous collectivement : la démocratie, le peuple, le vrai, le faux. L’exigence des citoyens rencontre la nôtre. »

 

Le baccalauréat et le traitement des sujets sur franceinfo

De nombreuses questions d’auditeurs sur le traitement du baccalauréat : Emmanuelle Daviet reçoit Alexis Morel, journaliste, spécialiste éducation

Aucun des sujets des séries professionnels n’est mentionné

Je trouve choquant que les sujets des séries générales nous soient communiqués et que pour les séries  professionnelles nous n’ayons que l’horaire de l’épreuve. Quel intérêt ?
Aucun des sujets des séries professionnels n’est mentionné . Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a du mépris alors que c’est aussi la radio qui peut changer les mentalités.

Alexis Morel : C’est une question récurrente sur la visibilité des filières professionnelles et du bac pro. J’entends cette remarque. A l’antenne, nous avons bien mentionné l’horaire du bac philo mais également celui du bac français pour les filières professionnelles. Mais il est vrai que le premier jour on accorde plus d’importance au bac philo.car c’est une filière un peu unique au monde, ce sont toujours des sujets qui font réagir les auditeurs. Mais il est vrai qu’il faut encore que l’on travaille à la visibilité des filières professionnelles au sein de la rédaction de franceinfo, filières qui souffrent à tort d’une image peu valorisante et les médias y sont forcément pour quelque chose.

Les polémiques autour des sujets du bac

Des internautes ont lancé une pétition adressée au ministère de l’Education nationale  pour dénoncer le sujet de français des S et ES jugé difficile,Le sujet en histoire des terminales L et ES fait également polémique pourquoi les journaliste n’en parlent pas alors que cela concerne de nombreux élèves ?

Alexis Morel : On en a parlé au cours d’une chronique durant le 17/20 qui relayait les protestations de certains candidats sur les réseaux sociaux. Ce sont deux problématiques différentes : pour le bac de français, il s’agissait d’un poème d’Andrée Chedid qui a fait polémique par forcément connue par tous les élèves. Les élèves ne seront pas pénalisés pour cela. Les pétitions à propos du bac sont régulières à chaque session du bac. A propos du bac histoire géographie et le sujet sur le Moyen-Orient, les professeurs contactés ont tous dit que le sujet était au programme.

La grève des professeurs correcteurs au bac

Aujourd’hui c’est le bac. Je viens d’entendre une prof qui n’a pas répondu à sa convocation et à qui vous demandez sur un ton empathique pourquoi elle agit ainsi, mais je n’ai pas entendu de parent d’élève dont l’enfant passe le bac exprimer son angoisse ou sa colère! Bref, votre information est orientée et en aucun cas objective.

Alexis Morel : Sur Franceinfo on a diffusé un sujet trois jours avant le bac, « paroles de prof grévistes ». Mais j’ai également donné la parole aux familles et aux élèves (recueil de la parole devant un lycée). Sur franceinfo nous avons également interrogé des fédérations de parents d’élèves et nous avons aussi invité en plateau une enseignante qui a refusé de faire la grève de la surveillance. L’équilibre des opinions autour de cette grève a été respecté. 

 

Procès des djihadistes français en Irak : le traitement sur franceinfo

Les condamnations à mort des djihadistes français jugés en Irak : pour en parler Delphine Gotchaux,  journaliste au service justice de franceinfo est au micro d’Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes.

 

Ces auditeurs reprochent un manque d’équilibre dans le traitement de ce dossier, que leur répondez-vous ?

Jean, un auditeur écrit : Franceinfo fait passer en direct Marie Dosé avocate qui défend le retour en France des djihadistes d’Irak. Il aurait été intéressant de donner aussi la parole à quelqu’un défendant la thèse contraire à celle de cette avocate. Mais quand France Info veut faire passer un message, cette possibilité est facilement oubliée .
Toujours au sujet des djihadistes français condamnées en Irak, René un autre auditeur estime, je cite, que « la couverture , le traitement de l’affaire un peu trop en faveur des djihadistes ».

Nous traitons l’actualité sans parti pris, sans éditorialiser. Effectivement nous avons beaucoup parlé de ces procès de djihadistes français en Irak, pour un raison évidente, c’est la première fois depuis la chute de l’Etat islamique que des ressortissants français sont condamnés à mort. (11 en moins de 15 jours). Au-delà de ce que chacun peut penser, cela soulève de nombreuses questions, non seulement sur la justice irakienne, qui juge ces hommes en quelques minutes seulement sans véritable droit de la défense, mais aussi sur les valeurs que défend la France depuis l’abolition de la peine de mort en 1981. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a redit à l’Assemblée Nationale, la semaine dernière l’opposition de la France à la peine de mort, tout en assurant que ces procès étaient équitables. Mais il faut sans doute écouter la parole des familles des victimes du terrorisme en France, qui réclament le respect des droits fondamentaux pour ces djihadistes, quelque soit la nature des actes commis.
Il s’agit donc d’un débat de société et, sur Franceinfo nous avons aussi fait entendre les voix, notamment des hommes politiques qui ne souhaitent pas le retour de ces Français sur le territoire national.

Vous avez évoqué ces procès, quelle est la difficulté pour les couvrir ?

Ces procès se déroulent en quelques minutes seulement. Il faut déjà obtenir un visa. L’an dernier j’ai pu m’y rendre pour suivre le procès de Mélina Boughedir, Française djihadiste, jugée en Irak, condamnée à une peine de vingt ans de prison. En France nous ne sommes pas habitués à ce type de procès, ce dernier a duré environ 40 mn. En quelques mois seulement ces dossiers sont instruits. Il y a également la question de la défense, ce sont des avocats commis d’office qui n’ont pas le droit d’aller voir leurs clients en prison, qui découvrent le dossier à l’audience. Chaque procès est une sorte de chambre d’enregistrement de l’acte d’accusation. Le juge ne se retire pas pour délibérer, il fait sortir le prisonnier, et après cinq minutes, le condamne à mort.

Entre l’acte d’accusation et l’acte d’exécution, il s’écoule combien de temps ?

Pour le moment l’Irak n’a pas mis à exécution ses condamnations à mort de djihadistes étrangers en Irak.

Dans ce contexte, comment donnez-vous la parole aux familles de victimes ?

Ce sont souvent ces familles qui nous sollicitent par voie de communiqués de presse. L’association française des victimes de terrorisme, notamment a été très claire sur le sujet : il faut que les droits fondamentaux soient respectés même pour ces djihadistes français. Ces associations disent leur espoir que ces terroristes puissent être jugés un jour en France. Pour certains d’entres-eux, ils détiennent des pièces du puzzle qui pourraient expliquer comment des Français sont partis combattre en zone irako-syrienne, et ont aussi planifiés des attentas sur le territoire national.

 

France Culture au théâtre de l’Odéon


Les coulisses de l’émission « L’Esprit public  » avec Sandrine Treiner directrice de France Culture

A propos de « L’Esprit public en direct et en public du théâtre de l’Odéon »,Sylvette écrit : « Je suis une fidèle auditrice de l’Esprit public. Même si je ne suis pas souvent en accord avec les participants, j’apprécie beaucoup la tenue de cette émission ainsi que le respect qui s’exprime entre les différents intervenants : écoute, argumentation, respect des opinions des uns et des autres. … Aussi, à chaque fois que l’ancien député européen, Daniel Cohn Bendit, est invité, tout part à vau-l’eau et l’émission se transforme en un classique de ce qui se voit de pire sur les chaînes d’infos continues : vocifération, remise en cause des personnes en tant que telles, absence d’arguments clairs, non respect de la parole des autres, et j’en passe. Est-il bien utile de continuer à inviter quelqu’un qui se montre incapable de discuter avec d’autres et , qui plus est, est toujours convaincu être en meeting à la recherche d’applaudissements alors même que de l’autre côté du poste de radio, on a qu’une envie : celle de lui rappeler les bonnes manières et la correction ?
Le service de la médiation a reçu plusieurs messages allant dans ce sens.

Sandrine Treiner : effectivement Daniel Cohn Bendit était de méchante humeur ce jour-là, donc nous n’avons pas l’habitude de ce genre de débat, donc je peux comprendre que cela choque certaines oreilles habituées à un autre ton sur France Culture.
Nous avons commencé à diffuser quelques séances en public en direct du théâtre de l’Odéon cette année. Cela nous semblait très pertinent à Emilie Aubry et aux équipes, car il s’appelle en réalité Odéon théâtre de l’Europe et en cette année européenne, cela nous semblait intéressant d’aller dans un lieu qui symbolise la culture en Europe. En accord avec son directeur, l’équipe a décidé de créer un fil rouge. Donc on a cherché un grand européen, et on s’est dit que  Daniel Cohn Bendit n’était pas le moins bien placé. Lieu idéal pour une scène politique et théâtrale.

Les délocalisations de certaines émissions de France Culture

Seconde question à propos de « L’Esprit public » posé par Loic, lui aussi très fidèle auditeur de France Culture : « Pourquoi faire cette émission au théâtre de l’Odéon alors que Radio France dispose de nombreux studios très adaptés. Ma fille a assisté à une de vos émissions à l’Odéon, vous êtes assez « précaires » autour de votre petite table et EN PLUS il faut payer l’entrée ! Utilisez donc vos moyens en faisant du service public , c’est à dire de la qualité et de l’accès pour tous, donc gratuit. »

Sandrine Treiner : Nous ne disposons pas de studios à la mesure des émissions en public car la Maison de la Radio est encore en travaux. L’auditorium est réservé aux concerts. Nous avons besoin de lieu extérieur pour accueillir notre public. L’entrée était payante pour amortir les frais de gardiennage. L’an prochain les séances seront gratuites.

 

Quelle est la part de musiques anglo-saxonnes pour génériques de fin des émissions de France Culture ?

On termine avec cette remarque de Damien : « Toutes les langues véhiculent une (ou plusieurs) idéologie, l’anglaise se caractérise par l’individualisme, le libéralisme et surtout c’est la langue du commerce, donc de la croissance. La croissance que l’on peut résumer par cette maxime « la croissance n’est qu’une prise de part de marché sur la nature « . « Il me semble parfaitement contraire de vouloir défendre l’écologie  dans le « Week-end Imagine » de France Culture et de nous passer de la musique anglo-saxonne. »

Sandrine Treiner : L’anglais est aussi la langue de Shakespeare, de James Joyce… L’habillage est conçu avec l’identité des émissions en laissant une grande marge de manœuvre aux chargés de réalisation dont c’est le travail. L’anglais n’est pas simplement la langue du commerce.

Traitement par franceinfo, des événements du 1er mai à l’Hôpital Pitié Salpêtrière

Beaucoup de messages d’auditeurs sur la séquence de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière le 1er mai dernier. Retour sur ces événements Pour en parler au micro de la médiatrice, Richard Place, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo


« Fidèle auditeur de France Info je suis aujourd’hui profondément choqué et scandalisé par le traitement  des événements du 1er mai à l’Hôpital Pitié Salpêtrière, présentés comme une « attaque ». Il est clair maintenant, qu’il ne s’agissait pas d’une « attaque », mais d’un mouvement de repli de manifestant face aux forces de l’ordre. Doit-on en conclure que vous diffusez des informations sans aucune vérification  ou, pire, que vous êtes un simple relais d’une communication du gouvernement. Ce dernier postulat vous réduirait alors à un simple organe de propagande. Quelque soit la réponse (incompétence ou organe de presse gouvernemental) c’est réellement inquiétant. Fin du message. »

Que répondre à cet auditeur  ? Que s’est-il passé ce 1er mai ?

A l’instant où cela s’est produit nous n’avions pas de journaliste sur place. Il faut donc remonter le fil, comprendre ce qu’il s’est passé. A 20h Christophe Castaner prend la parole, nous diffusons sa déclaration en précisant bien qu’il s’agit du ministre de l’Intérieur. Ce n’est pas franceinfo qui le dit mais bien le ministre. Le lendemain Martin Hirsch, le patron des Hôpitaux de Paris,  invité de franceinfo, qui parle d’une situation dramatique qui a été évitée de justesse. Mais nous diffusons aussi des interviews qui donnent le début d’une autre version. Nous continuons à enquêter sur la journée du 2 mai en étayant nos informations qui vont nous permettre de raconter une autre histoire. Un journaliste de franceinfo refait donc le film de ce qui s’est réellement passé minute par minute des événements de la Pitié Salpêtrière. Ce qui montre bien que les propos de Christophe Castaner et de Martin Hirsch ne sont pas exacts.

Des internautes pensent qu’il  y a là une volonté d’orienter l’information. Qu’en est-il exactement ? Comment justifier le choix d’une telle photo sans lien  ?

Les auditeurs et internautes ont été également très nombreux à interpeller la médiatrice en dénonçant une manipulation de l’information notamment sur le site de Franceinfo avec la publication d’une photo sans lien avec les faits de la Pitié Salpêtrière. Sur la photo une épaisse fumée blanche, une grille noire, trois individus, l’un avec un gilet jaune, deux autres cagoulés habillés en noir, l’un d’entre eux tenant  une barre de fer en direction  de la grille.

Le choix d’une telle photo est une erreur, mais pas de volonté de désinformation. Il y a un mea culpa. La photo a été changée très rapidement. Les faits montrés sur cette photo se produisent un peu plus tôt à peu près au même endroit.

Comment avez-vous débriefé cette séquence au sein de la rédaction ?

On refait le film, on essaie d’enquêter pour savoir quel processus a mené à cette erreur. L’encadrement n’a pas joué son rôle.

Est-ce que c’est susceptible d’entrainer des changements particuliers de vos méthodes de travail ?

Sincèrement nous nous remettons en question quotidiennement, grâce aux conférences de rédaction, où l’on parle des sujets et de la manière de les traiter. On n’est jamais totalement content de se que l’on produit.

Le Grand Débat sur franceinfo

Les messages des auditeurs sont très nombreux autour du Grand débat : Jean-Jérôme Bertolus chef du service politique leur répond au micro d’Emmanuelle Daviet

 

La rédaction a-t-elle été à la hauteur de l’enjeu dans le traitement  journalistique du Grand Débat ?

« Dans ce débat tout est verrouillé ; les questions sont fermées et encadrées Autour de moi je ne connais que deux personnes qui y ont participé à cette farce alors qui ce débat représente –t il ? » écrit Thierry  « On ne s’attend à rien, on devrait être servi »

On a l’impression en lisant les messages que les auditeurs ne sont pas dupes et que les journalistes déroulent le factuel du grand débat sans interroger la méthode…
C’est un exercice inédit en France, dans la forme et dans son ampleur rien que par le nombre de réunions organisées localement. Les journalistes de la rédaction ont été mobilisés localement en faisant remonter chaque jour des thématiques (les services publics, la fiscalité…). Le choix de suivre telle ou telle réunion était un choix de franceinfo, personne ne nous a dicté ce choix.

Est-ce que franceinfo n’a eu qu’un traitement factuel sans s’interroger sur la méthode du Grand Débat : c’est exactement l’inverse. Après l’appel d’offre lancé par le gouvernement, dès que les entreprises ont été sélectionnées, nous nous sommes attachés à sélectionner la méthode de remontée des informations….

 

On poursuit avec ce message  de Marie-Jo : « Je m’étonne d’entendre que les participants au grand débat ne sont pas représentatifs de la société française ! Les gilets jaunes, bien moins nombreux l’étaient plus à vos yeux …c’étonnant. »

Nous n’avons jamais opposé la représentativité des Français s’exprimant dans le Grand Débat à une éventuelle représentativité  des Gilets jaunes. Grâce à notre partenaire Odoxa, le soutien massif du mouvement au départ du mouvement puis son effritement régulier pour devenir largement minoritaire. Nous sommes attachés à rendre compte de cette mobilisation hebdomadaire tout en restant très prudent sur l’expression à l’antenne de tel leader autoproclamé.

 

« Pourquoi ne parlez-vous pas du Vrai débat sur votre antenne ?
Une plateforme équivalente à celle du grand débat a été mise en place pour les Gilets jaunes par la société qui a mis en place celle du grand débat pour le gouvernement. La différence entre ces 2 plateformes ? Celle du gouvernement ne laisse pas de place à certaines propositions car elle se présente sous forme que questions alors que la plateforme du vrai débat, elle, était « ouvert » et toutes les propositions y étaient possibles. BREF, c’est un vrai bon outil pour une vraie consultation
. »

Oui on en a parlé au service politique dès son lancement et en interrogeant l’entreprise qui a mis en ligne cette plateforme.

« Le gouvernement et les médias aux ordres manipule l’opinion. Le peuple pourra dire exactement ce qu’il pense lors des élections européennes. »

Franceinfo n’est aux ordres de personnes, ni du gouvernement, ni d’aucun groupe de pression

Secrets d’info : La menace d’une ingérence russe plane-t-elle sur les élections européennes ?

Campagne des européennes : les craintes d’une nouvelle cyberattaque russe

Jacques Monin répond aux questions des auditeurs, au micro de la médiatrice des antennes, Emmanuelle Daviet.

 

Une enquête de Philippe Reltien, cellule investigation de Radio France

La menace d’une ingérence russe plane-t-elle sur les élections européennes ?

Vous êtes suspecté de relayer ce que des auditeurs apparentent à de la propagande gouvernementale

«  Je trouve les émissions de France Inter majoritairement très intéressantes et bien réalisées mais elles ont tendance parfois comme les chaines de télévision nationale à propager des informations orientées en faveur du gouvernement » écrit Maximilien

C’est exactement l’inverse. Nous avons relayé le discours dominant qui consiste à dire que la désinformation vient majoritairement de la Russie et qu’à l’approche des élections européennes on s’attend à des intrusions massives, un développement de fausses nouvelles via les réseaux sociaux. En enquêtant, on a appris que la désinformation en provenance de la Russie, cela existe. « La fameuse ferme à trolls » de Saint Petersbourg très active pendant la campagne des présidentielles aux Etats Unis, existe bien. C’est documenté par des universitaires, par exemple FrançoisBernard Huyghe directeur de recherche à l’IRIS, spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique…
Si vous avez écouté la suite de l’enquête, rien de permet de dire que cette ferme a été active en France, ce qu’on a identifié c’est plutôt une « russosphère », une nébuleuse dans laquelle il est extrêmement difficile de qualifier les choses. Rien ne permet de dire que les russes sont à l’action. 200 comptes alimentés par cette russosphère ont été actifs pendant la crise des Gilets jaunes. Mais jusque-là, cela n’a eu aucun effet sur les résultats d’une élection ou d’un référendum (exemple pour l’élection de Donald Trump).
On ne relaie pas la propagande gouvernementale et on relative l’influence russe en documentant tout cela.

L’influence russe

« Je suis désespéré que la Russie soit accusée de tout et de n’importe quoi. La Russie n’a aucun intérêt à influencer les élections européennes. Et de toute façon Vladimir Poutine cherche le dialogue avec l’union européenne et à avoir de bons rapports malgré les sanctions. Beaucoup de personnes sont naïves et croient vraiment n’importe quoi. » écrit Lucien

Il ne faut pas nier la réalité de l’existence des blocs : l’Europe d’un côté, la Russie de l’autre. Plus l’Europe sera faible, plus la Russie sera forte. Les Etats-Unis font le même constat : le Brexit intéresse Donald Trump parce qu’il affaiblit l’Union Européenne. C’est le jeu des équilibres.
Non, on n’est pas tous sur le dos de la Russie ! Les reproches qu’on peut faire à la Russie, il faut aussi les reporter sur les pratiques des Etats-Unis (exemple avec Snowden).
La fake new on la retrouve partout, notamment dans l’affaire Wavai. Pourquoi les Etats-Unis ont intérêt à véhiculer l’idée que nous serions espionnés par Wavai, parce que cette société a beaucoup d’avance sur eux. Et on en revient à la géopolitique. La désinformation fait partie aussi d’une forme de stratégie à laquelle tout le monde se livre.

Les Gilets Jaunes

Dans cet ordre d’idée un auditeur, Enki, écrit : « Comme si les gilets jaunes existaient et continuaient par ordre de Moscou »

On s’est aperçu que durant la création des Gilets jaunes, il y a eu la création de ces 200 faux comptes sur lesquels on s’est interrogé. A aucun moment, il n’a été dit que ces 200 faux comptes avaient générés les Gilets jaunes, c’est plutôt l’inverse. C’est un contresens d’attribuer le mouvement des Gilets jaunes à la « russosphère ». On a fait le même contresens avec l’affaire Benalla. Des personnalités particulièrement réceptives au message russe à travers les médias russes ont trouvé un intérêt à commenter cette affaire.